NA ONE
Laissons de côté les conceptions philosophiques qui tiennent une très grande place dans l’œuvre de Colins.
Quelle est, dit-il, la source, l’origine de la pro- DIlÉtein
Le sol, comme patient, l’homme ou le travail comme agent. Cela étant, dès que le sol est complètement aliéné, le paupérisme doit naître, puisque l'homme qui veut travailler doit vendre sa force de travail à ceux qui détiennent le sol, source première de toute richesse.
On doit donc conclure que, sous peine d'injustice, le sol doit toujours appartenir à la propriété sociale, à la propriété collective. Mais, dans la pensée de Colins, l'entrée du sol à la propriété collective ne peut S'accroître que par l’activité des individus ; de même que l’activité des individus ne peut être excitée que par la certitude, pour chacun, que le fruit de son travail sera sa propriété individuelle, à lui, à ses enfants, ou à ceux qu'il jugera convenable de le transmettre après sa mort.
Or, pour que la socialisation du sol ne fasse tort à personne, 1l suffit d'adopter les moyens de réalisation suivants :
La seule hérédité sans testament qui soit nécessaire au travail, c’est l’hérédité directe. Donc Colins propose l’anéantissement, par la loi, de toute hérédité collatérale, et l'entrée à la propriété collective de toute succession ab intestat sans héritier direct.
Quant à l’hérédité par testament, elle est néces-
saire à l'excitation au travail. Mais la société, qui seule protège l’organisation de la propriété et de la famille, peut placer, sur cette espèce d’hérédité, un impôt aussi fort que possible, pourvu qu'il ne porte point atteinte à l'excitation au travail. Et Colins de faire une nouvelle proposition : l'établissement, par la loi, d'un impôt de vingt-cinq pour cent sur toutes les successions par testament, et une déclaration que le sol, une fois entré À la propriété collective, est inaliénable.
De cette socialisation du sol et de la majeure partie des capitaux découleraient des conséquences d'un intérêt primordial, à l’avis de Colins. D'abord, au point de vue de la société, la mise en location du sol (y compris le sous-sol) par la collectivité, soit à des individus, soit à des associations, rendrait possible l’anéantissemenñt de tous les impôts actuellement existants ; nous retrouvons ici l'idée de Henri George que Tolstoï avait fait sienne.
Au point de vue de l'agriculture, il deviendrait possible de diviser le sol en grandes et en petites exploitations rurales, en tenant compte exclusivement de l'utilité sociale, de l’intérêt agricole, et de manière à assurer à chacun la possibilité de vivre en famille isolée ou en familles associées, selon ses goûts.
En somme, donc, laissez le sol aliéné, le monde est esclave. Faites entrer le sol à la propriété collective par « l’anéantissement de l'ignorance sociale, le monde est libre ». Or, tous, pauvres et riches,
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doivent travailler à l'établissement de la liberté, car elle est dans l'intérêt de tous. Ce ne sont donc pas seulement les pauvres, ce sont, et surtout, les riches qui doivent s’efforcer de faire entrer le sol à la propriété collective, s'ils veulent échapper aux conséquences redoutables de l’anarchie, qui menace de plus en plus les sociétés modernes.