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DES LETTRES ET DES ARTS

sous FRANÇOIS P».

Souvent, d'un sort funeste éprouvant la rigueur.

Le génie étouffé se traîne avec langueur.

En vain d'un feu secret il sent les étincelles,

En vain pour s'élever il a reçu des ailes.

S'il n'a point la faveur et des temps et des lieux.

Sur la terre il périt en regardant les cicux.

Mais s^ moins opposée à sa gloire future.

i8 LA RENAISSANCE

La Fortune, à propos permettant sa culture, L'a jeté sur un sol, théâtre des talens; Si d'un prince éclairé les regards >igilans Soutiennent son ardeur... alors rien ne l'arrête ! Ainsi l'oiseau divin qui porte la tempête , Assuré de l'appui que lui doit Jupiter, Part , vole et disparaît dans les champs de l'éther ; "Nul repos pour son aile; et la fin de l'espace Est le but qu'il assigne à sa superbe audace.

Honneur aux rois , honneur aux sages couronnés Qui, vers le bien commun avec zèle entraînés, Protègent des beaux-arts la famille immortelle Que le Ciel a commise à leur noble tutelle.

Honneur à ce Romain qui, par mille bienfaits,

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Attira dans sa cour les arts avec la paix,

Lorsque, j^ouvcrnant Rome, heureuse quoiqu'esclave,

Par les vertus d'Auguste, il lit absoudre Octave.

Mais, o roi généreux ! la \ oix du genre humain T'élève avec transport au-dessus du Romain; Une gloire plus pure est ton noble salaire , Toi qui , sans imiter Octave sanguinaire, D'Auguste vertueux égalas la grandeur, Lorsqu'au sein de nos murs ton pavois prolecteur Couvrit à son réveil la Muse de la France, D'un illustre avenir précieuse espérance.

Des sauvages Gaulois les descendans fameux, Comme eux jaloux de gloire, intrépides comme eux, Ont gardé dans leurs mœurs et dans leur caractère

3o '■ LA RENAISSANCE

De cet instinct guerrier l'empreinte héréditaire. L'ennemi, sous leurs coups terrasse mille fois, Du bras de leurs aïeux a cru sentir le poids ; Mais ils devaient encore, en des jours plus prospères, Recueillir des lauriers inconnus à leurs pères. C'était peu qu'affrontant les belliqueux hasards. Leur valeur triomphât dans les plaines de Mars , Ils devaient, conquérant une gloire infinie. Dans les champs d'Apollon vaincre par le génie. Rientôt vont s'accomplir ces destins éclatans Que l'avenir dérobe et que mûrit le temps.

Cependant, parmi nous, le travail et l'usage Polissent l'âpreté de cet heureux langage Qui joindra, dans son tour gracieux et hardi, A la vigueur du Nord la douceur du Midi.

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I^a Muse des Français , par degrés moins gothique ,

Dépouille de son air la barbarie antique,

Et de difierens traits l'assemblage emprunté,

La fait briller enfin de sa propre beauté.

Elle chante, et sa voix, par l'écho recueillie,

\'a retentir au loin dans la belle Italie :

Là régnaient les neuf sœurs : laces vierges des cieiix

Recevaient de l'Eglise un appui glorieux,

Qu'au siècle des Césars leur prêta la victoire.

Tout à coup , dans les airs , les filles de mémoire

Ont de notre humble Muse entendu les accens :

D'ivresse et de surprise ont tressailli leurs sens ;

Et tels que les dauphins de la mer d'Ionie,

Par un instinct savant poursuivaient l'iiarmonie.

Les neufsœurs, par degréss'approchant vers nosbord>,

Dcleur vive allégresse ont trahi les transports.

3a LA RENAISSANCE

Quand soudain, s'arrachant à sa longue infortune, Fatale à son courage, à son âme importune, Entre un jour de victoire et deux jours de revers, ParaîtFRANçoisPREMiER... O muses des beaux vers ! Vous qui d'un pied timide abordiez nos rivages. Que votre voix auguste apprenne à tous les âges Comment ce chevalier, vous présentant la main. De sa brillante cour vous montra le chemin , Subjugua votre cœur par sa noble franchise ; Et, pressant de vos pas la lenteur indécise, Sut enhardir enfin votre front virginal , Et vaincre une pudeur qui se défendait mal.

Vos accens rediront, nymplies de l'Hippocrène ! Qu à peine entrevoyant la Muse de la Seine, D'un air de connaissance Erato l'aborda,

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Sourit à SCS refrains , à ses jeux présida ; Et, de son badinagc arrêtant la licence, A ces charmes premiers ajouta la décence. Doctes sœurs ! on vous vit, émules d'Erato, Dune vaine fierté depouilUmt le manteau , Cultiver notre Muse, et, pour elle empressées. Dirigeant tour à tour l'essor de ses pensées. Doter son jeune esprit de vos talens divers. Elle apprend par Thalie à saisir nos travers, Sur le vice en riant fait tomber sa férule , Et rejette à jamais ce masque ridicule Qui, par les faux dehors de sa dévotion, Scandalisait le goût et la religion '.

Calliope, avec elle illustrant la victoire. Joint par un savant nœud la fable avec l'histoire. Fidèle cependant ^ux leçons de l'Amour,

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