LS TU
riage, s'ils n’ont pas été considérés comme un vice rédhibitoire même quand ils ont amené des tares définitives et redoutables chez le soupirant, sont promptement pris pour de véritables droits inhérents au mariage, lorsqu'on est légalement devenu le maître.
Combien vrai est toujours ce navrant tableau du mariage que nous a tracé M": pe STAEL : « … qu'il est injuste, l’échange que l'homme se propose de faire subir à sa compagne !
« Je vous aimerai, dit-il, avec passion deux ou trois ans, et puis au bout de ce temps je vous parlerai raison. » Et ce qu’ils appellent raison, c'est le désenchantement de La vie. « Je montrérai dans ma maison de la froideur et de l'ennui ; je tâcherai de plaire ailleurs : mais vous qui avez d'ordinaire plus d'imagination et de sensibilité que moi, vous qui n'avez nl carrière ni distraction, tandis que le monde m'en offre de toute espèce, vous qui R'EXIStez que pour moi, tandis que j'ai mille autres pensées, vous serez satisfaite de l'affection subordonnée, glacée, partagée qu'il me convient de vous accorder, et vous dédaignerez tous les hommages qui exprimeraient des sentiments plus exaltés et plus tendres (1). »
Ainsi, l’homme que les préjugés infimes d’une société libertine exonèrent de tout le respect dû à sa compagne, se livre en toute sécurité à ses débauches favo- . pites, n'ayant que son seul bon plaisir pour frein.
[1 ne témoigne même plus à sa femme et à son foyer
la plus simple déférence, sûr d'avance qu'à son épouse,