‹ Debora (volume 2)Chapitre 3 sur 10 · GO · texte numérisé non relu

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Cependant, Virgilio ne pouvait abandonner la villa sans communiquer son projet aventureux a la femme qui dominait son existence. Il eut avec elle un entrelien, et,'dès les premiers mots, lady Stumley ne parut pas approuver complètement sa détermination.

— Virgilio, lui dit-elle avec tristesse, les jours se font mauvais autour de nous; il y a dans l'air des présages sinistres; je ne sais trop quel lendemain m'est réservé à moi, à moi, une femme qui ne fais de mal à personne, et qu'entourent de si dangereux ennemis. Quel moment choisissez-vous donc pour me quitter!

Croyez-vous qu'il me resle beaucoup de soutiens en ce monde ?

— Miladj, répondit Yirgilio au comble de rétonnemenl, vos paroles sont pour moi un profond mystère. Quoi !

vous avez des ennemis ! vous courez des dangers ! vous avez un lendemain douteux! Mais n'êtes-vous pas placée, par votre nom et votre rang, sous la plus haute protection qu'une femme puisse avoir à Rome et partout, sous la protection du pavillon anglais ? Vous n'avez qu'un mot à dire à votre ambassadeur, et vos ennemis vont disparaître. Vous ne craignez rien des lois de ce pays. Ceux de votre puissante nation sont respectés partout ;

votre liberté anglaise vous accompagne et vous suit sur terre et sur mer. Milady, milady, je ne comprends ni votre tristesse, ni vos craintes ; mais si vous ne daignez pas vous expliquer devant un serviteur indigne, je m'inclinerai toujours à l'ombre de votre grâce, je n'interrogerai plus, je veillerai.

— Virgilio, dit lady Stumley avec une mélancolie profonde, si je me tais aujourd'hui, le temps répondra pour moi ; et alors vous saurez tout. Quoi qu'il arrive, sachez-le bien, Virgilio, rien au monde ne me touche plus que votre dévoûment affectionné •

Lady Stumley serra la main de Virgi-

lio, et se re retira brusquemeot pour lui dérober ses larmes. Le jeune homme porta sa main à ses lèvres comme pour y recueillir Tempreinte encore tiède de la main de lady Stumlej.

Quand Virgilio revit ses défricheurs, il leur dit :

— Mes frères, soyez toujours prêts, et quand vous verrez ma ceinture rouge flotter à la cîme de ce peuplier, rendezvous tous ici, et nous irons tous ensemà notre destin !

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