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boiterie légère s'accentuant si l'allure est un peu forcée. Il éprouve alors des crampes dans le mollet droit, mais pas de douleur aiguë. Il traîne la jambe et il lui est impossible de relever le gros orteil droit.
Venu à Vichy pour y accompagner des amis, il va voir le D° Paul Dufourt, qui l'examine, le 5 avril 1927, très complètement, et lui trouve un cœur et des poumons normaux, des urines normales, une tension artérielle qui prise au Vaguez est de 145/75. Il constate localement la chute du pied droit et un steppage discret de ce côté. Il n’y a pas d'atrophie musculaire. Les réflexes rotuliens et achilléens sont normaux à gauche, mais diminués à droite. La tension artérielle prise au niveau des artères tibiales est égale des deux côtés, soit 16/9, aussi bien à gauche qu’à droite.
Le D' Dufourt fait le diagnostic de parésie du sciatique poplité externe droit de cause indéterminée, Il ne prescrit aucun traitement, mais conseille de faire pratiquer un électrodiagnostic et de faire, s’il y a lieu, de l’électrothérapie. On ignore le résultat de cet électrodiagnostic, mais le spécialiste institue immédiatement un traitement électrique. Après plusieurs séances sans résultat, ce traitement fut abandonné.
Dans les mois qui suivent, le malade remarque qu'il est gêné pour écrire; cette gène va s'accentuant et aboutit à la micrographie. De même, il lui est devenu très difficile de se raser. C'est d'ailleurs uniquement du côté droit qu'il éprouve cette difficulté dans ses mouvements.
M. Froment, qui voit ensuite ce malade, lui dit qu’il est atteint d'encéphalite épidémique et lui fait prendre du datura sans succès.
M. Devic l’examine à son tour, le 5 juin 1928 et constate que les réflexes sont difficiles à rechercher à cause de l’'hypertonie qui siège à droite, mais qu'ils existent cependant. Les mouvements du gros orteil droit sont impossibles ; le signe de Foix et Thévenard est positif à droite. Le poignet droit est figé; le bras droit ne se balance pas pen-
dant la marche. Le faciès enfin est un peu inexpressif, Il n'y a aucun autre signe. Le malade est remis au datura sans plus de succès d’ailleurs; puis traité par l’hyoscine et la génioscopolamine. Après une série de douze salicylates intraveineux, 1l fait une saison à Néris-les-Bains.
Ainsi, chez ce malade, il n’y a pas eu d’épisode aigu apparent, mais, depuis cinq ans, 1l élait atteint de douleurs s’accompagnant de faiblesse musculaire, siégeant au niveau du membre inférieur droit, qui imposent le diagnostic de sciatique aiguë par radiculite.
Les phénomènes rétrocèdent lentement en trois ans, puis réapparaissent, au bout d’un an, avec la même localisation. Cette fois, 1l n'y a pas une douleur aiguë, mais une sorte de crampe douloureuse du mollet droit. La faiblesse du pied droit oblige le sujet à boiter : c'est une boilerie légère qui s'’accentue si l'allure est un peu forcée. L'inertie du pied droit entraîne un léger steppage. On ne constate pas d’atrophie musculaire, mais les réflexes rotuliens et achiléens sont diminués à droite : on fait le diagnostic de parésie du sciatique poplité externe droit de cause indéterminée, et c'est un an plus tard qu'apparaît nettement un syndrome d'état figé prédominant au membre inférieur droit, puis s'étendant au membre supérieur du même
côté.