‹ De Scribe à Ibsen;Chapitre 5 sur 67 · LE THEATRE D IDEES. XI · texte numérisé non relu

LE THEATRE D IDEES. XI

suit la solution. Il est impossible à qui examine un cas particulier et l'examine à fond, de n'en pas tirer une conclusion qui le dépasse. Discuter son devoir d'après les données fournies par les circonstances, cela mène à se demander ce que c'est que le devoir et quelle distance il y a de la notion du devoir aux interprétations qui en ont cours. Toute comédie qui analyse des sentiments et débat des cas de conscience ne peut manquer d'aboutir à une conclusion d'une portée générale. Balzac parle quelque part d'une sorte de roman qu'il appelle le roman d'idées. Les idées ont aussi leur place au théâtre. Et le théâtre d'analyse est en même temps et par une conséquence logique un théâtre d'idées. Par idées on entend bien qu'il ne s'agit pas de thèses à la manière de celles qu'on trouve dans quelques-unes des pièces de M. Dumas. La thèse est une conception abstraite de l'esprit, qui précède l'invention des faits, détermine artificiellement leur combinaison et fausse la réalité. L'idée n'est que la leçon vivante des faits. Elle ne les précède pas, mais elle les suit et elle s'en dégage; elle traduit l'impression qu'en doit recevoir un spectateur qui réfléchit; elle en est comme le prolongement naturel dans un esprit sérieux. Or toute œuvre est vaine

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