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liste (certains lui reprochent en effet son goût d'épargne et son esprit de prévoyance), veut-on,dis-je,que le Français, acoquiné d’une lamentable femme, entouré de nombreux enfants malingres, loqueteux et faméliques, soit réduit à se nourrir de détritus ramassés au coin des rues comme le fait la populace de certaines provinces de Chine et du Japon, au dire d'ouvrages récents ‘et dignes de foi.
Qu'importe ! clament quelques forcenés dont, par parenthèse, la vie génitale est depuis longtemps. clôturée ; qu'importe ! Il faut à tout prix des hommes |
Et ici encore, quoique cependant et malgré nous, la femme semble devoir longtemps encore tenir un rôle important dans la reproduction, on Gmet de parler d'elle ; ce sont des hommes seulement que l’on désire. Si ce ne sont point des hommes heureux ou simplement utiles, tant pis ! Ce seront des misérables mais il y aura le nombre, ce qui suffit.
Et aussitôt de proposer des édits où le burlesque le dispute à l’odieux, et l'arbitraire au grotesque.
Appel à la Nation ! | « Vous tous nobles seigneurs, capitaines, bourgeois ou * manants, accourez et travaillez au relèvement de la Patrie !
Vous tous que hantent des tares abjectes, que guettent des maux sans nombre, approchez ; alcooliques, syphilitiques, tuberculeux, cancéreux, blennorragiens, épileptiques, aliénés, emplissez vos femmes et le monde de ratés, de dégénérés, de criminels-nés, de fous mo-
raux chers à feu Lombroso ! Ne vous inquiétez pas du
ro résultat, forniquez ! Plus on est de fous, dit la sagesse Populaire, plus on rit ! Suivez à la lettre mais non pas dans son vrai sens, le mot de sAINT PAUr : Melius est nubere quam uri. Parole à la fois claire et louche où la malice, le contresens, l’obscénité, peuvent se donner la réplique en s'appuyant sur le dictionnaire.
Mais quelques murmures s’élèvent ; certains heureux de ce monde veulent conserver à leur génération la même somme de joie, de santé, de richesse qu'ils ont eue pour leur propre compte, et ils limitent le nombre. Quelques pauvres, d'intelligence supérieure à la généralité, ayant dans leur enfance pâti de l’ignoble prolificité de leurs pères, s’efforcent de donner à leurs petits plus et mieux qu’ils n’ont eux-mêmes reçu, et eux aussi limitent le nombre, s’efforçant de copier les riches, les puissanis.
Qu'est-ce que cela ? Nous nous dépeuplons et ces gensà refusent de nous aider à relever la nation !
Vite, des mesures draconiennes ! Toi, le riche qui n'as qu'un fils sain et vigoureux, tu paieras, tu élèveras à tes frais les dix-sept convulsivants de ce bon citoyen ivrogne et sodomiste ; toi, le pauvre qui tentes de sortir avec ton unique fille, de la médiocrité, voire de la misère, tu vas nous faire le plaisir d’y rentrer sur l’heure et puisque ta trop modeste condition nous empêche de te soutirer une contribution, nous te confisquerons les économies si tu en as, ou bien ne pouvant augmenter malgré toi ta famille, nous augmenterons tes charges. Toi, enfin, le célibataire endurci, homme ou emme, qui te refuses à fonder un foyér autant par éco-
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nomie que par peur des soucis, des désespoirs quelquefois que donnent au père ou à la mère les devoirs envers les enfants, comme nous ne pouvons te con” draindre par mesure administrative à la luxure et à la fécondité, et puisque vraisemblablement tu dilapides pour toi seul ton gain au jour le jour, nous ne pouvons rien te prendre que toi-même ; tu seras donc soldat, tu porteras les armes pour ceux que leur débilité congénitable empèche de le faire, tu seras mis en avant-garde, mis au ban de la Société, tu seras le paria du xx° siècle et des suivants ; taillable et corvéable à merci, tu ne tarderas pas à rentrer dans le bon chemin (celui que nous t’indiquons), et à prendre sans plus réfléchir une compagne que tu transformeras par de vigoureuses tendresses, en une mère gigogne avachie, déjetée, hors d’usage, dont le seul aspect ferait hésiter le dieu Pan lui-même !
Et l’on suit, on emboîte le pas ! Panurge nous a légué une robuste race de moutons ; en revanche, l'humanité ne semble pas près de se fixer dans cette heureuse abbaye de Thélème que rêva le bon philosophe. |
On trouve tout naturel le droit à l'amour pour des malades destinés à nous procréer une engeance de crétins, bossus, aveugles et valétudinaires dont l’affreuse existence n’a que deux débouchés : l’hospice, la prison, et qui, non contents de grever lourdement les budgets des nations qui les entretiennent, retardent par leur seule force d'inertie, par le poids mort qu'ils consti-
tuent, la marche déjà si pénible par elle-même de no-
ON Lee re espèce vers la vérité, vers la lumière, vers l’idéale civilisation. :
Quant à l'intermédiaire forcé, la malheureuse femme qui sera la mère de ces monstres, nous l’abandonnons sur la route, nous ne nous en soucions en aucune façon. \
<« Ah, messieurs, dit MiCHELET, vous faites semblant d’être légers dans tout ceci. Point du tout ! Vous êtes habiles, vous êtes cruels et avares,.……. Vous craignez . d'en savoir trop, vous aimez mieux ignorer ce qui suit:
la vie, la mort... »
Que penser de cet étrange état d’âme de deux hommes, dont un médecin, le premier s'offrant comme mari, et le second conseillant à des parents de marier leur fille idiote de naissance, « sous prétexte qu'elle était grande et forte, et pourrait être mère, ce qu'ils attendaient impatiemment (1) ».
C’est à l’œuvre du professeur BROUARDEL que je fais encore cet emprunt.
Quel produit escompter d’un tel accouplement, je n’ose employer en ce cas le mot de mariage. Loin d’ètre attendu avec impatience et transports, ne devrait-il pas dans son intérêt même et surtout dans celui de la diète: non seulement être empêché par tous les :
: . > Æ CPC . ns , moyens, mais encore, au Cas où il se formerait malgré