J4 EMILE AUGIER
pourtant un aphorisme dont il faut goûter la banalité solennelle : « La vertu est la meilleure assise du foyer en même temps que la loi nécessaire des sociétés. » Et il y aurait à méditer sur certaines « compromissions qui sont le prélude des défaillances » ou, si l'on préfère, sur certaines « défaillances qui sont le prélude des compromissions ». Car ces sortes de phrases ont cet avantage qu'on en peut mettre les mots dans l'ordre qu'on veut et qu'ils y sont aussi bien placés devant ou derrière.
C'est à l'épithète qu'on connaît l'écrivain. M. de Freycinet est justement ennemi de Técole quintessenciée des chercheurs d'épithètes rares. Il tient pour Tépithète de nature : tels Homère et M. Zola. Il nous a parlé du « jeune ingénieur » ainsi qu'il convenait; et aussi du « jeune viveur » et du « grave magistrat )> et de « l'honnête mère de famille » et de la « jeunesse oisive et dorée qui s'adonne aux excès du vice ». Mais c'est surtout contre les « femmes perdues » qu'il a trouvé le mot juste et qui porte. Il a dignement qualifié cette classe « de femmes insolentes... »
Circonspect dans le choix de ses adjectifs, il est hardi dans celui de ses métaphores : « Augier, nous dira-t-il, s'était promis de prendre corps à corps ces deux types du vice social, et de les démasquer en les flagellant. » Je demande qu'on se représente l'opération. Essayez un peu, pour voir, de flageller le corps d'un vice en démasquant ce corps ! — Ce style