UN ÉCRIVAIN JUGÉ PAR UN POLITICIEN
connaissait la société telle qu'elle est, il en avait étudié les mœurs, observé les types; il les avait observés directement, sans idée préconçue. Il s'efforçait de les portraire et de faire des portraits ressemblants. C'est là la marque de son œuvre ; c'est ce qui fait que son observation est si large et qu'il entre dans ses pièces tant d'humanité vivante.
M. de Freycinet, il faut lui rendre cette justice, a passé une revue complète des ouvrages d'Emile Augier, il en a présenté de petites analyses, cité des passages, et rappelé les mots qu'on cite le plus habituellement, comme, par exemple, le « Va te battre » d'Antoinette Poirier. Et il a trouvé le moyen, au bout de cette énumération consciencieuse, de ne donner nulle idée du mérite propre et du caractère particulier de son auteur. — Aussi bien il se fait de la littérature en général une conception toute simple, appropriée aux besoins de l'enfance et à ceux' des classes laborieuses. « Ce théâtre, dit-il, a moins pour but d'offrir une récréation que d'être une école sérieuse où toutes les classes peuvent trouver leur enseignement. » Education et récréation, c'est toute la littérature. Et c'est tout le théâtre d'Emile Augier. « Il est rare qu'on ne sorte pas d'une représentation d'Augier sans se sentir meilleur. La douce émotion qu'il a su provoquer dissipe les hésitations, détruit les mauvais germes et prépare une guérison prochaine. » Telle est l'idée dernière qu'on nous donne de l'auteur
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des Lionnes pauvres^ du Mariage d'Olympe et des Fourchambault^ comme d'un membre de la Société des bons livres. Littérature inoffensive et couleurs sans danger. Théâtre innocent, émollient et lénitif... (i).
(1) Je rappelle que dans la réponse à M. de Frejeinet, M. 0. Gréard, direetear de l'Académie, a marqué en traits précis et sûrs la Téritable physionomie d'Angier (séance dn 10 décembre 1891).
Je rappelle brièvement les faits. M. Benoîton a trois filles. L'aînée, Marthe, a épousé Didier. Sur la dénonciation d'une vieille fille médisante et rageuse, Adolphine, Didier soupçonne sa femme, dont l'innocence est. d'ailleurs bientôt reconnue. La seconde, Camille, promise à M. Prudent Formichel, un chiffre fait homme, se laisse enlever par le cousin Stéphen, qui l'épouse. La troisième, Jeanne,épousera le vicomte Hector Pardailhan de Champrosé. C'est une jeune veuve, Clotilde d'Evry, qui marie Jeanne et Champrosé.
C'est elle qui a marié Didier; elle en a marié bien d'autres; elle marie tout le monde; elle marierait le Grand Turc avec la république de Venise ; mais elle ne mariera jamais Adolphine...
DouMic. -^ Théâtre contemp. (J
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La Famille BenoUon (i) est une des plus jolies comédies de M. Sardou. Elle a plu en sa nouveauté. D'où vient qu'elle semble aujourd'hui languissante et froide?
Une explication se présente tout de suite, et qui, d'abord, semble plausible. Sardou est l'homme de l'actualité. Il attrape au vol l'idée qui est dans l'air, et, sur une donnée qui occupe tous les esprits, bâtit cinq actes de comédie : le succès est immédiat, la vogue considérable. Le temps passe. Les nouveautés, Tune après l'autre, quittent l'affiche. Si on essayait d'une comédie déjà consacrée ! Si on reprenait la Famille Benoiton! Mais entre-temps la société s'est renouvelée, les travers ont changé avec les modes, et il se trouve que l'actualité d'il y a vingt-cinq ans commence à dater...
Cette explication est plus qu'insuffisante : elle est erronée. Ce n'est pas le croquis de mœurs qui a vieilli dans la pièce de M. Sardou. Les ridicules que l'observateur de i865 notait chez les bourgeois de son temps sont encore ceux de la bourgeoisie d'aujourd'hui. Voit-on que la dose d'esprit positif ait diminué, que les autels de l'idéal aient été relevés, et que les pères se préoccupent de former à leurs enfants une âme romanesque? Voit-on que les fils de famille soient moins précoces, ou qu'il ne se bâcle plus de mariages dits de convenance ? Voit-on que les femmes aient cessé de se montrer aux
(l) 1805. — Reprise à rOdéoii, soplombre 1889.
courses, sur les plages, dans les villes d'eaux, et d'v faire assaut de toilettes ? Y a-l-il moins de mots anglais dans le français que parlent les personnes du monde élégant? Il s'est produit dans Tintervalle de ces vingt-cinq années de terribles secousses, et par lesquelles il semblait que la vie sociale dût être entièrement bouleversée. Mais les mœurs ont continué à suivra tout doucement leur pente. C'est encore vers le gain que tendent toutes les énergies, et vers le luxe que vont tous les rêves. On veut faire fortune pour étaler ensuite la fortune qu'on a faite. M. Prud'homme, enrichi, s'avis« d'éclabousser ses contemporains. On est pratique et frivole, positif et vaniteux : on greiffe sur une âme d'épicier des goûts de cabotin. — La satire de M. Sardou s'applique parfaitement à la société au milieu de laquelle nous vivons. Il n'y a donc pas lieu de dire que si nous avons pris moins de plaisir à l'entendre, c'est que nous ne la comprenons plus, et que si les traits nous en ont paru émoussés, c'est que nous ne connaissons plus les originaux contre qui ils étaient dirigés. La raison qui fait que cette pièce maintenant semble fanée est toute différente : ce n'est pas une vulgaire raison de date, c'est une raison d'art.
L'art de M. Sardou, dans la Famille BenoU ton^ manque totaleme'nt de profondeur et de solidité; il s'arrête aux surfaces : ridicules à fleur de peau, drame à f^eur d'émotion. A force de verve et de brio, ses procédés font d'abord
illusion; mais, rengouement une fois tombé, l'insuffisance de cet art sans conviction éclate : on s'aperçoit que sous ces brillants et séduisants dehors il n'y avait que le vide.
Il y a deux façons de composer une pièce de théâtre. Une vérité morale vous apparaît. C'est en la creusant que vous trouvez le développement théâtral qu'elle comporte, le moyen scénique qui vous permettra de lui faire prendre corps, de la rendre sensible, visible, palpable. Des entrailles mêmes du sujet sort l'action, la seule qui convienne, avec les personnages, tous les personnages nécessaires, et rien que ceuxlà. L'idée s'est créé son milieu; cadre et tableau se tiennent intimement : il n'y a place ni pour des épisodes accessoires, ni pour un dialogueur sans utilité. — Il est clair que la Famille Benoîton n'a pas été composée d'après ce système. On a pu à cette reprise supprimer complètement un rôle, celui de Théodule Benoîton, le sympathique fondateur du Potach'club, le collégien noceur, revenu des femmes avant d'être allé au baccalauréat, décidé à ne rien faire sauf des dettes, et qui connaît assez son époque pour fonder sur un joli scandale toutes ses espérances d'avenir. On aurait pu réduire à deux le nombre des demoiselles Benoîton, et nous n'aurions pas même songé à remarquer qu'on eut laissé en route une de ces trois Grâces. On a coupé des scènes ; on couperait encore des tirades, la pièce y gagnerait. On imagine enfin vingt drames, également possibles, et qui se seraient
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adaptés au sujet, ni mieux, ni plus mal que celui sur lequel s'est arrêté le choix de M. Sardou.
Voici Tautre système. Un auteur prétend seulement à faire défiler sous nos yeux une série d'originaux : il se contentera pour nous les présenter d'une action quelconque, et la première venue, qui lui servira de prétexte. 11 ne veut que relier ensemble des épisodes amusants : il lui suffira du lien le plus ténu. Ce système, poussé à ses dernières limites, donne ce qu'on appelle : une revue. La Famille Benotton^ en ce qu'elle a d'essentiel, n'est, en effet, qu'une revue, dont Clotilde et Champrosé sont la commère et le compère. La cousine et le cousin arrivent dès le premier acte, on ne sait d'où et on ne sait pourquoi. C'est pour entamer le boniment de rigueur et la série des annonces traditionnelles. Clotilde commence sans retard.
Elle annonce: voici la Parisienne de i865:
« Toujours sortie, elle va, vient, trotte de Trouville à Ems, de Bade à Étretat, aussi prestement que son aïeule de l'armoire au linge à l'armoire aux confitures. Et toujours la toilette qui va son train : toilette de wagon, toilette de bateau, toilette de bain, de cheval, de traîneau, de chasse, de pèche, de soleil, de pluie, de brouillard, d'avalanche... » Voici l'amoureux XIX* siècle : « Jeune âme de négociant dirigeant sa petite passion méthodique avec la calme résolution qui doit présider aux jolies opérations de banque. Un peu d'amour, beaucoup de calcul. Tenue du cœur en partie double, » Voici
le ménage nouveau modèle : « La femme est capricieuse, amère, fantasque : des gaietés folles, des amertumes sans nom, un incurable ennui.
Aujourd'hui Tadoration de sa fille poussée au délire, et demain : « Dieu ! cet enfant! quels cris ! vite la bonne! Le mari, pendant ce temps-là, chiffre, chiffre toujours. » Voici la famille Benoîton : « Une fille compromise, une insultée, une autre enlevée, l'aîné en prison, le cadet gris, le père aux abois, et la maman sortie. » Voici M. Benoîton, « un millionnaire dont la fortune a commencé dans les sommiers qui portent son nom » ; ses fils : « un collégien, cancre de la plus belle venue et un petit bonhomme haut comme ça, élevé d'après la méthode positive, et qui promet. » — Et elle continue, montrant au doigt, expliquant, portraiturant, et débitant tout haut ses descriptions et ses définitions. Ce rôle est particulièrement insupportable. On se demande où Clotilde a pris, avec cette grande sagesse, ce droit de tout dire. On lui en veut d'autant plus de son agaçante suffisance qu'elle entasse les maladresses sur les aphorismes, et qu'avec tout son caquetage, elle fait infiniment de mal. Ce type de Desgenais en jupon est encore un type d'ineffable gaffeuse. On voudrait lui crier de se taire, d'avoir à ne pas mettre son nez dans les affaires des autres et de ne pas s'occuper de ce qui lie la regarde pas, et de mettre un terme enfin à sa manie dissertante et un point à la ligne au milieu de ses tirades. Mais quoi! l'em-
ploi même veut qu'elle parle ainsi, et c'est son rôle de détailler en vue du public la notice explicative.
De même on s'étonne que Champrosé fasse preuve d'une si prodigieuse naïveté. C'est bouche bée qu'il écoute Clotilde et enregistre ses révélations. Grâce à elle, il découvre la société parisienne, et entre autres choses curieuses, apprend avec stupeur que six mille francs de revenu à Paris ce n'est pas la fortune. Comment ! voilà un homme qui n'est plus au sortir de l'adolescence, puisqu'il songe à faire la retraite et à prendre ses quartiers d'hiver dans le mariage. C'est au surplus un personnage très lancé, et qui a, paraît-il, « ébloui Paris par son éclat». Même à force de l'éblouir, il s'est ruiné complètement : il a croqué l'héritage paternel, croqué le château de ses ancêtres, croqué le parc, croqué les bois. L'expérience qu'il aurait gagnée en y mettant ce prix aurait pu lui sembler bien payée; or, il en sait sur la capitale juste autant qu'un provincial au moment où il débarque du train de plaisir pour visiter l'Exposition. Peu importe, après cela, qu'il voyage depuis dix-huit mois et qu'il arrive de Carthage emprès Pontoise ; nous avons peine à croire à cet excès de candeur... Mais, encore et toujours, c'est l'emploi qui veut ça. Un compère se doit à lui-même et doit à son rôle de marcher dans un perpétuel ébahissement.
Il va sans dire que quand on se contente comme M. Sardou de faire défiler ses bonshom-
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mes dans une espèce de revue et de les arrêter au passage pour nous les présenter, on ne risque pas d'enfoncer très avant dans les caractères. Tout cela est vu par le dehors. Aussi notez combien sont superficiels les travers qu'on dénonce dans la Famille Benoîton ! Ils n'entament pas l'être, ils n'en altèrent pas l'honnêteté foncière. Car Clotilde a beau me dire que cette famille est le confluent de tous les scandales, elle ne me convainc pas : tous ces gens-là, en somme, me font l'effet d'être de braves gens. Madame Benoîton, d'abord. Toujours sortie! et mère de cinq enfants! Entre nous, je n'y crois guère. M. Benoîton, ensuite. Venu à Paris avec quarante sous en poche, il a fait sa fortune dans les sommiers élastiques, ce qui est beaucoup plus recommandable que de faire fortune à la Bourse ; et rien n'indique, en effet, qu'il ait sur la conscience une seule indélicatesse. Il n'a pas dû s'amuser beaucoup dans son commerce, et il ne songe pas à rattraper le temps perdu. Il aspire à la décoration; mais on n'insinue pas qu'il entretienne une danseuse. Il s'occupe uniquement de bien marier ses filles, ce qui est son droit, sinon son devoir. Il leur donne une dot très ronde, et après sa mort elles trouveront dans sa succession de bons titres de rente, de bons immeubles à Paris et de bonnes terres hors Paris. Ce Benoîton, je sens que je le respecte. On en ferait son beau-père.
Travers superficiels et travers passagers. Les personnages de M. Sardou ne sont mémo pas
ancrés dans leurs défauts. Ils se convertissent... et facilement. Convertie Marthe! qui, joueuse tout à l'heure, et parieuse, et patineuse, et soupeuse, va maintenant restreindre son train de vie. rogner sur sa dépense, et se vêtir de la laine qu'elle aura filée. Convertie Camille! qui, après avoir été élevée à ne considérer dans un mari que son argent, en vient à éconduire un prétendant qui est riche, pour épouser sans dot un amoureux sans fortune. Convertie Jeanne !
qui après avoir parlé argot et piaffé dans des toilettes tapageuses, revient au français de Noël et Chapsal et à la mousseline de sa grand'mère. Les garçons ne seront pas plus difficiles à corriger. Pour Théodule, six mois de régiment en viendront à bout, et pour Fanfan, il suffira d'une fessée.
Les trois demoiselles Benoîton sont mariées : on prévoit qu'elles seront d'honnêtes petites femmes, qu'elles rendront leurs maris très heureux et qu'elles les rendront plusieurs fois pères. J'en conclus qu'elle ne donne pas de si mauvais résultats, l'éducation système-Benoîton; mais peut-être n'est-ce pas cette conclusion que M. Sardou prévoyait pour sa pièce.
Ce manque de solidité, — j'allais dire de sérieux — on le constate dans la partie de drame aussi bien que dans la partie de comédie. Car il y a un drame dans la Famille Benoîton^ et quel drame! Didier, poussé par Clotilde, s'avise que Marthe exagère les dépenses : une querelle s'ensuit à propos d'une histoire de dentelles.
go yiGTORIEN SARDOU.
que, le mari ayant refusé de payer, la femme se procure avec un argent de provenance inconnue. Une lettre anonyme fait connaître en outre que Champrosé ne voit pas M"" Didier pour la première fois, qu'il a causé avec elle à Dieppe, et qu'un jour la rencontrant aux Tuileries avec sa fillette, Madeleine, il a embrassé la petite dans les bras de sa nourrice. Didier en conclut hardiment que Champrosé est le père. Des lettres de Marthe contiennent sa justification; mais Glotilde, par une de ces inspirations qui n'appartiennent qu'à elle, les a brûlées. Situation insoluble. Famille désunie. Le mari prêt à quitter le domicile conjugal... Par bonheur il arrive un malheur. La fillette, sur qui on a laissé une fenêtre ouverte, est malade. Clotilde tire parti de la circonstance. Elle annonce devant Champrosé que l'enfant est morte. Champrosé tressaille, mais non autrement que ferait le premier passant venu, à la nouvelle d'un accident : en somme il est gêné plus qu'ému et propose, par discrétion de se retirer. « Eh bien ! s'écrie Clotilde, est-ce ça un père? — Non, répond Didier, ce n'est pas ça un père. Dans mes bras, Marthe, dans mes bras; tu es le modèle des épouses. » Et il absout sa femme avec autant de légèreté qu'il en avait mis à la condamner.
Sans doute il vaudrait mieux que ce drame n'eût pas été écrit. Le contraste est trop choquant entre le ton spirituel des deux premiers actes, et la grossièreté des moyens employés maintenant : la maladie de l'enfant, l'instinct
qui se réveille chez la mère, les variations sur le thème usé de la voix du sang et les tressaillements aux nuances indicatrices, tressaillement simple pour étrangers et tressaillement spécial à Tusage des pères de famille. Mais enfin, puisqu'il s'agit d'un procédé habituel à M. Sardou et auquel celui-ci est resté fidèle dans ses principaux ouvrages, il ne servirait à rien de le contester ici. Acceptons-le. Acceptons que la comédie ait pour suite un drame, et qu'après nous avoir présenté un pimpant décor on nous montre que de terribles épisodes peuvent y trouver place. Je me borne à réclamer que du moins le système soit appliqué franchement, et que le drame auquel on nous convie soit véritablement un drame. Les données ne manquent pas. Chaque jour les comptes rendus des tribunaux et les potins des salons nous apportent en foule le récit des catastrophes propres à la bourgeoisie riche : chutes soudaines, infidélité de la femme, libertinage du mari, inconduite des enfants, que sais-je encore? Il y a là une abondante source de larmes et une ample matière à enseignements. Mais c'est bien d'un drame, en vérité, qu'il s'agit! c'en est à peine une apparence. Marthe n'a jamais songé à tromper son mari. Ses rapports avec Ghamprosé sont l'innocence môme. Ils se bornent à un service pécuniaire qu'elle a accepté : argent prêté et remboursé depuis. Les lettres, les lettres brûlées, ce n'étaient que billets, quittances et reçus. Le mari s'est emballé à vide, et sa femme
ga VICTORIEN SARDOU.
l'a laissé faire quand elle pouvait l'arrêter d'un mot. 11 n'y a pas eu de faute commise, pas de sujet débrouille, pas de prétexte à séparation; il n'y a eu que malentendu et quiproquo. Il n'y a pas de drame : il n'y a qu'un vaudeville.
C'est ainsi que nous avons beau retourner cette pièce en tous les sens, nous y notons toujours le même défaut : l'absence de solidité et de sérieux. La composition est lâche, en dépit de l'habileté de l'auteur. Ah! cette grande habileté faite de tant de petites habiletés," combien elle aura desservi M. Sardou! Pas une figure qui soit fouillée, mais des caricatures au lieu d'êtres vivants, des silhouettes où il faudrait des portraits en pied, des manies sans un défaut capital et sans un vice d'importance. Une comédie qui tourne mal, un drame qui finit bien. Tout ce qu'il faut pour piquer notre curiosité, et rien de ce qu'il faudrait pour la satisfaire.