VI
Latitudes et Altitudes.
Hauteur des terres 917'
Lac Abittibi /
versant ^^/
septentrional ^
ou eaux /" «e-»» delà B / 57
QOÔ'
\ versant \ méridional \ ou eaux du \ St Laurent
Lac >>.
Témiskamiîig \
d'Hudson. /
Mattawan '
/ Rivière Frédéric 49a' / New-Post 196'
/ Moose-Factor y
Québec.
James Bay
Niveau de la mer
St-Laurent
C'est un phénomène physique connu de tout le monde, que l'élévation d'un lieu au-dessus du niveau de la mer a sur le climat du dit lieu la même influence que la latitude.
Par conséquent s'élever dans les couches supé-
rieures de l'air a le même effet sur le thermomètre que de se rapprocher du pôle.
Ce fait étant admis, que Ton jette un coup d'œil sur le tableau ci-dessus, où j'ai déposé synoptiquement les altitudes respectives de différents lieux de latitude inégale.
Etant donné 51Q 15' latitude de Moose-Factory et 48° 41' latitude du Fort Abittibi on trouvera que celui-ci quoique étant situé à 240 milles plus au sud, ne jouit guère d'un climat plus favorable que le premier pour la raisoji bien simple que l'altitude du Lac Abittibi est de 857 pieds audessus de Moose.
Iy' altitude de la rivière Frédéric étant de 492 pieds seulement fera que le climat de sette région sera plus doux que celui de la ligne Hauteur des terres qui est à 917 pieds au-dessus du niveau de la mer, quoique la rivière Frédéric se trouve à 200 milles plus au nord.
D'ailleurs ce calcul n'est pas une pure théorie. Il suffit d'une superficielle observation pour constater le fait. Ceux donc, qui allant de la Province de Québec ou d'Ontario vers le nord et qui parvenus à la hauteur des terres, seraient tentés de croire que le climat va toujours en augmentant de rigueur, peuvent reprendre courage ; ils s'apercevront qu'en descendant vers le bassin de la Baie James c'est tout le contraire. Ils y endureront quelquefois des chaleurs, bien difficiles à supporter ; et ils verront par la vigueur de la vé-
gétation que le pays est loin d'être cette affreuse Sibérie que certains voyageurs se sont plu à dépeindre.
D'ailleurs, il faut bien aussi ne pas passer sous silence un phénomène qui a lieu sous les hautes latitudes. C'est la rapidité avec laquelle la végétation s'y déploie. Les jours y étant, si je puis m' exprimer ainsi, d'une longueur démesurée, les nuits d'été sont très chaudes, de sorte qu'il n'y a pas de relâche et que le temps perdu est vite compensé. La feuille hésite à sortir du bourgeon, mais une fois décidée elle sort, et je vous dis qu'elle s'en donne. La végétation s'accomplit dans un court laps de temps, mais qu'importe un ou deux mois de plus si elle n'en a pas besoin. Le principal c'est que la gelée ne vienne pas ruiner en une nuit toutes les espérances, et c'est un fait inoui je crois que les gelées d'été dans ces parages.
Ajoutez à cela l'extrême fertilité du sol et vous aurez toutes les conditions voulues pour un bon pays agricole quand bien même on n'y cultiverait que des oranges.