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On l'avait cependant cherché avec une vive ardeur ; on prétendit qu'un diplomate suédois, Salvins, se Tétait procuré; on ajoutait que la reine Christine n'avait pas voulu le lui demander pendant qu'il vivait, parce qu'elle savait que ce serait inutile, mais aussitôt qu'elle apprit la mort de son ancien plénipotentiaire, elle envoya Bourdelot, son premier médecin, prier la veuve de satisfaire sa curiosité : il fut répondu que le malade, saislde remords de conscience la veille de sa mort, avait fait brûler le livre devant lui (Menagiana, t. IV).
Avant la Monnoye, Gabriel Naudé, dont on connaît l'amour pour les livres, et qui certes n'aurait rien épargné pour placer celui-ci dans la riche bibliothèque qu'il formait pour le cardinal Mazarin, avait écrit : « Je n'ai jamais vu le livre De tribus Impostoribus , et je crois qu'il n'a jamais été imprimé, et tiens pour mensonge tout ce qu'on en a dit. » — Gvotius (App. ad Comment, de Antichristo, p. 133) formule une opinion semblable.
Un théologien à idées hardies pour l'époque, et qui fut le premier (nous le croyons du moins), parmi les catholiques, à douter que le Pentateuque eût été rédigé par Moïse, l'oratorien Richard Simon, dans ses Lettres choisies (Rotterdam, 1702, t. I, pp. 166 et 202), émet l'avis que le Liber de tribus Impostoribus n'a jamais existé; les faux bruits répandus sur son compte viennent de la malignité qui s'attachait à décrier un personnage qu'on voulait perdre.
Bayle se rangeait à cette opinion ; dans une note qui fait partie de l'article qu'il consacre à l'Arétin (Dictionnaire historique) , il dit : « Il y a grande apparence que ce livre n'a jamais existé; M. de la Monnoye a montré par de très-fortes raisons que c'est une pure chimère. Le père Mersenne (in Ganesim, page 1830) a dit qu un de ses amis, qui avait lu le livre en question, y avait reconnu le style de TArélin. Chansons quetout cela.»
Nous aurons l'occasion de parler de quelquesuns des écrivains qui ont fait mention du Liber de tribus Impostoribus, et qui l'ont attribué à tel ou tel personnage; d'autres testimonia peuvent se joindre à ceux-là. Un philosophe français qui alla s'établir en Italie, et dont les écrits, empreints d'un scepticisme peu déguisé, excitèrent de vives colères de la part des théologiens, Claude de Beâuregard (Beringaldus), s'exprime ainsi dans son Circulas Pisanus (1), p. 230 (Patavii, 1661), au sujet des miracles de Moïse qu'on a attribués à la magie : « Tôt viri sancti et Christus ipse Mosem secuti satiseum vindicant ab hac calumnia quidquid effectus contra liber impius De tribus Impostoribus omnia refundens in Daemonem potentiorem cujus ope magi alii aliis videntur praestantiores quo etiam refertur illud fictum a Boccacio de tribus annulis. >»
Un jésuite, qui se fit remarquer par un savoir des plus étendus, par une fécondité inépuisable et par une indépendance d esprit rare dans sa Compagnie, Théophile Raynaud (2), disait de son côté fin ffopoplot. sect. II, p. 259) : « Opus de tribus magnis impostoribus, Mose, Christo, Mahomete, exitiale fuisse Wechelio, insigni alias typographo. sed ejus libri pestifero attactu funditus everso.
(1) Notons en passant que le catalogue dressé pour la vente, à Londres, d'une portion de la bibliothèque de M. Libri (1860, n°968), signale Beauregard comme ayant, dans son Circulus Pisanus, dès 16G3 (et par conséquent avant les célèbres expériences de Pascal) , mentionne l'invention du baromètre et son application à la mesure de la hauteur des montagnes; mais, vérification faite, il s'est trouvé que le passage qui avait justement fixé l'attention et gui commence ainsi : Compertum enim est Aquam... était dans la seconde édition du Circulus publiée en 1661, mais qu'il manquait dans ceUe de 1643.
(2) Les œuvres de Raynaud, publiées à Lyon en 1665 et années suivantes, remplissent 20 volumes in-folio et renferment une centaine de traités différents. 11 y en a de curieux : De triplici eunuchismo; De sanclis meretricibus ; De sobria allcrius sexi frequentatione per sacros et re- Ugiosos tiomines.
referont, quod legerunt fide digni testes, mihi incestare oculos tam infandœ scriptionis lectione ad ingens scelus videtur pertinere. »
Rien n'est venu confirmer que Wechel ait rien imprimé de pareil, et il est possible que Raynaud ait eu en vue un ouvrage d'Antonius Cornélius, jadis recherché , et où se rencontrent quelques idées peu orthodoxes : Exactissïma infantium in limbo clausorum querela adversus divinum judicium. Wechel mit son nom sur ce volume, imprimé en 1531, et à l'égard duquel nous renverrons à Bayle (article Wechel), à David Clément (Bibliothèque curieuse, t. VII, p. 302), à Schœlhorn, (Amœnitates litûerariœ, t. V, p. 287).
Florimond de Raymond (c'est-à-dire le jésuite Richeomme) parlait de son côté, dans son traité De Origine hxresium, lib. II, cap. 16, avec indignation du livre qui nous occupe, et dont il ne mettait pas en doute l'existence : « Nefandus Ole libellus in Germania excusus horribili titulo inscriptus, ex ipsis infernis faucibus libellum hune eructatum, non argumentum solum, sed titulus ostendit. » 11 ajoutait que, dans son enfance, il l'avait vu dans les mains de Pierre Ramus ( Voir la dissertation de LaMonnoye); mais ces allégations sont regardées comme très-peu dignes de foi.
En 1581, un docteur, partisan fougueux de la Ligue, Gilbert Génébrard, parlait en termes assez vagues, il est vrai, du libellus comme ayant été mis en circulation. Disputant avec un réformé (Lambert Daneau), il s'exprimait ainsi en ayant en vue les catholiques: « Non Blandratum, non Alciatum, non Ocninum ad Mahometismum impulerunt ; non Valleum ad Atheismi professionem induxerunt (1); non alium quemdam ad spar-
(1) n s'agit de Geoffroy Vallée, dont nous disons plus loin quelques mots. Quant à George Blandrata et à Jean-Paul Alciati, ces Italiens embrassèrent les doctrines de Socin, et ' se réfugièrent aux extrémités de l'Allemagne ; mais il n'est pas du tout prouvé qu'ils se soient faits musulmans.
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gendum Jibellum De tribus impostoribus, quorum secundus esset Christus Dominus, duo alii Moïses et Mahometes, pellexerunt. »
Hypothèses au sujet de l auteur.
Il était fort difficile de se prononcer sur l'existence d'un livre dont on ne connaissait que le titre accompagné de quelques vagues rumeurs ; il y avait impossibilité de déterminer Fauteur d'un écrit contre lequel se serait élevé le plus terrible des oraees. Les conjectures allèrent leur train, et les bibliographes, les littérateurs, qui s'occupèrent du livre dont nous parlons, mirent en avant des noms, sans chercher d'ailleurs a justifier leurs allégations. On s'attacha aux personnages gui, dès le commencement du moyen âge, s'étaient fait remarquer par des principes irréligieux, fort rares à cette époque.
L'empereur Frédéric Barberousse, mort en 11 90, est le premier qui se présente dans Tordre chronologique : ses querelles avec la cour de Rome , ses mœurs peu régulières , jetèrent des doutes sur son orthodoxie. Le philosophe arabe Averrhoes, ou Ibn-Roschd, mort en 1 198 , donna lieu aux soupçons par les sentiments hostiles qu'il avait, disait-on, à l'égard de l'islamisme , aussi bien que pour les doctrines de Moïse et pour la foi des chrétiens. Selon M. Renan , qui a publié sur Taverrhoïsme un travail fort remarquable, la philosophie d'Averrhoës, interprétatiou très-libre de la doctrine d'Aristote, et interprétée à son tour d'une façon plus libre encore, se réduisit à ceci : Négation du surnaturel , des miracles , des anges, des démons , de l'intervention divine; explication des religions et des croyances morales par l'imposture.
Tous nos lecteurs n'ayant pas sans doute k leur disposition le savant travail de M. Renan, nous pensons leur rendre service en transcrivant ici quelques lignes dans lesquelles cet habile critique parle avec sa lucidité habituelle du sujet qui est l'objet de cette notice : « Ce n'est pas sans quelque raison que l'opinion chargea Averrnoës du mot des Trois imposteurs. C'est par leurs prétendues impossibilités, et non par leur commune origine céleste, qu'on rapprocha à cette époque les cultes divers. Cette pensée, qui poursuit comme un rêve pénible le treizième siècle, était bien le fruit des études arabes et le résultat de Tesprilde la cour des Hohenstaufen. Elle éclôt anouyme sans que personne ose l'avouer; elle est comme la tentation, comme le Satan caché au foud du cœur de ce siècle. Adopté par les uns comme un blasphème, recueilli par les autres comme une calomnie, le mot des Trois imposteurs fut, entre les mains des moines mendiants, une arme terrible toujours en réserve pour perdre leurs ennemis. Voulait-on diffamer quelqu'un, en faire dans l'opinion un nouveau Judas, il avait dit qu'il y avait eu trois imposteurs... et le mot restait comme un stigmate... Pour frapper davantage l'imagination populaire, le mot devint un livre. Lorsque les travaux de Pierre le Vénérableet de Robert de Rétines sur le Coran, la croisade, les livres de polémique composés par les dominicains eurent donné une idée plus exacte de l'islamisme, Mahomet apparut alors comme un prophète, fondateur d'un culte monothéiste, et l'on arriva à ce résultat, qu'il y a au monde trois religions, fondées sur des principes analogues et toutes trois mêlées de fables. C'est cette pensée qui se traduisit dans l'opinion populaire par le blasphème des Trois Imposteurs... L'Italie participait comme la France à ce grand ébranlement des consciences. La proximité de l'antiquité païenne y avait laissé un levain dangereux de révolte contre le christianisme. Au commencement du
onzième siècle, on avait vu un certain Vilgard, maître d'école à Ravenne, déclarer que tout ce que disaient les poètes anciens était la vérité, et que c'était là ce qu'il fallait croire de préférence aux mystères chrétiens. Des l'an 1115, on trouve à Florence une faction d'épicuriens assez forte pour y provoquer des troubles sanglants. Arnaud de Bresse traduisait déjà en mouvement politique la révolte philosophique et religieuse. Arnauldde Villeneuve passait pour l'adepte d'une secte pythagoricienne répandue dans toute l'Italie. Le poème de la Descente de saint Paul aux enfers parle avec terreur d'une société secrète qui avait juré la destruction du christianisme. »
On a mis en avant le nom de l'empereur Frédéric II, mort en 1250, et ceci est basé sur une assertion du pape Grégoire IX, qui accuse ce monarque d'avoir avance que trois imposteurs avaient successivement abusé de la crédulité du genre humain (1). On prétendit que l'empereur
(t) Transcrivons ici un passage de Voltaire (Essai sur les mœurs et sur L'esprit des nations }7 quoiqu'il soit sans doute bien connu de la plupart de nos lecteurs : « La Sardaigne était encore un sujet de guerre entre l'empire et le sacerdoce, et par conséquent d'excommunications. L'empereur s'empara, en 1238, de presque toute l'île; alors Grégoire IX accusa publiquement Frédéric II d'incrédulité. Nous avons la preuve, dit-il, dans sa lettre-circulaire du 1 er juillet 1239, qu'il dit publiquement que l'univers a été trompé par trois imposteurs, Moïse, Jésus-Christ et Mahomet ; mais il place Jésus-Christ fort au-dessous des autres, car il dit : ils ont vécu pleins de gloire , et Paulre n'a été qu'un homme de la lie du peuple qui prêchait à ses semblables. L'empereur, ajoute-t-il, soutient qu'un Dieu unique et créateur ne peut être né d'une femme, et surfont d'une vierge. C'est sur cette lettre du pape Grégoire IX qu'on crut des ce temps-là qu'il y avait un livre intitulé De tribus Impostoribus : on a cherché ce livre de siècle en siècle, et on ne l'a jamais trouvé. » Ajoutons que la lettre de Grégoire IX se trouve dans la Collectio conciliorum, éditée par le P. Labbe, tome XIII, col. 1157 et suiv. Voir l'important ouvrage de M. de Cherrier : Histoire de la lutte des papes et des empereurs de la maison de Souabe , 2 e édition , lome II, page 396.
a avait pas lui-même écrit l'ouvrage qu'on lui reprochait , mais qu'il l'avait fait composer par son chancelier Pierre des Vignes (1). Après avoir subsisté comme une vague rumeur, cette assertion a été , au commencement du dix-huitième siècle , énoncée et appuyée de quelques arguments dans une dissertation anonyme que nous reproduisons ici. Elle est toutefois regardée comme dénuée de fondement, et nous ajouterons que Frédéric repoussa avec beaucoup d'énergie 1 accusation que le pape dirigeait contre lui , et dont la gravité était bien effrayante au treizième siècle. On peut consulter à cet égard les Epistolx Pétri de Vineis (lib. I, ch. xxxi), plusieurs fois réimprimées (Haganoœ, 1539 ; Basilex, 1566 ; Ambergœ, 1609; Basileœ, 1740, 2 vol. in-8.). Remarquons aussi que l'empereur ne fut pas le seul contre lequel se formula l'inculpation qu'articulait le pontife. Un auteur du treizième siècle (Thomas de Cantimpré, Histoire littéraire dç la France, t. XIX, p. 477, lui a consacré une notice) avance, dans l'ouvrage allégorique et mystique qu'il a intitulé Liber de proprietatibus apura, qu'il existait à Paris un professeur oui enseignait à ses élèves que Moïse, Jésus et Mahomet avaient été trois imposteurs. Nous doutons fort qu'un professeur eût porté alors l'audace, s'il avait eu de pareils sentiments, jusqu'à les lais-
(1) Oa sait que cet homme d'État était peu scrupuleux. Il fut accusé d'avoir voulu empoisonner l'empereur; celuici lui fit crever les yeux, et le chancelier, dans un accès de désespoir, se brisa la téte contre un mur de sa prison, ï.e suicide était alors chose à peu près sans exemple. Voici d'ailleurs en quels termes Frédéric s'exprime au sujet de, l'accusation portée contre lui : « Inseruit falsus Ghristi vicarius fabulis suis nos Christian» Gdei religionem recte non colère ac dixisse tribus seductoribus mundum esse deceptum, quod absit de nostris labiis processisse cum manifeste confiteamur unicum Dei filium Malgré ses pro-
testations, Frédéric paraît avoir été fort incrédule; des écrivains de l'époque attestent qu'il ne paruU Jérusalem que pour s'y moquer ouvertement du christianisme.
ser percer devant ses écoliers; le châtiment eût été exemplaire.
Un moine napolitain, penseur audacieux, Th.
Campanella, fut soupçonné d'avoir écrit le Traité des trois imposteurs. Il voulut se justifier en avançant que ce livre avait été imprimé trente ans (i) avant sa naissance (c'est-à-dire en 1538); mais cette assertion est-elle bien digne de foi ? Rien n'est venu la confirmer. Guillaume Poste! faisait mention, en 1543, d'un traité de tribus Proçhetis, qu'il attribuait à Servet; il a lui-même été soupçonné d'avoir composé cet ouvrage ; il en avait au moins reproduit quelques idées dans un des écrits qu'il a fait imprimer : De orbis concordia (2), œuvre d'un génie inquiet, mais puissant, qui a été analysée avec soin dans le Dictionnaire des sciences philosophiques (1851, t« VI, p. 183). On a mis en avant les noms de Machiavel , de Rabelais , d'Erasme, d'Etienne Dolet, brûlé à Paris en 1546 ; de Giordano Bruno, brûlé à Rome en 1601; de Jules César Vanini, brûlé à Toulouse en 1616; mais ces allégations vagues manquent de toute apparence de preuves.
(1) « Deinde accusarunt me quod composuerim l i bruni De tribus impostoribus qui tamen itivenitur typis excusus annos triginta ante ortum raeum ex utero matris. » On trouve des détails sur Campanella dans Brucker, Hist. crit. philosophiœ, t. V, p. 106-104; dans Y Histoire de la philosophie de Buhle (trad. française, t. U, p. 749-770) ; dans le Dictionnaire des sciences philosophiques , 1. 1, p. 421- 424 ; dans VHist. des sciences mathématiques en Italie, par M. Libri, t. IV, p. 149. M. Pierre Leroux lui a consacré un article remarquable dans l' Encyclopédie nouvelle.
(2) Postel fut un visionnaire, mais les extravagances qu'il débite, les chimères après lesquelles il court, n'empêchent pas de reconnaître chez lui une érudition extraordinaire, un esprit éminemment chercheur et hardi. Dans un autre siècle il eût été un erand homme. Nodier a pu dire que Leibnitz n'avait pas été plus savant, ni Bacon plus universel. 11 avait deviné le mesmérisme, et l'on a vu de nos jours quelques-unes de ses idées reproduites avec les variantes qu'amène nécessairement le cours des siècles. L'apostolat de la femme, prêché depuis par les Saint-Simoniens , fut une de ses préoccupations les plus vives.
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Quelques autres écrivains, reculant de plusieurs siècles la composition de ce traité célèbre, l'ont mis sur le compte de Boccace , auteur dont l'orthodoxie n'est pas irréprochable (1).
Carapanella pensait que le véritable auteur était peut-être le Pogge, qui, bien que secrétaire du pape, était peu dévot et très-libre en ses propos, ainsi que le prouve le recueil des Facetiœ imprimé sous son nom ; mais Campanella ne paraît pas avoir beaucoup tenu à cette opinion, car H. Ernst, dans ses Observationes varix , avance que le moine calabrais lui indiqua, à Rome, Muret comme Fauteur du livre en question : or ceci ne s'accorde nullement avec l'impression du livre trente ans avant la naissance de Campanella ; Muret , né en 1526, n'avait que douze ans en 1538 D'un autre côté, on a prononcé le nom du capucin Ochin, qui, quittant le catholicisme, embrassa les principes delà réforme; mais, tout en poursuivant de ses arguments et de ses sarcasmes l'Eglise dont il était déserteur, Ochin ne repoussa jamais les dogmes fondamentaux du christianisme.
Cette assertion, que nous ne trouvons que dans un écrivain du dix-septième siècle (2), nous parait
(1) L'auteûr anonyme (mais on sait que c'est M. Algernon Herbert) d'un ouvrage anglais, savant et paradoxal, Simrod, a discourse on certain passages ofHistory and Fable (London, 1828-30, U vol. in-8°), fait observer que les trois premières nouvelles du Dccameron enseignent des sentiment s peu orthodoxes. La troisième, oîi est racontée Phistoire des trois anneaux, a paru suspecte; elle était d'ailleurs fort répandue au moyen âge; on la retrouve dans les Gesta Romanorum, cap. 89, dans le Novellino antico, p. 72 ; Lessing s'est servi de cette donnée dans sa pièce de Nathan le Sagç, un des chefs-d'œuvre de la scène allemande. L'idée première de ce conte paraît d'origine juive (Voir un curieux arlicle de M. Michel Nicolas dans la Correspondance littéraire, 5 juillet 1857.) Ajoutons qu'un autre ouvrage de Boccace, la Genealogia deorum , est rempli de détails qu'on ne trouve pas ailleurs et qui semblent provenir de sources gnostiques.
(2) C'est un Anglais, Thomas Browne, qui, dans sa Re- Ugio medici , sect. 19, a parlé d'Ochin. Imprimé pour la