‹ De Scribe à Ibsen;Chapitre 33 sur 67 · HENRI LAVEDAN · texte numérisé non relu

HENRI LAVEDAN

homme d'État, et un vicomte, somptueux penseur, passez-moi en revue tous les imbéciles titrés ! » L'antiquité de leur race, c'est tout leur mérite. Cependant les temps ont marché. L'écrivain, né peuple, issu des serfs d'autrefois, entre aujourd'hui partout tète haute, libre de dire, d'écrire, d'imprimer ce qu'il pense. Le juif, jadis objet de tous les mépris, est devenu roi du monde. « Eux, ils sont bien nommés : les descendants. A mesure que tout monte, ils dégringolent. » Encore s'ils essayaient de lutter ! Ils n'ont pas le gouvernement de leurs préférences, ils sont tenus à l'écart des affaires et des charges publiques. Et vous croyez qu'ils se révoltent ? Vous les connaissez bien mal. Ils se costument et ils se maquillent... « Ah ! je ne les aime guère », conclut de Horn, par crainte apparemment que nous ne soyons tentés de l'accuser d'extrême indulgence et d'une sympathie poussée jusqu'à l'excès.

Il reste à nous présenter la duchesse. Non contente de vivre parmi les comtes et les marquises d'aujourd'hui, la bonne dame habite en imagination les coins les plus aristocratiques de notre histoire. « Louis XIV, avoue-t-elle, c'est ma folie ! » (Louis XIV, interrompt en sourdine le doux Montrejau... Louis XIV... grand roi... Five o'clock avec Molière.) Elle cite les vieilles devises, les exploits nobles, et les vertus titrées. Elle n'admet pas qu'on plaisante devant elle sur ce qui touche à la race et au blason. Nous disons : c'est une con-

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vaincue. « C'est une emballée ! dit son fils avec une [rivalité vraiment princière. Elle croit que tout ça est arrivé... »

Ce premier acte est un acte d'exposition excellent. Nous y lions connaissance avec ce ménage d'une aristocratie de décadence : le prince, oisif, inutile, ayant pour tout talent son habileté à conduire, et le baccarat pour seule occupation; la princesse, jolie poupée à qui on peut tout dire, imprudente de qui on peut tout espérer. Le sujet de l'étude est nettement indiqué: c'est la noblesse aux prises avec la question d'argent, l'aristocratie ayant perdu sa dernière fierté dans sa compromission avec la juiverie. Le dialogue, d'un grand éclat, abonde en jolis mots et en traits spirituels. On regrette seulement d'en trouver quelques-uns qui sont d'un esprit trop facile, et qui font dans ce feu d'artifice un effet de fusées mouillées. Exemple : « Vous ne croyez pas aux mots historiques, dit la duchesse. Pourtant, Henri IV... la poule au pot... » — « C'était un canard. » Et il y en a d'autres. Cela est fâcheux, n'est pas digne de Henri Lavedan, et serait si facile à effacer!

Le second acte a un défaut: c'est que, du moins dans sa première partie, il recommence le précédent. C'est encore une série de présentations, 'I'1 conversations ingénieuses, de définitions malicieuses en des scènes qui ne sont pas tontes d'une utilité incontestable. A la collection déjà bien fournie de gentilshommes fin de race, il manquait une variété, celle du

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gentilhomme qui se sert de son nom et de son titre pour faire de petits commerces et de petites opérations financières se soldant en fin de compte par d'honnêtes bénéfices. Celui-là s'appelle le marquis de Chambersac, ou, comme on dit, par une abréviation qui équivaut à la gloire : le marquis. Ni mélomane, ni littérateur, ni acrobate, le marquis ne compose pas d'opéras pour les cercles et ne fait pas de tours dans les cirques. Mais il a d'autres talents. C'est un homme précieux et dont l'industrie ne manque pas d'occasions pour s'utiliser. Voiton surgir entre gens qui doivent s'estimer un incident qui pourrait devenir un scandale ? le marquis a la main délicate; par ses soins l'affaire s'arrange. Une contestation s'élève-t-elle autour d'un tapis vert ? le marquis, arbitre et conciliateur désigné, n'a pas son pareil pour aplanir les difficultés de jeu. Il négocie les ruptures, reçoit les confidences, essuie de belles larmes. C'est par lui encore, et grâce à son entremise discrète, qu'on trouve acquéreur pour tel bijou de famille ou telle relique précieuse qui ne doit pas figurer dans des enchères publiques. Il donne aussi des idées aux tapissiers, patronne des tailleurs et protège des couturiers. I l le régent de la mode. Ses décisions font loi. Et ainsi, dans un monde où il a beaucoup d'obligés, il continue de tenir son rang. Il est quelqu'un. C'est un monsieur... et même un joli monsieur.

Cependant quelques minutes à peine nous

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séparent du moment où va s'ouvrir le bal. Montrejau en profite pour faire répéter une dernière fois la pavane, cette pavane qui doit être l'action d'éclat de sa vie et la grande pensée de son étroite cervelle. La princesse fait son entrée en Marion Delorme : et elle se fait à ellemême une annonce bien galamment tournée : « Je suis née au début du siècle, à une date que personne n'a jamais pu dire avec précision. De grands seigneurs, des princes, des rois m'ont aimée. Ils m'ont aimée chacun à sa façon. Je les ai tous aimés... de la même manière. » Tout le couplet est délicieux, d'une coquetterie et d'une préciosité exquises. De Ilorn en rajah, tout reluisant de luxe et de mauvais goût, semble porter devant lui les millions de sa banque. Le prince, au prix de longs efforts et d'une fatigue méritoire, est enfin arrivé à lacer sa cuirasse, la cuirasse historique du connétable. Les épreuves de l'article où sont décrites par avance les splendeurs de la fête ont été lues et corrigées. Tout est prêt...

C'est ici qu'éclate une scène maîtresse, qui par sa violence, sa rapidité, sa brutalité, fait contraste avec les lenteurs de préparation où la comédie jusque-là se complaisait en s'y attardant. La duchesse vient d'apprendre par la confidence ou par la dénonciation de l'intendant Berlin L'événement de la nuit dernière, cette grosse perte de jeu qui, venant s'ajouter à toutes les dettes longuement accumulées, annonce la débâcle prochaine et finale. Tout de

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suite, dans la révolte de son honnêteté, avec l'impétuosité de sa nature peuple, elle est accourue et, sans tenir compte du moment, sans se soucier des convenances, sans se souvenir que l'hôtel s'emplit déjà de inonde, d'un monde de curieux, d'indiscrets et d'envieux toujours prêts pour deviner un malheur et flairer un scandale, elle exige une explication immédiate. Qu'est-ce que le prince compte faire ? Quelles ressources lui restent? A quels moyens, à quels expédients va-t-il descendre? Où s'adressera-t-il et à qui ? Au moins la duchesse entend qu'il n'ait pas recours à elle. Assez de fois elle a payé pour ce fils incorrigible et sauvé cette maison de la ruine où elle aboutit fatalement. Assez de fois elle a cru à des serments aussitôt violés que jurés. Elle sait le fond qu'il faut faire sur la parole d'un d'Aurec. Elle ne veut plus être dupe. Elle se refuse à être encore une complice... Devant ce beau débordement de colère, le prince n'éprouve que l'ennui que lui cause une scène intempestive. 11 se venge à la manière des faibles, par l'impertinence et la méchanceté. Il raille, il gouaille et il insulte. « Je vendrai, dit-il, l'épée du connétable. » Et comme à cette menace et à quelques autres encore qui sont de nature un peu plus grave, la duchesse se récrie, et rappelle le gentilhomme indigne au respect du nom qu'il porte, et de la mémoire glorieuse des ducs de Talais : « Les Talais, interrompt-il, lesquels ? Il y en a un qui a volé au jeu,

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un qui a voté la mort de Louis XVI, un qui a failli passer en cour d'assises. » — « Moi, dit la duchesse, je les accepte tous, en bloc! » C'est elle, en vérité, cette fille des Piédoux, qui est la grande dame. Elle a essayé vainement de réveiller dans le cœur du prince la pudeur endormie, d'en faire jaillir quelque inspiration noble, ou d'y retrouver enfin quelque sentiment d'honnêteté ! Mais il n'y a plus rien, rien qu'énervement, lassitude et veulerie. C'est pourquoi la duchesse est décidée cette fois à en finir, et à ne plus tenter même un sauvetage inutile. Elle donnera au prince un conseil judiciaire: elle lui rappelle d'ailleurs qu'aussi bien à l'a ris et à sa terre de Ressigny, lui et sa femme trouveront chez elle une hospitalité toute prête. Ce sera le vivre et le couvert avec l'impossibilité de nuire... Pendant que la discussion se continue et se fait plus brutale, avec plus d'emportement d'un coté, avec plus de cynisme de l'autre, on annonce : « La reine!... La reine de Sardaigne arrive ! — On y va ! » Et Madame de Maintenon c'est le costume de la duchesse tâche de reprendre un peu de calme et le connétable d'Auréc tâche de retrouver un peu <|<- dignité, pour faire l'accueil qui convien! à une royale invitée... Toute cette scène esl vigoureuse et d'un beau dessin. Et elle est encore dune excellente invention de a théâtre . attendu qu'elle nous met sous les yeux et nous montre par une traduction sensible ei visible toute cette misère mêlée à toute

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cette splendeur, les lugubres dessous d'une brillante réception.

Au dernier acte, nous allons voir la situation se liquider d'une façon d'ailleurs un peu imprévue. La duchesse a mis sa menace à exécution. Le prince a un conseil judiciaire. Pour payer les quatre cent mille francs de sa dette de jeu, il a du les emprunter à de Horn. Il a quitté son hôtel. Il fait pénitence dans le château maternel, à Ressigny Maine-et-Loire). Il boude, cela va sans dire, à la manière d'un écolier qu'on a mis au pain sec. Mais surtout il s'ennuie. Il s'ennuie comme on peut s'ennuyer dans le Maine-et-Loire. La duchesse profite de l'affaissement où elle le voit pour renouveler un assaut, maintes fois tenté, toujours repoussé. Elle voudrait que le prince sortît de son inaction, qu'il fit quelque chose. Mais quoi ? Et qu'est-ce que peut bien faire un gentilhomme à notre époque ? Fera-t-il de la politique ? Le conseil général, la députation, le ministère... pour que celle qui s'appelait la princesse d'Aurec ne soit plus que la belle madame d'Aurec de l'agriculture ou des travaux publics ! Ferat-il de la littérature ? Cela sent toujours sa bohème. A défaut d'un poste diplomatique, briguera-t-il un fauteuil à l'Académie ? La duchesse l'y engage fort. Que le prince publie la correspondance de ses ancêtres ! La bibliothèque du château est toute pleine de papiers où nul n'a jamais mis le nez. Il n'y a qu'à copier. On ferait aisément un beau livre, plusieurs

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beaux livres... Mais tous ces projets ne sont du goût ni du prince ni de la princesse. Celle-ci pense qu'au lieu de prétendre à la gloire du politicien ou de disputer d'obscurs honneurs aux rats de bibliothèque, un prince a mieux a faire : c'est de pousser jusqu'aux extrêmes limites l'élégance et raffinement de la race, et d'achever en lui un modèle d'impertinence et de hardiesse frivoles. Le prince résume ainsi la situation : « Maintenir le goût, régler la mode, lancer une nuance ou une écuyère, tels sont aujourd'hui les devoirs d'un gentilhomme. » Et il sort, afin de se remettre de la fatigue et de la gène d'un pareil entretien.

Restée seule avec un vieux brave homme, M. Sorbier, ancien magistrat et dont elle a fait le conseil judiciaire du prince, la duchesse en songeant au passé et au présent, à la vie qu'elle pouvait avoir et à celle qu'elle a préférée, se sent des larmes qui lui montent aux yeux. Combien elle a souffert par cette aristocratie où elle est entrée, non par nécessité de naissance, mais par choix de vanité ! Que d'humiliations et que de déboires! Que de tristesses et de houles dont elle a subi l'angoisse pour d'autres qui ne les ressentaient même pas et semblaient comme étrangers à leur propre déchéance! Ah ! si elle avait su ! Elle n'aurait aujourd'hui ni titres ni armoiries et les domestiques ne lui diraient pas : « Madame la duchesse. » Mais elle serait Mmc Sorbier, aimée de son mari, respectée d'enfants qu'elle pourrait

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estimer. Elle serait heureuse... Et tout cela a bien un vague air de complainte.

Mais voici que l'action se resserre et le drame se précipite. Ce n'est pas, comme bien on pense, pour le seul plaisir de venir en aide à l'aristocratie catholique, que de Horn a prêté quatre cent mille francs au mari, deux cent mille à la femme, sans préjudice de moindres sommes qui portent sa créance à un total de sept cent mille. Le moment est venu qu'il réclame sa dette, capital et intérêts, et se fasse payer en nature. Aussi bien l'annonce d'un prochain voyage lui fait comprendre qu'il doit se hâter, en même temps que certaines railleries du psychologue Montade piquent son amourpropre et fouettent son désir. C'est pourquoi il prend son parti de brusquer les choses, et déclare sa passion à la duchesse : « Je vous aime... Vous m'avez laissé espérer qu'un jour... Je souffre... Soyez bonne... » Elle se redresse dans un beau mouvement de révolte où il entre de la fierté d'une femme restée honnête et qu'on outrage, mais où peut-être y a-t-il plus encore du dédain et du dégoût que lui inspire un homme qui n'est ni de son monde ni de sa race. Ce juif en posture d'amoureux lui répugne. En quelques répliques, sifflantes et coupantes, elle le cingle de son mépris. Il s'est imaginé qu'en y mettant le nombre suffisant de billets de banque, on pouvait acheter la princesse d'Aurec ! Il s'est trompé lourdement et grossièrement. Et pour le lui prouver, elle

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appelle son mari. « Je vous laisse avec M. le baron de Horn, qui vient de proposer à votre femme d'être sa maîtresse ! »

De Horn commence à craindre d'avoir joué un jeu de dupe. Il avait compté sur son intimité avec une des premières familles de France pour se décrasser de sa crasse juive. Il avait espéré que le prince le ferait entrer au Jockey. Les faveurs de la princesse allaient achever de le classer. Et voici que tout lui échappe ! Il en fait la remarque, dépité, en une exclamation triviale : « NiJockey..., ni princesse... Rien du tout, alors ! » Pourtant il est encore le maître de la situation. Puisque le prince ne veut pas se battre avec lui, et qu'il ne daigne pas s'acquitter même par un coup d'épée, c'est donc qu'il a l'intention et le moyen de le payer. Pour lui, il ne s'en ira pas avant d'avoir touché les sept cent mille francs qui lui sont dus... Sept cent mille francs ! où le prince les prendra-t-il ? Mais, oubliez-vous la duchesse ? Il est au pouvoir de la duchesse de Talais d'épargner une humiliation à l'aristocratie tout entière, une victoire à la juiverie. Pensez-vous qu'elle y manque? C'est à elle en effet qu'il appartient de dénouer la situation. « Monsieur, dit-elle à de llm n, j'ai donné mes instructions à mon intendant. M. Bertin va vous accompagner à Paris où il vous fera remettre immédiatement la soiniiH' qui vous est due. Vos malles sont prêtes dans votre appartement et vous attendent. Vous êtes payé. Vous n'avez plus rien à

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faire ici. Adieu. »... «Vous savez, dit en partant de Horn, l'épée du connétable... c'est moi qui l'ai achetée. » — Maintenant le prince remercie sa mère. Encore une fois elle a sauvé l'honneur. Pour lui, saura-t-il le garder ? Vivra-t-il comme il aurait dû faire ? Il y tâchera. En tout cas, viennent les circonstances, il se retrouverait sur le champ d'honneur et il saurait mourir en prince.

Cette pièce est donc d'un bout à l'autre un réquisitoire et une satire contre la noblesse. Elle a éveillé bien des susceptibilités. Gela était inévitable. On a prétendu qu'en mettant ainsi à la scène toute une classe, l'auteur avait outrepassé son droit. La question vaut d'être discutée.

Il est une catégorie d'ouvrages, romans à clé, comédies de personnalités, toute une littérature dénonciatrice qu'on ne saurait trop flétrir. Il n'y a pas de personnalités dans le Prince d'Aurec. Ou, s'il y est fait allusion à un duc brillant homme d'État, et à un vicomte somptueux penseur, cela n'est pas pour chagriner ceux que visent ces allusions et que tout le monde y a reconnus. C'est à la classe tout entière et prise dans son ensemble que s'est attaqué M. Henri Lavedan. Or c'est précisément le rôle de l'écrivain que d'observer les mœurs de son temps, d'en signaler les défaillances et d'en dévoiler les tares. Voici tantôt quarante années que les écrivains des écoles réaliste et naturaliste l'ont le procès à la bourgeoisie. Tout ce

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qu'on peut leur reprocher, c'est de s'y être mal pris et d'avoir médiocrement instruit l'affaire. L'écrivain a droit sur toutes les classes de la société. Seulement il a l'obligation de voir clair et de frapper juste.

On objecte que l'aristocratie française n'est pas composée uniquement de joueurs décavés et exclusivement de femmes frivoles et légères. Et cela est tellement évident qu'il est à peine besoin de le dire. Le nombre est grand chez nous des familles qui portent dignement un nom illustre et qui appliquent en son sens le plus strict le dicton : noblesse oblige. A défaut d'autres privilèges, l'aristocratie a conservé le privilège de certaines vertus. Personne n'apporte dans l'exercice de la charité autant de dévouement, un christianisme aussi sincère que telles grandes dames. Et l'histoire de notre dernière guerre est comme éclairée par les traits de bravoure qui ont eu pour héros des gentilshommes. Pourquoi donc l'auteur du Prince (TAurec ne l'a-t-il pas rappelé ? Ou pourquoi n'y a-t-il pas insisté ? — D'autre part, si nos gentilshommes vivent trop souvent en oisifs, la faute n'est-elle pas en partie au régime actuel qui les exclut soigneusement de toutes les fonctions et s'arrange pour leur fermer le plus grand nombre de carrières possible ? La responsabilité ne retombe-t-elle pas sur un gouvernement tracassier et mesquin qui gouverne avec des rancunes et avec des haines ? El puisque cela est d'une vérité incontestable,

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