DE SAN FRAN' CISCO AU CANADA
temples : les Sion Tabernacle n" 2 et 3. « La leclame rapporte », disait Dowie {It pays to advertîse). Les guérisons se faisaient aussi nombreuses que les conversions. Chaque semaine, des milliers de personnes envahissaient le Tabernacle et demandaient leur guérison au prophète. Des pèlerins qui arrivaient avec des béquilles s'en retournaient sur leurs pieds, des paralytiques que l'on amenait sur des matelas repartaient allègrement avec. Dowie créa alors l'Église catholique chrétienne de Sion, dont il se déclara l'administrateur général. Le Tabernacle devenant trop petit, il loua le Music-Hall, puis le grand Auditorium de Chicago, et on y fit le service du dimanche d'octobre 1895 à avril 1896. Alors Dowie acheta l'église Saint-Paul (1896), qui devint le lieu de réunion des fidèles.
Le moment était venu pour lui d'exposer sa doctrine d'une façon éclatante. Il le fit dans les deux conférences générales du 22 janvier et du 5 février
— Je n'ai jamais eu l'intention, déclarait le « prophète-financier », de créer une de ces organisations insignifiantes qui divisent la chrétienté. J'ai senti que je pouvais ramener l'Église à sa simplicité primitive, telle qu'elle était au temps du Christ et des apôtres. Voici notre Credo :
{' Nous reconnaissons comme règle de notre foi et de^ nos pratiques, l'infaillible et suffisante inspiration des Saintes Ecritures ;
2° Aucune personne ne peut faire partie de notre Église, si elle ne s'est repentie et si elle ne croit pas à la rédemption par le Christ;
3" Chacun doit être capable de déclarer qu'au fond de son
cœur il s'est repenti en toute sincérité, qu'il croit vraiment en Dieu, et qu'il possède en quelque sorte le témoignage de ! Esprit-Saint;
4" Que toute autre question n'est qu'une affaire d'opinion qui n'attaque en rien l'unité de l'Église.
Quant à la discipline, elle interdit les théâtres, brasseries, pharmacies, le tabac, les médecins et les chirurgiens, les maisons mal famées, les concerts et îa danse. L'élevage du porc et la vente de sa chair immonde que Dieu a formellement interdit de manger, sont absolument prohibés comme cause directe du cancer, des scrofules, du choléra, de la tuberculose, des rhumatismes, etc. L'Église, comme je l'ai dit plus haut, impose le paiement exact de la dîme, sans laquelle toute grâce divine est refusée. Elle est la « nourriture de Dieu », et le prophète le rappelle souvent à son peuple : « Écoulez, frères, leur dit-il dans ses fréquentes exhortations, travaillez et gagnez autant que vous le pouvez. Si vous pouvez gagner mille dollars ou cent mille dollars, faites-le. Épargnez, mais donnez à Dieu et à son Église, largement, à profusion. Développez votre commerce et votre industrie, mais, au nom de Dieu, donnez tout ce que vous pouvez. Amen ! »
J'imagine une assemblée de paysans normands ou picards à qui le prêtre d'une nouvelle religion viendrait tenir un discours pareil. Voyez-vous leurs yeux malins briller d'ironie, et les entendez-vous ricaner?
Mais nous sommes à Chicago. Et voilà qui donne à réfléchir.
Ce n'est pas tout,