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sont socialistes et retirées du commerce ; les communes organisées ont tout pouvoir pour répartir les terres suivant les principes de légalité la plus absolue. La main d'œuvre salariée est supprimée, les impôts sont perçus sur la terre, au profit de l'Etat, mais en dehors des revenus de travail. L'Etat garde la propriété du sous-sol ; les administrations locales administrent les Faux et les Forêts.
A l'énumération des partis, nous arrivons ainsi, en dernier lieu, à l'union des socialistes révolutionnaires maximalistes, avec son chef Lénine.
Nous venons de voir que déjà un parti socialiste avancé s'intitulait révolutionnaire ; il reflétait en effet déjà les opinions agraires contenues dans les ouvrages de Tolstoï : à ce titre, et surtout en face des modes de tenure du sol, employées jusqu’à la révolution, c'était bien un parti révolutionnaire.
Mais il existait un autre groupe d'extrême gauche, dont seul le programme devait voir la réalisation ; cest le groupe marxiste, appelé bolcheviste, en Russie.
Le premier socialiste marxiste russe a été Plekhanov, auteur des deux ouvrages suivants qu'il fit publier à létranger : Le Socialisme et la Politique, Nos Dissentiments. 1 avait fondé, en 1893, à Genève, avec la collaboration de Vera Sassoulitch et L. Deutsch, le groupe : « L'Emancipation du Travail ».
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Mas ce nest qu'en 1898, que le groupe social ouvrier démocrate de Russie se constitue au Congrès de Minsk. En 1903, au deuxième Congrès, le parti arrête le programme, et une première scission se produit entre Bolchevicks et Menchevicks, c’est-4dire entre les partisans du maximum (maximalistes) des revendications sociales et les partisans d’un minimum (minimalistes) de ces revendications. En 1905, les fractions du parti fusionnent au congrès de Stockholm ; et, en 1907, une autre scission se reproduit ; enfin, en 1911, une nouvelle organisation de deux fractions nettement indépendantes est faite.
Tout le monde sait que c’est le parti du maximum des revendications qui a triomphé.
S'il nous a paru nécessaire de décrire l’histoire des dernières années du règne de Nicolas Il, en même temps que d'exposer les programmes agraires des différents partis qui s'organisèrent sous son gouvernement, c'est qu'il nous a semblé utile dele faire pour la clarté de la thèse que nous soutenons. En eflet, il est maintenant certain que les théories émises par Tolstoï étaient bien contenues dans les ouvrages d'autres auteurs socialistes ; mais il est vraiment le seul qui se soit intéressé uniquement au sort des paysans, ses compatriotes ; seul, Tolstoi mit au service de la cause des travailleurs des champs son
talent et sa plume. On ne voudrait pour preuve de son influence dans l’évolution des esprits, au point de vue agraire, que l’acharnement avec lequel il fut toujours combattu. Certes, bien des idées qu'il a manifestées étaient d’une réelle utopie ; d’autres revêtaient un caractère simple, enfantin et irréalisable comme le projet d'Henry George. Il n'en reste pas moins que le principe du droit du paysan russe à la terre, qui revenait sans cesse dans toutes ses publications, comme un leit-motiv, s'était insensiblement ancré dans l'esprit des gens justes et honnêtes. Le malheur de la Russie a voulu, et c'était bien loin du rêve de Tolstoï ! que ce principe soit appliqué par des hommes injustes et malhonnêtes, qui se servirent de ce fameux partage des terres, que les paysans attendaient avec tant d’impatience, pour le triomphe de leurs programmes révolutionnaires, et l'établissement sur des bases qui paraissent solides de leur autocratique République des Sovicts.
C'est ce que la troisième partie de cet ouvrage se propose de démontrer. NET