INTRODUCTION XIX
mots contiennent le secret des réalisations j le secret du bonheur, le secret de Véquilibre matériel, moral et spirituel. Ils s^opposent à ce goût du colossal, à ce sentiment de Vindéfini, à cette philosophie des absolus que les Allemands depuis des siècles j)ii6?/t??jf bruyamment : ffoût, sentiment , philosophie sans harmonique mesure avec les possibilités terrestres. Malheiweux Germains /... cette (fuerre devait leur donner « V empire du mondes /... Qui trop embrasse !... dit près de moi un paysan habile à lancer la gracieuse grenade...
On estimera peut-être que cette expression de « civilisation méditerranéenne » est inutile ou ne représente quUme fantaisie verbale.
Xon.
Les mots ont leur vertu. Ils décrivent. Ils limitent. Ils orientent. Une dénomination fondée sur des réalités maintient la pensée dans la voie droite, entre les barrières du vrai. Une dénommation imprécise laisse libre cours aux interprétations, aux « nuées »... Notre Tliulé, à nous, la voilà ! Cest une de ces îles souriantes qui surgissent des eaux violettes plus belles que le rêve..,
La civilisation qui s''est formée au cours de plus de trente s^iècles sur les rives de la Méditerranée par Voffice de l'Egypte, de la Grèce, de Borne et du christianisme catholique ; qui s^ est épanouie avec Fériclès, Auguste, le Moyen-Age, la Benaissance, le Grand Siècle F)nnçais j qui s''est exaltée jusqu'à des excès tels que le Messianisme Juif, V Islamisme, laBéforme et la Bévolution française ; qui a chancelé à la veille d^ la bataille de la Marne pour ressurgir un matin de septembre et grouper sur le sol de
France, en un faisceau encore mal coordonné, les peuples libres de deux continents, — cette civilisation quel autre nom pourraitelle porter qui la situe rnieux dans ses origines, dans son développement et dans ses fins f
Les doctrines différentes, les génies disparates dont elle participe et qu^elle équilibre se sont tous baignés dans les jiots merveilleux de la grande Mer intérieure.
Terrestre, elle doit porter le nom de la souple et chatoyante écharpe qui unit ses sources diverses.
Quelle autre civilisation prétendrait rivaliser avec elle ? Elle est V Unique. Elle est V Homme. 1/ effort germanique — qu^ils ont appelé Kultur ou Deutschtum — n''est pas beaucoiip plus quhm effort de Caliban qui, ayant lu les livres magiques de Prospéro, s^en estgavé jusqu^à devenir plétliorique . Comme Va montré M. Gugliehno Ferrero, dans un livre remarquable, le Germain orientant sa recherche vers la quantité s''est détourné de la seule prééminence humaine: la qualité {!). La qualité est la recherche méditerranéenne.
(i) Déjà, depuis longtemps Charles Maurras avait écrit cette sentence dorée: « la victorieuse du Nombre, la claire et douce qualité». Rencontre ou filialité de pensée qui no-sont que vérification et preuve La qualité est le labarum de l'élite, la mère des hiérarchies. N'était-il pas naturel que l'Allemagne y répugnât, elle qui, sous la voûte de ses glaives impériaux, a couvé toutes les erreurs démocratiques ?
Sur ce dernier mot une observation est nécessaire : les vocables démocratie » et « démocratique » sont employés le plus souvent, au cours de ce livre, dans un sens péjoratif. Pouvait-il en être autrement dans des essais d'esthétique ? Existe-t-il un « démocrate » cultivé qui prétende-