V. — OBSERVATION de Mme D..., (40 ans), couturière
Cette malade entre le 26 novembre 1908, ue Laugier, pour pollakiurie et douleur à la miction.
A. H.— Père mort d'un néoplasme de lestomac, mère bien portante. #47
A. P. — Pas de passé baciilaire.
Histoire de la maladie. — Le début remonte au mois de juvier 1908. La douleur à la miclion ouvre la scène ;: la poilakiurie apparait rapidement et oblige en peu de temps la malade à uriner toutes les cinq minutes ; les urines sont troubles. Au bout de quelques jours, la crise cède, Îles symptômes diminuent d'intensité, puis disparaissent complètement. Seul, le trouble des urines persiste.
Une crise analogue se produit trois mois après, bientôt suivie d’une troisième. | |
Enfin, il y a huit jours, nouvelle crise douloureuse, mais avec hématurie terminable, cette fois. Jamais de douleur
rénale. :
EXAMEN DE LA MALADE. — 1‘ Appareil urinaire. — Reins, — On sent nettement, à la palpation, le rein droit volumineux mais non douloureux. Le gauche n’est pas senti. L’uretère droit est douloureux, surtout au niveau de sa
pénétration dans le bassin.
Vessie. — Sensible à la palpalion ; non douloureuse à la distension ; capacité excellente. Douleur terminale à la miction. Miction toutes les deux heures nuit el jour.
Urines. — Troubles à l'émission. Pas de polyurie
20 Etat général. — Aucune lésion au niveau de Pappareil
pulmonaire. Ophlalmo-réaction positive, Amaigrissement
notable depuis dix mois. Appétit conservé. T: 87.
30 Urines totales. — a) {listo-ba t'riologie. — Quelques cellules épithéliales ; assez nombreux leucocytes à noyaux polymorphes assez allérés ; très nombreux cocci.
b) Chimie. — Vol: 1.700. — Urée (24 h.) : 21,05. — Chlorures (2% h.) : 11,90. — Albumine (24 h.) : 0,85.
4 Gystoscopie. — La vessie, garnie facilement à 200 ce., présente des parois très congeslionnées. L’orifice urétéral droit est un peu entr'ouvert, rouge, œdémalié ctlégèrement ulcéré sur sa lèvre externe. Une sonde n° 7 monte facilcment jusqu’au rein et vide une rétention louche de > 30 à 40 centimètres cubes.
L’orifice urétéral gauche est masqué par des bourgeon- :
nements de la muqueuse. La sonde glisse sur ces végétations et ne peut pénétrer dans l’ureière. On place une sonde
vésicale pour recuillir l'urine du rein gauche. (Phlorhyd-
zine. Polyurie expérimentale.)
5° Urines séparées. -- a) Hislo-bactérioloyie. — Fein droit (sonde urétérale). Leucocyles assez altérés ; pas de microbes.
Rein gauche (sonde vésicale): dépôt formé de cellules épithéliales plates et de leucocytes assez nombreux et vien conservés. Pas de microh2s
UN RTS l'E +
Re
b) Examen des 2 heures :
R, DROIT R. GAUCHE Quantité totale. ..,,,,--949c 406cc Urée tan ire) se ic 5 gr, 10 8 gr. 95 Sucre (au litre). + ui. re | gr. 80 5,gre Sucre (quantité réelle éli-
MIDÉe) EM … Ogr. 44 0 gr. 53 Albumine (au litre)....., 0 gr. 20 0 gr. 10 Chlorures (au litre). .... 6 gr. 10 11 gr. 30
Are 4:97h. 20 4/2: 3e 1/2 h. 4e 1/2 h.
RED.4 -S4Cc 105 ec 80 ce 23 ce
Rise. d7.ec 98 cc 50 cc Ice
Opération. — Néphreciomie droite le 16 décembre 1908 (Dr Albarran), Le rein hypertrophié bosselé présente à Ja coupe untissu cortical considérablement réduit. Le bassinel est excessivement dilalé. Les calices sont remplacés par des poches irrégulières. Au niveau de la région moyenne, caverne à trois loges. :
Mme D... sort de Necker, le 13 janvier 1909.
Etat actuel. — (25 décembre 1910;. 2 ans après la néphrectomie.
La malade à engraissé de 4 kilos, pendantles 3 mois qui ont suivi l'opération. j
La pyurie et la douleur à la miction ont disparu quelques jours après l'intervention. Le nombre des mictions est tombé à 5 le jour et à 0 la nuit dans la même intervalle de temps. Jamais d'hématurie, ni d'albumine depuis la néphrectomie.
La malade jouit d’ux appétit raisonnable, ne tousse pas, n’a jarmäis de fièvre, travaille depuis le mois d'avril 1909 et
n’a jamais élé malade depuis son opération. fomme toute, son état général est aussi satisfaisant que possible. Sa plaie, fermée en trois mois, a laissé une cicatrice dou-
loureuse pendant assez longtemps.
a lg fa var