‹ De tribord à bâbord [microforme]Chapitre 27 sur 53 · partie du gaïllard d’arrière arrive jusqu'aux vigies de beaupré · texte numérisé non relu

partie du gaïllard d’arrière arrive jusqu'aux vigies de beaupré

— Vapeur en arrière ! commande aussitôt le capitaine, et qu’une escouade d’hommes descendent à fond de cale reporter sur bâbord les colis et les objets pesants.

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commandement de ces caliers improvisés, et dix.

minutes leurs suffisent pour opérer ce branle-bas. Les mécaniciens déploient encore plus de zèle, et à force de chauffer la machine manquent de mettre le feu aux hunes et aux perroquets qui, avaient été orientés de manière à profiter du vent de proue. Mais pendant que ces divers commandements s’exécutaient, le malheureux steamer talonnait et frappait plus que jamais. Sa membrure et ses courbes gémissaient sous l’action frémissante de la lutte ; la bande s’accentuait de plus en plus à tribord, et déjà on recommençait à désespérer du résultat, lorsqu'une vague énorme souleva le Vapoléon JIZ de ce lit de sable, où il s'était tordu pendant cinq heures et dix minutes, et, sans secousse, le remit en eau profonce.

— C'est un singulier assemblage de force et de faiblesse qu’un navire, s’écriait dans un moment semblable l’amiral Jurien de la Gravière ; il dompte un ouragan et trébuche sur un grain de sable (x).

(x Le phare de l’Entrée qui, est bâti sur le eôté sud-est de cet île consiste en une tour blanche, carrée, en bois et contient l’habitation du gardien. Elle donne une lumière rouge, vue de tous les points, excepté du côté de est-sudest quart nord où elle est interceptée parles hautes terres de l’île. Tel qu’il est actuellement, ce phare ne peut servir qu'aux pêcheurs. Le gouvernement devrait, de toute nécessité, on faire construire un second qui se prêterait mieux aux besoins de la navigation,

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Notre vaillant steamer était de ceux qui s'était fiés à la mine avenante et toute pastorale du groupe de la Madelaine. Il avait failli en payer la façon, et notre capitaine qui en était à son premier échouage, dut ce jour-là faire comme l'amiral Bruat qui avait la réputation d’être le plus rude échoueur du monde, et apprendre par cœur, pour s’en servir au besoin, le vieux proverbe Breton :

— Qui veut vivre vieux marin doit saluer les grains et arrondir les pointes. (1)

C'était un peu l’opinion de Le Blanc qui, lui aussi pendant cette nuit terrible, avait négligé d’arrondir sa pointe et s'était fait broyer ün doigt par le bout de la patte de l’ancre. L'application d’un caustique énergique fut jugée nécessaire; pendant qu’elle se faisait, de grosse sueur froides perlait du front du lieutenant, mais ses lèvres semblaient, par le plus narquois des sourires, défier les crispations de la chair.

—Ceci n’est rien, disait-il, en désignant son doigt pantelant, auprès de l'effort qu’a dû faire cette nuit la bonne Sainte-Anne-du-Nord, pour soulever surune de ses main le Vapoléon ZIZ en danger.

Rira qui voudra de cette pisuse naïveté, mais pour moi, un marin canadien français ne serait guère complet sans cette foi robuste, et le mot de mon vieux Le Blanc nous fit venir des larmes aux yeux.

(x) Cet incident de voyage donna sans doute rumeur à cette dépêche, que publiait le 11 septembre 1875, le Sfar de Montréal.

— À dispatch from Quebec states that there has been a rumor for some days past, which was revived again yesterday, that the government steamer ‘“ Napoleon III” which left five weeks ago, on a cruise to the lighthouses of he gulf Saint Lawrence, has foundered and all hands perished.

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