‹ De Tolstoi à Lénine: Contribution à l'étude historique de l'évolution agraire en RussieChapitre 16 sur 41 · GI · texte numérisé non relu

GI

l’ancienne monarchie que l’on entend censurer. Mais, puisque cet ouvrage traite de la question agraire en Russie, c'est uniquement à ce sujet que l’on veut exposer des critiques historiques; car il semble que ce régime na jamais vu sous son vrai jour la situation des travailleurs des champs.-Connaissant l’âme du peuple russe comme ils devaient la saisir, les divers gouvernements auraient dû se rendre compte tout d’abord du danger de leur autocratie absolue, ensuite de la vanité de leurs concessions successives. Car, en effet, il est arrivé un moment où le gouvernement, comprenant linutiité de la rigueur qu'ils exerçaient sur les paysans, accordèrent des réformes qui, loin de calmer les appétits des cultivateurs, ne firent que les exciter; à tel point qu'il n’y eut rien d'étonnant à constater avec quelle frénésie les paysans se précipitèrent sur les terres des propriétaires fonciers et se les partagèrent, lorsque, pour se concilier leurs sympathies les auteurs de la révolution d'octobre 1917 ordonnèrent le partage des terres.

Cette seconde partie se propose donc, après l’exposé des théories de Tolstoï au point de vue agraire, d'établir les changements successifs qui se produisirent dans les modes de propriété en Russie, à la suite des réclamations, dont le propriétaire de Yasnaïa- Poliana était le principal porte-parole. On essayera ensuite de démontrer que la faiblesse des derniers représentants de la monarchie semble avoir été une des causes qni ont précipité la solution de la ques-

Doi tion agraire; car, par leur irréductible sentiment de l'autocratie, mal servie par des conseillers qui se plaisaient à cacher les dangers de toute intransigcance, ces souverains refusèrent le moindre changement au mode de propriété, puis firent quelques réformes ne donnant aucune satisfaction aux paysans, mais attisant sans cesse au contraire leur sourde colère contre Îles dirigeants et les portant de plus en plus du côté des révolutionnaires, qui profitaient de leur rancune pour leur infuser profon-

dément la haine du régime qui les oppressait. |

Pre en

Page 1