DANS LES LANGUES ANCIENNES. S5S
lion: c'est-à-dire qu'ils ont suivi le temps d'Homère ou de la guerre de Troie, et précédé le temps d'Aristote, qui parle eu divers endroits de vers hexamètres où lambiques, et du caractère des difierents pieds '.
Mais ces pieds n'étant pas exactement égaux, quel caractère commun pouvaient-ils avoir? Ce fut celui d'une division en deux parties égales ou inégales, et , dans ce dernier cas, unies par certains rapports plus ou moins précis; et comme, dans tous les cas, l'idée de mesure s'unissait à l'idée de pied, on imagina de marquer les deux parties dont il s'agit par quelque mouvement. On appela anis celui de la main (ou du pied) qui se levait*, on appela lhé$i$, au contraire, le mouvement du même membre qui se posait *.
Voici sur ce sujet un passage classique , et qu'on ne saurait trop méditer:
Ergo quum duas videbis esse vinctas syllabas
Effici pedem uecesse est
Bis feriri convenil
Parte nam attolit sonorem, parte reliqua deprimit. Arsin hanc Grsci vocarunt, ftterain contra thesin, Una porro bis feriri quando poterit syiiaba Temponim momenta sane lege certa divident , Sea dnas pes quisque junget , sive plares syllabas. Aut enim quantum est in arsi tantum erit tempus ihesi. Altéra aat simplo vicissim temporis duplum dabit, Sescuplo ye\ una vincet alterius singalum : Quidquid isUs discrepabit, absonum reddet melos '.
Le sens est parfaitement clair. « Quand deux syllabes sont liées ensemble, elles forment un pied.... Il faut (pour avoir un pied) pouvoir frapper deux fois (c'est-à-dire pouvoir compter un frappé et un levé) : par l'une , on élève le son -,
'iWWl.,111, 8, no 2.
' Est arsis sublatio pedis sine sono, thesis positio pedis cum sono. wiuB Victorinas, dans Putsch., p. 2482.
' Terentian., De syUaUSf etc. Dans Putsch^ p. 2412.
388 l'aASIS et la THÉSIS
par l'autre, on l'abaisse. Les Grecs ont nommé arm Tone de ces deux parties; ils ont appelé l'autre tkim. Ainsi , quand deux syllabes ' pourront être firappées, l'arsis et la Ihésis diviseront les valeurs des temps par un rapport bien déterminé» soit qu'un pied n'ait que deux sjAlabes, «Ml qail en ait davantage ; car ou il y aura une valeur égale dans l'arsis et dans la thésis, ou Tune d'elles sera douMe de Tantre, ou enfin l'une sera sescuple de l'autre (c'est-à-dîiedaiis le rapport de 3 à 2) : tout ce qui s'écartera de ces raiforts donnera une mélodie qui n'est pas admise. »
Térentien ne fait ici que développer ce que Cicéran avait exposé en termes plus rapides*, et que Quintilien avûl répété presque mot pour mot*.
Remarquez bien qu'il n'est jusqu'id questiim ni de syDabe accentuée 9 ni de syllabe glissante, ni de temps fort, ni de temps &ible; c'est un point qu'il ne faut pas perdre de vue, et qui s'établit, d'ailleurs, solidement par les raisons que voici •
1^ Les Grecs avaient pour ces dernières distinctions les mots d'iiFirocffiç et A^âvefjiç, d'ô^otjfç et de CApvr^çJ qu'ils ne confondaient pas avec ceux d'ip^iç et de Qcaiç.
2**. Dans les définitions qu'ils nous donnent de l'arsis et de lathésis, la notion du temps fort ou faible n'entre pas, mais seulement celle de la division du pied\
3^. Dans les nombreuses applications qu'ils font de la définition, ils ne parlent que de la quantité prosodique des syllabes. Le procéleusmatique simple, dit Â. Quintilien, se fonne
^ Le texte dit dsux foU une syUabe, Bis tombe sur «iwi, et noD sur fniri; car Térentien déclare plas haut qu'il faut denx syllabes, et non pas nne seule.
* Modtts aot duplex, aut sescnplei, aut par (Gic, Orat., 57, n* 193); Ita sît squalis dactylus ; duplex iambus ; sescuplex peon. Ibid.
» InsLoraL,l\, 4, n« 47.
* Ârist. Qutnt., De musica, 1, p. 34, ligne 9, édit. Meibom. Bacchios. p. 24 , ligne 7.