‹ De Tolstoi à Lénine: Contribution à l'étude historique de l'évolution agraire en RussieChapitre 26 sur 41 · IIS · texte numérisé non relu

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révolution ne supprime pas l'Etat ; elle se borne à le remplacer par un autre. Que ce nouvel état ait uniquement pour but de supplanter l’ancien, le bourgeois, et puis de disparaître ; il n'en reste pas moins que l’«Etat du prolétariat armé et organisé en classe dominante » est un Etat, dans toute l’acception du mot, avec tous ses attributs. Et Lénine de conclure : « dans le communisme, non seulement est conservé pendant un certain temps le droit bourgeois, mais même l'Etat bourgeois sans la bourgeOISIe ».

Mais nous voici sensiblement éloignés du sujet que nous traitons : la question agraire. Ainsi donc, si en pratique, Lénine n’a pas eu de véritables précurseurs, il n'en reste pas moins qu'il en a eus en théories.

En effet, c’est pour éliminer le «parasitisme» des grands propriétaires fonciers, que les socialistes réclament l'appropriation collective du sol.

Déjà, la première Internationale avait réclamé cette appropriation. Depuis, l'Internationale nouvelle a proclamé le même principe. En 1893, à Zurich, on vota unanimement une résolution commençart par ces mots: « Le Congrès affirme le droit de la communauté au sol et au sous-sol ».

En 1896, le Congrès de Londres précisa la résolution de Zurich, dans les termes suivants :

« Les maux toujours croissants que l'exploitation capitale de l'agriculture entraîne pour le cultivateur du sol et pour la société tout entière ne disparaitront complètement que dans une société où le sol, aussi bien que les autres moyens de production, appartiendront à la collectivité, qui les fera exploiter dans l'intérêt commun, en employant les procédés de culture les plus perfectionnés ».

Ce n'est donc pas à Lénine que revient la primeur de cette idée de la socialisation au sol; car bien avant lui, il n'y avait pas un socialiste qui ne prononçât pour l'appropriation du sol.

Seulement cet accord sur le principe n’échappait pas à des divergences notables, au point de vue de l'application et de la réalisation. Pour les uns en effet — les disciples de Colins, notamment —. l’entrée du sol à la propriété collective est la réforme primordiade, la condition préalable de toute transformation des sociétés dans le sens de la subordination du capital au travail. Pour d'autres au contraire — Marx, par exemple, et ses continuateurs — la socialisation du sol paraît devoir suivre, plutôt que précéder, la socialisation des principales indus- Lies:

LA THÉORIE DE COLINS C'est dans le volume V de la « Science sociale »

que Colins a donné l'exposé le plus complet de ses théories sur la propriété.

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