‹ De tribus impostoribus, M.D.IICChapitre 6 sur 13 · XXV1IJ · texte numérisé non relu

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ajouté bien des choses. Ce texte de l'édition de 1833 est malheureusement incomplet des quatre dernières pages de l'édition de 1598, que nous rétablissons intégralement dans 1 édition pn sente. En 1846, un autre bibliographe, résidant habituellement à Zurich, M. Emile Weller, a livré derechef à la publicité le texte latin en y joignant une traduction allemande. Se plaçant d'ailleurs à un autre point de vue que ses devanciers, M. Weller croit que le volume daté de 1598 a été réellement imprimé à cette date. L'impression ne lui parait nullement moderne, et il pense que cette impression a devancé les manuscrits qui se sont répandus plus tard, et dont l'un d'eux a servi à la réimpression faite par Straube, laquelle, supprimée avec soin, est devenue introuvable.

Voilà donc au moins quatre éditions successives mises au jour par la typographie germanique , hatave ou suisse d'une production qui n'est peut-être *)as le traité dont ont parlé les au~ teurs du dix-septième siècle, mais qui n'est cependant pas indigne d'être connue. Les éditions récentes, étant très-peu répandues en France et étant accompagnées d'explications en une langue connue de peu de personnes, sont, pour notre public, à peu près comme si elles n'étaient pas.

Plusieurs critiques (MM. Gentheet Weller entre autres) n'hésitent pas à croire que le texte latin tel qu'il est imprimé, a pu être rédigé au seizième siècle, mais l'incorrection du style, le défaut de liaison philosophique dans les idces, sont des motifs suffisants pour constater qu'il n'est sorti de la plume d'aucun des écrivains dont le nom a été mis en avant ^1). On peut croire que c'est l'œuvre

(1) Les écrivains modernes qui se sont le mieux exprimés en latin, Facciolati, Ruhnkenius, Wyltenbach, sont bien au-dessous de Muret. On ne saurait donc s'arrôler pour un instant à l'idée que cet auteur si élégant ait eu la moindre part au li bel lu s que nous reproduisons. D'autres observations pourraient aussi s'appliquer à chacun des noms qui ont été prononcés, mais il serait très-superflu de le* placerfci.

d'un homme qui avait étudié l'histoire, qui avait voyagé et que les querelles religieuses dont la ré- N forme fut le point de départ avaient jeté dans le scepticisme. Il traça pour lui-même ses idées sur le papier. Le seizième siècle fit un çrand nombre de ces libres penseurs qu'on appelait des Lucianistés (miram ejusmodi hominum fuisse frequentiam qui Lucianistae dicti sunt eo quod omnes religiones derideant; ainsi s'exprime Florimond de Rémond). Peut-être, l'ouvrage fut-il altéré, interpolé en circulant manuscrit; on remarquera qu'il y est fait meution de saint Ignace, qui ne fut canonisé qu'en 1622 (An vero credendum est quia bonœ fœminunculœ Franciscum,Ignatium, Deminicum et similes tanto cultu prosequantur...). Une longue tirade sur la religion mosaïque est, aux yeux de M. Genthe, un morceau ajouté après coup et qui n'est pas naturellement à sa place.

Vers le commencement du dix-huitième siècle, les assertions, jusque alors bien vagues, au sujet du Liber de tribus Impostoribus, commencèrent à se préciser.

Pierre-Frédéric Àrpe, qui avait fait paraître, en 1712, une apologie de Vanini, publia, en 1716, une réponse à la dissertation de laMonnoye, et il s'annonça comme possesseur de l'ouvrage qui faisait tant de bruit.

Il raconte qu'étant, en 1706, chez un libraire à Francfort-sur-Mein, il y rencontra un officier allemand qui voulait vendre un imprimé italien (l) et deux manuscrits latins dont il s'était rendu maître au pillage de Munich, après la bataille de Hochstett , et dont il demandait 500 rixdales (2,000 francs environ). Arpe, ayant fait boire cet officier, obtint que l'un des deux manuscrits, le fameux traité De tribus Impostoribus, lui fût prêté ; il promit, avec un serment solennel, qu'on ne le copierait pas; mais il crut transiger avec sa

(1) Le Spaccio de la Bestia trionfante de Giordano Bruno.

conscience en prenant le parti de le traduire; cette version ayant promptement été faite avec l'aide d'un ami, il rendit le manuscrit, qui fut, avec les deux autres volumes, payé 500 rixdales (le prix demandé) par un prince de la maison de Saxe.

Arpe donne ensuite un aperçu de ce livre, divisé, selon lui, en six chapitres, et sa prétendue traduction a depuis été imprimée, mais elle n'a aucun rapport, ni pour l'étendue, ni pour la division, ni pour le fond des idées, avec l'ouvrage latin que certainement Arpe n'a point vu. D'ailleurs on ne connait de cet Allemand aucun ouvrage écrit en français, de sorte qu'il n'est pas très-sûr qu'il ait rédigé lui-même la dissertation ui a paru sous son nom. Nous la reproduisons 'ailleurs comme une des pièces de ce procès, et nous y joignons la réplique que la Mon no y e lui opposa.

2° Ouvrages en français et en autres langues.

Il existe un ouvrage en langue française intitulé : Traité des trois Imposteurs ; il a été réimprimé plusieurs fois, et cependant il ne se . trouve pas bien facilement. Ce livre n'est d'ailleurs au fond pas autre chose que celui qui circulait en manuscrit au commencement du dixhuitième siècle sous le titre à'Msprit de Spinosa, et qui , œuvre d'un auteur resté inconnu , subit diverses modi fications ; imprimé en 1 7 1 9 à la Haye, il fut brûlé en grande partie, d'après Prosper Marchand (Dictionnaire historique, t. I, p. 325); le Manuel du Libraire donne à cet égard des détails qu'il serait superflu de transcrire. Une autre rédaction eut lieu vers 1720; elle fut imprimée à Rotterdam, chez Michel Bohm, 1721, in-4°, 60 pages, avec l'indication de Francfort. Entre elle et le livre décrit par Arpe , la seule différence qu'il y ait, c'est que l'on a réduit à six les huit chapitres de l'Esprit, en n'en faisant qu'un seul

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de ceux qui portaient d'abord les numéros 3 , 4 et 5.

Des libraires, spéculant sur la célébrité du titre, mirent sur le frontispice : Ttaité des trois Imposteurs (1); il parait cependant qu'il fut fait des changements aux manuscrits; des emprunts provenant des ouvrages de Charron et des Considérations de Naudé sur lès coups d'État furent introduits dans les chapitres III et IV. L'édition datée de en d ce xi*, sans indication de lieu (Hollande), est un petit in-8° de 200 pages, précédées d'une notice sur Spinosa et d'une liste ae ses écrits. En tête un portrait du philosophe avec ce quatrain :

Si, faute d'un pinceau fidelle,

Du fameux Spinosa l'on n'a pas peint les traits ,

La sagesse étant immortelle*

Ses écrits ne mourront jamais.

Cette édition est fort rare ; mais à l'époque où les livres qualifiés de philosophiques se multipliaient sous la plume du baron d'Holbach, de Naiçeon et de leurs amis , les réimpressions se succédèrent rapidement. Nous en avons vu une avec l'indication à'Tverdon, 1768, sans lieu, 1775 (Hollande) et 1776 (Allemagne), 162 pages; Amsterdam (Suisse?), 1776, 138 pages. 11 en existe une plus ancienne, qui fait partie d'une réunion de divers écrits publiés en 1767 en un volume in-8° sous la rubrique de Londres. Le premier traité contenu dans ce recueil est intitulé : De l'Imposture sacerdotale. Une autre édition , datée de 1796 , fut mise au jour par Mercier de Compiègne; elle avait

(1) En fait de ruses de ce genre, on a signalé la filouterie doublement criminelle qu'on prétend avoir effectivement été pratiquée par un brocanteur anglais, qui avait rassemblé dans un même volume le Pentateuque de Moïse en hébreu, les quatre Evangélistes et les Actes des apôtres en grec, et l'Alcoran de Mahomet en latin, faute de l'avoir pu trouver de format in-8° dans sa langue originale, comme les autres; il y ajouta une courte préface et le titre de Ubri de tribus Impostoribus.

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clé précédée par une réimpression faite en 1793, époque peu remarquable daus l'histoire de la typographie française.

Une traduction allemande, indiquée comme rare, porte le titre de Spinosa II, oder Subiroth Supim. Rom, bei der Wittwe Bona Spes, 5770.

Nous avons sous les yeux une traduction anglaise, publiée à Dundee, en 1844, J. Myles, tn-12, et intitulée: T/ie Three Imposlors (96 pag.). A la suite d'une dissertation de 25 pages qui n'apprend guère que ce que l'on savait déjà, on rencontre une traduction de la Réponse à la Monnoye et l'extrait des Mémoires littéraires (la Haye, 1716). La préface du traducteur anonyme est fort courte; nous la faisons passer en français de la façon suivante :

« Le traducteur de ce petit traité croit nécessaire de dire quelques mots à l'égard de l'objet qu'il a eu en vue dans cette publication» Elle n'est point faite daus le but de défendre le scepticisme, ni de propager l'incrédulité, mais seulement pour soutenir les droits du jugement particulier. Nul être humain n'est en position de voir dans le cœur humain et de décider avec justice sur la foi ou la conduite de ses semblables, et les attributs de la Divinité sont tellement en dehors de notre faible raison qu'avant de les comprendre il faudrait que Thomme devint lui-même un Dieu. Il en résulte que tout blâme sévère des actions et des opinion» d'autrui doit être abandonné, et chacun doit se mettre en état de pouvoir déclarer avec un philosophe humain et noble :

Homo sum, huinani nihil a me alienum puto. »

Le traducteur a fait passer en anglais les notes qui accompagnent le texte français (en corrigeant, par exemple, le mot chanoine, lorsqu'il s'agit d'un rabbin), et il a ajouté quatre ou cinq citations fort courtes prises danslite Lîve, Bolingbroke et Volney. Cette traduction anglaise de l'édition

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française d'Amsterdam, 1776, a été réimprimée en 1846, à New-York, par G. Vale, 3, Franklin- Square.

En résumé, à l'exception de la traduction allemande (et incomplète) de M. Em. Weller, nous ne connaissons, en aucune langue , aucune traduction véritable du petit traité latin De tribus Impostoribus dont nous reproduisons aujourd'hui intégralement le texte.

Ouvrages ayant des titres semblables à celui du Liber de tribus Impostoribus.

La célébrité dont jouissait le livre qui nous occupe, le mystère qui le couvrait, durent facilement engager quelques écrivains à placer en téte de leurs productions un titre qui rappelât en quelque façon l'ouvrage qu'on cherchait partout sans le trouver. C'était un moyen de piquer la curiosité, d'obtenir un peu d attention, qu'on n'aurait pas eue si l'œuvre s'était produite avec un intitulé insignifiant. Tel est le motif qui fit paraître : Vincentii Panurgi Epistola ad CL tnrum Joannem Baptistam Morinum Dr. Med. etc., de tribus Impostoribus , Parisiis, apud Matthœum Bouliette 9 1644, in-12; 1654, in-4°.

L'auteur de ce livre est J.-B. Morin lui-même, et les trois imposteurs sont Gassendi, Naudé et Bernier, qui s'étaient moqués de ses rêveries astrologiques.

Un écrit intitulé : De tribus Nebulonibus parut en Hollande , et fut composé par un Hollandais. Les trois nebulones étaient Thomas Aniello ( ou Masaniello), Cromwell et Mazarin. Il parait que le cardinal, en dépit de l'indifférence véritable ou supposée qu'il'affectait à l'égard des écrits dirigés contre lui , trouva moyen de faire supprimer cette

édition tout entière ; l'ouvrage parait inconnu aux bibliographes, et nous ne le rencontrons sur aucun catalogue.

En 1667 il fut mis au jour à Londres un in-8 intitulé : History ofthe titrée laie famous Impostors. Ces personnages étaient deux individus qui voulaient se faire passer pour des princes ottomans, et Sabbathi Levi, qui, en 1666, voulut jouer parmi les Juifs de l'Orient le rôle de Messie (1).

Ce livre fut traduit en allemand, Hambourg, 1 669, in-8° ; une édition nouvelle, avec une préface de Martin Schmizel,>it le jour en 1739. Il en existe également une traduction française (Paris, Robinet, 1673, in-12), et Ton retrouve toute cette histoire dans l'ouvrage de J.-B. de Rocoles, les Imposteurs insignes (Amsterdam, Wolfgang, 1683, in-12).

Un écrivain danois publia en 1680 Liber de tribus magnis Impostoribus (nempe Eduardo Herbert de Cherbury (2), Thoma Hool es et Bénédicte de Spinosa), Kiloni, apud Richelium. Cet écrit, dirigé contre trois adversaires de la révélation , fut réimprimé avec quelques additions chez un fils de l'auteur, à Hambourg, en 1700, et traduit en allemand par un pasteur luthérien, Michel Born.

Jean Decker réunit , dans un chapitre d'un de ses ouvrages (De scriptis adespotis, sect. xiv), Campanella, Hobbes et Spinosa, en donnant pour titre à ses reflexions à leur égard : De tribus maximis hujus seculi philosophis, et il mit en téle cette épigraphe empruntée à Horace (Od., 1.1,3):

(1) La Biographie universelle a consacré un long article à ce personnage. Voir t XXXJX, p. 412-418. Nous y renvoyons te lecteur. 11 existe aussi une Histoire (en allemand) du faux Messie > Sabbatbai Zebhi, par Ch. Anton, 1752, m-U°.

(2) Les écrits de ce nobleman anglais Font fait ranger arec raison parmi l'un des premiers défenseurs du déisme. Ses traités de Verilate, 1624, de Causis errorum (sine loco), 1656, sont remarquables à plusieurs égards.

Nil mortalibus arduura est ;

Cœlum ipsum petimus stultitia, neque Per nostrum patimur scelus

Iracunâa Jovem ponere fulmina (lj.

Plusieurs autres écrivains, tels que J.-H. Ursinus, von Severin Lintrup et von Letdecker, s'attachèrent dans leurs écrits à grouper ensemble trois personnages. F.-E. Kettner ne dépassa pas le nombre de deux dans sa Dissertatio de duobus Impostoribus, B. Spinosa et B. Beckero (2), Lipsiœ, 1694, in-4°.

M. Graesse mentionne aussi un ouvrage publié à Londres et intitulé les Trois Imposteurs; il s'agit de Mahomet, de Ignace de Loyola et de George Fox, le fondateur de la secte des quakers.

Témoignages des bibliographes au sujet du Libkr

DK TRIBUS ImPOSTORIBCS.

M. Genthe énumère quatre- vingt-onze auteurs différents qui ont parlé du Traité des trois Imposteurs; mais cette liste pourrait être plus étendue : le bibliographe allemand , peu familier, semble t-il, avec les livres français, n'a cité niM. J.- Ch. Brunet, ni M. A.-A. Renouard; depuis sont venus MM. Du Roure, Quérard (Supercheries littéraires, I, 371), l'auteur anonyme d'une lettre insérée dans le Bulletin des Arts (1846, t. V,

(1) L'orgueil des entants dé la terre , Môme contre FOlympe essayant sa fureur,

Ne permet pas que le tonnerre Repose dans les mains de Jupiter vengeur.

(Trad. de M. E.-À. de AVailly).

(2) Le Hollandais Bekker, mort en 1698, auteur du Belooverde wirild (le Monde ensorcelé)^ livre qui, attaquant les opinions alors reçues sur le pouvoir des démons et des sortilèges, souleva une violente tempête.

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p. 99) et (Tune autre lettre publiée dans le Journal de V amateur de livres (Paris, Jannet , n° du l el août 1849). Nous n'avons pu nous procurer trois dissertations spéciales qu'indique M. Genthe : Immanuel Weber : Programma de tribus Impostoribus, ^tc., Giessen, 1713; J.-Chr. Haremberg, De secta non timentium Deum, exhibens origïnem famosi dicterii ac commentitior . script, de tribus Impostoribus, Brunswig», 1756, iu-8°; J.-M. Mehting, Das erste Schlimme Buch, oder Abhandlung von der Schrift de tribus Imposloribus, Chemnitz, 1764, in-8°. On sait combien ces opuscules académiques, sortis des universités, vont difficiles à rencontrer longtemps après leur publication et loin du lieu où ils ont vu le jour. Nous les regrettons peu d'ailleurs, car nous dou • tons qu'ils eussent fourni quelques informations bien utiles. 11 est question aussi du livre qui nous occupe dans un périodique anglais : The Blacktvood Magasine, t. VIII, p. 306.

Nous avious eu l'intention de transcrire en détail l'énumération faite par M. Genthe, et de rapporter les passages des auteurs qu'il signale; mais nous avons renoncé à cette idée, car les renseignements vagues que fournissent au sujet du Liber de tribus Impostoribus ces volumes, la plupart oubliés, ne méritent guère d'être reproduits. Nous citeroDS cependant comme pouvant être consultés par ceux qui tiendraient à connaître ce qui a été écrit sur cette question :

B.-G. Struve, De doctis impostoribus disser* tatio, Jenœ, 1703 ; ibid., 1706, §. 9-23, réimpri* mé, mais incorrectement, dans Oudini Conir mentt. de Scriptt. Ecclesiast. , t. III. — Joh. Friedr. Mayer, Prxf. in Disputt. de Comitiis Taboriticis. cf. Placciusde Anonym., pp. 185-188. sqq., réimprimé à part, Greifswald, 1702, in-4°. — Christ. Thomasius, Observait. Halenses ad rem LitL y t. I, observât., VII, p. 78 sqq. — Vincent Placcius, Theair. Anonymor., cap. il, n. 89 „ p. 184 sqq. — Calmct, Dictionn. de la Bible,

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art* Imposteurs. — Giomale de' Lcttcrati, publicato in Fircnze per i Mesi di Aprile, Maggio e Giugno, mdccxlii. — Job. Godof. Schmutzer, Dissertât io de Friderici H. in rem Lilterariam mentis. — Observations upon the report ofthe horrid Blasphemy of the three grand Impostors, by some affirm'd to have been of late years uttered and published in print. (vid. Calai. Msstor. Angliœ, t. II, p. 213.) — Jugement de M. Maturin Veissier la Croze, bibliothécaire et antiquaire du roi de Prusse, et membre de PAcad. roy. à Berlin, sur le traité : De tribus Impostoribus . — Biblioth. Reimann. Hildesheim, 1731, in-8°, p. 980. — Morbof, Polyhist. lit t., t. I, cap. vin.

— Heumanni Conspectus Reipubl. Utter., cap. vi, §. 33. — Biblioth. Uffenbachiana , t. III, p. 681.

— Kochii Observait. miscell. 9 t. II, p. 3G4. — Bierlingii Pyrrhon. kist. 9 cap. v, p. 256. — Fabricii Scriptt. de veritat. Relig. Christ. , cap. xxii, p. 475. — Annal. Acad. Iuliœ, semestr. II. — Coleri Antholog., p. 196. — Ant. Maria Gratianus, in vit. Card. Commendoni^ t. II, p. 9. — Joh. Dekherus de Scriptt. adespotis , p. 1 19. — - Sam. Maresius, De Iohanna Papissa.— Naudxana, p. 129. — Mùlleri Atheismtts devictus. Prol., c. h, p. 19. — Melch. Adam, in Vit. Calvini> p. 41. — Spizelius, <?e A theismo, p. 15 et 18. — Tentzeiii Biblioth. curiosa, etc., p. 491 , ann. 1704. — Histoire des Ouvrages des Savans, févr. 1694, p. 278. — Aubert Mirai , Biblioth. eccles.y p. 226. — Hebenstreit, de variis Christianor. nominib., c. i, p. 30. — Observatt. Halenses, t. X, observ. 9, p. 218 , t. IV, p. 261 , observ. 20. — Reimanni Introductio in Histor. lïtt. 9 t. III, p. 246. — Ittigii Diss. de Postelo , 1700, §• 26, p. 34. — Oleani Diss. de Vanino.

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Des écrits de quelques auteurs auxquels on a attribué le traité De tribus Impostoribus.

Nous avons dit que Servet, Giordano Bruno, Vanini et d'autres encore, avaient été indiqués, mais sans vraisemblance et sans fondement , comme les auteurs de ce célèbre traité qu'on n'a pas retrouvé. Ces al légal io us reposaient sur les opinions peu orthodoxes émises par ces écrivains, notamment par les trois personnages dont nous venons de rappeler les noms et qui furent les victimes de Tin tolérance dont le règne était encore en pleine vigueur sur la surface entière de l'Europe. On connaît, en général, fort peu les écrits qui les conduisirent au bûcher; il ne sera donc pas inutile d'en dire ici quelques mois.

Commençons par Michel Servet. La condamnation dont if fut l'objet à Genève Va fendu l'objet d'une attention toute spéciale. La relation de son procès se trouve, avec les pièces à l'appui, dans les Mémoires de la Société d'histoire et d'archéologie de Genève, t. III, pp. 1-158. Nous n'avons pas l'intention de parler de la vie de cet homme célèbre ; une foule d'écrivains s'en sont occupés. Voir tes Mémoires de d'Artigny, tome II ; V Histoire de France, par Henri Martin, t. IX, p. 606 ; V Histoire de Calvin, par Audin, t. II, pp. 258-324 ; le Bulletin de la Société de l histoire du protestantisme français, juillet 1853 et mai 1858.

Sa vie, écrite en allemand par Mosheim, 1748, in-4°, est très prolixe. L'ouvrage allemand de Trechsel : les Antitrinitaires protestants avant Socin. Livre premier. Servet (Heidelberg, 1839), est estimé. Une Étude sur le procès de Servet, par M. E. Schase (Strasbourg, 1853, in-8°), est signalée par YAthenacum français comme remarquable.

Le plus célèbre des écrits de Servet est celu i q u i a pour titre Christianisme restitutio, 1553, in-8", 734 pages. Imprimé à Vienne chez Balthazard Arnollet, il fut livré aux flammes, et deux ou trois exemplaires seulement ont échappé à la destruction. Un d'eux, ayant appartenu au docteur anglais Mead et à l'archéologue français de Boze, est à la Bibliothèque impériale; plusieurs pages sont roussies et atteintes par le feu. Cet exemplaire était celui de Colladon, l'un des accusateurs de Servet qui a souligné les propositions les plus malsonnantes. (Voir un article de M. Flourens, dans le Journal des Savants, avril 1854, p. 193.)

Afin de donner une idée du système exposé dans ce volume qui souleva tant de colère, nous nous servirons de l'analyse que M. Ertile Saisset a insérée dans le Dictionnaire des sciences philosophiques (tome VI). Le point de départ de Servet est que Dieu , considéré dans les profondeurs de son essence incréée, est absolument indivisible; il est parfaitement un, parfaitement simple, si simple et si un qu'à le prendre en luimême, il n'est ni intelligence, ni esprit, ni amour. Toutefois, entre un tel dieu retiré en soi dans sa simplicité inaltérable, et le flot des existences mobiles, divisées, changeantes, il faut un lien, un intermédiaire. Cet intermédiaire, ce lien, ce sont les idées, types éternels des choses.

Les idées ne sont point séparées de Dieu, bien qu'elles s'en distinguent. Elles sont le rayonnement éternel de Dieu. Ce que les idées sont aux choses, Dieu Test aux idées elles-mêmes. Les choses trouvent leur essence et leur unité dans les idées, les idées trouvent leur essence et leur unité en Dieu. Dieu, indivisible en soi, se divise dans les idées; les idées se divisent dans les choses. Dieu, pour parler le langage de Servet, qui fait songer ici tout à la fois à Plotin et à Spinoza, Dieu est l'unité absolue qui unifie tout, l'essence pure qui essentie tout (essentia essentmm. Christ. Resi. lib. IV, p. 125).

En résumé, il y a trois mondes, à la fois distincts et unis: au sommet, Dieu, absolument simple, ineffable; au milieu, l'éternelle et invisible lumière des idées; au bas de cette échelle infinie, s'agitent les êtres. Les êtres sont contenus dans les idées, les idées sont contenues en Dieu; Dieu est tout, tout est Dieu; tout se lie, tout se pénètre ; la loi suprême de l'existence est l'unité universelle. L'unité, l'harmonie, la consubstantialité de tous les êtres, voilà le principe qui a séduit Servet, comme il a captivé Bruno, Spinoza, Schelling et tant d'autres nobles génies.

Servet rattachait à sa métaphysique panthéiste une théologie profondément contraire à la lettre et à l'esprit du christianisme. Voulant être à la fois chrétien et panthéiste, il imagina la théorie d'un Christ idéal qui n'est point Dieu, qui n'est point un homme, qui est un intermédiaire entre l'homme et Dieu ; c'est l'idée centrale, le type des types, l'Adam céleste modèle de l'humanité, et par suite de tous les êtres. Pour l'Eglise, le Christ est Dieu ; pour le panthéisme, le Christ n'est qu'un homme , une partie de la nature. Servet place entre la Divinité, sanctuaire inaccessible de l'éternité et de l'immobilité absolue, et la nature, région du mouvement, de la division et du temps, un monde intermédiaire, celui des idées, et il fait du Christ le centre du monde idéal. De la sorte, il croit corriger le Christ et le panthéisme en les corrigeant et les tempérant l'un par l'autre. Le Christ est la lumière ae Dieu, sa manifestation la plus parfaite, son image la plus pure; c'est de lui que tout émane, c'est vers lui que tout retourne; il est la cause, le modèle et la fin de tous les êtres; tout en lui s unifie et il unifie tout en Dieu.

Servet développe cette idée avec un véritable enthousiasme; c'est le pivot de toute sa doctrine. Par elle, il prétend rendre le christianisme à sa pureté primitive, en expliquer tous les dogmes, les mettre en harmonie avec un panthéisme épuré,

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avec les traditions de tous les peuples, les symboles de tous, le^ maximes de tous les sages. Cette théorie du Christ détruit, il est vrai, radicalement le dogme de l'incarnation, comme la doctriue de Servet sur l'indivisibilité absolue de Dieu détruisait le dogme de la Trinité, comme sa couccption d'un monde intelligible qui émane de Dieu par une loi nécessaire sapait par sa base le dogme de la création. Rejetaut l'idée d'une transmission héréditaire du péché originel, Servet supprime le baptême des petils enfants; il ne reconnaît pas la nécessité de la grâce pour le salut, ni celle de la foi aux promesses de Jésus-Christ, aussi sauve -t-H les mahométans, les païens, et tous ceux qui auront vécu selon la loi naturelle. Les principes de Servet ne restituaient pas le christianisme, comme il s'en flattait, ils le détruisaient complétement.Embarrassé dans des conceptions profondes et subtiles, ce système n'a trouvé aucun adhérent; mais la sincérité de Servet dans sa foi, la noblesse de son enthousiasme, l'élévation et l'originalité de ses idées ne sauraient être contestées sans injustice.

Arrivons à Giordano Bruno. Les deux volumes que nous avons déjà signalés, et que M. Bartboliness a consacrés à ce philosophe, nous dispensent d'en parler avec détail. Nous dirons seulement qu'il en est également question dans YHistoire des sciences mathématiques en Italie de M. Libri, dans le travail de M. Cousin sur Vanini, dans YHistoire de France de M. Henri Martin, tom. XIII, etc. Celui des nombreux écrits de ce

Senseur audacieux qui fut regardé avec le plus e courroux est le Spaccio de la Bestia Montante, proposto da Giove, effectuato dal consiglio, rivelato da Mercurio 9 Parigi, 1584, in-8°. Dans les ventes publiques du siècle dernier on a payé de 500 à 1000 fr. ce rarissime volume (1), et, quoique

(1) La bibliothèque Mazarine en possède un exempraire.

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la valeur des livres de ce genre ait bien diminué celui-ci (ioint, il est vrai, «i trois autres écrits de Bruuo) s est élevé à 20 liv. st. 15 sh. à la vente Dunn Gardner, à Londres, en 1854. 11 a d'ailleurs été réimprimé dans l'édition donnée par M. Ad. Wagner des Opère italiani de Bruno (Lipsia, 1829, 2 vol. in-8°), et il en est question dans Y Histoire de la littérature italienne^ par Giuguené, tom. VII, dans la Littérature qf Europe, par Hallam, tom. Il, etc. On a presque toujours parlé de ce livre énigmatique et obscur sans l'avoir vu, et on a souvent défiguré le titre en mettant specchio miroir) au lieu de spaccio (exclusion). Le travail de M Bartholmess en offre une longue analyse <jue nous allons abréger fortement.

Il s'agit de l'expulsion de la béte (mot pris collectivement pour tout le règne animal), c'est-àdire des animaux que la mythologie et l'astronomie avaient placés sur la voûte céleste ; la croyance, alors si répandue, que les astres influent sur les destinées et les volontés des hommes, est attaquée sans ménagemeut. Au lieu de noms méprisables et insignifiants, Bruno veut introduire, dans l'énumération des constellations, les noms des qualités et des mérites dignes de l'estime et de l'admiration des hommes. Poursuivant ce raisonnement, l'auteur mêle la satire à l'allégorie; la métaphore se confond chez lui avec l'allusion. A mesure que chacune des vertus appelées à remplacer les vices du ciel est inaugurée, elle apprend de Jupiter ce qu'elle doit mire et ce qu elle doit éviter. Dans YEpistola expllcatoria, adressée à sir Philip Sydney, Bruno annonce qu'il a semé librement dans \e Spaccio les principes de sa philosophie morale, sans craindre les rides et les sourcils des hypocrites, la dent et le nez des docteurs, la lime et le sifflet des pédants. Il fait remarquer qu'il serait injuste de lui attribuer les opinions qu'il met dans la bouche d'interlocuteurs qui s expriment sans gène. Des digressions dans lesquelles l'ambition et la cupi-

dite sont signalées, non sans raison, comme les mol ifs des guerres qui désolaient l'Europe, des attaques contre les moines, des insinuations obscures, mais certainement peu orthodoxes, voilà ce qu'on trouve en maint endroit de ces dialogues, qui se terminent lorsque tous les noms des constellations ayant été changés (l'Aigle étant remplacé par la Magnanimité, le Taureau par la Longanimité, le Cancer par la Conversion), Jupiter engage les dieux à aller souper.

Nous dirons fort peu de chose de quelques autres ouvrages de Bruno , très-recherchés encore des bibliophiles, mais ayant une assez faible valeur au point de vue de l'histoire de l'esprit humain.

La Caballa del cavallo Pegaseo (Paris, 1685) est une production bizarre, moitié sérieuse, moitié badine, où l'ironie est versée à pleines mains. Erasme avait fait 1 éloge de la folie : Bruno écrit le panégyrique de l'ignorance, de la stupidité, de l'ànerie, mais tout cela est mêlé aux doctrines de la cabale rabbinique. Un personnage nommé Onorio est mis en scène ; grâce à la transmigration des âmes, il a passé par des états très-divers : il a d'abord été un àne au service d'un jardinier ; il est ensuite devenu le cheval Pégase ; plus tard il a passé dans le corps d'Àristote, et là, il a déliré plus que le délire même, sur la nature des principes, sur la substance des choses.

Dans un autre ouvrage écrit en dialogues : La Cena de le Cinm, 1581 , Bruno, devançant Galilée, combat Vidée que la terre est immobile ; précédant de deux siècles et demi des vues sur la pluralité des mondes qui récemment ont donné lieu en Angleterre à une vive controverse, il maintient qu'il existe une foule d'autres globes de même forme et de même matière que la terre, animaux immenses, intelligents (intellectualï), dont l'ensemble constitue un seul être vivant formé de la création entière. Ces conceptions élevées, que la

philosophie moderne a reprises et développées, étaient trop neuves, trop hardies, pour ne p>as révolter l'ignorance appuyée sur une autorité despotique. On réfuta péremptoirement le philo* sopne napolitain en le conduisant au bûcher.

Vanini nous arrêtera peu. On a tout à fait cessé de lire Y Amphitheatrum œternx providenliœ, et le traité De admirandis naturx reginx deœque mortalium. M. Rousselet a donné, dans les. Œuvres philosophiques de Vanini (Paris, Gosselin, 1842), une version entière de YAmphitéâtre; il n'a fait passer en français que la portion la plus intéressante du second ouvrage, qui est partagé en quatre dialogues, et dont le but est d'expliquer tous les secrets de la nature, parmi lesquels il faut ranger tous les faits regardés comme miraculeux. Les crois premières parties n'offrent qu'un traité de physique péripatéticienne très-peu intéressant, quoiqu'il s'y trouve quelques idées hardies; mais, observe le traducteur, c'est dans le quatrième livre, ayant pour objet la Religion des païens, que Vanini a déployé toute sa verve et toute son audace ; derrière ce titre il en cache évidemment un autre (ainsi qu'avait fait B. Des Perriers dans le Cymbalum mundi). « Mettant au nombre des faits naturels les miracles, les oracles, en un mot toute espèce de prodiges et même le don des langues accordé aux apôtres, il passe en revue toutes les croyances; il les discute avec une ironie qui est un trait particulier de son caractère, et il finit par conclure que la véritable religion est la loi naturelle que Dieu a gravée dans le cœur de tous les hommes. Les impostures des prêtres ne sont pas oubliées, et les institutions qui en résultent ne sont plus à ses yeux que des fraudes pieuses. »

Parmi les auteurs auxquels on aurait pu attribuer le traité De tribus Impostoribus , lorsque les conjectures allaient leur train, il nous semble qu'on a oublié Jean Bodin, écrivain hardi et fort en avant sur l'époque où il vivait. H a, il est vrai, dans sa Dé mono manie des sorciers, publiée

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en 1580, souvent réimprimée (t) et traduite en diverses langues, insère gravement les contes les plus absurdes; mais son Univers» naturœ theatrum (Lyon, 1596) est écrit sous l'inspiration d'un panthéisme mal dissimulé, et il laissa, en mourant un ouvrage manuscrit bien plus audacieux et dont on n'osa pas risquer la publication . Le Colloqumm heptaplomeros offre *ept interlocuteurs: un catholique, un luthérien, un calviniste, un païen, un juif, un mahoméian, un déiste. Au milieu d'une discussion longue et confuse, surchargée d'une érudition pédantesque et enveloppée de formes étranges, surgit l'idée de la tolérance religieuse, toutes les religions étant sœurs et s'entendant par la morale.

En 1841, un savant allemand, M. G. E. Guhrauer, publia à Berlin une notice sur cet ouvrage; Tannée précédente un autre Allemand, Vogel , en avait fait le sujet de deux articles insérés dans un journal bibliographique de Leipzig (le Serapeum). A la suite d'une analyse de Y Heptaplomeros, M. Guhrauer -en donne deux extraits, l'un en allemand, l'autre en latin, accompagnés d'une notice bibliographique. Une publication périodique qui ne subsiste plus, la Revue de bibliographie analytique, a rendu compte de ce travail (1842, p. 749). Nous ne saurions d'ailleurs mieux faire que de renvoyer au livre remarquable deM. H. Baudrillart: Bodinetson temps (Paris, 1853, in 8°). Ce qui concerne le CoUoqumm occupe lechap. V, p. 190-221. L'originalité du livre est de concilier une superstition crédule avec l'examen le plus libre et la critique la plus audacieuse, avec le jugement le plus sévère sur les croyances établies. Trois des interlocuteurs, un juif, un musulman, un philosophe, attaquent vivement le christianisme; ils mêlent à leurs raisonnements des expressions irrévérencieuses que

(1) Voir, au sujet de cet ouvrage, un article de M. de Pu y maigre dans la Revue d'Austrasie, 18^0.

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M. Baudrillart n'a pas voulu citer, même eu latin, et l'interlocuteur catholique défend la foi avec des arguments d'une extrême faiblesse. Un théisme élevé, ardent, fait le fond de cet ouvrage si controversé et si peu connu ; un vif sentiment de la dignité morale de l'homme y respire partout, et d'inqualifiables rêveries s'y mêlent.

Le traité des Trois Imposteurs nous amené tout naturellement à parler de deux imposteurs ou plutôt de deux aliénés gui, à Paris, se présente» rent comme des Messies, comme le Fils de l'homme (1), et qui furent l'un et l'autre condamnés au dernier supplice, au lieu d'être enfermés, comme ils le méritaient, dans un hospice d'aliénés.

Geoffroy Vallée fut le premier de ces malheureux : il était né à Orléans et il n'avait pas vin<a ans lorsqu'il fit imprimer, en 1572, un opuscule de 8 feuillets intitulé la Béatitude des Chrestiem ou le Fléo de la foy; c'est un tissu d'extravagances oti l'on démêle des attaques contre Rome et contre l'autorité en matière de religion. Le Parlement de Paris condamna Vallée à être brûlé vif comme athée. L'arrêt est inséré dans les Archives curieuses de V Histoire de France, t. VIII. (Voir les Mémoires de littérature de Sallengre, t. II ; les Nouveaux Mémoires de d'Artigny, t. II, p. 278 ; Y Analecta-Biblion de M. Du Roure, t. II, p. 31 ; le Bulletin du bibliophile de Techener, 10 e série, p. 612-623, etc.)

Simon Morin est plus connu : M. Michelet, dans son Histoire du règne de Louis XIV, lui a consacré quelques pages qui ont de nombreux lecteurs; ce visionnaire prétendait qu'il y avait trois

(1) Le catalogue de la bibliothèque de Ch. Nodier, 1829, n° 66, nous révèle l'existence d'un livre imprimé à Paris vers 1827, et intitulé: Avertissement véritable et assuré au nom de Dieu. Cest l'œuvre d'un illuminé qui se dit te Fils de l'homme, et qui promet de ressusciter dans trois Jours, après s'être fait jeter a l'eau à Marseille, attaché avec des chaînes de fer à une grosse pierre.

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règnes : celai de Dieu le père, le règne de la loi, se terminant à l'incarnation du Fils; celui du Fils, le règne de la grâce, s'arrétant à 1050; celui du Saint-Esprit, le règne de la gloire, le règue de Simon Morin lui-même, pendant lequel Dieu gouverne les âmes par des voies intérieures sans qu'il soit besoin du ministère des prêtres. H partait de ce principe pour demander à Louis XIV de lui céder la couronue. On découvrit dans cette extravagance un crime de lèse-mai esté ; Morin fut brûlé en 1662. Les Pensées, imprimées en 1647, forment un volume extrêmement rare, et qui, dans les ventes, se paye de 50 à »oo fr.; il a été réimprimé vers 1740. Au milieu de beaucoup de fatras inintelligible , on remarque quelques morceaux éloquents, quelques beaux vers, celui-ci entre autres :

Tu sais bien que l'amour change en lui ce qu'il aime.

Voir les Mémoires de d'Artigny, t. III, p. 249-313 ; le Bulletin du bibliophile, 1843, p. 31, etc.

Un savant bibliographe allemand , le docteur Oraesse, dans Histoire littéraire universelle (en allemand), mentionne, t. VII, p. 772, comme ayant été écrit à Halle en 1587 , un ouvrage dicté par des doctrines déistes et antichrétiennes, et intitulé : Origo et fundamenta religionis christianx, et il renvoie à Illgen : Zeitschrift fur... {Journal de théologie historique, VI, 2, 192.)

Des attaques contre le judaïsme et le christianisme se trouvaient dans l'ouvrage d'un avocat bourguignon, Claude Gilbert : Histoire de Calejava, ou Vis le des hommes raisonnables, avec le parallèle de leur morale et du christianisme; Dijon, 1700, in-12. Quoique l'imprimeur eut effectué des retranchements, 1 édition entière fut ensuite brûlée par l'auteur; un seul exemplaire, dit-on, échappa à la destruction, et il se vendit 120 fr. en 1784, dans la bibliothèque du duc de La Vallière. Voir le Dictionnaire des anonymes de Barbier,

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n° 7665, qui cite Papillon et Mercier de Saint-Léger. Ce livre, écrit en forme de dialogue, esl très-peu connu. Claude Gilbert n'est mentionné ni dans la Biographie universelle publiée par les frères Michaud , ni daus la seconde édition de ce grand ouvrage, ni dans la Biographie générale mise au jour par M. Didot, sous la direction de M. Hoefer.

Nous terminerons cet aperçu de divers écrits hétérodoxes, en disant que vers la fin du dix-septième siècle un autre individu, dont le cerveau était un peu dérangé, un maître à la chambre des comptes, J.-P. Parisot, publia un livre très-peu lucide, intitulé : la Foy dévoilée par la raison, 1681, in-8°. Grâce aux progrès de la tolérance, on se contenta d'enfermer l'auteur ; le livre seul fut brûlé. Devenu très rare, il n'est cependant point recherché; on y trouve une explication fort obscure de la doctrine sur le Verbe divin (le Logos), telle qu'elle est exposée dans l'Evangile selon saint Jean. Parisot croyait découvrir dans la nature les trois éléments de la Trinité, savoir : le sel, générateur des choses, répondant h Dieu le Père; le mercure représentant, par sa fluidité extrême, Dieu le Fils répandu dans tout l'univers; le soufre, dont la propriété est de joindre, d'unir le sel au mercure, ce qui figure évidemment le Saint-Esprit, lien sacré des deux premières personnes de la Trinité. Il serait fort superflu d'analyser les divagations de Parisot; ce qu'il y a de curieux, c'est que, se croyant fort orthodoxe, il avait dédié son livre au pnpe en lui adressant une lettre pleine de respect et de soumission. Le cardinal Casanata ne prit certainement pas la peine de lire la Foy dévoilée par la raison, et dans une réponse datée du 4 e jour des calendes d'avril 1680, Son Eminence répondit que l'ouvrage avait été lu à Rome avec plaisir et qu'il était digne de louange.

De quelques ouvrages qui ont avancé une thèse analogue à celle qu'on prétendait trouver dans le Traité De Tribus Impostoribus.

Les ouvrages irréligieux qui ont attaqué les bases de toute doctrine révélée se sont, on le sait» fort multipliés depuis un siècle; nous ne nous en occuperons pas; nous voulons seulement dire quelques mots de trois ou quatre productions qui ne sont pas fort répandues et qui sont hostiles aux législateurs des Israélites et des chrétiens.

La question de savoir si Moïse était inspiré, s'il est l'auteur du Pentateuque, fort vivement débattue dans les écoles de l'Allemagne, ne saurait être examinée ici; nous nous en tiendrons à mentionner, parmi les écrits qui ont contesté la réalité historique des récits contenus 'dans les premiers livres de la Bible, l'ouvrage du Hollandais Adrien Beverland, Peccatum originale philologice elucubratum, imprimé plusieurs fois en Hollande, et dont il existe des traductions ou plutôt des imitations françaises, au sujet desquelles on peut consulter* le Dictionnaire des Anonymes de Barbier, et une note dans l'édition donnée par Leschevin, en 1807, du Chef-d'ceuvre d'un inconnu, t. II, p. 459. Il n'est pas besoin de rappeler que, selon Beverland, la pomme (1), c'est la volupté, le serpent, c'est la concupiscence, d'où sont nés les mauvais penchants de la race

(1) En nous servant de ce mot, nous nous conformons à un usage vulgaire, mais nous croyons qu'il est inexact. La traduction de M. Cahen, qui serre de très-près le texte hébreu, n'emploie jamais que le mot fruit {fruit de l'arbre qui est au milieu du Jardin)» La Vulgate ne se sert que des expressions lignum et frvetus.

humaine; les organes de la génération sont figurés par l'arbre fatal. Cette opinion n'était pas neuve; elle avait été mise en avant par des docteurs juifs, notamment par Rabbi Zahira (voir Nork, Brantinen und Rabbinen, 1836, cité par Rosenbaum, Geschichte der Lustseuche , I, 48). De nos jours un écrivain qui se croit fort orthodoxe, M. Guiraud, dans sa Philosophie catholique de r Histoire (1841, t. II), a professé cette façon de voir : « Le fruit de l'arbre défendu prépara et « commença ce que nous appelons le péché origi- « nel, mais les sens le consommèrent; la multi- « plication matérielle de l'espèce humaine en fut « le résultat. » D'après les Cathares ou Manichéens du moyen âge, la pomme interdite était l'union des deux premiers êtres; le mauvais principe avait placé Adam et Eve dans son faux paradis en leur défendant de manger le fruit de l'arbre de la science , qui n'était autre que la concupiscence charnelle dont il provoqua lui même réveil en séduisant Eve sous la forme d'un serpent; il parvint ainsi, par l'union des sexes, à propager le genre humain (voir Matter, Histoire du gnosticisme , 1. 111; Schmidt, Histoire des Albigeois, ouvrage remarquable dont M. Mignet a rendu compte dans le Journal des Savants, 1 852). Des sectaires des premiers siècles , les Archontiques entre autres, avaient avancé que Satan avait eu un commerce charnel avec Eve, commerce dont Cain fut le fruit (voir saint Epiphane, Hœres., XL) ; des rabbins en ont dit autant ; un passage de Rabbi Eliezer (in Pirke, p. 47) a été traduit ainsi : « Accedit ad eam et equitabat « serpens, et gravida facta est ex Caïno. » En fouillant dans le Talmud, dans les cinq volumes in-folio de la Bibliotheca rabbinica de Jules Bartolocci (Roma, 1675-1694), on rencontrera d'autres assertions analogues. Nous nous dispenserons de nous y arrêter, mais nous ajouterons qu'il existe divers ouvrages, assez rares aujourd'hui, qui ont reproduit la thèse exposée daml Etat de V homme.

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Tels sont Y Eclaircissement sur le péché originel, par le chevalier de C. (voir V Année littéraire, 1755, t. IV, p. 139), et un livre allemand, Y Arbre de la science considéré d'un œil philosophique, Berlin (Erfurt), 1760, in-6°. Nous terminerons en disant qu'Adelung, qui, dans son Histoire de la folie humaine (m allemand, t. I, p. 20-41), a consacré une notice à Beverland, dit qu'un exemplaire du Peccatum originale, avec de nombreuses additions manuscrites pour une édition nouvelle, existait dans la bibliothèque du comte de Bunau (jointe aujourd'hui à celle de Dresde), Nous sera- t-il permis, enfin, de placer ici deux lignes que nous trouvons dans un livre bien oublié aujourd'hui : « Un improvisateur florentin a dit en un seul beau vers, en parlant d'Eve:

L'ingann6 il serpe ch'era grosso e lungo,

et il donna par un geste expressif l'explication de cette controverse. » Mémorial d'un mondain (par le comte de Lamberg), Londres, i776,in 8<\ 1. 1, p. 12.

La mission divine de Jésus, la vérité de i'E- ' : vangile, eurent pour antagoniste Charles Blount, né en 1655, et qui termina sa vie par un suicide, en 1693 ; il fut un des premiers et des plus hardis des libres penseurs anglais. Dans ses Oracles de la raison (publiés après sa mort), il attaque la Genèse, le récit de fa chute de l'homme, la doctrine des peines futures. — Ses autres écrits sont tout aussi peu orthodoxes. Dans Y Anima mundi, ou Relation historique des opinions des ancien s touchant l'âme de T homme, après la mort, 1679, il inculque le matérialisme ; dans sa Grande est la Diane des Ephésiens, ou De F Origine de Vidolâtrie, 1680, sous prétexte d'attaquer l'idolâtrie, il combat les doctrines de la Bible. Ses écrits ont été réunis sous le titre à' Œuvres diverses (Miscellaneous Works), Londres, 1695, in-l2;mais le plus fameux, celui qui doit nous occuper ici. c'est

*a traductiou des deux premiers livres de la vie d'Apollonius de Thyane, par Philostrate, 1680, in-folio, accompagnée de notes dirigées contre le christianisme, qui fut saisie et excita un violent ora^e. On sait que Philostrate écrivit, au troisième siècle, la vie d'Apollonius, philosophe auquel des païens out attribué des miracles qu'ils comparaient à ceux de Jésus-Christ. L'intention qui dicta cet écrit était d'affaiblir l'autorité de 1 Evançile en lui opposant les prodiges prétendus opères par Apollonius. Philostrate représente ce personnage comme un être surnaturel et presque comme un dieu. Quoique fondée sur desélements historiques, cette légende n'est qu'une composition idéale, où domine Vidée de mettre en relief l'excellence de la doctrine pythagoricienne (Voir un article de M. E. Miller dans le Journal des Savants, 1849,

p. 621 et suiv.)

Les notes de Blount se retrouvent dans la traduction française (par de Castillon) de l'ouvrage de Philostrate*, Berlin, 1774, ou Amsterdam, 1779, 4 vol. petit in-8°. Nous ne connaissons que de titre le Hvre de J.-F. Baur : Apollonius von Tyana und Christus, Tubingen, 1832, in-8°.

Divers ouvrages de J. Toland, le Tetradym**s, London, 1720, in-8°; Pantheisticon, Cosmopoli (Londini), 1720, in 8°, pourraient aussi être indiqués ici, surtout le Nazarenus, orJewish, gentile and mahometan christianily , London, 1718, in-8°, ouvrage de xxv et 48 pages, dans lequel il est fort question de quelques-uns des évangiles apocryphes (dont il ne reste plus que de rares fragments), des écrits de saint Barnabé, et qui reproduit la doctrine des Ebionites (1).

\V On sait que ces sectaires, contemporains des apôtres, ne voyaient dans Jésus-Christ qu'un homme dont la naissance n'avait rien de surnaturel. Ils avaient un évangile qui offrirait sans doute de l'intérêt, mais dont il reste à peine quelques vestiges, et qui a été, de la part de Semler, l'objet d'une dissertation spéciale, Halle, 1777, in-ft°.

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Nous trouvons indiqué dans le Bibliographisches Lexicon d'Ebert avec renvoi aux Archiven zut neuern Geschichte de Bernouilli, un ouvrage italien que nous n'avons jamais vu et qui est sans doute très- rare : Politica e religione trovate insieme nella persona d% Giesu Cristo. Nicopoti (Vienne), 1706-7, 4 vol. in-8°. Cet ouvrage est de G.-B. Commazzi ; il fut saisi : Jésus Christ y est représenté comme un imposteur politique.

On trouvera ci-après a la 3 € page des Pièces justificatives les noms de plusieurs autres incrédules : le cordelier Scot, Jeannin de Solcia, etc., qui se signalèrent par leurs impiétés.

C'est surtout dans quelques livres composés par des Juifs que le second point delà thèse qui a ins-

f)iré le traité De tribus Impostoribus, a été déveoppéen toute franchise; mais ces ouvrages, écrits en langue hébraïque, sont d'autant moins connus que les Israélites, ne voulant pas donner prétexte à de cruelles persécutions, se sont longtemps at» tachés à les cacher avec le plus grand soin. Un célèbre bébraisant italien, J.-B. Rossi, leur a consacré un volume de 123 pages, assez rare en France : Bibliotheca judaïca anti-christiana , Parmx, 1800, in-8°.

Un livre qui, en ce genre, est connu de quelques savants, c'est le Liber Toldos Jeschu. On ignore à quelle époque il a été composé; mais, vers la fin du treizième siècle, un dominicain, Raymond Martini, l'insérait en latin dans un livre de controverse qu'il écrivait contre les Juifs (Pugio Fideï). Le chartreux Porchet et d'autres adversaires de la foi israélite en faisaient, de même, usage. Luther le faisait passer du latin eu allemand. Le texte hébreu, ignoré pendant des siècles, fut enfin retrouvé par Sébastien Munster, et Buxtorf promit (dans son Lexicon TalmudUnim) de le publier; mais il ne le fit pas. Enfin un savant allemand, J.-C. Wagensefl, inséra ce texte dans la collection d'écrits anti-chrétiens publiés par des Juifs, à laquelle il donna le titre ae Tela

Ujnea Satanœ, et qui parut à Altdorf, en 168(,

2 vol. ÎQ-4°.

L'ouvrage en question se compose, dans ce recueil, de 24 pages à 2 colonnes, texte hébreu ei traduction latine; l'éditeur y a joint une confutatio qui occupe les pages 25 à 45 ; il ne ménage pas les injures au livre qu'il reproduit (1).

Voici en quels termes commence le Liber Toidos Jeschu : « An no sexcentesimo septuagesimo primo quarti millenarii , in diebus Januasi régis rjuem alias Alexandrum vocant, hostibus Israël i s ingens obvenit cala mitas. Prodiit enim quidam ganeo, vir nequam, nulliusque f rugis, ex trunco succiso tribus Judœ cui no m en Josephus Pandera... »

D'après l'auteur juif, Jeschu s'étant introduit furtivement dans le temple, pénétra dans le Saint des Saints, y apprit le nom ineffable du Seigneur qui était grave sur une pierre, l'écrivit sur un morceau de parchemin qu'il glissa dans sa chair, après s'être fait une incision, et, grâce à la puissance irrésistible de ce nom, il opérait les plus grands miracles, guérissait les lépreux, ressuscitait les morts. Il accomplit ces prodiges en présence de la reine Hélène, femtoe de Jannée, et elle se déclara sa protectrice. Parmi les miracles qui lui sont attribués, il en est de ridicules, tels que de s'être assis sur une meule de moulin qui surnageait sur les eaux du Jourdain. Judas se dévoue pour la cause des Juifs; il apprend de son côté le nom ineffable du Seigneur, et oppose ses prodiges à ceux de Jeschu ; celui-ci succombe ; il est lapidé ; on veut, après sa mort, l'attacher à une croix ; mais tous les bois se brisent parce

au'il les avait ensorcelés. Judas triomphe encore e cette difficulté. Par ses soins le corps de Jeschu est ensuite enseveli sous un ruisseau dont on a

(i) Dans Je. seul avant-propos lions rencontrons (tes phrases comme celles-ci ; « Impielatis, maledicentiœ, impostura?fftteuttimae quasi aggestus cumulus... cacatusàSaranaHber.»

détourné le cours; les disciples, ne le trouvant plus, affirment qu'il est monté au ciel ; la reine s'en émeut ; mais la chose s'explique bientôt : Dehinc Juda: « Veni, ostendam tibi virum quem quaaris; ego enim illum nothum subduxi ex sepulchro, quippe verebar ne forte impia ipsius caterva eum ex tumulo suo furaretur, i ta que illum in horto meo condidi, et superinduxi amnem aquarum. » Ad unum igitur omnes confîuunt, eumque caudae equinae alligatum, protrahunt, eumque ante Reginam illum abjecissent, ajunt: « Ecce tibi hominem de quo affirmaverâs eum in œthera ascendisse. »

VBistoria Jeschux Nazareni fut réimprimée à Leyde, en 1705, en hébreu et en latin, avec des notes d'un autre savant, J.-J. Huldrich, qui, maichantsur les traces de Wagenseil, n'épargna pasles qualifications outrageantes au livre qu'il commentait. Nous croyons que depuis, et dans des vues différentes de celles qui inspiraient ces vieux érudits, le livre en question a été remis sous presse deux ou trois fois ; nous avons conservé la note d'une Historia de Jeschua Naxareno, 1793, in-8°.

En ce qui touche les impostures de Mahomet, on ne sera pas étonné de voir les auteurs chrétiens du moyen âge se déchaîner à son égard. Les récits qu'ils font au sujet du fondateur de l'islamisme sont fréquemment d'une absurdité rare:

pour les uns, Mahomet est l'Antéchrist; d'autres en fout un cardinal; presque tous s'accordent à lui imputer bien des crimes et beaucoup d'excès. Nous nous contenterons de signaler \e Roman de Mahomet, poëme composé au treizième siècle par un trouvère, A exandre Dupont, et que M. Francisque Michel a publié à Paris, en 1831, avec des notes auxquelles se sont jointes celles d'un très-savant orientaliste, M. Reinaud.

De

Tribus

IMPOSTORÏBUS.

Anno M. D. IICL

Deum esse, eum colenduni esse , multi disputant , antequam et quid ait Deus, et quid sit esse, qualenus hoc corporibus et spiritibus, ut eorum fert distinct io, eommuue est, et quid sit colère Deum, intelligant. Intérim cultum Dei ad mensuram cultus fastuosorum hominum aestimant.

•Quid sit Deus deseribunt secundum confessionent suœ ignorantiœ : nam, quomodo différât ab aliis rébus, per negationem justorum conceptuum efferant, necesse est. Esse infinitum Ens, id est , cujus fines ignorant , comprehendere nequeunt. Esse Creatorem cœli et terrarum aiunt, et, quis sit ejus Creator, non dicunt, quia nesciunt, quia non comprehendunt.

Alii , ipsum sui principium dicunt, et a nullo, nist a se, esse contendunt; itidem ii dicentes quid, quod non intelligunt. Non, aiunt , capimus ejus principium; ergo non datur. (Cur non ita : non capimus ipsum Deum; ergo non datur.) Atque hœc est ignorantise prima régula.

Non datur processus in infinitum. Cur non? Quia iutellectus human us in aliqtio subsistere débet. Cur débet? Quia solet, quia non potest sibr aliquid ultra suos fines imaginari, quasi vero sequatur, ego non capio infinitum; ergo non datur.

Et tamen, utiexperientia notum, inter MessiœSectarios aliqui processus infini los divinarum, sive proprietatum, sive personarum, de quarum finitionibu*

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lis lumen adhuc est, et sic omiiiuo dari processus îu infinitum statuunt. Ab infinito enim generatur Filius : ah infinito spiratur Spiritus Sanctus.

In infinitum generatur, proceditur. Si enim cœpisfient, aut si desinerent semel generatio ista, spiratio, %ternitatis conceptus violaretur.

Quod si etiam in hoc cum istis convenias, quod hominum procreatio non possit m infinitum extendi , (|iiod tamen propter finitum suum intellectum ita concludunt, nondum jam constabit an non et suo modo aliae inter superos generationes, eseque tanto numéro tueriut , ac homtnum in terra, et quis ex tanto numéro pro Deo praecipuo recipiendus? Nam et Mediatores Deos dari omnis religio coneedit , quamvis non omnes sub œqualibus terminis. Unde illud principium : Ens supra kominem , per naturam suam elevatum , dcbere esse Unum, labefactari videtur. Atque inde ex diversitate Deorum progeneratorum diversitates religionum et varietatem cultuum postmodum ortas dici poterit : quibus potissimum Ethnicomm nititur devotio.

Quod autem objiciturdecaedibus autconcubitu Deorum paganorum , praeterquam quod hsec mystice intelligenda, sapientissimi Rthnicorum jam dudum ostendere, similia in aliis reperiuntur; strages tôt gentium per Mosen et Josuam Dei jussu perpetratœ; sacrificium humanum etiam Deus Israelis Àbrahamo injunxerat. Effectus non secutus in casu extraordinario. Nil autem jubere poterat , aut serio juberi ab Abrahamo credi poterat , quod prorsus et per se Dei natur» adversum fuisset. Mahomet in premium suœ superstitionis totum orbem pollicetur. Et Christiani passim de s t rage suorum inimicorum, et subjugatione hostium Ecclesiœ vaticinantur, quae sane non exigua fuit, ex qub Christiani ad rerum publicarum gubernacula sederunt. Nonne polygamia per Mahometero , Mosen ,

et ul pars disputât, in Novo Testamento etiam coucessa? Nonne Deus Spiritus Sanctuspeculiari conjunctioue ex virgine desponsata, Filium Dei progeneravitP Quae reliqua de ridiculis idolis, de abusu cultus Ethnicis objiciuntur, tanti non sunt, ut nec paria reliquis Sectariis objici queant; [quos] tamen abusus a nistris potius,quam Principibus, a Discipulis magis quam Magistris religionum provenisse , facili labore monstrari potest.

Caeterum, ut «ad priora redeam, hoc Eus, quod intellectus proce sum terminal, alii Naturam vocant, alii Deum. Aliqui in his conveniunt, alii différant. Quidam mundos ab aeternitate somniant , et rerum connexionem Deum vocant ; quidam Ens séparation, quod nec videri nec intelligi potest, quamvis et apud hos contradictiones non infrequentes sint , Deum votant. Religionem, quatenus concernit cultum, alii iu metu invisibilium potentium, alii in amore ponunt. Quod si potentes invisibiles falsi sint , idololatra efiicitur, una pars mutuo ab altéra, prout sua cuique principia.

Amorem ex benevolentia naspi volunt, et gratitude nem referunt , cum tamen ex sympathia humorum potissimum oriatur , et inimicorum benefacta odium gravius maximum stimulent, licet id hypocritarum nemo confiteri ausit. Al quisnam amorem ex benevolentia ejus emanare statuât, qui homini leonis, ursi et aliarum ferociarum bestiarum particulas indidit , ut naturam contrariant inclinationi creatoris indueret? Qui, non ignorans debilitatem humanae nature, arborem ipsis posuerit, unde certe norat reatum ipsos hausturos, sibi et omnibus suis successoribus (uti quidam volunt) exitialem. Et hi tamen, quasi insigni beueficio, ad cultum vel gratiarum actionem teneantnr, se. Hoc Ithacus velit, etc. Arripe mortalia arma, e. g. ensem , si certissima prsescientia tibi constet

(qtiam tamen et alii, quoad contingenta, in Deo non dari adstruunt), hoc ipso eum , cui ob oculos pouis, arrepturum, seque et suam progeniem omnem misei-anda morte interemturum : cui adhtic aliqua humanitatîs gutta supererit, honebit talia perpétra re. Accipe, inquam, gladium, qui e. g. pater es, qui amicus es; et si pater es, si amicus geuuinus, objice arnica vel liberis cum jussu, ne incurrant, citra omnem dubitatiouem tamen et incursum vel miserandam stragem suorum, eorumque adhuc iiinocentium, daturum providens. Cogita, qui pater es, an ejusmodi factures esses? Quid est ludibrium prohibitioni afferre , si hoc non est? Et tamen Deushaecprecepissedebuit.

Hune ex benefacto suo colendum esse volunt, quia r aiunt, si Deus est, colendus est. Simili modo uti inde coliigunt : Magaus Mogol est, ergo colendus. Colunfc etiam eum sui; sed cur? Ut nempe impotenti ejus et omnium Magnatum fastui satisûat , nil ultra. Colitur enim potissimum ob metum potentiae visibilis (bine morte ejus elolescit), spemque dein remunerationis. Eadem ratio in cultu parentum et aliorum capitum obtinet. Et quoniam pptentiae invisibiles graviores et majores habentur visibilibus, ergo etiam magis colendas esse volunt. Atque hi, Deus ob amorem colendus, inquiunt. At quis amor innocentes posteros, ob unius certo provisum , et proin et pneordinatum lapsum (prœordinationem concedendo ad minimum), objicere reatui infini to? Sed redimeodos, inquis. At quomodo? Pater unum Filium miseriae addicet extremœ, ut aileiuim cruciatibus haud minoribus tradat propter prioris redemtionem.

. Nil tam levé noveruut Barba ri.

At cur amandus, cur colendus Deu»est ? Quia créavit. Ad quid? ut laberemur; quia certo prsescivit lapsuros, et médium proposent pomi vetiti, sine quo labi nonpoterant ! Et tamen, colendum esse, quia ab eo

oinnia dépendent in fieri, addunt tamen alii in esse quoque et conservari.

Quem in finem colendus Deus est? An ipse cultus todigus aut cultu plaça tur? Ita quidem est : parentes et beoefactores coluntur apud nos. Sed quid hic cultus est? Soeietas humana mutuœ indigentiae prospicit, et cultus est ob opinionem potentiœ nobis subveniendi majoris et propioris. Subvenire vult alteri nemo sine mutuo adjumento suae quoque indigentiae. Agnitio beneficii et gratia vocatur, quae majorem recognitionem sui heneficii postulat, utque exin celebretur, alter ei adt m anus ivelut pedissequa sit, ut claritatem etiam et suspicionem raagnificentiae Apud alios suscite t. Scilieetiopinio alioruni de nostra potenlia subveniendi particulari vel communi indigentiae nos titillât , cristas pavonis instar erigit, iunde et magniûcentia inter virtutes est. Ast, quis non videt imperfectionem nostra; naturae? Deum autem .omnium perfectissimum indigène aliqua re, quis dixerit? Velle autem ejusmodi, si perfectus sit, et jam in se satis contentus et honoratus, oitra omnes extra eum honores, quis dixerit, ni si quiindigere eum? Desiderium honoris, imperfectionis et impotentiae signum prebet.

Consensum omnium gentium hoc in passu urgent aliqui, qui vel soLos populares suos vix omnes allocuti, vel 1res au t quatuor libros de testimonio universi agentes inspexerunt; quatenus vero au ton de moribus universi constet, non perpendentes. Atnec boni illi auctores omnes norunt. Nota tamen de cultu, fundamentum in ipso Deo et operibus ejus, non in solo alicujus societatis aliquo interesse habente, hic quaestiouem esse. .Nam ex usu id esse, potissimumimperantium>et divitum m republica, ut exterioremaltquam religienis rattonem habeant , ad emolliendam ferocitatem t populi, nemo est, qui non intelligat.

Ceeterum de priori raûone sollicitus, quis in prin-

cipali religionis christianae sede, Italia, tôt Libertinos, et ut quid gravius dicam, tôt Atheos latere credat, et si crediderit, qui dicat, consensum omnium gentium esse : Dcum esse, Eum colendum esse? Scilicet, quia saniores tamen id dicunt. Quinam saniores? Su mm us Pontifex, Augures et Auspices veterum, Cicero, Cîbsar , Principes , et Lis adhérentes Sacerdotes , etc. Unde vero constat, quod sic dicant et statuant , uti dicunt, et non ob interesse suum talia prae se feront? Hi nempe ad gubernacula rerum sedent, et reditus ex populi creduiitate, summam invisibilium potentiam et vindictam minati , suamque quandoque cum his intimiorem collationem et nexum ementiti, pro sua luxu ria idoneos vel exeedentes sibi acquirunt. Sacerdotes enim talia docere, mirum non est, quia hœc ratio vit» ipsorum sustentandœ est. Et hœc sunt ea saniorum dictamina.

Dependeat hoc universum a directione primi mo^ ventis , at vero id dependentia prima erit. Quid enim impedit, quo minus talis primus DKI ordo fuerit, ut omnia, cursu semel prastituto, ircnt usque ad terminum prafixum, si quem praefigere voluit? Nec nova cura, dependentia vel sustentatione jam opus erit, sed ipsis ab initio cuique virium satis largiri potuit. Et cur non fecisse autumandus? Nec enim visilare eum omnia elementa et uni ver si partes, sicut Medicus tegrotum, credendum est.

Quid ergo de conscientiae testimonio dicendum , et unde illi animi metus ex malefactis , si non constaret nobis speculatorem et vindicem desuper adstare , cui ista displiceant, utpote cultui ejus omnino contraria? Non jam animus est, naturam boni vel mali, nec pericula prœjudiciorum et plurimi timons vanitates, ex praeconceptis opinionibus oriundas , altius persequi :id tantum dico, inde hœc ortum ducere, quia nempe omnia malefacta nituntur in corruptione et conver-

stone harmonise subveniendi mutuœ indigentiae, quœ genus humanum sustentât ; et quia opinio de eo, qui promovere magis quam adjuvare indigentiam istam velit, odiosum eum reddit. Unde contingit, ut ipse timeat, ne vel aversionem aliorum et contemtum iucurrat, vel «qualem denegationem subveniendi indigentiae suae ; vel amittat poteutiam suam insuper lum aliis, tum sibi succurrendi, qua tenus nempe spolia tionem potentise nocendi a reliquis metuere débet.

Atqui ita agere, aiunt, eos, qui non habent lu* men Scripturae S. , secundum naturale lumen , pro conscientiae suae dictamine, quod certo arguât, indidisse deum intellectui commuai hominum, scintillas suae cognitionis et voluntatis aliquas, secundum quas agentes, recte fecisse dicendi siut. Et quaenam ratio horum colendi deum dictaminum esse queat, si non haec sit ? Caeterum, num bestiae secundum ductum rationis agant, multis rationibus disputatur, nec jam decisum est, quod tamen non moveo. Quis tibi dixit, quod id non fiât , aut quod politum brutum rudi homini et sylvestri quandoque intellectu et facultate dijudicandi non praestetPUt autem, quod res est, dicam, plurima otiosorum hominum pars, qui ex cogitationibus rerum subtiliorum et communem captum excedentium vacarunt, ut suo fastui satisfacerent atque utilitali, multas subtiles régulas excogitarunt, quibus nec Thyrsis nec Alexis , cura sua pastoràli et rustica impediti vacare poterunt. Unde hi fidem otiosis speculantibus habuere, quasi sapientioribus, adde et aplioribus ad imponendum insipidis. Hinc, boue Âlexi! abi Panes, Sylvanos, Satirosque, Dianas, etc cole, isti enim magni Philosophi tibi communicationem somnii Pompilliani facient, et concubitus cum Nympha uEgeria narrare, et hoc ipso ad istorum cultum adstringere volent, proque mercede sui operis, et reconciliatione et favore illarum invisibilium potefitia-

rum sacrificia succumque gregis et sudorem taum pro sua sustentatiooe desiderabunl. Et hinc, quia Titius Panem, Alexis Fatraos , Roma Martes, Athena* ignotos Deos coluere, credendom est ; bonos istos hommes quaxiam ex lumine naturae cognovisse, quia otiosa speculantium inventa et attribut* erant, ne quid inclementius in aliorum religiones dicam.

Et cur h»c ratio non etiam dictitavit aberrare eos in cultu , signaque et lapides tanquam Deorum suo~ rum habitacula ridicule colère? At vero credendum est, quia bon» fœminiculae Franciscum, Ignatium, Dominicum, et similes tanto cultu prosequantur, dictare rationem ad minimum Sanctorum hominum aliquem esse colendum , et istos ex lumine naturae perspicere c ultum alicujus potentiœ superioris jam non visibilis. Cum tamen baec sint commenta otiosorum nostrorum Sacerdotum pro sua; sustentationis lautiori incremento.

Ergone dbus non est? Esto, sit; ergo colendus? Sed hoc non sequitur, quia cultum desiderat. Sed de* siderat, quoad cordi inscripsit. Quid tum ampli us? Sequemur ergo natune nostrae duc tu ni. At is agnoscitur imperfectus esse : in quibus ? Sufficit enim ad soeietatem hominum sic salis tranquille colendam. Nec enim alii Religiosi révéla tiouem secuti felicius vilain transigunt. At magis est, quod de nobis exigit MUS , inprimis cognitionem DEiexactiorem. Sed tamen, qui id spondes , cujuscunque religiouis sis , non prastas. Quid enim dbus sit, in revelatione qualicuuque ob~ scurius longe est , quam antea. Et qaomodo conceptibus intellectus id clarius sistes , quod omuem intellectum terminât? Quid tibi \idetur de his? deum nemo novit imquam,item, oculus non vidit, item, habitat in luce inaccessibili , item, post revelationem adhuc in œnigmate? At, quanta œnigmatis claritas sit , cuique notum credo. Verum , unde tibi id constat, deum ista exigeie? An ex desiderio intellec-

fus, termmos sui captus superandi, et orania perfecfins, quam facit, concipiendi , an aliunde?

■ Ex speciali révélations ? Quis es, qui'hoc dicis ? Bone dbus! quanta revelatiouum farrago! Oracula ethnicorum prodis? Haec jam risit antiquitas. Sacerdotum tuorum testimonia ? Sacerdotes tibi offero contradictorios. Pugnetis invicem : sed, quis judex erit? quis controversiœ finis ? Mosîs, Prophetarum, Apostolorum scripta profers? Opponit se tibi Alcoranus, qui hœc corrupta dicit ex novissima revelatione ; et autor ejus divinis miraculis se gloriatur corruptelas et altercationes Ghristianorum gladio secuisse, uti Moses Eth- Hicorum. Vi enim Mahomet, vi et Moses Palœstinam subjugavit, uterque magnis miraculis instructus. Et Sectarii istorum, ut et Vedae et Brachmannorum an te MtiGC rétro secula obstant collectanea, ut de Sinensibtis nil dicam. Tu, qui in angulo Europae hic delitescis, ista negligis, negas; quidem bene, videas ipse. Eadem facilitate enim isti tua negant. Et quid non miraculorum superesset ad convincendos orbis incolas, si mundum ex Scorpionis ovo conditum et progenitum terramque Tauri capiti impositam, et rerum prima fundam enta ex prioribus 111 Vedae libris constarent, msï invidus aliquis Deorum filius hœc III prima vol umioa furatus esset 1 Nostri id ridèrent, et apud eos novum hoc stabiliendae religionissuae argumentum foret, non tamen, nisi in cerebro Sacerdotum suorum itindameutum habens. Et unde alias profecta tôt immensa de Diis Ethnicorum volumina et mendacîo- Fum plaustra ? Sapientius Moses , qui artibus primo Egyptiorum excultus, id est, astrorum et Magiœ cultu, dein armorum ferocia, Palestine» regulos sedibus extmisit, et specie colloquii Pompiliani fidentem rébus suis exercitum in otiosorum hominum possessiones advexit : scilieet,' ut ipse esset Dux Magnus et frater ejus Sacerdos Maximus , ut ipse Princeps et Dictator ali-

quando populi esse t. Alii per vias dulciores et deliuimenta populi sub profereuda sanclitate , horresco reliqua proferre et eorum Sectarii per pias fraudes, in occultioribus conventiculis, primo imperitam paganorum plebein, dein et ob vim pullulantis novae religionis, timentes de se et odiosos principes populi oceuparunt. Tandem alius belli studiosus ferociores Asiae populos , a Christiauorum Imperatoribus maie habitos , fictis miraculis ad se adscivit ; sub promissione tôt benefictorum et victoriarum, exemplo Mosis, dis* cordes et otiosos Asiae Principes subjugavit , et per acinacem religionem suam stabilivit. Prior Ethnicismi, alter Judaismi, tertius utriusque corrector ha» bitus, quis Mahometis, quis Mahometismi futurus sit, videndum est.

Scilicet, eo credulitas hominum fraudibus subjecta est, cujus abusus sub specie alicujus utilitatis merito jmpostura vocatur. H u jus in génère naturam et speeies hic latius evolvere, nimis et longum foret et taediosum. Caeterum id nobis observandum, quod concessa etiam naturali religione et debito cultu divino, quatenus per naturam dictari dicitur, jam omnis novae religionis Princeps imposture suspectus sit ; potissimum, cum, quantae in religione aliqua propaganda fraudes intervenerint, in aprico omnibus sit, et ex dictis et dicendis obvitim.

Manet id ergo secundum opposilum prius immutabile : Religionem et cultum DEl secundum dictamen luminis naturalis consentaneum et veritati et sequitati esse. Qui vero aliud quid circa religionem statuere vult, velnovum, veldissonum, idque autoritate superioris invisibilis potes ta lis , suam reformandi potesta tem evidenter producat, necesseest, nisi ab omnibus impostor haberi velit, qui omnium sententiae adversatur , non sub concluso ex naturali ratione , non sub revelationis specialis auctoritate. Insuper sit ejus-

înodi vit» ac morum probus, qui a multitudine dignus credi possit, quem lam summum et Sanctum numen insuam conversationem recipiat, cui nil placuit impuri quidquam ; nec id solum propria confessio aut vita sic satis sancte an te acta, aut miracula auqua, id est Actiones extraordinariœ probare poterunt ; nam et id magis artificiosis et deceptoribus hominum , mendacibus , hypocritis commune est , qui ex istis rébus commodum aut gloriam aucupantur ; nec etiam id attendendum, eo vesaniœ quosdam processisse, utsponte mortem appeterent, quo contemnere omnia et sincère ^rederentur, uti varii apud philosophos veteres. Nec etiam credendum peculiaribus eos divinis viribus suffultos fuisse, in eo, quod ex inani imaginatione et vana aureorum montium persuasione propter defectum judicii perpetrarunl. Hi enim nec rem salis judicarunt, nec veri Dectores ; quos ut probe discernas, dixi non solum proprium eorum testimonium sufficere , sed et ipsos inter se et alios testes cum ipsis conferre opus est, eosque tum notos et familiares, lum ignotos, tum amioos et inimicos : atque dein collectis omnium testimoniis, tum cujusque Doctoris de se ipso, tum aliorum veritalem rei penetrare. Et si testes ipsi nobis ignoti sint, testes de testibus, et sic porro consulendi erunt. Adjecto insuper examine de sua judicandi facultate ; an capax sis, falsum talibus vel aliis circumstanliis, maxime vero similibus involutum, a vero discernere, addita inquisitione, unde eas notas hauseris veritatis dignoscendœ ; collato adhuc aliorum judicio, quid hi ex tali demonstratione vel lestimonio colligant. Atque faine colligere licebit , an vertis révéla* * tionis divinœ voluntatis nuncius sit, qui id prae se fert, et an dictamen ejus presso pede sequendum sit. At, ne bine in circulum incidamus, omnino cavendum est.

Cumquç prima rum religionum ea sit natura, ut una aliam praesupponat, ut Mosis Paganismum, Messise Ju-

daismum, Mahumedis ChristianismunL, nec seniper aut quoad omnia, sed certis solam in partibus posterior priorem rejiciat , quoad reliqua etiam in priori se fuudet, ut Messias fa ci ont et Mahomet ; opus erit non solum vel poslremam, vel mediam vel priorem, sed omnes et singulas accurate perlustrare , precipue cum in quavis secta imposture arguautur , ut veteres a Messia, qui legem comiperint, Christiani a Mahometo, qui comiperint Evangelium. Quoad hos ni] mirum, ciun et Christianorum Secta altéra altérera cor* rupti textus M. T. arguât; ut constare queat , an et hic, qui imitandus proponitur , ver» religionis ductor sit, et quatenus ii, qui se pnesuppositos dicunt, audiendi sint. Nulla enim in examine Secta pratermittenda est, sed ocrais conferenda , citra qualecunque prejudicium. Nam , si unica pratermittatur , ea forsan ipsa est, que verior est. Ita, qui Mosen sequitur, veritatem secutus erit , etiam secundum Christian os ; cœterum in eo solo non debebat subsistere, sed et veritatem Christian» religionis indagare.

Omnes equidem Doctores secum esse unaquaeque Secta asserit, et quaelibet se id expertam, et quotidie adhuc experiri , nec dari alios meliores. Adeo ut vel omnibus credendum, quod ridiculum, vel nulli, quod est securius , usque dum vera sit via cognita , ne ta* men ulla in collatione pratereatur.

Non obstat quod ut cognoscatur, bis duo esse quatuor, omnes mathcmaticos congregare. Res enim non est eadem, quia uemo est visus , qui dubitaverit an bis duo quatuor sint, cum e contrario religiones nec - in fine , nec in principiis, nec in mediis concordent. Ponamus sic, ignorare me rectam salutis viam, sequor intérim Brachmannos vel Alcoranum; nonne Moses et reliqui dicent : Et quid mali tibi a nobis profectum est, quod ita rejiciamur, meliores intérim et veriores? Quid respondebimus? Credidi Mahumeto vel Gymno-

sophistis, in quorum doctrioa natus, educatus sum, et unde intellexi, tuam et sequentem Ghristianoruin Religionem jam dudum abolitam et corruptam esse vel corruptrices esse. Non ne reponent , nescire se quicquam de illis, et illos de vero salutis ductu ; quodque sciant, esse, quod corruptores sint, et impostores, fictis miraculis et mendaciis populum delinientes. Née ita simpliciter fidem adhibeudam uni hominum vel secte, rejectis citra omne vel debitum examen reliquis omnibus. Eodem enim jure dicere ifilhiopem, qui non sortitus est de suis terris , non dari alterius quam nigri coloris sub sole homines»

Praterea et id in examine Sectarum reliquaruin attendi débet, ut par in omnium inquisitione diligeutia adhibeatur, nec altera ingenti opéra illustra ta, reliquat vix levi brachio tangantur , statim ob unam vel alteram positionem primo intuitu iniquam visam, aut fanue malos de principe ejus sectae rumores a tergo rejectis reliquis. Nec enim confestim pro dogmate vel indubitato testimonio habendum, quod vagabundorum primus quisque de adversa religione adseruerit. Eodem nempe jure primitus communi fama et sola nominis recensione, Ghristiana religio horrori aliis erat, altis ludibrio : apud hos, quod Asini caput colerent, apud illos, quod Deos suos comederent ac biberent, etc., ut Ghristianum esse, id demum capitalem dei et hominum inimicum esse repu lare tu r : cum taroen ejusmodi narra ta vel maie intellecta, vel egregia mendacia essent. Quie inde conûrmabantur , partimque orla erant, quod hostes illius religionis vel plane non, vel non recte cum ipsis Ghristianis, et ex his, scientioribus conferrent, verura primo idiot» vel desertori, aut inimico ejus crediderint. Gumque ita proposita examinis ratio tantœ difficultatis sit res, quid de infantibus dicemus, quid de fœminis, quid de maxima pie* bis parte? Exclusi jam erant a securitate de sua reli-

gione omnes infantes, et fœminarum maxima pars, cui et ea quoque, qnœ clarissime, quam fieri pot est, ex principiis alicujus religionis deducuntur, tenebra sunt. Et ex earum modo vivendi probe conspicis non habere ipsas, nisi perpaucissimas eximas, tam exactam facultatem penetrandi ejusmodi mysteria. Ut nihil de infinitate minuti populi aut rusticorum dicam, quibus nlimentorum suomm qtiaesitio pro summa rationis est ; reliqua bona fide vel adsumunt, vel rejiciunt. Ita scilicet minimae orbis parti superest, quœ omnes religiones ponderet, suam exacte -conférât, rationes veritatis vel fraudis, in quibus nempe minutas decipi posset, probe discernât ; sed potior numerus aliorum fidem , ut plurimum rerum sacrarum Professorum, quorum scienlia et judicandi in sacris facultas natoria hahe~ tur, sequitur.

Idque in quavis religione, quod polissimum faciunl ii, qui légère et scribere nequeunt, aut quod legant non habent. Notandum autem erat quod hic non sufficiat, religionis alicujus Doctores judicio et experientia professa satis acruratis pollere, ut vera a falsis discernere queant; sed et reliquis certo certius et judicio non minus accurato id constare débet , insuper , haltère illos verum a falso discemendi non modo facultatem, [sed] et [manifestandi] voluntatem. Certi quippe adprime esse debemus, nec falli née fallere eum velle, qui ejusmodi scientiam et voluntatem profitetur.

El qualem hic inter tôt diversissimos etiam unius sectae palmaria? Doctores electionenitfaciemus? Quando enim socios et collegas intuemur, qui in pluribus sententiis disconveniunt, caeteroquin amicissimi , alteruter dissentiens id faciel propter aliquem defectum, vel quod rem non recte intelligat, atque ita facultate judicandi careat ; vel quod cedere nolit, et ita voluntatem vera fatendi non habeat. At, licet hoc in articu- Hs secundariis coutingeret, tamen hi suspecti reddun-

tur etiam quoad reliqua; in utroque quippe verilas uua est, et qui una in parte ab ea, vel ex defectu judicandi , vel ex voluntate depravata recedit , ejus rei etiam in reliquis suspectas, atque id merito, redditur. Quare, ut judicare posais de habilitate vel ingenuitate alicujus Doctoris iu religioue , primo aeque habilis sis, ac ille necesse est, alias enim facillime imponere tibi poterit : et ille praeterea, si tibi non omnino sit notus, testimonio aliorum indigebit , et hi rursus aliorum, quod in infinitum tendit, nec solum veritatis, scilicet docuisse talia ipsum, sed et ingenuitalis, citra fraudem id fecisse. Et de testibus ingenuitatis et dictorum itidem ratio omnino habenda erit. Quem vero hic terminum pones? Nec id satis est, apud alios talia jam dispulata esse ; quam beue etiam id factum sit , videndum. Communes namque demonstrationes , quœ publicantur , nec certae nec évidentes sunt, et res dubias probant per alias saepe magis dubias ; adeo , ut exemplo eorum , qui circulum currunt, ad terminum semper redeas , a quo currere incepisti.

Ut constet, aliquem vero religiouisDoctorem aut Impostorem esse, opus est vel propria nostra experientia, quae nobis circa III magnosReligionis Judaicœ, Christianae et Mahomedanae Principes non contigit, utpote et remotissimos et pridem diu ante nos mortuos ; vel aliéna, (|uam si quis nobis communicet , testimonium vocamus. Supeiest adhuç média via, videlicet cognoscendi aliquem per scripta sua, quam testimonium proprium alicujus de se ipso vocare liceat. Atque ejusmodi quid de Christo non superest. De Mose, an quid supersit, dubitatur. De Mahomede superest Goranus. Testimonia aliorum sunt vel Amicorum vel inimicorum , nec datur inter hoc tertium, secundum tritum illud : Qui non est mecum , contra me est. Quod proprium alicujus de se testimonium attinet, Mahomedes in scriptis suis aeque diviua sibi sumit et attribuit, quam Mo-

ses et alius quivis. Quoad reliqua, amici Mahomedis et Sectatores ejus aeque id de se ipso scripserunt, ac Sectatores reliquorum de suis. Inimici reliquorum aeque maie de ipsis, ac horum amici de isto. De çaetero testimonia alicujus de se ipso, ad faciendam fidera induhitatam, nimis fragilia sunt et nullius niomenti, nisi ad confundendum forte auditorem incogitanlem. Amicoruin asserta ejusdem farinae sunt, quippe qui uuo ore idem cum suo loquuntur. Nec inimici contra aliquem audiendi sunt , propter interesse concurrens. Jam vero bis non obstantibus, quilibet alicujus ex tribus socius, omue imposturae adversarii sui fundamentum, et omne veritatis sui principium ex ejusmodi levibus ratiouibus sumunt, qui non nisi propria gloria, vel araicorum assertis , yel inimicorum obtrectationibus confirmantur. Nihilominus tamen indubie Mahomedes apud Nostratcs pro impostore habelur. Sed unde? Non exproprio, non ex amicorum, sed inimicorum testimonio. Ergo contrario apud Mahometanos pro SanctissimoPropheta. Sed unde? Ex [propria partim, partim ex] propria potissimum amicorum attestatione. Qui Mosen vel pro impostore, vel pro sancto doctore habent, eodem modo procedunt. Atque adeo aequalis ratio est , tam quoad accusationem, quam delineationem imposture in Mahomede atquç in reliquis , etsi nihilominus hi pro Sanctis, ille pro nebulone, contra justitiae debitum haberentur. Scholastico igitur more firmissime sic concluditur :

In quoscunque cadit aequalis ratio, quoad déclinationem vel accusationem imposturae ciun Maho mede, eorum relatio in eandem'classem cum ipsa justitia.

Alqui ex. gr. in Mosen cadit aequalis ratio, Erço Exigenda justitia pariter cum Mahomede est , nec pro impostore habendus.

Minor probatus a. quoad declinationem imposturae :

hanc fieri per superius dicta testimonia, tum Mahomédis de se ipso, tum Mosis de se ipso bene scribentis , tum amicorum cujuslibet de suo principe , atque hinc jure sequi necesse est.

I. Quam vim probandi amici Mosis habent in excusatione ejus, eam vim et Mahomedis amici habere debent ab impostura.

— Atqui vim liberandi per testimonia sua favorabilia [amici Mosis habent], etc. Ergo, etc.

. II. Et quam ad hune finem habent libri Mosis, eandem quoque habebit Goranus.

Atqui. Ergo.

Adde et hoc, qnod Muselmanni ex ipsis N. T. libris (quamvis secuudum ipsos quoad reliqua multum corruptis) varia etiam pro suo Mahomede argumenta desumant; et pnecipue praedicationem illam Christi de futuro paracleto tune venisse volunt, et corruplionem Christianorum [dclexissej, novumque fœdus instituisse. Et licet Coranus accusetur alias multarum ineptiarum et fabulosarum , immo impiarum relationum , hœc tamen omnia sensu spirituali vel aliis modis explicari et [leniri] posse, cum quoad residua nil nisi profundam sanctitatem et exactam morum regulam, potissimum autem sobrietatem et abstinentiam a vino inculcent. Et quod objici solet, vina esse dona Dei , responsionem accipere posse , talia etiam esse venena, nec tamen haurienda. Quod [additur] insuper consuetum, quasi Coranus nimiam carnalitatem spiret, et vitam œternam (carnalibus) corporeis voluptatibus impleat, concessa prœterea tam indistincte polygamia; tanti non esse, ut destruere eam possit, cum et [Moses] polygamiam concesserit , et in N. T. vita aeterna convivia admittat, e. g. : Accumbetis cum Abrahamo, Isaaco, etc. Item non gustabo \inum, nisi in regno patris ^mci. De Cantico Salomonîs nihil esse, quod addatur, qtiippe ista omnia [bono]

et spirituali sensu explicata, nil mali continere dicuntur, uti [etj hoc pacto dictus Coranus. Et si confra verba Corani nimis rigorosi sumus , contra Mosis et aliorum scripta eodem rigore uti debemus. Quae autem pro declinanda impostura ex ipso Mose argumenta exponuntur , ea non vident ur justi et necessalii ponderis.

I. Commercia Mosis divina nituntur proprio ipsius vel amicorum testimonio , nec proinde amplius quid valere possunt, quam similia argumeuta Muselmannorum de coiloquio Mahomedis cum Gahriele : et quod majus est, haec Mosis commercia ex ipso Mose (si omnia Mosis sunt, quœ vulgo feruntur esse) suspicionem impostura accipere, utî infra dicendum.

II. Sanctimoniam vero ipsius non esse facile adsequendam, nemo facile vel ad minimum jure dicere poterit, cui summa et gravissima Mosis crimina cognita sint. Talia autem sunt.

a) Latrocinium, quod non nisi amici ejus excusaverint ; sed hos non esse justos rerum centres , nec officere locum favorabilem Luc» in Actis Apostolorum, nam et de hujus testis ingenuitate et veracitate litem superesse.

b) [Suscitationem] rebellionis; nam eaoi a Deo ortam esse non probari, immo contrarium liquere posse , quod is alibi citetur interdicere resistentiam conlra Tyrannos.

c) Bella, ut ut vocentur, contra praceptum ipsius Mosis V et VII, rades, violentas rapinas, etc., eodem pacto, atque Pontifex in lndiis, vel Mahomed insuis fmibus speciosoDei titulo abusi, suis ditionibus veteres possessores ejeceruut. Moses occidebat plurimos; atque [internecionem] dabat, ut siblet suis securitatem assereret.

d) Doctrinam de ablatione reruni alienamm sub simulatione mutui.

e) Obligationem erga Deum , qua Moses volebat mori aeternum pro populo suo, utpote qua* petitio a Deo desideret talia , quae essentiam ejus destmunt. Vid. Exod., XXXII, 31, 32.

/) Neglectum pracepti divini de [Circumcisione], Exod., IV, 24, 25, 26. Et tandem

g) Primarium Mosis vitium, summam et crassam incredulitatem ejus , qui tanta miracula vi Dei perpétrasse legitur, et tamen propter lubricam suam fidem , ab ipso Deo graviter et cum comminatione pœnae redargui. Vid. Numer. XX,

Quantum ad probationem alterius argument! sciltcet accusationem imposturœ attinet, dici potest : Mahomedem esse impostorem, nobis non constat experientia propria, ut supra monitum, sed testimonio non amicorum suorum sed inimicorum. Taies autem sunt omnes non-Mahomedani ob dictum : Qui non est mecura , etc. Atqui hinc inde concluditur : Quamcunque vim testimonium inimicorum in causa unius habet , illam etiam habere débet in causa alterius. Alias erimus iniqui, unumex testimonio inimicorum condemnando, alterum non : quo facto omnis justitia corruet.

Atqui testimonium inimicorum in causa Habomedis hanc vim habet, ut Mahomed pro impostore habeatur. Ergo, etc.

Dico ulterius non solum suspiciones de impostura Mosia ex alienis, sed et ex domesticis arçjumentis peti posse : quo ipso tam per proprium quam per alienum successorum tamen suorum, testimonium argui posset. Quamvis etiam adhuc lis supersit :

L an libri, qui dicuntur Mosis esse, sint ejusdem,

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