‹ De quelques Résultats de Néphrectomies dans la Tuberculose RénaleChapitre 7 sur 67 · CA LE · texte numérisé non relu

CA LE

Du côté gauche, 9 centimètres cubes d’uriné trouble mais non sanglante avec une concenration durée de 8 grammes par litre.

C'est à la suite de cet examen nettement en faveur

du rein droit, que le Docteur Marion avait enlevé le

rein. gauche et six jours après la malade mourait d’anurie.

À l'autopsie on trouvait un rein droit absolument

détruit, ne formant plus qu’une poche pyonéphro-

tique complètement fermée.

Le Docteur Marion (1) explique ainsi le résultat

paradoxäl fourni par le diviseur :

€ Y eut-il de ma part erreur d’ application du diviseur Ou erreur d'interprétation ?

« Voyons d’abord s’il y a eu erreur d’interprétation :

« 1 D'un côté j'obtiens de l'urine sanglante, de l’autre de l'urine non sanglante. Je crois que je n'ai commis aucune erreur d'interprétation en

pensant que la division avait été effective et par

conséquent je me suis cru en droit de supposer que je pouvais avoir confiance dans le Fute fourni par l’exameñ des urines.

« 2 Ai-je eu tort de considérer le rein gauche comme le plus malade, je ne le pense pas. Du

«& sang obtenu à droite il ne faut pas tenir compte

puisqu'il venait évidemment de la vessie contu-

(1) Presse Médicale; 24 août 1910.

« sionnée par l'instrument, la malade n'ayant jamais « saigné auparavant. Je me suis basé sur la quantité « d’urines : 14 centimètres cubes à droite, 9 centi- « mètres cubes à gauche, et surtout $ur la concen-

€ tration en urée 12 gr. à droite, 8 gr. à gauche. Or,

« il est de notion courante que la chute du taux « des éliminations permet à elle seule d'affirmer « dans certains cas la tuberculose et de reconnaître « le côté malade. »

« Je crois donc qu’en interprétant les résultats « commé je l'ai fait, je n’ai commis aucune erreur ; « celui qui a commis la faute c’est le diviseur qui à « bel et bien laissé passer de l'urine à droite alors «que le rein ne pouvait pas en donner une seule « goutte puisqu'il était détruit et fermé. Il est certain « que le sang provenait de la vessie et que l'urine, (passant de gauche à droite S'en chargeait avant de « sortir ; pourquoi l’urine sanglante ne revenait- «elle pas à gauche : affaire de muqueuse formant

« clapet, affaire de courant ; je ne sais pas, mais le

« fait est là.

« Pour la différence des concentrations, il suffit « de penser que l'urine a passé à droite à certains moments et l’on sait que les variations dans la concentration varient à Chaque instant. «

AR

€ Y-a-t-il eu erreur d'application de l'instrument ?

«Cest possible, mais alors, comment est-il pos:

Sible de savoir si le diviseur est appliqué correc- € tement ou non, Quel est donc le critérium ? Si de

lo « de recueillir d’un côté de l’urine sanglante et de « l’'autre-de Furine-claire, d’un côté une urine d’une « concentration différente de celle de Pautre côté, , &ne constitue pas une preuve de division effective, «je me demande où l’on prendra jamais la certi- «tude que la division n’a pas été apparente mais «effective. »

= Desorte que dans le cas présent, la mort de la . malade est imputable seulement au procédé d’exploration employé, procédé abandonné depuis par la majorité des chirurgiens.

La seconde malade (obs. 27) est morte 6 jours après l'opération. Le rein enlevé présentait des lésions de tuberculose excessivement avancées. .

Le cathétérisme uretéral avait été fait des deux côtés et l'examen fonctionnel prouvait que le rein gauche restant serait suffisant pour assurer à lui seul la dépuration urinaire.

La malade se trouvait au moment de l'opération dans un état général grave ; le shok opératoire fut extrêmement accusé et la mort se produisit au milieu de phénomènes ‘en partie inexpliqués. Des vomissements incoercibles survinrent en effet le lendemain de l'intervention. Plusieurs lavages d’estomac n’amenèrent pas de sédation et la malade mourut quatre jours après l'apparition des vomis- -sements.

La troisième malade (obs. 29) était au moment y Es 4 Q * de sa néphrectomie dans un état de cachexie très

he

avancée. L'opération apparaissait ici, comme le seul . moyen de fortune susceptible de la prolonger. Le rein enlevé était entièrement transformé en uñe vaste poche purulente. Le cathétérisme du rein supposé sain avait été fait.

La malade mourut vingt jours après l'opération, non du fait de sa néphrectomie, mais du fait de sa cachexie extrême.

La quatrième malade (obs. 32) est morte d’insuffisance urinaire douze jours après l'opération. Lerein droit enlevé était pvonéphrotique et presque totalement détruit. Le rein gauche avait élé cathétérisé et donnait à l'examen fonctionnel des deux heures une quantité d’urée éliminée égale à 0,58 centigrammes. La mort de la malade paraît donc due à l’inobservation du principe qui veut, qu’on n’opérera jamais un individu dont le rein le meilleur : donnera à l'examen des deux heures, une quantité d'urée éliminée inférieure à 0,75 centigrammes.

Enfin .le cinquième malade (obs. 40) est. mort subitement le lendemain d’une néphrectomie excessivement laborieuse. La quantité d'urine émise après | l'intervention élait normale, le malade se sentait aussi bien que possible et tout laissait prévoir pour lui des suites opératoires heureuses lorsqu'une mort subite est venue le terrasser en: quelques secondes. L’autopsie n'ayant pu être faite on est réduit à des suppositions sur les causes de la mort.

En résumé, les cinq néphrectomies précé-

Page 1