FE OO CRIE NOR PP
pour revenir. Il leur a fallu 83 jours en canot par des rivières très rapides. Plus d'une fois 1ls ont failli périr. A la fin, ne trouvant plus de cours d'eau navigable, ils abandonnèrent leur canot et pendant trois jours, ils marchèrent à travers ta forêt. Ils faisaient pitié à voir, tant ils étaient amaigris par les jeûnes et les fatigues. Ils souffraient d’une faim dévorante.
Je pars le cœur content, sachant que tous sont vivants. Ma seule peine est de laisser ce bon Père Egenolf seul et pour une période indéfinie. Comme je lui exprimais mon inquiétude : ‘‘Soyez tranquille, Mer, me dit-il, le bon Dieu sera mon compagnon et mon gardien. Pourvu que ce soit par obéissance que je reste ainsi seul, je ne crains rien.’ Ces beaux sentiments me consolèrent et je le bénis de tout cœur en lui donnant une sincère accolade fraternelle.
Maintenant nous voilà de nouveau à la voile. Si je ne me sentais pas le cœur triste à cause du départ, je serais porté à chanter : ‘‘Quel bon vent! quel joli vent !’’ — Oui, quel bon vent gonfle notre voile et nous fait voguer douze milles à l’heure !
Le commis de la Cie de la Baie d'Hudson a été assez aimable pour mettre sa barge à ma disposition pour traverser le lac. C’est un grand avantage surtout sous le rapport de la sûreté. Un simple canot est toujours dangereux sur un lac d'aussi considérable étendue.
27 juillet. — 6 heures P., M.
jouissons encore du bon vent. C’est on ne pet plus agréable. Pourtant depuis midi il pleut à verse ee qui n’est pas aussi plaisant, Nous sommes déj aUX trois-Quarts du lac. Nous pourrions arrive
durant la nuit, gi ce n'était la pluie qui va nou obliger à camper.
28 juillet. — An La pluie,
— En berge. — N,,
campement. — 4 heures P. M.une vraie pluie diluvienne n’a pas encore € parait pas vouloir cesser de sitôt. Im.
+ I] faut nous
4 août. — Mission Sainte-Ge — Mon voyage du lac Cari eu rien de marquant.
rtrude, lac Pélican.
bou à cette mission, n'a Voilà pourquoi mon carnet & gardé le silence. Cette mission Sainte-Gertrude date de 33 à 35 ans. Le vénérable et zélé Père Bonald en est Je fondateur. A son arrivée ici, il
des protestants. Ac.
parler plus tard. Dans t le bonheur de lui suc-
de la Baie d'Hudson, sur le lac Caribou.
pagnie
Les deux barges de la com
que les larmes se pré.
sentèrent à la place des paroles,
La iction du Saint tifier et au sortir de |’ moi de serrer ja main
ë leur précher une petite retraite comme je l'ai fait dans les autres missions. Tous sont fidèles aux exer0ites et je n'ai pas de
ne à me faire écouter. Ils Paraissent réellement ides de la parole du bon Dieu. Les mères de milles, pour ne pas en être privées, viennent avec s bébés qui, tour à tour, parfois tous ensemble, fâchent et crient à qui mieux mieux. On peut imaginer si une telle musique est agréable au préicateur.
Je leur prêche la communion fréquente, même sotidienne. Cela les surprend un peu, car ils ne trouvent pas dignes d’une telle intimité avec le iéu Eucharistique ; mais ils obéissent et déjà on n voit de bons effets.
Un ordre parfait règne dans le villâge. Trois endarmes attitrés sont continuellement sur pied. seul désordre et scandale exis.ant vient non de part de nos indiens, mais de celle de trois ou tatre blancs, employés des compagnies de traite. ls passent leur temps à se remplir d'eau de feu, à : battre et à provoquer les autres au mal.
course de la nuit Si cette leçon pouvait le convertir et le
C'est incroyable le mal que font ces blancs cor-
"pus parmi nos sauvages. C'est une vraie peste !
Grâces à Dieu, nous avons à côté de ces êtres dé-
idés des âmes vraiment belles et bonnes. Elies
* cachent sous une peau plus noiré et plus grossiè-
res; Mais n’en sont que plus précieuses aux yer de Dieu..... c'est là notre consolation.
10 août. — Pendant que les hommes font boui lir l'eau pour le thé. — Je viens de quitter not: chère mission de Sainte-Gertrude. Elle est encor en vue. Le R. P. Guilloux qui doit être mon con pagnon de voyage a oublié des hosties, il est retour né en cher her, En attendant, les hommes fon du thé, et -wi, j'écris assis sur une pierre. J'a encore le eœu= bien gros des émotions que m'a cau sées le départ. La séparation m'a été plus sensi ble ici que p« ‘out ailleurs. Qu'il m'en a coûté di quitter nos bons chrétiens ainsi que le cher P. Re: naud! J'aurais aimé rester au milieu d’eux, cor tinuer à leur faire du bien et demeurer ignoré à reste du monde. J’envie le sort des missionnaire de ces postes. Je regrette la douce tranquillité qu j'y ai goûtée autrefois. Adieu, joli petit cloche Te verrai-je de nouveau ? Je le souhaite, mais qu d'amertumes j'aurai à ressentir d'ici à ce beau jour Voilà que le Père Guilloux arri
du lac Péliean, dit-il, nous étic encore tous païens. Notre chef de médecine ét
uUx yeux
it bouil er notre encore on com ; reto Les font!
e. J'ai d'a ca s sensi oûté d P. Re X, Con oré d nnaire ité qu
1 vieux du nom de Siwap. Un beau jour, une krsonne tombe malade. Voilà que Siwap dresse sa nie pour y pratiquer ses magies médicales. Après être mis en costume d'Adam, il y entre avec l’asrance de prouver une fois de plus sa puissance xtraordinaire.
Il commença ses chants cadencés, ses cris, ses pplications à ses esprits invisibles ; Mais rien ne » produisait : la tente qui devait s'agiter était imobile; les voix qui devaient se faire entendre aient muettes ; les clochettes qui devaient s’agiter > se faisaient pas entendre... Alors, le pauvre naneureux, au désespoir, s’écria: ‘‘Il y à quelu'un autour de la tente qui empêche mes esprits æ venir. Chassez-le, chassez-le.”’ — Le R. P. Bohald, qui était survenu, lui répondit : ‘‘C'est moi di suis ici. Je ne partirai pas. Voyons, si tu es us puissant que moi. Fais donc branler la tente, rler tes esprits, sonner tes cléohettes : guéris donc malade.” — Ainsi provoqué, Siwap fait un derier effort. Il crie, il pleure, il se lamente : mais ii est inutile, rien ne fonctionne. — Fou de rage, l sort, il s'avance vers le Père Bonald et le con.
lmne à mort : ‘‘Avant que les feuilles jaunissent,
t-il, tu auras disparu.” — Laissant entendre que,
ses magies superstitieuses, il allait le faire mou- EF. — Or, la vérité fut que lui-même était sous etre avant que les feuilles eussent jauni. Ce coup bravoure du P. Bonald provoqua un mouvement
de conversions qui alla toujours croissant. Bon nuit. — Le bruit du rapide me donne envie de : reposer.
18 août. — Dimanche. — Sur le bord du Lac ] Loutre, (Nikikosakakikan), — Les deux dernie jours ont été occupés à faire des portages, de lon
et de courts, de beaux et de mauvais. Nous somm dans le pays des Portages par excellence. : Heure sement que le bon Dieu à établi un septième jo pour le repos. Nous l’observons aujourd’hui av bonheur. Tout notre Corps en ressent le besoi Le R. P. Guilloux, plus que tout autre, se réjou de cette halte d’un jour, car il est pris d’une ind gestion de portage qui lui enlève tout courage. (| matin, il a commencé sa messe, mais dès le Kyrie
sa tente. Les deux sauvages, eux, ronflent, éter dus au soleil. Pour eux, c'est un bonheur qu: parfait.
Quant à moi, assis sur mes couvertures, à la po de ms tente, j’admire la beauté du lac et des en rons. Je loue et prie leur Divin Auteur; parfoi mon esprit se transporte auprès de ceux qui me sot chers, ou médite des projets pour l'avenir, La jou née se passe ainsi bien paisiblement.
14 août. — Le Père Guilloux est un peu mieuf Le temps est beau ; le vent est bon et la voile gr flée nous fait voguer agréablement sur le pli 1 La Loutre. Nous jouissons ; mais la pensée qu'
bout nous attend un autre chapelet de portages -mpère notre enthousiasme. Le pauvre Père Guilloux les voit venir d’un œil triste.
Au campement : Sur le lac Canard. — Tous nos portages sont finis. Deo Gratias! Le Père Guil-
gRioux ne se porte pas trop mal pour cela. L'espoir
que demain nous arriverons à la mission du Sacré- ŒCœur, à Pakitawahan, nous donne du courage et a nous procurer de beaux rêves cette nuit.
15 août. — A Pakitawakan., — Nous sommes arrivés ici à deux heures après-midi. Réception ma-
jouignifique de la part de nos sauvages. Belle décora-
un, drapeaux, oriflammes, cloche faisant entendre ss sons joyeux, puis fusillade, comme de raison. Les sauvages rangés sur deux lignes, les hommes d'un côté et les femmes de l’autre, se prosternèrent dès que je fus débarqué, pour recevoir ma bénédiction. Encore ici, je me sens ému au delà de toute
direction que tout a été préparé. Et on ne pouv: faire mieux.
C'est encore le R. P. Bonald qui fut le fondate de cette mission. C'est Jui qui, il y a environ : ou 35 ans, est venu du lac Pélican convertir les pn miers indiens de cette localité. Il lui avait fall Passer par bien des privations et des sacrifices por arriver jusqu'ici. Mais il en fut récompensé, «a son ministère fut des plus fructueux. On dit qu faisait jusqu’à 50 à 60 baptêmes par jour.
Il ne se contentait pas de leur conférer ce sacre ment essentiel au salut, il sut aussi les instruire en faire de fervents chrétiens. Encore en ce mo ment, ils sont certainement les meilleurs de tou mon Vicariat. Ils se distinguent par leurs bonne mœurs, leur simplicité et leur grande foi. Ils ai ment le bon Dieu et le servent fidèlement. Ii l'embarras du confesseur est de trouver matière l’absolntion.
La raison de la supériorité de ces sauvages-ci c'ed qu'ils n'ont pas encore été en contact avec les blancs, C'est-à-dire avec les commis des Compagnies traite. Ils vivent séparément dans les forêts par petits groupes d'amis et de parents. Ce n'est qu'en été et ici à l'église qu'ils se retrouvent tar ensemble. S'ils sont riches sous le rapport spiri
tuel, ils sont on ne peut plus pauvres sous le port matériel. Leur nourriture “habituelle est ‘Poisson ; mais rien que le poisson, sans pain, ni
tte, ni sel, etc. Quelques-uns commencent à tiver la pomme de terre. Quand ils veulent goûà la farine, ils sont forcés de la payer douze à
inze piastres les cent livres.
Je vais consacrer cinq jours à leur prêcher une
raite. Ce sers un plaisir pour moi, car je suis
rain que mes paroles tomberont sur une bonne re et porteront des fruits.
La première église que j'ai construite en ce pays ut celle de cette mission, elle date. de 1888. Je ‘en ai pas perdu le souvenir, car pendant plus d’un wis, nous avions travaillé, les sauvages et moi, mme des mercenaires, et nous n'avions d'autres urriture que du poisson et des bluets, sans farine, ns thé, même sans sel. Les sauvagesses nous faiient bouillir des racines d’arbustes en guise de thé. Cette chapelle, construite en troncs d'arbres équaris et recouverte de terre, existe encore ; mais elle st devenue la résidence du missionnaire pendant m séjour ici. Depuis un an, on a construit une tre chapelle plus vaste et un peu moins primitive. Elle est quand même bien pauvre et bien dénudée. 21 août. — De nouveau en route. — Je viens de #Euitter notre chère mission du Sacré-Cœur pour me
“diriger sur celle de l'Assomption du Fort Nelson.
Les cinq jours de retraite ont été des jours de , atigues accablantes, mais que de consolations j'ai éprouvées au milieu dé ces bons sauvages. Quelles
Mtonnes âmes sous ces habits sales et remplis de
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