‹ De Tripoli à TunisChapitre 13 sur 41 · PRISON. DE MONASTIR A SOUSSE · texte numérisé non relu

PRISON. DE MONASTIR A SOUSSE

- Combien de temps pour parcourir les trente-cinq kilomètres qu'il y a d'ici à Ed-Djem '.'

— Avec de bons mulets, trois heures... /// cha lllah ! S'il plaît a Dieu.

— Et avec une voiture?

— Cinq ou six... Tu ne pourrais pas. le soir, être revenu à Medhia. Les pistes sont si mauvaises!

— Prenons des mulets.

Quatre heures du matin... Tout est bleuet or. Le firmament est encore poudre d'étoiles. Les astres sont certainement plus nombreux au ciel d'Afrique qu'au ciel de France... Et, gaiement, nous trottons dans la poussière.

Hassan, — le digne Métellil qui nous accompagne, — s'est contenté de jeter un vieux burnous sur le dos de sa bête dont ses jambes nues serrent les flancs nerveux, dont, aplaties et crevées, ses larges babouches battent le ventre maigre, zébré des longues cicatrices qu'y a tracées le fer rouge. Un chapeau démesuré ombrage sa tète; comme un sceptre, sa main droite lient un bâton auquel, pour en faire un aiguillon au triple dard,

il a attaché des folioles de palmes, rigides et acérées comme des stylets d'acier. A son côté sont, avec la vieille djebirah obligatoire, suspendues quelques provisions très prudentes et une bouteille de café noir... On a l'habitude de prendre cette boisson à une assez haute température et c'est la seule que, pendant ces voyages, la chaleur ne rende pas écœurante. Nous serons trop heureux d'y recourir quand l'air chaud séchera notre langue, quand la poussière bridera notre gorge. Inutile de dire qu'un fusil inoffensif danse sur le dos de notre guide.

Notre propre monture est harnachée comme si elle devait porter la respectable personne d'un caïd ou d'un khalifa. Ses œillères

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