‹ De Scribe à Ibsen;Chapitre 7 sur 67 · LE THEATRE D IDEES. XIII · texte numérisé non relu

LE THEATRE D IDEES. XIII

tique. Telle est la conception d'où est issu le Mariage blanc de M. Jules Lemaître. — Par quels sentiments passe une femme qui, après vingt années, se retrouve en présence des enfants qu'elle a abandonnés? et que vaut une existence fondée sur l'orgueil? C'est Y Invitée de M. de Curel. — Et voici les Gens de bien de M. Denier. On nous montre par quelle série de désenchantements passe un honnête homme qui veut réaliser pratiquement la notion qu'il a du devoir. La conclusion? C'est que l'idée du bien étant absolue, et la vie n'admettant aucun absolu, la vie est donc foncièrement immorale. — Dans chacune de ces pièces l'étude des sentiments mène à une conclusion qui est, non pas la leçon édifiante d'un professeur de morale, mais l'idée d'un homme qui a vécu et qui nous renseigne sur le train de la vie.

Par là et par une entière conformité avec ces tendances toutes modernes s^xplique la rapide fortune que le théâtre d'Ibsen a faite en France auprès du public lettré. Les personnages d'Ibsen se distinguent de ceux que nous avons coutume de voir à la scène par ceci, qu'ils ne sont pas des types de théâtre, mais qu'on nous montre en eux cette complexité de sentiments et cette mobilité de nature et ce je ne sais quoi d'in-

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