‹ De Tolstoi à Lénine: Contribution à l'étude historique de l'évolution agraire en RussieChapitre 3 sur 41 · CIN · texte numérisé non relu

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Mais s’il est certain que cette loi sur la socialisation des terres a été pour beaucoup dans la stabilisation du bolchevisme, il ne faut pas oublier que déjà, avant le coup d'état d'octobre, tous les paysans avaient ouvertement fait des vœux pour sa pleine réalisation. Enivrés d’espoirs, excités par les promesses menteuses des socialistes de tous les partis, trompés par la lenteur avec laquelle les divers gouvernements successifs mettaient à réaliser leurs aspirations, les paysans s'étaient portés, avec une ardeur sans cesse croissante, vers les revendications extrémes qui satisfaisaient leurs désirs de se venger, de: jouir, d'être maitres à leur tour de la terre. Aussi, avant la dictature de Lénine, partout où le gouvernement provisoire ne donnait pas l'illusion de la force, les paysans piilaient et volaient la terre des grands propriétaires.

Mais comment expliquer un tel changement dans les idées de ces mêmes paysans que nous avions vus si soumis à l’autorité administrative en même temps que si disciplinés à l’autorité militaire, sous l’ancien régime : c'est que nous connaissions bien mal l’âme du peuple russe. IC

Nous nous plaisons en France, à dire que nous n'ignorons rien des Russes parce que leur littérature ne nous est pas étrangère ; ou bien nous avons notre opinion établie sur eux d’après le type des mondains, plus ou moins aventuriers, qui fréquentent les établissements où l’on s'amuse, ou les plages à la mode, et qui ont pour résidence, plus souvent

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