‹ De Tolstoi à Lénine: Contribution à l'étude historique de l'évolution agraire en RussieChapitre 8 sur 41 · PO ÉT SEE · texte numérisé non relu

PO ÉT SEE

bien qu'il avait hérité de son père, parce que la possession de la terre lui semblait une injustice, sa décision avait stupéfié sa famille, et dans tout son entourage lui étaient adressés des reproches et d'incessantes railleries. On lui avait répété à satiété que, loin de les enrichir, le don fait par lui les avait appauvris, qu'ils avaient monté trois cabarets dans le village ét avaient cessé tout travail. Par contre, quand son entrée à la Garde lui avait ouvert les portes de la haute aristocratie et qu'il avait commencé à dépenser tant d'argent que sa mère avait dû prendre une avance sur son capital, la princesse s'était à peine chagrinée, considérant qu'il était naturel et même bon pour lui d'être vacciné contre cette maladie de la folie de jeunesse, et cela en bonne société... » (1).

Longuement Tolstoï va reprendre ce tableau : il continuera à s'indigner contre cette opinion de la haute société russe, qui critique Facte simple et loyal d’un propriétaire se dessaisissant de ses biens fonciers au profit des paysans qui les cultivent, pour garder toute son indulgence à l'égard des jeunes gens qui dépensent mal à propos leur patrimoine en de folles prodigalités. Peu leur importe, pourvu que l’on guérisse de cette « folie de jeunesse»!

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