Micuerer, La femme
sans exception dominés par cette loi, cette équation inflexible : Tu es poussière et tu reviendras poussière !
Au lieu d'accepter sinon avec joie, du moins avec résignation ce lot que personne ne peut refuser quel qu’en soit son désir, quelle piteuse rébellion ne tentons-nous pas ? Quel projet ne germe-t-il pas en certains esprits chagrins ? L’humanité se réduit, nous disent-ils, comme neige au soleil ; avant peu l’homme sera rayé de la liste des animaux contemporains ! En notre France où, paraît-il, ie dernier des Français est près de s’éteindre, nous vivons dans des transes mortelles ; notre regard épouvanté erre, en un affreux nystagmus, de l’Allemagne qui enfle chaque jour, telle la grenouille de la fable, au Japon plus prolifique qu’une famille de cobayes.
Les uns redoutent l'Allemand, l’ennemi congénital (qui jadis fut l’Arabe, avant que d’être l'Anglais). Les autres dénoncent à la fin des banquets le péril jaune, sans songer un seul instant aux croisements qui depuis bel âge ont éparpillé sur le globe les dernières gouttes de sang germain et franc, et métisseront de mème les peuples aux yeux bridés bien avant qu'ils ne songêént à débarquer chez nous l’épieu au poing.
Qu’envie-t-on pour le Français ? Est-ce donc un sort si attrayant que celui de cette terre nipponne qui ne pouvant suffire aux besoins d'un peuple dix fois trop dense et misérable à proportion, voit chaque jour des émigrants en masses profondes forcés d'aller tenter la fortune dans les Amériques et en rapporter, quand ils n’y ont pas laissé leurs os, le désespoir et le dénûment.
Veut-on que le Français, au lieu d’être petit capita-