‹ Débuts d'un évêque missionnaire [microforme]Chapitre 10 sur 11 · LS IS IS · texte numérisé non relu

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poux! Ils ont reçu la sainte communion qua jours de suite. Les confirmés ont été su nom! de quatre-vingt-dix. Dans ma classe de catéch me, 'j'avais quarante enfants, les plus petits. ] Père Guilloux en avait davantage dans la sienne.

Pour me causer une surprise, le chef organisa w souscription en ma faveur. Chaque famille y co ‘tribua pour deux piastres.. Pas un n'avait cet somme en caisse. Ils furent obligés de l'empru ter avec Promesse de la rembourser lorsque l’ager du gouvernement viendra leur payer leur cinq dollar

prise et mon émotion lorsqu'ils vinrent me présen

- ter une bourse contenant $94.00. J'ai eu de 1 peine à accepter cette magnifique aumône, sachan qu'elle venait de gens si pauvres, si dépourvus à tout. Lorsque je leur demandai ce que je pourrai leur procurer pour leur faire plaisir en retour, il me répondirent : ‘Des objets de piété, des croix, des images, des chapelets, et des scapulaires. Une telle réponse montre leur foi et leur piété.

J'ai quitté le P. Guilloux qui doit retourner à sa mission de Sainte-Gertrude. Mes guides sont Jé. rôme Colomb et Célestin Peau de Caribou, deux fameux rameurs et d'excellents Sarçons. En € Moment une forte brise nous fait naviguer à Ja voile d'une façon charmante.

28 août. — Sur la rivière du Bois-brûlé, — Tout va bien. Le bon vent et le beau temps nous ont

svorisés depuis notre départ. Nous voilà dans le mys des canards et des orignaux. Quant aux prexiers, nous en avons déjà un bon nombre dans le *Ronot et nous en faisons nos délices à chaque repas. Pour les autres, nous nous contentons de voir leurs pistes nombreuses et de vivre dans l'espoir d'en

“apercevoir au moins un.

Assis dans les broussailles, j'attends avec impatience le calme qui me permettra d'aller rejoindre le bon Père Lecoq à la mission. £

26 août. — À la mission de l’Assomption. — Nous svons pu arriver quand même hier soir, quoique un peu tard. Mon bonheur ne fut pas petit de revoir le bon et vénérable Père Liecoq qui m’attendait avec impatience ; car depuis plusieurs semaines il faisait un jeûne forcé. Il ne vivait que du fruit de son filet et de ses lacets à lièvres. Mais je fus bien peiné de voir que la plupart de nos chrétiens avaient été forcés, par la famine, de s'éloigner dans les endroits plus poissonneux, avant mon arrivée. Il ne reste pour ainsi dire que trois familles qui ont bravé la faim plutôt que de se priver de ma visite. Ce sont des convertis que j'ai baptisés autrefois et . qui ont persévéré dans leur foi malgré les sollicitations du ministre. C'est un de ces braves qui, au début de ss conversion, venait se prosterner à mes

Pieds et me disait humblement : “Mon Père

seigne-moi à prier.’ à

C’est encore le R. P. Bonald qui a l’honneur : voir paru le premier dans cet endroit isclé et

avoir converti les premiers chrétiens. Mais c Moi qui ai eu le bonheur de donner à cette miss

le beau titre de l'Assomption, en souvenir de :

bien-aimée paroisse de l'Assomption. J'ai eu plus le mérite d'y construire la chapelle et la pet résidence du missionnaire, I] y a déjà près de ans de cela. Le tout tombe en ruine. Le toit écorces d'épinette laisse maitenant pénétrer la pli librement. Une reconstruction s'impose; mais « prendre les fonds nécessaires ?.... Nous somm doi en pays méthodiste. Ce sont les ministres « cette secte qui ont eu l'avantage de venir les pr miers. Nos catholiques actuels, une centaine er viron, sont des conquêtes sur l’hérésie.

Le présent ministre a un revenu de $1,200.00 e il éspère en obtenir 8300.00 de plus lorsqu'il aur trouvé nne compagne. &i Je missionnaire catho lique avait la moitié d’un tel salaire, non seulement il pourrait vivre, mais il aurait bientôt construit une jolie maison pour le Dieu-Eucharistique.

Rêve du ministre!!. L'hiver dernier, il rscontait à qui voulait l'entendre, un rêve qui semblait beaucoup le préoccuper. I] n'avait pas un Joseph pour l'interpréter, mais le sens en ftait facile à saisir. Voici! “Il me semblait, disait.il,

mique j'étais mort, et que mon âme environnée de ténèbres cherchait la porte du ciel. Elle finit par k trouver; mais saint Pierre, la tenait sous clef.

aBi-bas où vous voyez un gros feu, il n’y a pas de place pour vous en Paradis. — Comme je partais, ajouta le ministre, je vis le R. P. Bonald qui arrivait. Il] était tout lumineux et orné de blanc. — Saint Pierre lui dit, vous êtes le P. Bonald, prêtre et missionnaire catholique? — Oui, je le suis. — C'est bien, entrez ; ce sont de telles gens que nous

simons à recevoir.” — Ce rêve a tellement fait impression sur son esprit qu'il a certaines velléités, paraît-il, de se faire catholique.

28 août. — Dimanche. — Il y a eu messe pontificale ce matin et confirmation cette après-midi. Grande fut l'admiration de nos chrétiens et d*s protestants présents. Pour eux, la mitre et la crosse étaient une merveille que leurs deux grands yeux noirs ne suffisaient pas à admirer. C'était la première fois qu'ils voyaient une telle cérémonie : Ils vont s'en souvenir longtemps.

29 août. — De nouveau en route. — Le Père Lecoq et moi avons quitté la mission de l’Assomption ce matin. Il était impossible d'y rester davantage à cause de la famine. Nous sommes actuellement installés dans le canot du ministre qui a eu ls bonté

de nous y donner Passage gratis. Il espère pet être que par là il aura un meilleur accès à la por du ciel. Quatre sauvages font la manœuvre, «

Rous sommes quatre Passagers : le P. Lecoq et me

du Nord-Ouest. II fut mon prédécesseur à la mai son Saint-Joseph du Cumberland, Ses cheveu

L'hiver dernier, il est allé faire chantier dans la forêt. Avec l'aide d’un bon Frère Convers, il à coupé plus de 300 billots, qu'ils ont sortis de la forêt à force de bras. Je ne

Chacun a ses parties sensibles, Pour ma part, mes épaules et mes pieds se plaignent de la manière

dont ils ont été traités. Les premières ont trouvé le fardeau trop lourd et les seconds regrettent les Morceaux de peau-restés sur les racines et les pier-

res. Le pauvre Père Lecoq ne fut pas le dernier à porter sa part, malgré son âge et ses fatigues.

E 31 août. — Quelle dure journée encore! Des portiges et rien que des portages. En tout, cinq de deux à deux milles et demi de long. Par conséquent depuis ce matin nous avons fait de 10 à 12 milles avec armes et bagages sur le dos. Ce n'était guère propre à nous remettre des fatigues d'hier. Aussi ce soir, chacun est rendu à bout de forces — sans plus de détails, je cède à l'invitation de mes couvertures.

ler septembre. — Rien que quatre milles de portage depuis ce matin. Nous nous sentons un peu plus à l'aise. Nous sommes campés sur le fleuve Nelson qu'il va nous falloir remonter jusqu’à Cross Lake.

Ce matin nous avons traversé, dans un portage, le tracé du chemin de fer de la Baie d'Hudson. Nous avons vu plusieurs arpenteurs qui y travaillent encore. Verrons-nous un jour les locomotives manœuvrer dans ces pays tout à fait sauvages? IT est probable que oui, mais quand sera-ce ?

2 septembre. — Nous voilà à la mission de Sainte- Croix, Cross Lake. Les protestants se sont joints. aux catholiques pour célébrer mon arrivée. Tous, sous les ordres du chef, ont pris part à la fusillade. L'officier de la compagnie, un protestant, avait: hissé son drapeau. Le petit ministre méthodiste seul est resté à l'écart. Le bon et vénérable Père

Sr pe eue Le Se RH dr in NES Dj Lois peer ne É 0N Ci a Am (ARE con

Bonald, plus que tout autre était heureux de rev son ancien COMpagnon de la mission du lac Pélics Il y a 24 ans, jour pour jour, nous nous rencontrio pour la première fois à la mission du Pas. II éts déjà vieux missionnaire, et moi tout petit blan bec, sortant du scolasticat. Je le reconnaissais av plaisir pour mon supérieur. Voilà que le bon Die 8 changé les rôles et nous réunit à la mission d Sainte-Croix qui n'existait Pas alors. Assez pou ‘ce soir. Je ressens encore les effets des portages le repos s'impose, j 8 septembre, — Dimanche, — C'est vers 189 que je passai pour la première fois dans cette mis. sion de Cross Lake. Jamais le missionnaire n'y avait posé le pied. Aussi, les sauvages manifesté.

(mangeur d'hommes Fr. reux de voir le prêtre catholique dont ils avaient entendu parler plus d'une fois. Un d’entre eux osa même m'apostropher de la sorte: ‘‘Toi, au moins, tu es un vrai homme de la prière (prêtre), mais les ministres méthodistes, eux, sont tous de Mauvais chiens.’ L'officier de la compagnie. bien que protestant, me supplia d'obtenir la fondation d’une mission catholique. ‘‘Les sauvages sont très méchants, me dit-il, et c'est la faute du ministre qui les gâte.”’ Deux ans plus tard, je repassai en cet endroit. Je reçus les mêmes sollicitations de

vaient e eux oi, au être), us de bien lation t très aistre ai en 8 de

lb part du commis. Les sauvages se montrèrent très gentils à mon égard. Ils me demandèrent de . chanter des cantiques, de prier et de leur parler de notre sainte religion. Je le fis volontiers, mais ce ne fut qu’une semence jetée en terre.

Le premier jour de l’an 1910, j'en recueillis les premiers fruits. Je passai cette journée à instruire et à baptiser. Dans la soirée, tous les sauvages, le chef en tête, m'invitèrent à une assemblée dans l'école protestante. Là, tous d’une voix unanime insistèrent pour avoir un missionnaire catholique. Je leur promis d’intercéder pour eux auprès des Supérieurs. Puis, je les quittai, le cœur bien touché

.de leurs bonnes dispositions.

L'été de la même année, le R. P. Bonald sarrivait au milieu d'eux pour ne plus les quitter. Son arrivée excita le fanatisme du ministre et la guerre fut déclarée en règle. Le P. Bonald, quoique de petite taille, ne recula jamais. Au contraire, presque chaque jour, il avait le bonheur d'enregistrer quelque victoire sur l'ennemi. Aujourd'hui, il compte 216 catholiques, ce qui est près de la moitié de la population. Presque tous ces catholiques, avec un bon nombre de protestants, étaient réunis ce matin, dans une jolie chapelle, pour assister à la messe pontificale. On peut s’imaginer quelle impression une telle cérémonie a produite sur ces nouveaux convertis et même sur les protestants.

Nous allons profiter de leurs bonnes dispositions

Il y a même es

que dans quelques années, i] n'y aura ici qu'up ,

bercail et un seul Pasteur.

Il y aurait beau

bon nombre d

5 septembre, — Ce matin eut lieu la cérémon:

solennelle de la nfirmation. Quatre-vingt-u

sauvages y prirent Part et plus de 50 autres auraien dû avoir Je même bonheur : Mais ils étaient déj; Partis pour leurs Quartiers d'hiver.

Il me va falloir quitter de nouveau mon cher Père

nald. Le laisser seul, malgré son âge et ses innités, est une chose qui me crève le cœur. Que

‘ai-je un jeune Père à lui donner pour compagnon !

le jeune Père aurait bientôt appris la langue in-

dienne et pourrait continuer la conversion des mé:thodistes. Outre cette mission, il y a plusieurs autres endroits où les sauvages protestants ou infidèles demandent avec ins ance le prêtre catholique. Nous mous voyons dans la nécessité de leur répondre : “Impossible ! nous ne pouvons aller à vous ; les ouiers évangéliques nous manquent.” Réponse bien pénible à l'âme de l'évêque missionnaire !

7 heures, P. M. — Je viens de quitter Cross Lake. Notre canot faisait tellement eau qu'il nous a fallu ‘camper ici à trois milles seulement de la mission.

Je suis avec deux sauvages, un catholique et un protestant, Alexandre et Thomas. Il nous reste

60 milles à faire pour nous rendre à Norway House, ‘ls prochaine mission. Espérons que le temps nous ‘sera favorable. Nous allons nous reposer en attendant sous notre chère petite tente.

8 septembre. — Norway House. — Je suis arrivé | œtte après-midi, un peu à l'improviste. On ne m'attendait pas si tôt. La réception fut donc forcément modeste et je ne m'en plains pas. Les magnifiqaes décorations indiquaient cependant les bons sentiments des Pères, du Frère et des Sœurs. Le bon Père Lecoq n'était arrivé qu'une heure avant

Moi. C'est que j'avais de Meilleurs hommes lui. Le Personnel de cette Mission compren, R. P, i

» directeur, le R, P, Thomas, Je

ire. Pour favoriser les Conversion:

On à établi une école-pensio ?

Le bon Frère de dévouement.

Gautier, de son côté, est admirable Tout en étant bon religieux, il est

tu -

hioetotum de la mission. Il s’occupe de pêche, de

», de charpenterie, de forge, etc., etc. C'est enpagnon et l'aide le plus fidèle et le plus pré-

x pour le missionnaire. Il est content et heu-

x. Son seul regret est de ne pas avoir un autre

re pour compagnon. ‘‘Ah! Mer, me disait-il, larmes aux yeux, donnez-moi un compagnon

ke qui je puisse travailler et me dévouer l” C'est

« un cœur bien attristé que je fus forcé de lui pondre : ‘Bon Frère, je n'en ai pas un seul à disposition. Que puis-je faire?" Il y a cepen-

it tant de bons et braves jeunes gens qui pourjent venir et se faire missionnaires chez nos saunges. Si quelqu'un désirait recevoir le titre de compagnon du bon Frère Gautier,” je le lui acwrderais volontiers. J'ai eu le bonheur de renconici le bon Père Turquetil dont j'ai parlé plus laut. Après s'être procuré à Churchill tous les rnseignements désirés pour l'établissement d’une mission chez les Esquimaux, il revint dir2ctement par cette voie au lieu de passer par Montréal. Il est tout enthousiasmé des Esquimaux, et il ne rêve que la fondation d’une mission parmi eux. Les difficultés sont grandes; mais son zèle et son dévouement sont encore plus grands. Les ressources pécuniaires manquent; mais ce qui fait surtout défaut, c'est un compagnon. Qui aura le courage de s'offrir? Ce compagnon trouvé, commencera l'évangélisation de plus de 3,000 Esquimaux. Ce

sera une tâche précieuse et méritoire aux yeux d Dieu. Prions donc le Maître de envoie au moins un second ouvrier.

11 septembre, — Le départ est déjà fixé à de main matin. La Prochaine station sera la missio Saint-Alexandre, au grand Rapide, 150 milles d'ici

la moisson qu’

&eur. Le KR, P. Turquetil sera mon compagnon Nous pourrons au moins nous donner mutuellement l'aLsolution en cas de naufrage. Notre embarcation ser& Un simple canot. Nos guides s’appelleront Thomas Mine et John George.

13 septembre, — Sur Je bord du lac Winnipeg.

Assez bonne journée hier: mais aujourd'hui, nous sommes condamnés à rester à la même place. Ur

8ros vent du sud nous empêche de monter en canot. Rien de moins intéressant que d'entendre tout le jour le bruit des Vagues, de n'avoir qu’une masse d'eau sans fin à contempler et de languir assis sur le sol sous une Pauvre petite tente. Il faut quand même se montrer gai et courageux. La mauvaise humeur ne sert à rien.

Le P. Turquetil Je sait ; aussi cherche-t.il à s'é. gayer en guettant les mouettes avec son fusil pour

les arrêter dans leur vol masjestueux. Il en a déjà un bon nombre gisant sur le sable de la grève. Tho- Mas et John sont allés tendre un lacet pour prendre des caribous. Ces animaux sont si nombreux que leurs pistes dans la forêt sont aussi battues que

+lles des bêtes à cornes dans leur pâturage. Or, tendant des lacets dans ces sentiers, on court la lance d'arrêter le premier qui passe et de l’étran- Tenez! Voilà que le Père Turquetil vient de ire une nouvelle proie ; je succombe à la tentation aller l’imiter. | 15 septembre. — ‘Encore sur le bord du lac Winipeg. — Bonne journée. Ce matin, le calme se . Nous laissômes sans retard et sans regret notre ampement. Nos deux rameurs déployèrent toutes irs forces, de sorte que bientôt nous eûmes parœuru une dizaine de milles. Tout à coup notre bon vieux John George s’écria: ‘“‘Muswok! Muswok!” (des orignaux, des orignaux). En effet, trois beaux orignaux apparaissaient sur la grève. Ïs étaient à s’abreuver, à prendre un bain et à s'’amuser; c'était une femelle avec ses deux petits. John George ne tarda pas à se mettre à leur pourœite en se faufillant à travers les broussailles. Nous continuâmes à ramer sans bruit. Bientôt, ue détonation se fit entendre, puis une deuxième, puis une troisième et les trois orignaux de disparaite dans la forêt. John George nous fait comme des signes de détresse. Qu'est-il arrivé? Les a-t-il manqués? S'est-il blessé?.... I] fallait nous voir amer avec toute la vigueur possible. Enfin nous arrivons, et tout essoufflés il nous crie : ‘‘Donnezmoi d’autres balles, j'en ai‘blessé deux.’’ Vite, je

sautai à terre et partis avec lui. Arrivés à deu arpents environ dans la forêt, nous apercûmes | mère étendue sans vie. Un de ses petits gisait | ses côtés, mais vivait encore. Tout près, Je tro sième était debout semblant se demander ce q

épouvantail pour effrayer les loups. A leur retour, cette viande sera encore toute fraîche, ils pourront l'emporter. aux Pères et aux Sœurs de Norway

viande de l'orignal que j'avais tué. I] me semblait qu'elle était bien meilleure !

Outre cet exploit, . nous avons Parcouru aujourd’hui plus de 30 milles. Ce soir, le temps est beau et nous promet une belle journée pour demain. En attendant, nous allons prendre un bon repos.

16 septembre. — Au même endroit. — Tout n’est

ss aussi joyeux aujourd’hui qu'hier. Un gros

nt nous tient captifs sur le bout d’une presqu'île.

‘est samedi ; nous devrions arriver à Grand Rapide

or demain. Mais impossible. Il nous faut faire

#s actes de résignation malgré nous.

: Les hommes profitent de cet arrêt pour faire une provision de sommeil et pour faire diminuer le volume de notre provision de viande. S'ils ne sont malades, leur pouvoir digestif aura été mis à le rude épreuve.

| 18 septembre. — A Grand Rapide. — Enfin nous wilà rendus de peines et de misères. Qu'il est mauvais ce lac Winnipeg! Sept jours pour parcourir ce que l’on peut faire en deux journées. Mais, |n'importe, nous sommes arrivés sains et saufs, c’est l'essentiel. A peine étions-nous débarqués, qu'un catholique accourt me dire : ‘‘vite M£&r, viens, mon enfant se meurt et il n’est pas baptisé.” Je volai -suprès du petit malade. J'ai tout juste le temps de le baptiser, et son âme s’en va jouir du beau ciel du bon Dieu. Quel bonheur pour lui! Et quelle jie pour moi!

19 septembre. — Cette mission de Saint-Alexandre du Grand Rapide, compte une cinquantaine de catholiques mêlés à 200 protestants environ. Malgré ce milieu empoisonné, ils conservent très bien leur foi et l’attachement à leur religion. Ils ne voient cependant le prêtre que deux fois l’an. Je

| —26les ai visités autrefois pendant se

ize ans de ma mi nsidère comme m Mariage d'une fil

sion du Cumberland. Je les co enfants. Demain, je bénirai le que j'ai baptisée moi-même.

Il;y a une jolie petite église que j'ai construit en grande partie, Elle a l'honneur d'avoir des fon dations dont la Maçonnerie est l'œuvre des main d'un “vâque, Mer Pascal. :

C'e:t ar cette mission que j'ai débuté dans mo Ministère chez les sauvages, le 24 août 1887. Il y a donc ici des souvenirs qui ms sont chers Je ne puis éependant séjourner longtemps en cet endroit. Si c'est possible, nous repartirons demain

Pour le Pas. La difficulté sera de trouver des hommes et des canots,

20 septembre, — No

us sommes encore ici et nous

J rè-*er jusqu'au 26. Les hommes qui sont libres n° 48 de canots, et ceux

qui ont des canots son£ partis à la chasse à l'orignal.

hâte d'arriver chez

; Car il n'ya ité ; de sorte que les

8ebs sont à court de tout : ils n’ont ni thé, ni sucre, i etc. Nous sommes

de poisson. Ce matin, au moment de commen-

la messe, pas une seule allumette pour allumer

cierges. Il nous fallut visiter deux résidences ant d'en trouver une. Les pauvres fumeurs en schent selon l'expression des métis. Ils sont ktes, sucent leurs pipes vides, sont de mauvaise meur, souffrent et font souffrir les autres. Pour consoler, je me moque d’eux en leur démontrant pmbien ils sont esclaves d’une pauvre et misérale pipe. Impossible quand même de les convertir. îne larme au coin le l'œil, ils soupirent après un tit morceau de tabac. Il est bien vrai de dire: qui a bu boira, qui a fumé fumera.””

9%6 septembre. — 3 heures P. M. — Nous avons

nfin quitté la mission du Grand Rapide ce matin. Nous avons déjà monté huit milles de rapide. Mais us voilà arrêtés par le vent en face du lac de Tra-

rse. Le vrai Keewatin (vent du Nord) nous apporte le froid en même temps que des vagues énormes. Ils faut donc encore prendre patience malgré l'envie d'aller en avant.

97 septembre, 5 heures P. M. — Le temps était «lme ce matin, mais très froid. L'eau gelait aux parois du canot et sur les avirons. Elle en fit autant dans ma burette pendant que je disais la messe sous la tente. Un beau soleil est venu cependant à |propos réchauffer l'atmosphère ; de sorte que nous nous sentons plus à l'aise à présent. Nous avons profité du calme pour monter le reste des rapides

à manger.

C'est d'estomac d

onc !!

6. Nous navi rivière Saskatchewan. Courant est très rapide Il faut faire Manœuvrer l’aviron Le Père Turque til et moi

tivement. — Il fait très chaud aujourd'hui. Le il nous brûle la figure.

ler octobre. — Fête du Saint Rosaire.

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