‹ De quelques points relatifs aux récidives et aux généralisations des cancers du sein chez la femmeChapitre 10 sur 17 · PREMIÈRES RÉCIDIVES · texte numérisé non relu

PREMIÈRES RÉCIDIVES

DES

SECONDES RÉCIDI\'ES

Cicatrice

Cicatrice

et

gaoglioDS

Gaeglions

seuls

Viscères

Cicatrice

Cicatrice

et

ganglioDS

Ganglions

seuls

Viscères

Entre 21 et 40 ans.

Entre 40 et 50 ans.

Entre 50 et 60 ans.

Au delà de 60 ans .

On voit, sans que nous ayons besoin de pousser plus loin notre analyse, que plus le sujet est jeune, plus les récidives dans la cicatrice, les récidives véritablement locales, diminuent de fréquence, tout en restant prédominantes ; en outre plus il estjeune, plus aussi le mal se propage rapidement, non seulement dans les ganglions, mais aussi dans les organes éloignés.

IV. Récidives coxsidéiîées suivaxtles fohmes histologiques. (1) — Ce n’est pas uniquement l’àge, mais également la variété histologique du carcinome qui nous fournit des indications thérapeutiques d’une certaine valeur. Toutefois nous sommes sur ce chapitre bien plus pauvres en renseignements susceptibles d’être utilisés dans un but réellement scientifique. Tout d’abord nos observations d’emprunt, bien que la grande majorité d’entre elles aient reçu la sanction du microscope, sont de valeur fort inégale, et bon nombre d’entre elles portent la simple mention : « Diagnostic histologique : a été fait : carcinome ». C’est là une donnée insuffisante, car, nous l’avons répété dans le précédent chapitre, c’est uniquement du carcinome que nous nous occupons, et nullement du cancer, de la tumeur maligne. D’autres faits sont bien plus précis et portent une étiquette plus exacte : squirrhe, encéphaloïde, carcinome médul-

(1) Ce paragraphe aurait dû être placé immédiatement après les considérations relatives à l’age des malades.

laire, tubulaire, etc. Nous avons seulement mis à contribution les observations de la seconde catégorie (1).

Nous adopterons la division que donnent dans leur Manuel MM. Cornil et Ranvier et nous examinerons successivement les carcinomes squirrheux, encéphaloïdes, colloïdes et villeux.

1“ Carcinomes squirrheux. — Nous réunissons dans les tableaux suivants les faits intéressants relativement aux époques et aux sièges des récidives dans cette variété de néoplasmes. Ces squirrhes sont dans notre statistique au nombre de 163.

ÉPOQUES DES BÉCIDIVES SIÈGES DES EÉCIDIVBS

De l’opération à la fin du

1®'' mois

Cicatrice

Du 2® au 6® mois. .

Cicatrice et ganglions .

Du 7® au 12®. . . .

Ganglions seuls ....

De 1 à 2 ans. . . .

Sein du côté opposé . .

De 2 à 3 ans. . . .

Plèvres et poumons . .

Récidives tardives. .

Autres viscères (foie,etc.).

2“ Carcinomes encéphaloïdes. — Voici un tableau, dressé d’après les mêmes bases, pour les carcinomes encéphaloïdes, au nombre de 63 :

ÉPOQUES DBS RÉCIDIVES SIÈGES DES BÉCIDIVES

De l’opération à la fin du

1®'' mois

Cicatrice

Du 2® au 6® mois. , .

Cicatrice et ganglions . .

Du 7® au 12®

Ganglions seuls ....

De 1 à 2 ans ....

Sein du côté opposé . .

De 2 à 3 ans

Plèvres et poumons. . .

Récidives tardives. . ,

Autres viscères (foie, etc.).

Bien que nos faits soient recueillis tout à fait au hasard, nous

(1) Nous avons été frappé dans l’examen des pièces que M. Toupet n bien voulu nous montrer et nous expliquer, de voir que deux cas sur neuf (c'est-à-dire 22 0/0) parmi les faits que nous avons observés et qui ont évolué cliniquement comme de véritables carcinomes, n'étaient autres que des épitbéliomas pavimenteux tubulés types (observations V et VIII) développés aux dépens de la glande mammaire. De semblables faits ne viennent-ils pas à l’appui de l’opinion des auteurs qui rangent les épitbéliomas et les carcinomes dans une même famille ?

trouvons dans les chiffres quelques renseignements. Ils ne sont pas nouveaux et confirment l’opinion classique. On voit que l’époque des reproductions avant 3 ans est bien plus précoce pour l’encéphaloïde que pour le squirrhe; pour le premier, c’est depuis l’intervention jusqu’à la fin du 6®, pour le second du 7® au 12® mois, que les récidives ont leur chiffre de fréquence maximum.

Leur siège offre aussi des différences, et, tandis que le squirrhe reparaît surtout dans la cicatrice, le carcinome médullaire a une marche bien plus envahissante. Les points d’élection de ses récidives le démontrent. La cicatrice dans les deux cas, tient la tête, mais elle est serrée de près, pour la variété encéphaloïde, par le chiffre des ganglions. On le voit, les récidives locales sont bien plus fréquentes dans le squirrhe ; c’est sans doute parce que le chirurgien est plus économe dans l’ablation des téguments.

Suivant Billroth (1), le squirrhe aurait une tendance très marquée à amener les dépôts secondaires dans la colonne vertébrale. Nos chiffres ne nous permettent pas de tirer une déduction à ce pointde vue.

3® Carcinomes colloïdes. — Les carcinomes colloïdes sont rares dans le sein comparés aux squirrhes et aux encéphaloïdes ; nous n’en avons réuni que 6 cas suffisamment explicites et nous ne voulions pas, avec des documents aussi insuffisants, baser une opinion, qui aurait grande chance d’être entachée d’erreurs. Les carcinomes colloïdes ont fait l’objet d’un travail de Simmonds (2) et nous nous contenterons de résumer ses idées. Après avoir cité deux cas de cette variété de néoplasmes, l’un, chez une femme de 43 ans, qui mit plus de 16 ans à évoluer et fut traité avec succès, c’est-à-dire sans récidive au bout de 3 ans), par l’amputation totale du sein avec ablation des ganglions axillaires, l’autre chez une femme de 73 ans, qui, non opérée,^ amena au bout de onze ans seulement la mort par cachexie, et généralisation intra-thoracique, Simmonds s’élève contre l’opinion généralement reçue d’après laquelle, avec l’intestin, le sein serait le siège d’élection de cette forme de cancer.

(1) . Billroth. Die Kranklieitender Brustdrüsen. Chir. Lieferung, 41.

(2) Simmonds. Ueber den Gallertkrebs der Brustdrüse, Deuinch. Zeitsch. f. Chir. 1884, t. XX, p. 74-81.

D’après ses propres faits et ceux d’autres auteurs, il conclut que le carcinome colloïde évolue dans le sein beaucoup plus lentement, envahit bien plus rarement les ganglions axillaires, récidive bien moins souvent que les autres variétés de carcinomes mammaires.

>1° Carcinomes villeux. — Nous indiquerons uniquement pour être complet, cette forme que MM. Cornil et Ranvier (1) ont les premiers différenciée au point de vue histologique. Voici, sur celte variété, les idées émises par un auteur anglais, Bowlby(2), qui la désigne sous le nom de « duct carcinoma ». Cette forme ne se rencontrerait guère qu'à la période moyenne de la vie, serait précédée pendant un temps assez long d’un écoulement de sérosité par le mamelon avant qu’on ne constate dans la mamelle la présence d’une tumeur. Celle-ci s’accroît très lentement, retentit rarement sur les ganglions, ne s’accompagne que dans des circonstances exceptionnelles d’adhérences de la peau et de rétraction du mamelon. Toutefois, le néoplasme est souvent placé très près de celui-ci ; il est rarement unique, mais constitué par une série de nodosités fermes, ou élastiques, ou dures comme dans le carcinome. A une période avancée de son évolution, on le confond aisément avec un cysto-sarcome ; mais l’examen microscopique permet toujours de trancher la question. En somme, c’est une variété de cancer à pronostic assez favorable ; on sait qu’il peut récidiver sur place ou dans les ganglions; mais on ne connaît pas d’exemple de généralisation ou de reproduction dans les viscères éloignés.

Après avoir esquissé en quelques lignes les principaux faits relatifs aux sièges des récidives et aux époques de leur apparition, nous devrions discuter leurs causes et leur pathogénie ; mais c’est à dessein que nous avons négligé ce côté du sujet qui nécessite, pour être étudié avec fruit, des connaissances histologiques que nous ne possédons pas. Aussi arrêtons-nous ici les considérations

(1) Lor. citât O, p. 741.

(2) Bowlbt. Cases illustratingclinical course and structure of ductus cancers or vilzols carcinoma of the breast; In St-Barthol. Jïo.ip. Itrports, 1888, XIV, p. 263. Voir aussi à ce sujet. PlTTS, Brit. Med. Journ..^ 1888, p. .533, et Moon. Edinh. Med, Jmrn., 1885-1886, p. 535-510.

générales relatives aux récidives des carcinomes mammaires ; telles que nous les avons exposées, on les trouvera sans doute encore fort incomplètes et on nous objectera avec raison qu’elles prêtent à des développements plus longs que ceux que nous leur avons consacrés. Nous nous retrancherons, toutefois, derrière le titre même de cette thèse.

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