CHAPITRE SEPTIÈME
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, Virgiiio était un de ces hommes qui n'ont rien perdu de leurs facultés naturelles au souffle des villes; ce jeune défricheur dWlbano, né au milieu des bois, avait encore toutes les vertus et
Ions les insliïicts de rorganisation primilivc : la ruse, la pradence, le courage, la vigilance, la sagacité, le coupd'œil ; c'était le sauvage qui, lancé par hasard sur les limites d'une zone civilisée, comprend tout de suite les nouveaux dangers de sa position, et trouve dans son esprit des ressources nouvelles pour lutter avec des ennemis que la nature ne lui avait pas donnés. L'amour, cette passion qui enseigne tout, venait encore en aide au développement de la seconde éducation de Virgiiio ; l'iiomme de la
camragne voyait avec eiTroi la distance qui le séparait d'une grande dame de la ville, et devinant aussi, par son coup-
d'œil infaillible, toutes les orageuses et formidables passions qni rugissaient autour d'elle, il s'élait constitué son gardien invisible, bien sûr de rendre un jour à cette belle lady Stumley quelque service éclatant qui mettrait sur le racine piédestal la déesse et l'adorateur.
De même que les chasseurs [tu. sanglier font le bois^ avant le lever du soleil, pour découvrir la bauge où se cache un solitaire, Virgilio, levé avec l'aurore, visitait minutieusement tous les sombres massifs de verdure qui avoisinaient la villa, cherchant à découvrir des traces suspectes, laissées dans les ténèbres de la nuit, sur les terrains humides, les ga-
zons îbuics, les Heurs aballuos, pour s'assurer qu'aucun ôtre humain n'avait posé un pied profane ou conduit une idée sacrilège autour du temple de la divinité. Fouillant ainsi tous les recoins de son domaine, il avait un jour remarqué d'un œil d'inquiétude, dans le kiosque du lac, une lame de persienne brisée sur la largeur d'une main d'homme, et attestant le passage d'une coupable intention, dans un lieu désert, effleuré seulement par les branches du peuplier ou Faile des oisoaux du lac.
L'homme, doué des instincts de la nature sauvage, établit des conjectures et des probabilités sur les faits les plus
simples en apparence, et rarement sa merveilleuse sagacité l'induit en erreur; quand le moindre accident matériel trouble l'harmonie des choses au milieu desquelles il vit, une sombre méfiance Tagite : un péril est soupçonné, un piège se dresse, un ennemi se cache, le doute n'est pas permis. Il faut veil- 1er.
Paul Gréant, l'homme civilisé, brise, dans un moment de frénésie, la lame d'une persienne de kiosque, sur la rive d'un lac désert ; cela fait, il s'éloigne et ne songe point à toutes les conjectures qu'un pareil indice pouvait exciter dans l'esprit de Virgillo, l'homme de la cam-
pagne. Ce kiosque, comme on sait, avait quatre fenêtres, et le vestige délateur était précisément sur ly persienne qui s'ouvrait (lu côté de la villa. Les empreintes des quatre doigts se reconnaissaient facilement, et leurs fuies dimensions révélaient non pas une main rustique, habituée a porter la charrue, mais une main délicate, habituée à porter des gants. 11 était donc incontestable pour Virgilio, qu'un jeune homme de la ville s'était mis tout récemment en observation suspecte derrière cette persienne, et qu'à la vue de quelque scène irritante, il avait brisé dans ua accès de frénésie la première chose tombée sous sa main.
En révélant cette découverte, Virgilio s'exposait à voir ladj Stiimley déserter la campagne pour ta ville ; mais en s'abstenant aussi, sa délicatesse lui faisait un devoir de redoubler de vigilance, nuit et jour, et de garder l'adorable femme à son insu, comme Tavare garde un trésor.
Ce fut un bien triste lendemain, celui qui arriva après la journée du cimetière du bourg Saint-Esprit. Lady Stumley regardait avec des yeux humides Fiorina, endormie sur son lit d'enfant, et qui seule sans doute avait oublié, dans un calme sommeil, les agitations de la veille : elle Tembrassa légèrement^ et la
— 27G — jeune lille soiiril sans se réveiller, comme si la lèvre d'une mère eûtelïleuré son front. ~ Pauvre enfant! dit lady Slumlev, que lu serais heureuse si tu pouvais toujours dormir ainsi ! La destinée prépare à ton avenir un réveil bien cruel !
Elle donna ensuite son premier coupd'œil au miroir, non plus cette fois pour se sourire ii elle-même et se réjouir d etre belle dans le secret intime du gynécée, mais pour voir quelle profonde trace de désolation une nuit d'insomnie et d'angoisses peut laisser sur le plus beau des visages et autour des yeux les plus doux. Triste, comme la femme qui
vient de découvrir sa première ride, elle détourna la tête, se revêtit d une de ces robes taillées au hasard, qui favorisent la paresse du lever, et serrant l'étoffe à mille plis autour de son corps charmant qui corrigeait toutes les robes, elle vint se poser k son balcon en appuyant son coude droit sur le baluslre et sa tête sur sa main, dan3 l'altitude de la Polymnie du Louvre, statue plus voluptueuse que ' la nudité.
Comme l'acier arrive à l'aimant, Virgilio arrivait à la villa, comme le dieu des Silvains, et divisant sur son front avec ses doigts sa chevelure d'ébène ruisselante des eaux du lac traversé à la
nage. Il ne s'arrêta qu'un instant au kiosque pour se draper de son manteau brun, tout parfumé des aromates de la colline; séchant ses pieds nus dans le velours des gazons exposés au soleil levant, il sortit du massif de pins qui les voilait encore, et apparut, dans toute sa grâce majestueuse, aux regards de ladj Stumley.
Virgilio prenait un détour respectueux pour gagner la ferme, lorsqu'une main charmante se détacha du menton de Polymnie, et désigna la terrasse comme si une voix eût dit : Approchez.
L'ordre fut aussitôt exécuté, comme
on le pense bien; Virgilio s'inclina, et faillit saluer par un signe de croix, comme sur le parvis d'une église.
— virgilio, dit lady Stumley, vous n allez pas au travail, ce matin ?
— Non, milady, répondit le jeune homme d'une voix assurée, comme s'il eût deviné tout à coup le sens de la demande.
— C'est bien, Virgilio; vous m'avez comprise.
— Hier, milady, votre intendant n*a pas été heureux dans ses courses, et les nouvelles ne sont pas bonnes ; mais Dieu vient de me donner de l'espoir avec le premier regard de son soleil.
— Nous sommes arrivés au dernier jour, au jour fatal, Virgilio; si Dieu veut me secourir, il faut qu'il se hâte. Quand ce soleil se couchera, il ne sera plus temps.
— Hélas! je le sais, milady.
— Il ne faut donc pas compter sur le cardinal Santa-Scala ?
— Milady, je voulais vous épargner les détails affligeants, en me contentant de vous annoncer un mauvais résultat; mais puisque votre Grâce l'ordonne..,
— Parlez, parlez, Yirgilio ; votre voix est une de ces mélodies italiennes qui réjouissent le cœur le plus triste.
— Eh! bien, milady, vous saviez déjà que votre noble amie, madame Van-Ritler ne peut rien faire pour vous. Son mari est tout à coup devenu avare comme l'Acheron...
— Oui, je sais cela, Virgiiio.
— Quand au cardinal Sanla-Scala, il m'a dit hier : Mon fils, je viens d'être frappé dans tous mes biens, comme le saint homme Job. Dieu m'aime. Toutes les calamités m'accablent à la fois. L'incendie et l'ouragan ont passé sur mes domaines ; que la volonté de Dieu soit faite. Je suis pauvre comme mon aïeul Christophe Colomb, qui avait conquis
un monde, et moi, je n'avais rien conquis.
Lady Stumley regarda le cie], et laissa tomber son front sur ses mains. Virgilio baissa la tête, de peur d'humilier ce lier désespoir par un regard de compassion.
— Et cette dette! cette horrible dette !^ Virgtliojdit la jeune femme k voix basse, mais stridente; et ce comte Talormi qui va m'envojer un de ses sbires, sa créance a la main! et mon nom déshonoré ! cette noble dette se changeant en infamie contre moi ! ma vie de dévoûment calomniée par des voix indignes, et h
Vfée aux railleries du monde ! Voilà mon avenir, Virgilio.
— Milady, répondit le jeune homme d'une voix qui faisait violence aux sanglots, hier, j*ai tenté l'impossible ; j'ai offert votre villa et tout ce que je possède, moi, à quelques hommes d'argent, qui auraient pu être séduits par le bon marché de la vente ; mais les affaires politiques empêchent toute transaction ; l'Autrichien est, dit-on, à nos portes; les vendeurs se présentent pantout, les acheteurs nulle part. J'ai dit au cardinal Santa-Scala : « Eminence, présentezmoi au Saint-Père ; j'offrirai de céder au Saint-Siége tous mes défrichements des
Marais-Pontîns, avec promesse d'en décupler les revenus au bout dé deux ans. Je -ne lui demande que cinquante mille écus, el lady Slumley cède sa villa pour rendre l'airaire meilleure. » Le cardinal a souri avec tristesse, et m'a dit : « Mon fils, le Satint-Père est plus pauvre que le dernier des quatre ordres franciscains. » Il ne me restait plus qu'une ressource, milady; ce matin, à ma prière, je me suis oublié : j'ai prié pour vous.
Lady Stumlev' remercia Virffilio pa^ un léger mouvement de tête, et sa main lui envoya uh adieu qui ressemblait à une caresse. La fenêtre du balcon se referma. Virgiiio regarda quelque temps
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Tair qui avait enveloppé la jeune femme, comme on regarde encore l'horizon où le soleil vient de se coucher.
Il semble impossible que ces choses vulgaires et slupides, qu'on a})pelle échéance, obligation, papier timbré, puissent arriver dans une villa poétique, sous la forme hideuse d'un créancier. Il est vrai que le poète Horace, qui avait eu beaucoup de lettres de change proteFtées, avant l'avènement de Mécènes au ministère dé l'intérieur, avait prévu, dans ce même coin de terre, angulo terrarum, qu'on pouvait être très bien tourmenté à Tibur, par les publicains qui tourmentent l'argent, vexant pecimiam^
puisqu'il a cnlonno une ode admirable sur les campagnards retirés des affaires, et exempts des soucis de Tor, comme l'ancienne race des mortels; ut prisca (jcus rnortallum. N'importe! un créancier à Tibur ou a Albano, est plus créancier que partout ailleurs ; mais s'il se nomme Talormi, celte dénomination devient formidable, surtout si c'est une jeune et belle femme isolée, qui, dans un moment de délire , a souscrit l'obligation.
Talormi fut exact.
Il arriva plus beau, plus jeune, plus séduisant que jamais. Avec quelle grâce il enlevait son joli cheval sur le sable
de l'allée de la villa î Avec quel charme d'ondulation il balançait son torse d'Antinous égyptien ! Avec quelle flexibilité charmante il arrondissait son bras gauche et faisait tournoyer la cravache au bout de son bras droit. Voilée par une persienne, lady Stumley le vit et se reprocha une minute d'oubli de sa haine.
Cependant ce premier mouvement, fort excusable chez une femme, lui permit ensuite de supposer que ce brillant jeune homme, si charmant lorsqu'il ne se doutait pas d'être vu, ne pouvait pas se transformer tout de suite en impitoyable créancier.
La jeune femme se trompait. Tsilormi
élait bien sûr d'èlre vu, quoique personne ne se montrât aux environs. Quand le piétinement d un cheval se fait entendre sur Taîlée d'un château, il y a toujours derrière une persienne une femme qui regarde. Taîormi avait tout étudié pour le malheur de ceux qui n'étudient rien.
Cependant il fallait recevoir l'ennemi et faire bonne contenance. Lady Stumley s'arma de son courage et de toute 1 énergie de ses douleurs, et descendit sur la terrasse de la villa.
Talormi donna son cheval à son domestique et, prenant les airs d'un amateur d'architecture, qui n'a d'au-
tre souci que de regarder eu détails les ornemenis d'une façade, il arriva tout près de la jeune femme comme par hasard.
11 salua respectueuseaient ladj Stumley, et, prenant un ton de légèreté cîiarmante :
— Milady, dit-il, je viens d'entendre la messe à l'église de Saint-Martin, dont nous allons célébrer la fête. C'est un saint que j'aime beaucoup. Pendant sa vie, il donnait son manteau aux pauvres pour les garantir du froid, et après sa mort, il leur donne un été en novembre. On se croirait vraiment au mois de juin aujourd'iiui. La vue de ces ombrages me donne
— ^21)0 - (le la joie. On éloiiHe a Rome, on respln»
El Talormi s*éloi^nail nonchalamment de la terrasse, et entraînai» sur ses pas, sans en laisser supposer l'inlention, ladv Stumley, qui attendait toujours l'apparition du fantôme timbré sortant de la tombe d'un portefeuille vert.
— Le croiriez-vous, milady, ajouta le diplomate en regardant la campagne avec extase, si je puis un jour briser les chaînes de la chancellerie, j'achète une petite villa comme celle-ci, j*épouse quelque pauvre descendante de Lucrèce ou de Cornélie, et je viens vivre au milieu des bois. Je comprends Dioclé-
tien récoltant ses légumes a Salone. Il est vrai qu'il est plus facile d'être
jardinier que d'être Dioctétien Ce
petit bois de pins est à vous, milady ?
— Oui, monsieur le comte.
— Ce beau rideau de peupliers et de trembles ?
— Aussi, monsieur le comte.
— Cette vaste prairie couverte de pommiers ?
— Oui, Tout m'appartient jusqu'au làc.
— Croiriez-vous, milady, que je ne connais pas ce lac^ moi qui ai la passion des lacs, et qui ai même reçu mon bre-
if'
— ^92 — vet de lakisle à mon dernior voyage en Kcossc.
— Mais, monsieur le comte, dit lady Sliimley avec un sourire d'obligation, il me semble que nous avons à parler de choses plus ij^raves...
— Ah ! oui, miladv, oui, dit Talormi du ton d'un homme qui a oublié le sujet principal de sa visite, excusez-moi ; j'ai été élevé à la campagne, et lorsque je vois de beaux arbres, je redeviens enfant. ...
Oui nous avons à parler de c'est
juste, milady Eh bien! parlons-en...
Je crois avoir sur moi un lambeau de papier que j'appellerais un chiffon, si votre nom ne se trouvait au bas .... je
donnerais, je ne sais quoi, pour l'avoir
perdu mais il n'est pas perdu le
voici.
— Monsieur le comte, dit ladv Stumley d une voix brisée par l'émotion, je suis au désespoir de vous dire qu'il m'est impossible de vous satisfaire aujourd'hui.
-- Ne croyez pas cela, madame dit Talormi avec un .3 voix tremblante de luxure et d'ironie.
— Monsieur le comte, poursuivit lady Sîumley, sans vouloir comprendre le sens des derniers motsde Talormi, monsieur le comle, je me suis trompé sur récliéance ; il me fol la il encore un
!!yv.
mois, el j'espère que vous me raccorderez.
Et ils s'avançaient tous deux, sous les arbres, vers le lacj lady Stumley, dominée par l'horreur de sa situation et n^ayant que des idées confuses, après une nuit sans sommeil, marchait au hasard et suivait machinalement Talormi, comme l'oiseau suit le reptile fascinateur.
— - Vous me demandez un mois, milady... je serai moins exigeant que vous... Oh! milady! que vous êtes belle ainsi, avec ce teint de feu, sous la voûte
de ces arbres! Mon Dieu' m vous
irritez pas; excusez cette digres:ion.....
C'est une parenthèse dans la discussion de notre créance... Si je vante la beauté de ce lac, ce lac ne s'irritera pas. Devant une merveille, l'admiration tombe des lèvres sans le vouloir...
— Comte Talormi, je vous avais demandé un mois...
— Parbleu! j'ai bien entendu... Ecoutez, miladv : je vais monter dans ce kiosque, et je vais vous délivrer dun créancier importun... Le kiosque domine le lac, n'est-ce pas ?
— Oui.
— Vous allez donc voir une chose (]ui va vous réjouir. Dans cinq mi-
nutes vous serez libre de toute ol>ligalion.
— Expliquez -vous 5 monsieur, dit lady Slumley avec un reste de voix.
— Vous allez me comprendre tout de suite... Miladj, je souffre de votre douleur, je suis ému de votre émotion ; vous ne pouvez pas me cacher le trouble de vos esprits. Eh bien! je veux vous rendre votre repos, votre sourire, votre sérénité... Vous allez voir.
Le comte Talormi, qui tenait toujours au bout de ses doigts le papier fatal, comme un pêcheur tient un hameçon, monta Tescalier du kiosque ; et la jeune femme, abandonnée par sa tète, se lais-
sa conduire par ses pieds ; elle suivit Talormi.
Un kiosque désert, un lac solitaire, un silence effrayant, et la volnpté partout. Vautour et colombe en face. D'un côté, toute l'irritante beauié de la femme; de l'autre, la révolte furieuse des sens, l'indomptable férocité de la passion. Voilà le tableau.
— Madame, dit Talormi avec un accent où vibrait la note fiévreuse du cvnisme sensuel, ce papier est suspendu sur ce lac, et la main qui le tient va s'ouvrir, si vous me tendez la vôtre... Madame, vous me comprenez... ne feignez point rétonnement de la jeune fdie
novice... choisissez du créancier éternel ou de l'amant d'un jour.
ïalorrai était formidable en disant ces mots ; il n'avait pas besoin de sa main pour retenir la jeune femme : il la dominait avec les tisons de ses yeux infernaux, ayec le râle de volupté qui sortait de sa poitrine, langue effrayante qui n'appartient pas aux lèvres de l'homme, et que parlent les rêves ou les démons.
Lady Stumley, celte femme si énergique, subissait l'ascendant de Talor»
mi, et n'osait rien répondre. Il est vrai que rien ne dompte le plus fier cou-
rage comme une sordide question d'ar-^ gent.
— Madame, poursuivit Talormi, votre silence accepte; je vais anéantir votre obligation.
Et il s*avança vers la jeune femme, les griffes tendues, pour saisir une proie de volupté.
Lady Stumley le repoussa en s'écriant :
— Laissez-moi ! laissez-moi ! vous êtes un homme infâme !
— Vous ne sortirez pas d'ici, madame, dit Talormi avec un rugissement de tigre. Vous êtes à moi... écoulez bien et
]iuniIlicz-vous, femme ! et abaisse Ion front devant moi, coupable faussaire î Lady Stumley n'est pas ton nom ; la signature de ce papier est un crime ! Je vais te dénoncer à la justice; je vais te livrer au bourreau qui flétrira ta chair sous ses morsures de leu ! Je vais te clouer au pilori qui déshonore, au guichetier qui souille les femmes, au cachot qui vieillit la jeunesse en un jour ! et si tu veux alors trouver un adoucissement à cette vie horrible de faussaire recluse, tu seras forcée de subir la volupté grossière d'un vieil inquisiteur sur la paille infecte d'un grabat de prison !
— Mon Dieu! mon Dieu! s'écria lad^
Slumley ; ce songe est horrible !... mon Dieu ! réveillez-moi !...
Et elle se laissa tomber de faibless e sur un fauteuil, en repoussant Talormi une dernière fois.