DB LA 1III8KHI6 ANCIENNE
d'uB vidMoelkyiiicé* 8ur le» tempe forts, à runisson ou à TocUve; nom wrons cette notation :
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On peut essayer cette prononciation et cet accompagnement sur un instrument *, on peut même doubler la note de Taccompagnement ou y adjoindre une des notes de l'accord dHt( : on trouvera toujours, et cela est bien évident, un «isemble harmonique, très-pauvre et très-pionotone & notre avis, mais qui ne devait pas paraître tel & des gens ignorants et grossiers que cela frappait d'admiration.
Ajoutons que le résultat devait être de tenir la voix récitante dans la région la plus favorable; par là, de la faire mieux entendre, sans fatiguer le déclamant, et de faire ainsi ressortir la beauté de l'expression poétique.
Quant aux trois cordes que Terpandre avait ajoutées à la (yre de ses devanciers, et qu'à Sparte les éphores lui firent couper *, elles s'expliquent U'ës-bien , par cette suppositioa qu'il aurait accompagné juste des voix de médiums différents -| ou que lui-même, prenant selon le cas un médium en ui, en ut dièse, en ré, etc., aurait jeté dans sa déclamation quelque variété, et obtenu en même temps quelque succès de plus que les autres.
Cette explication , eu égard surtout à l'état peu avancé delà musique d'alors, et au peu d'harmonie qu'avaient les vers grecs, est assurément aussi probable que l'idée qu'on 3e fait ordinairement est inadmissible. Elle est confirmée pair
» Pliue, Hist. naf., Vil, 57, n« 13.
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ce fiiil que plus tard^ quand les Romains eurent IronTé pour leurs vers une forme plus réellement harmonieuse, ils ne songèrent pas^du tout à les accompagna du son d'un instrument. A la fin de la république et sous les premiers einpereursy il y avait à Rome des séances littéraires où Ton rtcitait des vers j on ne les accompagnait pas : et déjà sans doute la musique était trop avance, et aussi l'art de la déclamation y pour qu'on lût obligé de les soutenir l'un par l'autre. C'est encore là un de ces faits historiques incontestables qui nous montrent l'erreur de ceux qui se figurent que la déclamation des vers d'Homère telle que l'exécutait Terpandre était quelque chose de bien beau. Si cela eût été , estrce que les Romains n'auraient pas cons^ré cette méthode? est-ce qu'ils ne l'auraient pas appliquée à Y Enéide et aux poèmes sérieux, comme Horace n'aurait pas manqué de faire ses odes pour être chantées, s'il avait cru qu'elles y gagnassent la moindre chose ? Débarrassons-nous donc une bonne fois de nos préjugés, et examinons ce qu'on nous rapporte avant de recevoir comme indubitables les conséquences absurdes que des hommes sans critique tirent si souvent de {edts mal compris.
L'accompagnement, dans le principe, n'eut sftns doute d'autre objet que d'indiquer le ton, ou de le soutenir si l'ouvrage était de longue haleine : et ainsi s'explique le flûtiste de C. Gracchus qui , selon Gicéron', modérait les éclats de la voix de l'orateur-, si toutefois cette anecdote est bien vraie : car il se trouvait aussi chez les anciens des gens qui la révoquaient en doute, surtout dans un siècle plus avancé*.
Plus tard, et quand il s'agit de chants véritables, et non pas seulement d'une déclamation soutenue de quelques notes frap|)ées à pro|)os , l'accompagnement servit à guider la
* De orat., 111,60.
• A. Gellius, Soct. attic, 1,11.
voix pour la justesse des intervalles, comme fout encore aujourd'hui les commençants qui frappent des notes sur un' clavier ou soufflent dans une flûte pour s'indiquer à euxmêmes les intonations dont ils ne sont pas s(brs. Cet usage, qu'on pourrait certainement affirmer à pnort , est clairement indiqué par Virgile \ lorsque Ménalque , donnant sa flûte à Mopsus, lui dit : « C'est elle qui m'a appris à chanter le berger Gorydon ou l'éclogue cuftim peeu$. » Sans doute Virgile ne chantait pas ses éclogues , et l'expression est figurée par rapporta lui. Mais les mots hœc eadem doeuit (la même flûte m'a appris) sont vrais indubitablement dans leur sens propre, et fondés sur un usage alors connu de tout le monde.
Quoi qu'il en soit, l'accompagnement ne resta pas où l'avait mis Terpandre. S'il cessa de se faire entendre au moins d'une manière régulière quand on récitait des vers, il demeura certainement dans les pièces de musique chantées. Quel était son objet? c'était, comme tout à l'heure, de maintenir le ton, et probablement aussi de s'entremêler & la voix, et de se faire entendre quand celle-ci se taisait.
Ce sont là deux points différents. Nous avons parlé du premier, et, bien que les anciens ne connussent pas l'harmonie , on ne peut pas contester qu'ils aient fait entendre des unissons*, puisque c'est le seul moyen que la nature nous donne d'apprendre à chanter. J'ai donc pu écrire que l'on fiûsait eutendre, en même temps qu'une parole prononcée sur le ton ut ou sol, la même note ut on sol, k l'unisson ou à l'octave.
Quand les accompagneurs furent devenus assez habiles pour se faire remarquer, comme le dit Athénée , par l'agi-
• Bucol., V, ▼. 85.
* On peut présomer que les anciens ont, outre l'octave et Tunisson reconnu par la pratique , quelques accords , ou suite d'accords agréables , comme des suites de tierces ou de sixtes. — Voyes les dissertations de Burette déjà citées. Mais cela n'importe aucunement ici : ce n'était pas là pour eux un accompagnement habituel , ou proprement dit.
A6f DB U MUSIfflB ANCIBNNB.
lité de leors doigts, certes, U eût fitUu conosllre ïl moderne pour finpper à propos so» une noie de clwnt tonles celles qui j)eaveni entrer dans raocompagnenieal*, et ce n'est pas là ce que Ton fusait
Selon loote probabilité, la toîx attemaîi avec l'instmment, à peu près de cette fiiçon :
Gottarb,
yif h'^lr 1 N^
C'est une phrase de Mozart, dans la FHkU Ut, justement, après que le personnage a chanté les noies de la portée supérieure, la flûte répond par celles qui sont dans la seconde. Il y a dans la partition de Mozart, outre ce petit accompagnement , une harmonie beaucoup nîeia nourrie, et qui soutient le diant dans toute son étendue. Mais, en laissant de côté celte harmonie savante, le chant marqué ici , avec cet accompagnement entremêlé , n'est-il pas extrêmement joli? et n'en peut-on pas imaginer une multitude, dans tous les genres d'airs ou de nomei dont nous avons parlé, qui constitueraient un art musical déjà fort agréable, quoique peu avancé?
■ J'écris cette phrase de mémoire ; je puis donc me tromper sur !«« détails ; mais le fond reste, c'est-à-dire l*alteraative da chant et de racrnmpagnement dont je veux seulement donner un exempt.
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L'élogflf que fait Athénée du musicien qu'il a entendu, et que nous avons cité tout à f heure S ne s'applique-tril pas exactement à un système pareil , et qui poyyait offiir plus de variété à mesure que les exécutants étaient plus experts? Cela 9 d'ailleurs, e^t si vrai, que les anciens s'accompa* gnaient aussi bien de la fiûte que de la lyre. Horace ne dit-il pas' :
Quem Tirum aut heroa lyra vel acri T&na sûmes celebrare, Glio ?
Célébrer quelqu'un avec la Ifre ou aivee la fliUe, c'est chanter ses louanges en s'aceompagnant de ces instruments. Mais peut-èn s'accompagner de la flûte en même tonps qu'on chante? Non, sans doute; et l'accompagnement était nécessairement intercalé dans le chant, et non placé en même temps que lui, comme cela a lieu chez nous. -
Les i^rases semblables abondent chez les «iciens, et ne laissent aucun doute sur la réalité de cet accompagnement de son propre chant avec un instrument insufflé.^ Ouvres les BueoUques de Virgile, et vous trouvez que Tityre, etijamiU du tkahaoMau^ faU r^onner les forili du nom fJ^Min/l^ U»*; que Damite se vante d'avoir vaincu un autre b«rger m ekanimU a»ee la ïï^ringe, ou flûu de Pan} et Ménalque lui répond qu'il n'a jamais eu do syrtnge^ et qu'il était obligé de souffler dans un pipeau criard*. Ailleurs, c'M Damon qui parle à sa flûte, et l'engage d eammeneer ou à fnir Uê vers fii'tl ehtmie à la louange de Ménale*.
Rien n'est donc plus constant que cette manière de
' Ci-detsus, p. 386. — Compare! , au reste» pour ces chants en réponsp, divers témoignages anciens : Homère; Vîrg., Bueol.; Athén., Deip*nos., XIV, 22 , p. 626, C ; 24 . p. ^ 27, F.
• Carm,, 1,12, v. \.
' BtM;o^,l,v. 2et5.
^ Bucol.f III, V. 21, 22, 25. -> Voyez aussi Théocrite, de qui ce pas» 'Age est traduit (IdyL, V, 5).
• Biico/.,Vm,T. 21et61.
s'accompagner soi-même. L'expression grec^e i^av zpU aCxoVf chanter en s'accompagnani de la flûte, doit èUr prise dans son sens propre-, et, comme il est impossible de chanter en même temps qu'on soofBe dans on instrument, il en résulte que l'accompagnement, chez les anciens , était alternatif et non simultané. L'ignorance où ils étaient des règles de l'harmonie nous indiquait déjà cette conséquence, il n'est pas inutile d'y être arrivé aussi par une autre voie.
Il n'est pas, non plus, sans intérêt de reconnaître que ce système, bien que très- pauvre eu égard à un art musical avancé comme le nôtre , était cependant susceptible de produire une variété fort agréable et de charmer des hommes qui n'avaient rien entendu de mieux. J'ai donné tout à l'heare un air composé par un musicien habile, dans le système grec, c'est-à-dire sans supposer aucune de ces connaissances qui n'appartiennent qu'aux modernes. Voici le même chant, avec un accompagnement intercalé de Ipe ou de cithare, (ait par le même auteur et dans le même ordre de connaissances.
Il est possible que les citharèdes habiles fissent des accompagnements plus difficiles, plus chargés de notes, plus brillants par la rapidité ou l'étendue. Celui-ci a l'avantage de nous montrer, sans que nous attribuions aux Grecs aucune connaissance qu'ils n'eussent pas, où l'oreille et le sentiment avaient pu les conduire '.