I. tion S
PKEMIEEB VISITE PASTORALE DE MGR CHARLEBOIS
Journal de voyage.
Delmas, Sask., Canada, 21 mai 1911.
Le 13 du courant, je quittais mon pauvre évêché de Le Pas en compagnie du bon Père Rossignol, 0. M. T., qui se rendait à l'Ile à la Crosse. Le lendemain le vapeur nous déposait à Prince Albert assez tôt pour dire nos messes. Dans l'après-midi j'étais à Duck Lake dans ma chère école de Saint- Michel. Il m'était doux de revoir mes bons petits sauvages ainsi que les Pères et les dévouées Sœurs de la Présentation. Dans la soirée la joie fut complétée par l'arrivée de Msr Pascal, qui venait de 13atoche où il avait donné la confirmation. Ce bonheur se prolongea encore toute la journée du lendemain ; mais il fallait dire adieu à cette bien-aimée institution où j'ai passé sept belles années de ma vie.
Le 16, à midi, nous étions les hôtes du R. P. Vachon, 0. M. T., à Saskatoon. Mon cher neveu, le Père Arthur Lajeunesse, 0. M. L, était là aussi pour égayer la conversation. Le temps passa vite, l'heure de reprendre h1 train sonna trop tôt.
En passant à Battleford, les RR. VV. Delmas et Paillé, O. M. T., se joignirent à nous. Leur coin-
pagnie ne dura que deux heures mais elle fui joyeuse et agréable.
A la gare de Delmas tous descendirent, même le I'. Rossignol . Je restai seul pour le reste de La nuit.
De bonne heure le lendemain, j'étais dans les bras de M«* Légal, du K. P. Grandis ei de toute la communauté des Oblats d'Edmonton. L'accueil fui sincère et cordial. Je me sentais au milieu de frères affectueux ei dévoués.
Bientôt nous étions à Saint-Albert. Là comme à Bdmonton, je fus l'objet de maintes amabilit surtout de la pari de Sa Grandeur M-r Légal. Il n'épargna rien pour rendre ma visite des plus agréables. J'él vraiment confus de tant d'égards ei de prévenances. Au petit Séminaire et au Couvent <\rs Sœurs Grises une gentille réception avait été préparée. Tout y respirait une vive sympathie. Je m'en Bentais indigne ce qui me rendait d'autant plus reconnaissant.
L'heure du retour- sonna bientôt ; mais je remportai dans mon C03Ur un doux souvenir" de nia v à Saint \ll.ert.
Je m'arrêtai à la mission de Delmas où j'a\ é mon compagnon, le R. P. R ssignol. [ci comme à Saint Albert, j<i suis l'objet de tout
* de générosité. Son directeur, le 1* P
I virn;i ., tint à faire I-
ment. Il avait préparé une magnifique i
de confirmation, qui a eu lieu ce matin. Sa jolie petite église était bondée d'une population un peu cosmopolite: de Français, de Canadiens, d'Anglais, de Métis et de Sauvages. Il y en avait pour tous les goûts. Plusieurs jeunes enfants eurent le bonheur de recevoir pour la première fois le Dieu de l'Eucharistie, et Gl reçurent l'onction du Saint- Chrême. Le chant fut des plus charmants. Il était présidé par les bonnes Sœurs de l'Assomption et exécuté par leurs petites sauvagesses : (ces Sœurs ont ici nue jolie école-pensionnat pour les enfants indiens) .
Le bon Père Delmas eut l'excellente idée d'annoncer la quête en ma faveur. Ses bons fidèles se montrèrent plus généreux que jamais. Cela me permettra de continuer ma route; car j'entreprends un voyage de plus de 2,000 milles avec une bourse vide. Je ne compte que sur la bonne Providence. La cérémonie religieuse fut suivie d'un bon dîner et d'une gracieuse réception au Pensionnat. Ce fut le bouquet de la fête et l'adieu à la civilisation; car dans quelques instants, il faudra prendre la route qui conduit au vrai pays sauvage. — "Merci, braves habitants de Delmas; merci, à votre généreux curé; mercj à vos bonnes et dévouées religieuse Que
le bou 1 ueu daigne récompenser votre grande charité à mou égard.
■' irai, (sous la tente, près du lac des Sables.) Premier campement sous la tente. Il est char-
mant, sur le bord d'un petit lac remarquable par la l'impidité de ses eaux. Une brise du nord cha
maringouins et nous la spérer un doux
repos. Il Bera le bienvenu ; car nous sommes harasde fatigue. Depuis hier à midi, nous voyageons 3 au fond d'une lourde boîte de wagon sans ressorts et par t\<-^ chemins dont les nombreux rites n'ont jamais été aplanies. On peut 3'imaginer les secousses de tout irtes qu'il faudra subir dn matin au soir. — Notre guide est un des bons saudu Père Delmas. 1 na-
ture. Il a la réputation d'être toujours content et satisfait. Son bras esi robuste et capable de manier le fouet. Ses deux petite chevaux en savent quelque cho
Nous avons 60 milles environ de parcourus, à travers un pays ouveii à la. colonisation. 11 y a à peine une dizaine d'années, c'était un désert inhabité. Maintenant on voit des fermes et des habitations tout le long de la route. IV jeunes égl surfissent de distance en distance. Hi< r soir, nous avons salin' celle de Saint-Hippolyte où I»1 bon et dévoué curé, M. Julion, fait beaucoup de bien malgré inde pauvreté. A quelqn 1 de n tente e tn>u\e un vieux protestant anglais. <mi dit que c'est le dernier habitant de race blanche d< région. Demain nous allons dire adieu il tout ■■ tige de civilisation pour entrer dans un pays purement Bauvage. — Mon compagnon, le R P. R
signol, m'attend pour La prière du soir. Bonne nuit à tous !
23 mai (9 heures P. M. — à la porte do la tente.) Quelle journée ! Quels chemins ! Quelle température ! ! ! Depuis 5 heures ce matin que nous voyageons à travers une immense forêt et par des chemins indescriptibles. C'est une suite de marais où les chevaux et la voiture enfonçaient au point qu'il fallait nous mettre aux roues pour en sortir. Les Scolastiques d'Ottawa auraient baptisé ce chemin : "Le portage à la boue". J'avoue qu'il mérite ce nom. Si encore la température s'était montrée propice et sereine, mais tout le jour il est tombé une pluie mêlée de neige. Ce soir, le calme s'est fait ; les nuages sont disparus et le soleil redevient radieux en nous souhaitant une bonne nuit. Son sourire semble vouloir nous faire oublier les petites misères de la journée.
Nous avons tous besoin de repos, un de nos chevaux (Rougeau) est épuisé (resté à plate, selon l'expression des voyageurs) , nous rendra-t-il au lac des Prairies?... J'en doute. A demain.
24 mai — (en route) . — Notre sauvage est à faire bouillir la chaudière à thé pour le dîner. Le temps n'est pas d'humeur égale : tantôt il est beau et joyeux, tantôt il pleure et nous arrose de ses larmes. C'est bien l'emblème de la vie humaine : une succession de joies et de peines. Pauvre Rougeau ! Il n'en peut plus. Il ne sent plus les coups de fouet.
Bon parti es1 pris d'aller le petil pas el pas plus vite.
Aujourd'hui est le jour fixé pour mon arrivée à la mission du lac des Prairies, y parviendrons-nous à temps? Je le désire de toul cœur. Noue sommes encore dans la forêt. Depuis hier matin, nous n'avons pas vu un seul signe de vie humaine, bï u'esl que les oiseaux nous saluenl e1 nous encouragent de leurs chants joyeux.
3 beures P. M. — (en voiture). — Les chevaux vonl si doucemenl que je puis écrire au fond de ootre wagon. — Nous venons de sortir de la forêt. Une jolie vallée verdoyante B'offre à ootre vue. C'est celle du lac des Prairies. Au loin, nous apercevons deux cabanes indiennes. Deux cavaliers nous poursuivent pour b' assurer bï c'est bien le grand Chef de la prière (i'Evêque) <pii passe. Ils nous disent qu'il y a encore sept milles pour nous rendre à la mission. Mon I heu î quand y arriverons nous du train où nous allons. Ces! endormant. Le R. P. Ros Bignol enfonce des clous Bans marteau.
Bonne fortune! Noua un Bauvage avec deux bons chevaux. Il B'offre à nous conduire à la mission. I Vu gratias I Vdieu Rougeau ! Tu ai • quand tu pourra
Enfin voici la mission. Le bon Ter.' Coch n sort de l'église ave fidèles. Ha ont Bans doute eu
la bénédiction du Saint Sacrement. 11 nous regarde
Venir, mais il De nous reconnaît pas....
8 heures P. M. — - La surprise a été complète: personne ne nous attendait aujourd'hui. Chaleureuse accolade au Père Cochin et à son frère convers, puis une bonne poignée de main à 'tous les sauvages réunis. C'est grandi1 joie de part et d'autre.
Le bon P. Cochin nous reçoit à cœur ouvert ; mais sa pauvreté ne lui permet pas de faire beaucoup. Sa maison est en troncs d'arbres enduits de fcerre. L'intérieur est tout d'une pièce. Une petite table et quelques bancs en guise de chaises en constituent tout le mobilier. Pour lit, nous aurons nos couvertures de voyage étendues sur le plancher. Nous ne nous plaindrons pas. Nous sommes heureux de partager sa pauvreté. D'ailleurs nous voyons à côté de nous Notre- Seigneur dans une chapelle qui n'est guère plus riche. "Le serviteur n'est pas plus que le maître." — Il faut ajouter à la louange du P. Cochin, qu'il est arrivé ici, il y a quatre ans, n'ayant avec lui que sa chapelle portative et do quoi dire la messe. Tour la première année, il fut obligé de demeurer avec les sauvages et de se contenter de leur nourriture. Depuis, ses chrétiens l'ont aidé à construire sa chapelle et cette pauvre résidence. Un tel dévouement, une telle abnégation est digne des temps les plus héroïques de l'Eglise et de ses missions.
Le P. Rossignol ronfle. Je vais essayer d'en faire autant. A demain.
25 mai. Ascension.
Beau jour de fête. Personne n'a gardé le log tous ' nt ,'i ! au nombre de aviron.
Mes» pontificale : le I '. I il pour a
tant. etc. L< R. P. Cochin tenait l'harmonium el conduisait léchant. (Il ne faut pas oublier d'ajouter qu'il est un vrai artiste en musique, i 1 monie fut simple; mais pieuse et belle dans genre. Les pauvres sauvages avaient leurs yeux noirs tout grand ouverts; car. pour la plupart, ils n'avaient jamais vu d1 Evêque.
Dans l'après-midi eut lieu la confirmation; •'•! \ prirent part . A côté d'enfants de € Boutaient des vieillards et des vieilles de 60, 7< 75 ans. < l'était 1» sau et touchant.
Tous Boni contents et heureux i 11-
rappelleront longtemps la belle fête de l'Ascension de L911.
26 mai. De nouveau en route. Nous nous di-
sur la mission «lu lac Vert . Le R. P. < cliin est notre guide 9 deux petits chevaux < poi vont doucement va ment . I
temps i \ ite quand même ; car le bon i
un répertoire bien fourni d'h r la
conversât Le chemin n'est guèn meilleur
celui dont j'ai parlé plus haut
traverser une rh i
lelage m brisèrent |
core dan l'eau. < >n peut sin quelli
figure nous avons faite. Il fallut payer un peu de sa personne ; mais ce ne fut qu'un petit accident entre bien d'autres. La gaieté ne fait pas défaut cependant ; les histoires vont leur train.
27 mai. — Je viens de célébrer la messe sous la tente, et j'y ai donné la confirmation à une jeune femme. H y a ici un camp sauvage dont deux familles sont encore infidèles. Hier soir, nous avons essayé de les attirer à notre sainte religion ; mais le moment de la grâce n'est pas encore venu. Les catholiques sont à se préparer à nous suivre jusqu'à la mission. La caravane sera assez nombreuse. Le temps est gai, l'humeur pareillement. Encore 25 milles pour nous rendre au lac Vert; encore un grand nombre de bourbiers où il faudra descendre de voiture pour permettre aux chevaux d'en sortir. — On m'appelle; nous partons.
En face de la mission du lac Vert. — La largeur seule du lac nous en sépare. Il faut attendre une embarcation pour y arriver. — Entendez-vous?. . . . Le cher Père Teston est suspendu à sa cloche ; ions les sauvages sont à brûler leur poudre. Ou dirait une bataille entre Eusses et Japonais. Tout le inonde va et vient en criant: "Kitchiayamihew ikimàw!" (Le grand Chef de la prière, (l'Evêque). C'est la joie ; c'est la jubilation.
Dans l'embarcation. — La fusillade continue, augmente même. On se croirait en danger. 1 es balles sifflent et frisent l'eau au large. On sent ce-
pendant qui c'est l'expression de la joie de cœurs amis et sympathiques. Je sens aussi que j'entre dans le territoire de mon Vicariat, car jusqu'ici j'étais flans le diocèse de M~r Pascal.
La chapelle paraît coquette Bur la rive élevée <lu lac. Le drapeau du Sacré-Cœur flotte à côté. La maison du missionnaire seule est pauvre et misérable. -— Mous voilà près de la g 'Tout le monde ••■ml la colline, le bon l 'ère Teston en tête. Il \a s'en suivre un long chapelet de poignées <le mains !!!....
\) heures P. M. Le reste de la réception fut des plus solennel : adresse en français et en cris : ent à l'église <^n procession; allocution, etc. l I dire que le P. Teston ne fait pas les choses à moitié. L'intérieur de sa chapelle est joliment décoré, et d'une propreté remarquable. Il mérite une bonne noté. Quant ô sa maison, c'est la pauvreté même.
Sa dépen t pas plU8 riche. || faut |>ar
modérer son appétit. Et «lue qu'il vit ainsi depuis plus de vingt ans! Bonne nuit ! .!< vais me re i or, mais sur quel lit 1 ! 1. . . .
mai. I dimanche. M< sse pont ifical< matin ; ouverture de la retraite des sauvag» I
ince est nombreuse et des plus édifiantes. Ils ('■content les allocutions autant i qu'a-
vec Ici Iles. Ils pai t réellement a\
de la parole de I lieu. I »eur ot pour I" Kvêque
tienl presque du culte. Jl rappelle au moins la loi des premiers chrétiens.
Ler juin. — La retraite s'est continuée jusqu'à ce
matin dans les meilleures dispositions. Tous les travaux ont été suspendus pour ne s'occuper que de choses spirituelles. Une des compagnies de traite avait chargé un bateau pour l'expédier à l'Ile à la Crosse; mais pas un homme n'a voulu s'y embarquer avant (pie la retraite ne fut terminée. Le commis protestant fut obligé de patienter et de surveiller son bateau à l'ancre. — Communion générale hier et aujourd'hui. A la messe, ce matin, eut lieu la confirmation : 00 y prirent part. On lut ensuite une consécration au Sacré-Cœur, et comme témoignage de leurs bonnes résolutions, les hommes vinrent à la Sainte Table, promettre publiquement d'observer la tempérance totale. Cet acte fut sans doute agréable au Cœur de Notre- Seigneur. Tout le monde semble content et joyeux. C'est que tous possèdent la paix de la conscience, le plus précieux i\(-> trésors. Que le Bon Dieu daigne les conserver longtemps dans cet état !
Tous sont à préparer leurs fusils; moi, je dois préparer mes bagages, car le départ aura lieu dans une heure.
En canot. — Je viens de quitter la mission du lac Vert. Le départ a ressemblé à l'arrivée: même bénédiction, mêmes poignées de mains, même fusillade, mêmes émotions dans l'intime de l'âme.
'tait pénible pour le cœur de voir 1»' bon I Ti I ni debout sur la grève et regardant notre
canot disparaître. Cela me rappelait mon ancienne solitude de Cumberland, lorsque je voyais partir Sa Grandeur M.S* Pascal, ou quelque confrère qui venait me visiter. Qui pourrait exprimer L'angoi qu'éprouve alors le pauvre cœur du missionnaire Me voilà en canot. Plus de chars, plus de i e, plus de wagon; mais bien le canot et rien que le canot jusqu'à mon retour à Le l'a-, en octobre. Deux bons 3auva{ Mathias et Jean-Bapfciste sont qos guides. Nous descendons la rivière 1 tor. I <e fcemps est magnifique, et les paysa
ait charmants. Les maringouins viennent nous caresser avec leurs petites lanc< - pour nous rappeler l'esprit de pénitence. - Il est temps de réciter le bré\ iaire.
2 juin. Sun s la tente.
Nous venons de camper. Quelle journée! Il a l>ln à v depui ce mat m . N< >u \ ay< >ns quand
même continué notre route et à travers «le nombreux rapides. Que de fois notre canot a frisé des pierres prêtes à l'éventrer. Notre bonne Mère du ciel nous a protégés et nous sommes ici <■'■ joir tous tufs : mais pas lablement mouillé
Bonne nuit !
3 juin. En canot . N<
méditation. Le Boleil est radieux. < I ans doute
parce que C'est la fête de mon patron, saint I
T i ii- !... I ii antilope ! un anl ilope ! L< Il tniv. rse la rivièr< . I ' lonc les homi
s'ils rament !. . . . Voilà le P. Rossignol deboi I d mail riens !
Paffe! Malheurl il l'a manqué.... J.-Bapl b*< mpsre de la carabine. . . . Paffe ! Encore manqué 1 ■■ ■ ! I [ourrah ! I .■ \ ailà mori î. . . lia le cou br
Vingt Nimuî' - onl suffi pour tirer notre proie Bur la photographier, lui enlever la peau et la placer dans notre embarcation. Donc toua nounous réjou de posséder de la viande fraîche. : ,1 a un ce d'avoir manqué son coup.
En face de l'école de Notre-Dame du S enr
au lac La Plonge. - Encore trois mill <1'\
arn mlant elle noua apparaît dans toute
gentillesse. Sur une butt encadrée de
beaux arbres, elle regarde la rii but la-
quelle non- naviguons. On dirait qu'elle m lue de loin.
\'V! l.i soyons maintenant de plus i homme déchai on fusil. gnal de la
guerre. < m neu
lade recommei 0 it il«'jà d<
en ligne sur le bord de l'eau ayant
à leur tête. Le B 1 MI.
tient sur le bout <lu quai . |* i 11'.!
noiif, Auguste « t Antoine, prennent part à la fu lade ichant. <,':l n
Mgr Charlebois et ses compagnons sauvages, après une bonne chasse (page 29).
Saint-Michel de Duck Lake. L< - yeux aimeraient â verser quelques Larmes; mais il faut leur apprendre à être plus courageux. Allons! Il faut débarquer et bënir cette charmante petite population.
Dans la Boirée. — Le reste de la réception a cons I en un l)Dii dîner qui n'a pas été La partie la moins pratique; puis eu une jolie Béance donnée par Les entants. Ces petits sauvages et même l< fcites >\ww - ont rempli leurs rôles avec une habileté
admirable. <,';l été tout à l'ait charmant. Ils onl tous mérité des félicitations ainsi que les bonnes Sœurs qui Les onl exercés. J'étais heureux <1« Les leur donner.
9 juin. - Je mis encore à l'école, -l 'ai tenu à prendre mon temps pour visiter cette institution. Son importance l'exigeait. Je me Buis enquia de tout, et à ma grande satisfaction, je constate que Le bien Be fait. J'ai été grandement édifié du dévouement et de L'abnégation tant de la part des Sœurs que nV celle du I V i e et des Prèi i
• - 'un beau Bpectacle de voir d< religieuses exilés pour ainsi dire au milieu «I immense forêt et fcout adonnés à L'instruction et l 'éducat ion de pauvres enfa nta lin
que I amour divin qui pu expliquer un tel dé
\ 'Illellt .
\< i bon 1 1 en oom i i ! bien iidiuirab
aussi. Quel travail il ■ font ! Qui iln
rendi ut I [jeur ambit ion <
prospérité de cette œuvre. Leur zèle les rend ingénieux jusqu'à leur faire installer un beau moulin à scie au pied d'un rapide, tout à côté de l'école. Ils se servent du même pouvoir d'eau pour produire la lumière électrique et pour conduire l'eau dans l'école. — 11 n'y a qu'une chose regrettable; c'est que ces bons frères ne sont pas assez nombreux. L'excès de travail affaiblit leur santé. Oh! qu'il serait à souhaiter (pie la vocation des frères convers fût plus connue !
En ce moment, il y a 44 enfants à l'école. Bientôt on espère en avoir cinquante. On leur apprend le français et l'anglais. C'est le français qui domine. La bon ur conduite et la piété sont en honneur. La plupart des enfants communient tous les jours. C'est beaucoup dire. Ce matin, j'en ai confirmé 34. Il faisait bon les voir si pieux, si bien exercés. Allons maintenant prendre du repos; car demain il faudra continuer le voyage.
1 1 juin. — Nous venons do quitter l'école. Que lo bon Dieu y répande ses bénédictions! Que Notre- Dame du Sacré-Cœur se montre pour elle une puissante protectrice !
Six bons montagnais de l'Ile à la Crosse conduisent notre canot. Il paraît que le R. P. Rapet, O. M. I., en a demandé deux pour venir nous chercher et que dix se sont offerts. Six ont été choisis. Ce fui pour eux une grande faveur. Certains auraient préféré payer |>our avoir ce privilège. Cela
montre L'estime qu pauvres Bauvag I |
L'Evêque. De R. I '. R »igi ol e1 moi avons i chu notre canot e1 nous sommes traitée aux | < Boins. i • à peine si on nous permet de i
\ ir de nus jambes pour débarquer.
Le tem] maussade. In vent très violent
..m' de nombreuses ondées. Ça n'empêche l>;is nos bons montagnais de ramer de toutes le fore
T i • I On Bignale le petit bateau remorqueur de la Cie de la Baie d'Hudson. Il vient â notre Buite. I tonne affaire ! Lu baine a la bonté d'attacher
canote à Bon bateau. Nous f'il<»n^ Bans ramer comme de vrais dilettantes. Nous voilà ;'i L'enl du lac de 1 " I ï * • à La < Encore six milles
nous Berons à La mission. Mais Le vent est trop violent et nous sommée obligée d'attendre l«i calme. Le bon Dieu a permie cela Bans doute pour nous donner Le temps d'aller vieiter une pauvre vieille tnaladi • et d'entendre bs c< mfesy ion.
! e vent l bateau se préparc .;i pari n*
< >n noue permet d'y at tacher ena
\u large. I n\ hautes et m nia font
balancer. 1 1 n'\ a pas de danger pourtant . I me" me île pour ceux qui aiment li
Voilà qu'on aperçoit la mission et li de la
( Compagnie l >éjà noua somn I ne
salve soutenue noua apporte I lut M
cœur est t' 'ut ini| 'i ■<• isii m n<'- i mt que d
<; ; iques minutes j'aborderai ;ï cette mission de l'Ile à la Crosse, qui ;i eu pour fondateurs Msr Taché, Me* Laflèche et Më* (irandin. Le souvenir de ces grands et saints missionnaires m'inspire un grand respect pour cette terre qui a été foulée de leurs pieds.
Il est neuf heures du soir. — Le soleil ici n'a pas encore disparu. Ses rayons se reflètent encore sur l'église, le presbytère et les nombreuses tentes de sauvages. I.es drapeaux flottent de tous côtés: le bateau donne le ton joyeux à son sifflet, la fusillade devient un vrai tremblement de terre; toute la population est en émoi. Le spectacle est ravissant et des plus impressionnants. Nous voilà enfin près du débarcadère. Le bon P. Rapet, 0. M. L, nous salue de son air joyeux. La fusillade augmente et devient assourdissante.
A peine ai-je mis le pied sur le sol, que toute la foule se met à genoux pour recevoir ma bénédiction, puis les uns après les autres, tous sans exception, viennent baiser mon anneau. Avec1 quelle foi ils font cette cérémonie! J'en suis vraiment édifié. Nous passons ensuite à l'église, où comme de raison il y a adresse, réponse, et puis bénédiction du T. S. Sacrement. Iî ne me reste plus qu'à aller me reposer. Bonne nuit à tous !
L2 juin. — Dimanche. — Quelle belle et heureuse journée! Cette mission est certainement la perle de mon Vicariat. Les sauvages sont nombreux el
j| il II il
ont bon esprit. Ils aiment à prier et à chanter.
Aujourd'hui les cérémonies religieuses ont été très jolies. Le chant surtout a été magnifique. L'organiste est tout simplement une indienne. Elle joue très bien. On dit qu'il y en a quatre autres qui peuvent en faire autant. 11 n'y a pas beaucoup de paroisse chez les blancs qui puisse se vanter de posséder autant de musiciennes.
La messe pontificale de ce matin a été plus solennelle que les précédentes: il y avait au moins deux prêtres à m' assister ; et tous les deux étaient revêtus de belles dalmatiques. C'est du luxe dans ce pays.
La retraite des sauvages a commencé à la grand' - 1 nesse. Je prêche en langue crise pour les cris, et le K. P. Rapet répète mes instructions en langue montagnaise pour les montagnais. Ce Père a l'avantage de parler également le montagnais et le cris. Comme au lac Vert, les auditeurs sont tout yeux et tout oreilles pour écouter. C'est édifiant et encourageant.
13 juin. — Le P. P. Ancel, directeur de l'école de Notre-Dame du Sacré-Cœur, est venu se joindre à nous ce soir. Voilà notre petite communauté constituée d'un Evêque, de trois Pères et d'un Frère convers. Ce dernier, lo bon Frère Poliquin, est notre cuisinier et notre factotum. Tl est bien modeste et passe inaperçu, mais il est très utile, et mérites sont grands aux yeux de Dieu. Quel
bonheur, si dans chaque mission, nous en avions un semblable !
L5 juin. — Jeudi. — Fête du T. S. Sacrement. — Journée bien remplie. Messe pontificale, procession du Saint- Sacrement, confirmation, 108 confirmés, communion générale, réception du scapulaire du Sacré-Cœur, trois sermons, etc., etc. — Avec un tel programme, il est resté peu de temps pour les paroles inutiles. Nous sommes tous bien fatigués; mais nous nous sentons le cœur content; car nous avons travaillé pour Le bon J >ieu et le salut des âmes. Allons dormir, la nuit dernière, nous sommes restés au confessional jusqu'après minuit.
1G juin. — Vendredi. —
Encore communion générale ce matin. La ferveur ne manque pas. A la suite de la messe, eut lieu la bénédiction d'une croix de mission. Elle fut portée en triomphe jusqu'à l'endroit où Msr Grandin avait jadis planté une croix. C'est sur une jolie butte d'où l'on domine tous les environs. Cette nouvelle croix commémorera ma première visite à l'Ile à la Crosse. Puisse-t-elle être une source de bénédiction pour cette chère mission.
11 faut maintenant préparer de nouveau mon bagage. Entendez-vous 1rs fusils qui commencent à se faire entendre? C'est le signal du départ. La foule est déjà massée, prête à la cérémonie de la poignée de main.
En (,;i not. Au dépari . —
l 'n de mes hommes : "Wah ! Wah '. ! Moi gneur, ça pète fort, hein !" Oui, pour eûr ; car plus de 200 fusils et carabin» léchargent à qui mieux
mieux. I « b échos se mettent de la partie, il résulte une démonstration vraiment grandit qui surpasse même celle de l'arrivée. Nous tournons une pointe et tout disparaît. La fusillade seule se fait encore entendre.
"Ekwa aepin, l'Ile à la Crosse" B'écrie un métis ;i l'avant du canot. (Voilà l'Ile à la Crosse disparue). En même temps, il élève Bon fusil et fail descendre une grosse mauve. Tiens I Monseigneur, m ce sera ton Bouper." 'Très bien, mon garçon, j'accepte." Tout fier, Il fail plier son aviron et Be plaint qu'il n'es! pa lide pour lui. 1 1 craint de le briser ! !
Cette lois, je suis monté comme un vrai bourgeois, grâce ;'i la générosité des bons chrétiens de l'Ile ft la Cro $se. Le R. I '. I ta pel la i- -si entendre que j'au rais besoin d'un canot et de deux bons rameurs pour me conduire au portage I .m Loche, distant de 1 5t » milles. Sa us retard . un bon \ ioux monl
pré lente et dit au l 'ère, en ma i >i lema [ne dernière, je me iuis acheté av< c me - f< >ur pure ; un ca n< »t de I" >is <|ui me coût* $ i ne l'ai pas encore étrenné. Quand même le il ' Angleterre \ iendra it me le dema nder ft l< \w r . le n l ii .1 -m i . ; mais pour Moi eur, il « i I
sa disposition." — C'était on ne peut plus gentil. L'offre fut acceptée. C'est dans ce fameux canot que j'écris ces lignes.
Quant aux hommes, deux avaient été demandés; quatre se présentèrent. Il y avait donc l'embarras du choix. Pour éprouver leur générosité, le P. Rapet leur dit : "Sachez que vous n'aurez pas d'autre paiement à votre retour qu'une image." — "Qu'importe, ajoutèrent-ils, l'honneur d'accompagner le Grand Chef de la Prière est un paiement suffisant." — Trois, au lieu de deux, furent choisis: Martial, François et Benoît; un cris, un métis et un montagnais. François est .en tête du canot ; Benoît en arrière et Martial est mon voisin en sa qualité de cuisinier. Ce dernier est aussi chargé de pourvoir à tous mes besoins. Je voyage donc en prince. C'est nouveau pour moi. Quand je n'étais que simple missionnaire, il me' fallait ramer et être mon propre serviteur. J'envie encore quand même ce beau temps passé.
Nous venons de rencontrer deux canots qui viennent du Portage La Loche. On m'a remis une lettre du II. I\ Pénard, G. M. T., qui soupire après aotre arrivée.
18 juin. — Dimanche. — Sur le bord du lac Buffalo. — Dans ce pays le repos du dimanche est observé, même en voyage. C'est la coutume de rester au même endroit, à moins qu'il y ait bon vent pour se sei-vii- de la voile. Comme il fait un temps
calme, non omraea forcés de séjourner au can
lliclit .
J'ai dit la messe bous ma tente, bonheur que j'ai tous les matins. Mes hommes y ont assisté et nous avons chanté des cantiqu< s que les échos on! répéi Bien peu connaissent les charmes et le bonheur que l'on goûte en célébrant la Bainte mes-.' bien loin de toute habitation, dans une solitude complète, rar le bord d'un immense e1 magnifique la un
temps de choix, sous une pauvre petite tente ei en présence de trois bons Bauvages. I! y a là matière à une belle poésie. Mais le cœur inspiré de la éprouve d itiments qui dépassent toutes les
beautés de la poésie. Il comprend mieux la l>onte de Jésus, e1 d Be -eut d'autant plus près de divin Cœur qu'il est plus éloigné des mondains. I i Ferveur es! facile au point qu'on aimerait voir la me i >rolonger t« mte la journi
Midi. Voici une légère brise qui nous invite à lu er la \< nie. Non- allons en pn ifiter.
19 juin. Au bout d'un b >ng porta I
hommes «»ni fi monter le canot dans d.' nombreux
r;i|>ides. J'ai Buivi la \ le terre, Noue sommes
sur la n\ ière I -a I ioch< . I t une |>et itr n\ tortueuse et remplie de rapides. Elle n*< d'attrayant. I .< paj environnant n'est guère plus agréable. 1 1 mériterait !•' nom de : I \i\ s ba I h 'i \\ qu'un marais rempli d'eau. Il i ede de trouver un endroit favorable pour faire du
feu ou pour camper. Les endroits secs ne présente ut qu'un terrain de sable où ne poussent que des cyprès. Les orignaux abondent ici. On voit leurs traces un peu partout. Mais nous n'avons pas encore eu la bonne fortune d'en rencontrer un.
Voici mes hommes. Ils ont eu fort à faire dans les rapides; car ils sont tous en transpiration.
20 juin. — Nous sommes arrêtés par le vent sur les bords du lac La Loche. La mission est en face de nous; mais impossible d'y aborder. Cela nous procure l'avantage de faire des actes de résignation. De nombreux maringouins semblent vouloir rendre notre sort encore plus pénible. Benoît, lui, se venge sur les canards. Malheur à ceux qui osent voler à la portée de son fusil. François, de son côté, met sa satisfaction à se gratter la figure avec un vieux rasoir dans l'espoir d'y voir pousser un peu de barbe.
Six heures du soir. — Je viens de prendre un souper au canard frais, grâce à mon Benoît. Le vent tombe, nous pourrons probablement partir bientôt.
21 juin. — A la mission de la Visitation, Portage La Loche. Nous avons réussi à traverser hier malgré le vent et les vagues. Il était dix heures passées, lorsque nous avons abordé. Il va sans dire qu'il y a eu fusillade. On semble être sous l'impression que la visite de l'évêque ne serait pas valide sans cela.
En débarquant, je trouvai toute la population, 450
B&uvages, agenouillée sur deux lignes, depuis le lac jusqu'à la résidence du missionnaire. Après la béuédiction d'u demeurèrent dans la même
position jusqu'à ee que j'eusse fini de Paire baiser mon anneau à chacun. Personne ne manquait de faire le Bigne de la croix avant de baiser l'anneau épiscopal. On voyait qu'ils étaient inspirés nY I prit de foi. C'était impressionnant de les voir.
matin, tous étaient réunis pour la messe. La chapelle se trouvait trop petite pour les contenir, bien qu'ils fussent I les uns contre les autres,
sans même laisser de passage au milieu. J'ai été touché de les voir prier bî pieusement et chanter ;i\» c tant d'âme et d'entrain. Le cœur se sent parfois ému jusqu'aux larmes en voyant o a pau habitants des bois bî bons et si religieux.
Le portage La Loche est une place bistoriqu ' ici que passaient autrefois les missionnaires de l'Athabaska et du MacKenzie. Le portage a douze milles. Il sépare les eaux du bassin du Churchill de celles de la rn ière At habaska.
i ertains aventuriers canadii nt parvenu j
qu'ici j;ulis et ont fait alliance avec des montagnaises. Voilà pourquoi un grand nombre de sauvagi - «m met is portent des m m que Janvier, Laliberté, Bouvier, etc. Mais il ne leur reste de ca nadien que le tu >m et 1' f"i.
I ,. 11: iiim m - et leur lan| ut deveni
Le R. P. Pénard, 0. M. I., est le directeur de cette mission, ayant le frère Pioget pour assistant. Il en a été Lui-même le fondateur, il y a une vingtaine d'années. Il a vécu depuis dans une grande pauvret i résidence esl une misérable cabane
plutôt faite pour abriter les habitants d'une bae cour que des êtres humains. Pendant plusieurs années même, il fui obligé de partager la hutte du Bauvage. On peut s'imaginer, quel dévouement «t quelle abnégation il lui a fallu pour vivre de la sorte si longtemps. La chapelle esl un peu plus convenable; mais tout de même, quelle esl pair. Elle n'a jamais connu ce que c'est que la peinture. Il n'y a m bancs ni chaises. En cela elle ressemble un peu à Saint-Pierre de Rome! Notre-Seigneur doit b'v croire de nouveau dans l'étable de Bethléem. Cela fait mal au cour quand même de
le voir si pau\ renient logi
23 juin. Si le bon Père Pénard se distingue par sa pauvreté, il ne bc distingue pas moins par son zèle à instruire et à moraliser ces sauvaj
i un missionnaire modèle sous ce rapport. Il étudie lui-même et cherche à communiquer sa science au\ autr.s. Quand nu moyen ne réu -, il en Invente un autre. Il a été à peu près le premier à Introduire la communion fréquente, même quotidienne che/ les sauvages. I tal sont magnifiques: la foi augmente, les mœurs s'améliorent,
et le ll< aulne de - pédl diminue. I | 61
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joyeux et ne cesse de répète] : Vive La communion quotidienne !
Aujourd'hui, nous avons fait passer un examen eu règle aux enfants, grands e1 petits, qui doivent confirmés. Les uns après les autres sont venu- comparaître devant nous pour subir un questionaaire sur Le catéchisme. J'ai él llement éton-
né de Leurs réponses. Parfois on se serait cru en examen de théologie. In petit garçon de cinq ans et demi a répondu Bai toutes Les qu
lions principales du catéchisme. < admirable
de L'entendre. Je n'ai pu m 'empêcher de L'admeti la communion ei à La confirmation.
25 juin. — Dimanche. — Jour de cérémonie:
pontificale, sut generis. Confirmation, réception du Bcapulaire du Sacré-Cœur, bénédiction du Saint Sacrement, eto. Le tout fut bien modi mais les pauvres Bauvages en sont contente et heureux. 11 y a eu L00 confirmés. — Le Frère Pi rend de gran lans cette mission : il
chantre e1 musicien, pêcheur, cuisinier, sacristain, Quels mérites il a aux yeux du bon I >ieu I
26 juin. — Me voilà de nouveau en canol pour urner à L'Ile à I Mous venons de quitter la mi ision avec Le cérémonial accoutumé prouvais une peine profonde en Laissant le I
Le Frère dans une Bi grande ind Leur
'ut presque plus rien à manger. J'espère que La ■ idenec pourvoira A leur Bubsistan<
Petit garçon de T)i/L» :l»^ ^ qui Mgr a fait passer un examen de catéchisme (page 47).
30 juin. — [le à la Crosse. Me voilà de r< tour ici. Le voyage s'est fait Bans accident, mais il a été peu agréable. Le vent, la pluie, le froid, tout
t mis de la partie pour nous contrarier. I . Bentiel, c'est que nous -oyons arrivés sain- ufs.
Que I )icm en soil loin' et remercié !
1 1 1 1 1 1 . • t . - En canot sur le lac de l'Ile à la Cr< •le viens de quitter la mission. Mlle apparaîl encore jolie et coquette sur la rive du lac. Adieu, missionnaires courageux ei dévouée! Adieu, bons et braves sauvag< - ! Que le Sacré-Cœur et sa divine Mère vous soient propices! Qu'ils répandent sur nous les bénédictions les plus abondantes de buc
• •t de salut ! Que du haut du ciel nos Baints I
• pies. Taché, Laflèche et Grandin protègent cette terre, premier champ de leur apostolat !
Tiens! Voilà toute une flottille de canots qui viennent ;'i notre rencontre. Ce sont probablement des montagnais «pu retournent de la chasse. Chacun a s;i voile hissée, c^^\ joli à voir. Voilà qu'ils nous aperçoivent. Il va sans dire que les fusils vont • fa ire entendre. I «es voici qui approchent : il va falloir procéder ;'i la cérémonie de la poignée de main. Ils croiraient commettre une grosse faute
s'ils passaient tout droit sans baiser mon anneau.
I ,;i cérémonie est terminée, La fusillade recommence en gui >■ de dernier salut . 1 >ans un nota il \ a une pauvre vieille qui est bien malade.
C'est à peine si elle a pu lever la main pour toucher la mienne. Elle fait pitié !
Voilà un autre canot qui nous poursuit : on nous fait signe de nous arrêter. Qu'y a-t-il donc? Nous avons sans doute oublié quelque chose et on nous l'apporte
C'est ineffable! Imaginez-vous que c'est une famille montagnaise, qui étant arrivée trop tard pour me saluer a mon départ, nous a poursuivis pendant trois milles par un gros vent contraire, afin de me toucher la main. Il n'y a pas beaucoup de blancs qui en feraient autant. Ils s'en retournent contents et le bon vieux décharge son fusil en signe d'adieu !
Au sujet de l'Ile à la Crosse, il ne faut pas taire un fait que j'ai trouvé bien édifiant. H y a une quinzaine d'années, une bonne sauvagesse crise, résidant au Lac Canot, petite mission desservie de l'Ile à la Crosse, est devenue veuve. Contrairement aux autres sauvagesses, elle ne songea pas à se remarier. Elle s'adonna à la piété et aux bonnes œuvres. Non seulement elle éleva chrétiennement ses propres enfants, mais elle voulut aider les autres parents à en faire autant. Pour cela, elle se fit catéchiste. Chaque jour, elle réunissait tous les enfants et leur apprenait à connaître et à aimer Dieu. Le dimanche, elle réunissait toute la petite population des environs, faisait chanter des cantiques, récitait le chapelet et lisait quelques passa-