‹ De Watteau à WhistlerChapitre 27 sur 42 · Et qui, pourtant, rappelle tant Delacroix · texte numérisé non relu

Et qui, pourtant, rappelle tant Delacroix

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sur ses Conséquences. Chassériau eût concilié le classicisme et le romantisme, non, comme Gustave Moreau, par l'idéologie, mais par la forme et la couleur, par la rénovation technique. Il fût peut-être arrivé à être un impressionniste pen- Sant, si Je puis risquer cette expression. Qu’estil advenu? L'école dégénérée d'Ingres est déchue dans l’académisme; auprès des mythologues poncifs, une école mixte s’est formée qui, sans renoncer aux principes d'atelier, a voulu profiter du pittoresque, de l’orientalisme, du drame romantique, du tableau d'histoire appuyé sur l’érudition, et cette école, de Delaroche à Robert Fleury ou à Gérôme, voulant concilier les deux tendances en les accolant telles quelles, n'est arrivée qu'à les détruire l’une par l’autre. D'autre part, le réalisme, par amour de la nature et de la bonne peinture, par haine de la beauté d'Ecole, s’est exagérément détourné du symbolisme, du domaine d’allégorie décorative où Delacroix avait régné, et il en est venu à renier presque autant celui-ci qu'Ingres, exaspéré par les parodies mesquines de leurs imilateurs officiels. Cette scission brutale, la survivance d’un homme comme Chassériau l’eût peut-être évitée. Sa technique, indemne des faiblesses de celle de Moreau, eût fait taire les objections du réalisme, tout en maintenant la peinture dans la hautaine atmosphère lyrique où Delacroix l'avait placée : peintre de mythes ou de drames historiques, Chassériau eût en tout cas rehaussé le prestige de l'Ecole, au jour où la conception d'une peinture de mœurs, de

caractère contemporain, se fût dressée en face” de la peinture d'idées. Il eût empêché par son exemple que l'Ecole devint, par sa médiocrité technique et sa prétention, un sujet de colère pour l'excessive réaction des réalistes. IL eût ainsi joué le rôle que Gustave Moreau voulut jouer, et où il échoua, parce que son idéologie était trop supérieure à celle de l'Ecole, et sa technique trop faible pour résister aux reproches des réalistes, et qu’ainsi il resta isolé, dans un violent conflit où il ne donnait pas assez de gages aux deux camps. Que Chassériau revint au style ingresque de ses fresques, l’élargissant et trouvant ce que Puvis de Chavannes y ajouta : qu'il : continuât sa troisième période sous l'impulsion de Delacroix en arrivant à la technique des modernes impressionnistes, ou qu'il menât de front ces deux tendances; où que, par un coup de génie, il parvint à inscrire la couleur et l’atmosphère de Delacroix dans la forme d'Ingres, à vivifier l'allégorie chère à l'Ecole par une technique profondément inspirée de la Nature, au lieu de copier le passé dans sa lettre et non dans son esprit (comme nos académiques et les préraphaélites anglais), Chassériau était de taille à gouverner tout l'avenir, et la face du siècle pictural en eût été changée.

Le sort ne l’a pas voulu ainsi. Il reste un bel artiste, littéraire si l’on nomme ainsi ceux dont l'activité cérébrale dépasse l’acquit technique, car les grands peintres sont avant tout ceux qui ont réalisé une technique nouvelle, mais peintre considérable attesté par des morceaux de la lus

e, une ruine eprésentative,

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