CRE TA
sous forme d’élancements aigus que notre petite malade comparait à des « milliers de piqûres d’épingles ».
Ces phénomènes douloureux étaient spontanés, se produisant sans cause apparente ; mais ils pouvaient être aussi provoqués par la palpation ou par les mouvements volontaires ou involontaires.
A ce premier symptôme et causé par lui, vint bientôt s’en ajouter un second :
2° L’impotence fonctionnelle, impotence partielle au début, mais qui, au fur et à mesure de l’apparition suecessive des autres localisations osseuses, se généralisa au point de confiner l’enfant au lit d’une facon définitive.
b) Symptômes physiques. — Nous nous trouvons en présence du cortège symptomatique habituel de toutes les ostéites à évolution lente, à marche torpide, que l’infection soit d’origine tuberculeuse, syphilitique ou coccienne.
1° La tuméfaction s’est manifestée une quinzaine de jours environ après le début des premiers phénomènes douloureux. Dure à l’origine, elle s’est progressivement ramollie jusqu’au moment où l’abcès ainsi formé a été incisé. C’est ce qui s’est produit au niveau de la région tibiotarsienne droite et du poignet gauche; mais, au pied gauche et à l’avant-bras droit, le processus a été légèrement différent, en ce sens qu’on n’a pas incisé l’abcès une fois ramolli. L'évolution laissée à elle-même à eu comme aboutissant dans ce cas:
2° L’ulcération spontanée, Le foyer purulent a évolué peu à peu vers la peau par distension progressive et usure de tous les éléments qui l’en séparaient. Celle-ci a pris une teinte violacée, luisante, caractéristique, s’est amincie puis ulcérée, laissant échapper une certaine quantité de pus.
Et dans les deux cas, incision ou ulcération spontanée, le résultat a été identique:
3° La fistulisation. — Les fistules sont constituées au niveau de chaque foyer d’ostéite par un certain nombre de petits pertuis, doubles ou triples, venant s’ouvrir vers le centre d’une aréole de peau violacée, suintante, siège d’un infiltrat gommeux induré.
Entre ces pertuis, on remarque la présence de petits ponts de peau très amincie, plus ou moins rougeûtre.
Les cicatrices laissées par ces fistules (à l’avant-bras droit, par exemple) sont étoilées, déprimées en leur centre et très adhérentes aux plans osseux sous-jacents.
4° L’adénopathie des ganglions lymphatiques correspondant aux territoires infectés, n’est pas constante. Chez notre malade, on ne trouve en aucun point un signe quelconque d’adénite, malgré la multiplicité des lésions.
Mais, quoique rare, il ne faudrait pas se figurer que l’infection sporotrichosique des ganglions ne se rencontre jamais. Marie et Gougerot ont pu la démontrer bactériologiquement et histologiquement chez un malade atteint d’ostéite primitive du tibia.
Moure signale également un cas d’abcès tibial, d’arthrite du genou et de iymphangite gommeuse ascendante avec présence de petits ganglions durs dans le triangle de Scarpa.
Toutefois cette adénopathie est toujours très discrète et c’est, selon Moure, & ce qui explique pourquoi elle peut passer, cliniquement, inaperçue ».
5° L’exploration au stylet nous a conduit sur des points osseux friables, irréguliers, comme dans toute ostéite.
Nous n’avons constaté la présence d’aucun séquestre.
Le processus symptômatique, ci-dessus décrit, a été, à
RCE re
peu de chose près, identique pour chacun des quatre foyers d’ostéite signalés chez notre malade. Mais l’évolution ne s’est pas faite simultanément dans l’ensemble. Quelques mois d'intervalle ont séparé les uns des autres les cycles évolutifs des différents foyers.
Au niveau du poignet gauche cependant, comme aux lésions osseuses sont venues se surajouter des lésions articulaires, le tableau clinique présente quelques caractères par-ticuliers qu’il convient de noter :
Les premiers symptômes ont été les mêmes que pour les autres lésions osseuses : début insidieux, douleurs lancinantes au repos; douleurs plus vives au moindre mouvement, spontané ou provoqué.
Mais nous devons ici mettre en relief la précocité de l’impotence fonctionnelle et l’aspect tout particulier du membre lésé.
De très bonne heure, les mouvements actifs et passifs de l’articulation ont été gênés, parce que douloureux, puis petit à petit, l’impotence a progressé et, à l’heure actuelle, elle est, depuis longtemps déjà, totale. La flexion et l’extension de la main sur l’avant-bras demeurent impossibles. Seuls persistent quelques mouvements insignifiants des doigts.
Le poignet est déformé, augmenté de volume. La main est élargie à la base, épaissie en une tuméfaction globuleuse ; les doigts amincis contrastent par leur aspect misérable avec le gonflement sus-jacent. L'aspect général est celui de la main « en fuseau » caractéristique des tumeurs blanches du poignet.
D'ailleurs, nous reviendrons plus loin sur cette similitude d’aspect avec l’ostéo-arthrite tuberculeuse du poignet,
Plusieurs fistules, revêtant les caractères précédemment décrits, laissent sourdre à la pression un pus tantôt sé-
RE reux, citrin, tantôt plus épais, visqueux, mais toujours peu abondant.
Aucun ganglion axillaire ou épitrochléen.