‹ De Watteau à WhistlerChapitre 31 sur 42 · UN GRAVE · texte numérisé non relu

UN GRAVE

: (Depuis le Monument aux morts).

PC est un poète, un poète etons et at niment délicat, doué pour la perception des plu ténues psychologies. Mais il ne touche ni au lyrique ni à l'étrange : il est et sait resterhumain, et il aime l'humanité. Il lui est arrivé de parler encore de la mort après qu'on eût pensé qu'il avait tout dit. Le tombeau de Meilhac et le tom béau exposé l'an dernier ont montré qu'il avait encore quelque chose à dire sur le sujet dont oi

‘n'ose en général que se taire. Dans toutes c œuvres il nya pas trace d’une seule vélléité macabre, rien qui évoque directement la maté: rialité de la mort, même aussi hautement que par exemple, Je tombeau sublime de Germain

. Pilon, au Louvre. Il ne s’agit que de l'émotion.

des étres. [ln "y a pas davantage d'intention religieuse visible ; nul symbole confessionnel, nul emblème de résurrection. L’épouvante ou l’es- poir déiste demeurent à l'intérieur des person-

nages, nous ne les percevons pas : nous ne.

voyons d'eux qu'une lente et noble marche à la disparition, et c'est à peine si, dans le monument aux Morts, à la base, s’indique l'idée de

recréalion transformiste par la figure ailée qui

se soulève au-dessus du couple enseveli. C’est à

peine encore si dans un récenttombeau la figure

ailée qui offre sa main ouverte par une si déli- ‘cate trouvaille s’assimile à un ange, plutôt qu'à un génie paien : elle est ailée comme les figures

grecques. La piété de ces œuvres résulte donc

uniquement, en dehors de tout dogmatisme, d'un

ordre de pensées philosophiques d’un caractère

actuel, graves sans ascétisme, poéliques sans exaltation religieuse. Par une sorte de pudeur suprème, et comme si l'artiste trouvait que

. même bien parler de la mort est encore l’amoin- drir et en offenser le culte, cette statuaire trouve

moyen, plastiquement, de créer le secret sur le néant lui-même : elle assemble des figures signifiant tout ce qu’elle en pense autour d’un vide qui n'est ni effrayant ni consolant. Cest un demi-jour impersonnel, ne prètant à aucun effroi, à aucun espoir, qui baigne discrètement

le portique d'hypogée où pénètrent, dans le Monument aux Morts, l'homme et la femme enla-

. Cés. On a vraiment la sensation du Rien, et elle

… est plus saisissante que les ténèbres. Par la vo-

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