‹ De Tripoli à TunisChapitre 38 sur 41 · PALAIS · texte numérisé non relu

PALAIS

Dans le haut de la ville s'étend une petite place plantée d'eucalyptus dépenaillés, de lauriers-roses dépaysés et poudreux. Sur deux de ses côtés s'alignent les galeries des deux grands bâtiments grisâtres et moroses où se loge, avec ses employés et ses bureaux, Mohammed-el-Djellouli, ministre de la plume, garde îles sceaux tunisiens. Des cafetiers en occupent les magasins destinés par Khereddin aux marchands qui ne sont pas venus... Ils préfèrent l'ombre des souks.

— • Ya, kawadji ! Ouad kawa... ou macach sucar! Eh! cafetier! I 11 café... et sans sucre!

Hélas! son breuvage est plus écœurant que le plus savant des sirops élaborés dans une officine d'apothicaire! Qui a fait courir le bruit que les .Arabes prennent le café... naturel... Et vous aurez beau insister :

— M'tamech souci ' ! Bla sokkor! Attirai Sans sucre! Amer! On vous apportera toujours le brouet nauséeux qui vous poursuit depuis que vous avez mis le pied sur la terre africaine.

— Tiens, yaouled, avale cela!

Et le premier négrillon qui passe vous débarrasse de cet émétique noirâtre.

Sur le troisième côté de cette place s'élève la kasbah, restaurée et occupée par nos troupes.

Des fantassins beylickaux montent la garde devant le monument qui se dresse au midi. Sur sa porte, des officiers cachetés du fez, flanqués d'un grand salue courbe, vêtus de la tunique noire et du pantalon rouge à bande d'or, garnissent des bancs et chevauchent des chaises; sur sa terrasse flotte l'étendard zébré horizontalement de vert, de bleu et de rouge. C'est la dar-elbcv, — ed-dar-el-k'bira, la grande maison; c'est la résidence officielle du prince qui n'y passe cependant que le rhamadan. Le samedi, il vient, en outre, y donner des signatures et y recevoir les ambassadeurs étrangers.

Des soldats français errent au milieu des soldats tunisiens ; roulés dans leur burnous, des Arabes se blottissent à l'ombre chétive des arbustes, se couchent dans les feuilles mortes cl dans la poussière ; la foule grouille devant le palais dont les factionnaires ont grand'peine à dégager les accès.

D'autres officiers arrivent, le hausse-col au menton, Luis, ce sont des capitaines pacifiques, des colonels de garde nationale, des généraux à barbe blanche, avec leur gros bonnet et leur large nicham. A leur ceinturon d'or pend un cimeterre à garde de poignard.

— Ouech alek :' Ouecli enta? Comment vas-tu? Comment toimême .'

Et chacun se touche la main, chacun se baise le bout des doigts...

Mais une rumeur gronde sur la place. On se lève, on s'agite, on court. Au tournant de la route qui vient de l'ouest et qui passe devant la dar-el-k'biva, deux spahis débouchent, drapés dans les plis de leur manteau bleu.

Les mousquetons battant les dos, les sabres au clair, les écussons d'or brillant sur l'écarlate des chachias, un peloton de cavalerie les suit de près... Dans le cliquetis des étriers et des

33fi DE TRIPOLI A TUNIS.

armes, dans la poussière qui tourbillonne, il arrive avec un bruit d'orage et, au galop, il descend, comme s'il n'y avait personne, à travers la cohue qui se pousse et se culbute.

Il précède un vaste landau à huit ressorts que, — au galop toujours, — traînent, au claquement des fouets, au carillon des grelots, six mules montées à la Daumont par des conducteurs en livrée mauresque bleu de ciel et soutachée d'or. Deux cochers vêtus du même costume s'inclinent sur le siège de cet équipage comme s'ils retenaient un attelage emporté... Sur ses panneaux se peignent les armes bevlickales.

Puis ce sont des coupés largement écussonnés du même blason et conduits par des hommes en caban d'azur brodé d'argent... Puis, pêle-mêle, accourt une suite pittoresque : un mameluk dont les deux baudriers jaunes soutiennent, l'un une giberne repoussée,l'autre un mousquet qui, la crosse en l'air, y est accroché par sa batterie; un secrétaire en redingote militaire; des Arabes en burnous; des officiers étoiles. Un nouveau piquet suit cette bruyante cavalcade; deux autres spahis ferment la marche.

Brusquement, le landau s'arrête devant le palais. Dans la sonorité des corridors, résonnent, sourds et saccadés, les roulements des tambours qui battent aux champs... Soutenu par les princes qui ont sauté hors de leur voiture, un beau vieillard descend lentement de la sienne et le grand cordon du Nicham coupe sa poitrine d'une large diagonale rouge et verte.

Les officiers saluent de la main; les cavaliers saluent du sabre et, dans les acclamations des spectateurs, passent, cent fois répétés, les cris : El bej! El bej !

C'est lui, en effet, c'est Ali-bey, pacha-possesseur du royaume de Tunis.

Gros, essoufflé, empêtré dans des bottes de mousquetaire, le premier cocher quitte son siège et distribue des poignées de main aux officiers qui se pressent autour de lui. Il a le grade de colonel!... Pourquoi pas? Nous mêlions bien un capitaine de vaisseau à l'arrière de l'embarcation qui porte un roi; nous plaçons bien un ingénieur en chef sur la plate-forme de la locomotive qui traîne un président de république.

Affublés de leur haute selle de cuir rouge, les chevaux des Arabes mordillent les petits arbres auxquels on les a attachés; ceux de l'escorte piaffent, s'impatientent et ruent aux coups de fourreaux de saine que leur donnent sous le ventre les cavaliers <|iii. lourdement, rôdent autour d'eux. Et, pendant une heure, c'est, devant la dar-el-bej comme devant une ruche, un va-etvient bourdonnant de plaideurs, de fonctionnaires, de solliciteurs, de soldats et de plaignants qui, au nom de Dieu, vont implorer la justice du bey lui-même...

Le secrétaire de Son Altesse réparait. Il jette sur le dos de sa mule un double cartable de cuir jaune et rouge disposé en besace et bourré de papiers d'Etat; il enfourche sa bête et, les jambes écartées sur les actes, sur les secrets du gouvernement, il attend.

L'audience est finie. Les tambours battent; les clairons sonnent; les petits fantassins à ligure de bronze présentent les armes... Le bey remonte dans son équipage; il repart pour la Marsa.

Le burnous flottant, à grands cris

et à toutes jambes, les Arabes qui en

perdent les babouches courent aux portières comme emportés par

un coup de vent; les cavaliers reprennent le galop; les chevaux

des spahis se cabrent et s'élancent... Tout disparait dans le

soleil.

Un large corridor nous conduit à la cour centrale de la dar-elhey. Un vitrage couvre cet espace; une galerie le ceint de ses arcades aux pierres noires et blanches, de ses colonnes encore apportées de Carthage.

— Voici nos chambres, nous dit avec orgueil, un gros capitaine en tunique de toile, notre cicérone.

II tient à bien nous faire sentir que, avec ses camarades, les officiers de service, il est l'un des commensaux du bey et il nous montre d'étroites et modestes pièces que des soupiraux éclairent d'un jour parcimonieux, que meublent très succinctement une chaise et un lit de fer... Engageons-nous dans le labyrinthe du palais.

Surmontées de lucarnes et encadrées de pilastres, de petites portes s'écartent devant nous. Elles sont percées à travers des murailles dont l'épaisseur est égale à la largeur de leurs battants de cèdre, de sorte que ceux-ci disparaissent quand ils sont ouverts ou plutôt qu'ils forment comme des panneaux sur la tranche des murs.

Partout maintenant des salles plafonnées d'arabesques en nids de guêpe; partout, — comme à la mosquée de Sidi-Sahab, a Ivaïrouan, comme dans toutes les riches demeures, — des mosaïques de faïence qui couvrent la partie inférieure des murailles. Des entrelacs, des fleurs, des ornements taillés au couteau dans le plâtre, en tapissent la partie supérieure et la revêtent de guipures de stuc, de dentelles aussi légères que celles de Venise, de plumetis qu'on dirait brodés par une main de femme. Partout de petites fenêtres en ogive que ferment des lames de pierre ajourées, doublées de verres de couleur; partout des bas-reliefs antiques et des colonnettes d'onyx ou de marbre; partout, hélas! d'ignobles pendules de fabrication française ou allemande.

Voici la salle à manger. Les parois sont plaquées de marbre noir et blanc; le plafond se lambrisse d'une curieuse mosaïque faite de morceaux de miroir; des fauteuils s'alignent contre une longue table à tapis vert.

Voilà le salon du baise-main. Un trône, — grand fauteuil doré,

— s'y prélasse entre des rideaux cramoisis frangés de cannetilles.

Ici c'est la salle d'audience dont, toujours magnifique, la voûte

a été fouillée sous Hamouda-pacha, il y a quatre ou cinq siècles.

Là, c'est la chambre du conseil. Le dôme est doublé de lames

d'or.

— D'or vrai, affirme le capitaine dont la fierté nationale insiste sur cette richesse byzantine.

Dans la pièce voisine, deux coffrés-forts contiennent les insignes du Nicham-Itfikhar, cet ordre <|ue le bey n'accorde plus aux Fiançais que sur la proposition du ministre résident et qui est devenu pour eux une sorte d'ordre colonial, au même titre que la croix d'Annam ou que celle du Cambodge.

Comme toutes les maisons de Tunis, la dar-el-bey est couronnée de terrasses... Gardons-nous de nous y aventurer! Tout cela vacille, caduc, sous l'apparente jeunesse de la chaux dont on ne se lasse pas de le maquiller. Ces voûtes plates peuvent s'effondrer, ces planchers peuvent s'entr'ouvrir, ces rebords de murailles peuvent s'écrouler sous nos pieds.

La dar-el-bej est le siège de l'administration centrale du pays. Combinaison assez compliquée d'autorité militaire et d'administration coloniale, de protectorat el de gouvernement indigène, cette administration est comme une grande machine musulmane dont les gros rouages sont chrétiens, comme un monument arabe dont la charpente a été remplacée par une armature française.

La population tunisienne se divise en fractions de villes et en villages pour les habitants sédentaires, ou en douars pour les nomades. Chacune de ces divisions est placée sous la direction d'un clicih. dont la charge correspond à peu près à celle «le nos maires. Les fractions de villes se groupent, naturellement, en villes entières administrées par une municipalité qui comprend un président indigène, un vice-président français et un conseil composé de chrétiens, de musulmans et même d'israélites. Les villages et les douars se réunissent en tribus.

Villes et tribus ont à leur tète un khalifa, — lieutenant de caïd, — correspondant à nos sous-préfets et elles se groupent, à leur tour, en soixante-neuf amals, outans ou caïdats commandés par des caïds qu'on pourrait assimiler à des préfets.

Assistés par des cadis, les caïds font exécuter par les khalifas qui les transmettent aux clieiks les ordres qu'ils reçoivent directement du premier ministre. Ils exercent la basse justice. Ils centralisent la collection des impôts. Ils ont, à côté d'eux, — chargés de surveiller leurs actes, — des contrôleurs civils

français qui représentent notre résident général, correspondent avec lui et remplissent, en outre, pour nos nationaux, les fonctions de notaires et souvent celles de vice-consuls de France.

Au-dessus des caïds et des ministres, au sommet de la hiérarchie, plane enfin le successeur des rois de Thunes, Son Altesse Ali-bey, flanqué de son frère Sidi-Tayeh, bey du camp, c'est-à-dire héritier présomptif... L'hérédité, en effet, ne transmet pas la

couronne au fils aîné du prince qui disparaît, mais à l'aîné de sa famille, quel que soit son degré de parente avec lui.

Autour d'Ali-bey se presse la pléiade de ses parents, des vingt-trois princes qui, comme lui, ont droit au titre de hey; qui habitent les palais de la Marsa, de la Mohammedieh, de la Manouba, de Sidi-bou-Saïd, du Bardo; qui, enfin, émargent au budget et jouissent d'une liste civile.

Quelle fut la population primitive de l'antique Lybie, cette population dont les monuments mégalithiques se retrouvent encore dans ses steppes? On l'ignore. A peine peut-on affirmer qu'elle s'est continuée par les Numides et que ceux-ci ont donné naissance aux Berbères actuels. Les premiers conquérants connus de cette région si souvent conquise furent les Gélules, les hommes de celle tribu d'Afarik dont le nom s'est étendu à tout le continent africain. Plus tard, une colonie phénicienne y fonda un emporium qui devint Carthage, — Kairt Ago, la ville de la mer, ■ — et qui ne larda pas à dominer Le paj s. Les Romains remplacèrent les Carthaginois. Appelés d'Espagne par les indigènes, les Vandales conduits par Genséric remplacèrent les Romains. Commandés par Bélisaire, les

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Grecs remplacèrent les Vandales. Les Arabes remplacèrent enfin les Grecs.

La dynastie des Arlébites, celle des Fatimites, celle des Zirides et celle des Almohaves détinrent successivement le pouvoir, de l'an 800 à l'an 1229.

Les Hafsides régnaient, à leur tour, depuis trois siècles et

T l N 1 S : IN MUSICIEN.

demi lorsque Baba-Arroudj et Kheïr-Eddin, — les hardis fondateurs du beylick d'Alger, — s'emparèrent de la Tunisie. Ils ne s'y maintinrent pas longtemps. Fatigué de leurs pirateries, Charles-Quint les en chassa bientôt, mais ne conserva pas le pays qui tomba au pouvoir des Osmanlis. Maures et indigènes détestaient cependant Baba-Tourki, — compère le Turc, — et, tout en ayant toujours l'air de régir Tunis au nom de la Sublime- Porte, les beys s'affranchirent peu à peu de sa tutelle.

Ali-bey est le représentant actuel de la famille des Hassénides, arbre dynastique dont, — admirable matière à mettre en tragédie, — les racines ont été arrosées de larmes et de sang...

C'était en i(xp. Du fruit de ses courses et de ses pillages, la Cité de lafélicité vivait heureuse sous le gouvernement patriarcal de son vieux bey Ibrahim-ech-Cliérif, quand un chébec arriva à la Goulette avec cent chrétiens, pêcheurs de corail, qu'il amenait en esclavage.

Parmi eux était un jeune Corse. Ibrahim le trouva beau et voulut qu'il figurât dans sa part de prise, — la part du lion. Avec le baptême musulman, on imposa à ce marin le nom d'Aliet-Turki. Il disparut pour quelque temps dans les mystères du sérail, mais, un beau matin, on l'en vit, sans étonnement, ressortir sous le cafetan des Aglias. Il prit alors pour femme une indigène qui lui donna deux enfants: Ilassen et Mohammed.

En 1705, le sire Ibrahim partit en guerre contre les .Algériens, mais il fut pris et Ali-et-Turki en profita pour faire élever son propre fils aine à la triple dignité île bey, de dey et de pacha... 11 poussa la précaution jusqu'à faire poignarder son ancien maître, le jour où celui-ci reconquit la liberté.

Le fils d'un chrétien devint ainsi le prince incontesté des croyants de la Tunisie. Il ne manquait qu'une chose à son bonheur : unhéritier. Négresses ni Arabes, Turques ni Mauresques n'avaient pu lui en donner un et, résigné à cette infortune, il avait désigné comme devant lui succéder le jeune Ali, fils de son frère Mohammed, lorsqu'un nouveau chébec vint mettre le désordre dans ces arrangements de famille. Entre autres captives, cette barque portait, en effet, une Génoise de treize ans, déjà belle comme le jour. Et à sa vue, Ilassen-ben-Ali sentit le sang paternel, le sang chrétien, battre dans ses altères.

— Reynaud, je l'aime, dit-il à l'esclave toulonnais dont il avait fait son ami intime.

— ■ Oui ? Eh bien, épouse-la! lue de plus, une de moins...

— Tu as raison...

Et, au boni de deux ans, il avait deux enfants, Mohammed et Ali. 11 oublia alors ce qu'il avait déjà fait pour son neveu et il

désigna le premier de ses fils comme devant le remplacer un jour. Le trône avait ainsi deux titulaires en perspective : Ali-ben- Mohammed et Mohammed-ben-Hassen.

Furieux de cette compétition imprévue, le premier trouva que le plus simple et le plus sûr était de régner tout de suite. 11 se révolta, s'allia à des Arabes indépendants, s'unit au dey d'Alger et, finalement, eut recours au procédé le plus expéditif... Le poignard avait ilonné le pouvoir à Hassen, le poignard le lui nia... Ali-ben-Mohammed devait voir plus tard ce qu'il ferait de son jeune cousin.

Celui-ci ne lui donna pas le temps de voir. Dès qu'il eut vingt ans, il le fit tout simplement étrangler lui-même. Ote-toi de là que je m'y mette !... 11 était là depuis trois ans quand son cadet Ali-ben-Hassen voulut goûter à son tour aux délices du divan beylickal.

Et Mohammed-ben-Hassen disparut comme avaient disparu Ali-ben-Mohammed et Ilassen-ben-Ali. Il laissait un enfant, Mahmoud-ben-Mohammed, mais ce petit prince était trop innocent encore pour porter ombrage à personne.

Ali-ben-Hassen régna donc et eut deux fils : Hamoud et Othman. Il mourut bientôt et laissa le trône à l'aîné des deux.

Devenu grand, Mahmoud-ben-Mohammed eût été bien aise de s'asseoir à la place qu'avait occupée son père, mais il attendit. Hamoud mourut cependant, on ne sait comme, et son frère Othman ceignit le cimeterre. Mahmoud s'emporta, cette fois. Attendre encore ? Non ! On abusait de sa patience, à la fin... Il en appela au lacet de soie enjolivé de glands d'or et de coulants de corail et Othman alla régner au séjour des célestes houris.

Ceci arrivait en 1814. C'était la tin du drame. A Mahmoud-pacha succéda son fils Hussein-bey; à Hussein-bey succéda Mustaphabey, son frère ; à Mustapha-bey succéda Ahmed-pacha, son fils ; à Ahmed-pacha succéda Mohammed-bey, son cousin ; à Mohammed-bey succéda son frère Mohammed- es-Sadok; à Mohammedes-Sadok succédaenfin, en 1884, le secondfrèrede Mohammed-bey, Ali, actuellement au pouvoir.

Six ministres assistent le bey : le ministre de l'intérieur, le ministre de la plume, le ministre de la guerre, le ministre des finances, le ministre des travaux publics, enfin le ministre des affaires étrangères. Les deux premiers sont tunisiens. Les quatre autres sont français.

Le ministre de la guerre est, en effet, le général qui commande notre corps d'occupation ; le ministre des finances est notre directeur de l'administration financière ; le ministre des travaux publics est notre directeur des affaires de ce nom, enfin le ministre des affaires étrangères est notre résident général.

Les puissances qui ont à s'adresser au bey doivent passer par

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