‹ De tribord à bâbord [microforme]Chapitre 16 sur 53 · SISTER EE · texte numérisé non relu

SISTER EE

d'heure en heure indique aux gens du large l’approche de la pointe ouest, et en cas d'accident, un dépôt de provision où se trouvent six barils de farine, quatre barils de lard, huit barils de pois et six paires de raquettes, est mis à la disposition des naufragés, qui ne sont pas les seuls à en profiter, si l’on en juge par ce qui est arrivé en 1874. Une bande de Terreneuviens avait hiverné dans l’île et s'étant laissée surprendre par la famine, vint défoncer à coup de hache la petite bâtisse qui contenait le précieux dépôt. Pendant quelques jours elle fit bombance au dépens du gouvernement de la Puissance, se contentant de se bourrer l’estomac autant que possible et de rire aux larmes des légitimes remontrances du gardien.

Comme tout n’est qu’antithèse ici-bas, à quelques arpents du dépôt qui contient tout ce qui peut rendre à la vie, le voyageur égaré trouve aussi le champ du dernier repos. Dans ce petit cimetière, dort, entourée de ses trois enfants, une pauvre mère dont l’épitaphe porte pour toute légende les mots :

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