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devant un autre potentat, qui paraît tout aussi autocrate que l'ancien tsar, et qui poursuit l'application de ses lois avec la même rigueur que les représentants de Nicolas IT.
Depuis longtemps déjà, cette tendance d'esprit du paysan russe avait apparu aux fins analystes compatriotes. En 1849, Dostoïewsky écrivait :
« Je frémis en pensant à ce que ces braves gens peuvent faire, si on leur donne, même pour un moment, la possibilité de disposer d'eux-mêmes et de sortir de la discipline, dont ils ont un. besoin immense, vital. |
« Pauvre patrie, déchirée entre les gens qui aiment d’un amour inconscient et les mauvais meneurs qui ne pensent à rien, sauf à leur interêt immédiat et aux instincts de leur psychologie maladive!» |
« Que le Dieu miséricordieux nous garde : qu'il nous préserve de l'épreuve fatale, quand la foule des faibles tombera au pouvoir des mauvaises têtes ! Quel atroce spectacle verrons-nous alors ! Quelles atrocités ! Nous verrons la famine prononcée par toute la Russie ! La trahison entre la Patrie et la Religion. Nous verrons la main-mise des ennemis extérieurs, la servitude matérielle, la perte de tous les biens acquis, l'oubli de tous les attachements. »
Ne dirait-on pas ces lignes écrites, non en 1849, sous le règne de Nicolas 1°, mais en 1919, sous la dictature de Lénine ?