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S1 la phase de maturation est le plus souvent latente, il y a cependant un certain nombre de malades chez lesquels elle se manifeste par une série de troubles que nous nous contenterons d'énumérer pour l'instant : asthénie, parésies, douleurs et phénomènes vaso-moteurs.
Nous passerons rapidement sur l’asthénie qui peut être à la fois psychique et motrice et qui succède toujours à un épisode aigu. Si nous éludions un mode de début de l’encéphalite chronique, qu'elle ait été précédée ou non d’une phase aiguë, les cas où celle-ci a manqué nous semblent en eftet plus intéressants.
Nous insisterons au contraire sur les troubles moteurs, sensitifs et vaso-moleurs qui peuvent survenir au cours de la phase de maturation et devenir ainsi des signes de début d’encéphalite épidémique à forme chronique.
Des faits de ce genre ont été souvent signalés, mais presque {toujours pour ne pas dire toujours, ces troubles moteurs, sensitifs et vaso-moleurs coexistaient d’une part avec d’autres manifestations de l'encéphalite et, d'autre part, ils avaient une topographie assez diffuse. Ce n’est qu'exceptionnellement que nous avons vu signaler la possibilité de leur localisation très préeise, et, si nous avons trouvé bien des observations dans lesquelles ils avaient une topographie hémiplégique, par contre, les cas où ils étaient nettement localisés à un seul membre, supérieur ou inférieur, sont extrêmement rares.
MM. Bériel et Devic ont eu précisément l’occasion d'observer plusieurs malades, chez lesquels, d’ailleurs,
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l'épisode aigu encéphalitique était impossible à retrouver, et qui, avant d'entrer dans la phase chronique avaient présenté des troubles moteurs, sensitifs et vaso-moleurs à topographie monoplégique.
Les modes de début de l’encéphalite épidémique chronique qui ont été décrits sont nombreux, mais 1l ne nous a pas semblé que l’on ait encore attiré l’attention sur la possibilité d’un mode de début monoplégique et ce sera l'objet de ce travail.
Nous avons pensé, en effet, qu'il pouvait être intéressant de signaler l'existence, certaine bien qu’exceptionnelle, comme premiers et seuls signes de l’encéphalite épidémique à forme chronique, d'une série de trois ordres de troubles qui tout d'abord n'attirent pas l'attention du clinicien vers l’idée d’une encéphalite : ce sont des troubles moteurs, des troubles sensitifs et des troubles vaso-moteurs, qui sont localisés à un seul membre, d'où le qualificatif de monoplégique.
Si nous n’en apporlons pas beaucoup de cas, nous en avons du moins de très nets : notre étude sur cette question nouvelle, s'appuyant sur un très petit nombre d'observations, sera nécessairement courte et nous n’aurons d'autre prétention que de faire connaitre une façon anormale d'entrer dans la phase chronique de l’encéphalite.
Nous insistons sur le fait que, lors de ces cas exceptionnels dans lesquels le malade vient consulter, par exemple pour des douleurs ou des troubles vaso-moteurs siégeant au niveau d'un membre, les observations n’ont encore jamais été prises avec l’idée qu'il puisse s’agir d'une encéphalite : ni l’interrogatoire, ni
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l'examen n'ont été poussés dans ce sens. On n'a jamais encore rapporté à leur véritable cause ces accidents monoplégiques qui ont entraîné les plus mulüples erreurs de diagnostic. Ainsi, dans un cas, les troubles étaient tels que l'on avait pensé à une côte cervicale et le malade fut opéré. Quelque temps après, l'évolution, par l'apparition d'un syndrome d'état figé, devait apporter la preuve de la nature encéphalitique des troubles observés (Observation 11).
L’encéphalite épidémique est une maladie trop répandue et trop redoutable pour que l'on puisse se désintéresser de l’un de ses modes d'apparition, aussi ferons-nous une étude des symplômes de la forme monoplégique. Le diagnostic des formes frustes au début est forcément difficile : les symplômes que nous verrons n’auront même le plus souvent pas été précédés d’épisode infectieux encéphalitique, et, trop souvent, l'apparition à plus ou moins longue échéance de la raideur, du tremblement et de l’état figé fera seule le diagnostic : nous lui consacrerons un chapitre.
D'un diagnostic précoce peut dépendre, à défaut d'un traitement étiologique sûr, un traitement symptomatique parfois efficace : nous en donnerons les grandes lignes,
Enfin, les quelques observations que nous publierons auront peut-être le mérite, en attirant l'attention sur ce sujet, d'en faire naître d’autres qui pourront contribuer à leur tour à l'étude du début monoplégique des formes chroniques de l’encéphalite épidémique.