‹ Déchéance Sociale et ÉducationChapitre 26 sur 28 · Mu: pe STaEL. De l'Allemagne, tome 4, ch; XIX · texte numérisé non relu

Mu: pe STaEL. De l'Allemagne, tome 4, ch; XIX

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si elle oubliait un seul instant ses devoirs, pas une humiliation, pas un outrage ne seraient épargnés.

Ainsi, par l’abaissement du niveau moral se dessine la déchéance générale de l'espèce, grâce à l’indissoluble lien qui unit la santé physique et la santé morale.

Garons-nous des unions hâtives, sans enquête préliminaire, faites au hasard d’un soir de printemps et à la suite desquelles selon le mot de Dallemagne : « On ne s’estime même plus après s’être follement aimé. »

La femme est d'une sensibilité bien supérieure à celle de l’homme, elle ne tient à la vie que par les liens du cœur et lorqu’elle s’égare, c’est toujours par le sentiment qu'elle est trompée. Combattre ceite sensibilité, il n’y faut pas songer, ce serait ôter à la femme tout le charme, tout l'attrait de sa personnalité. Mais pour la défendre contre elle-même et contre la duperie du mâle, il est d’autres moyens : sans dégarnir son cœur, on peut meubler son cerveau. |

Nous sommes assez loin de l’époque où la loi la maintenait dans une dépendance de l’homme voisine de l'esclavage, pour pouvoir faire appel avec succès à son libre arbitre et à son intelligence. Il suffirait de lui ouvrir ce petit champ d’études qu'on lui a toujours jalousement fermé ; quand elle l’aura parcouru, alors la femme intelligente aura remplacé la femme savante ; elle sera pour l’homme non plus l'éternel enfant, le boulet qu'est La femme sans volonté et sans idées dont l’initiative est bornée aux ordres du mari; non plus l’odieuse pédante écrasant de tout son bagage scieniifique et

littéraire son infortuné conjoint dans les moindres Cir-

So

constances de la vie domestique, mais elle sera au contraire la compagne dévouée, éclairée, n'obéissant pas sans discussion, mais ne discutant qu’à bon escient,.

Il faut pour arriver à ce résultat, ‘que la jeune fille nous aide elle-même, qu’elle songe que son manque de goût et de réflexion, l'abandon de sa personne au caprice de son naturel impulsif sont la cause de tout le mal. Qu'elle se réserve mieux, car l’homme ne désire vivement que le difficile.

« Dans les temps chevaleresques, dit MicueLer, pensez-vous que le jeune écuyer n’eût pas à discrétion toutes les serves du voisinage ? Dans le singulier pêle-mêle et l’entassement confus de lu maison féodale, le page avait à volonté force filles, force demoiselles. Eh bien ! la seule qu’il voulût, c'était la plus fière, l’impossible, celle qui lui faisait la vie dure. Pour celle-là, dont il n'avait rien, it voulait être un chevalier. Pour elle, il allait mourir à Jérusalem et lui léguait son cœur sanglant (1).»

Les belles demoiselles ne sont plus si exigeantes aujourd’hui et leur idéal mâle est notablement inférieur à celui dont rèvaient leurs sœurs du xtrr siècle.

Point n’est besoin d’aller très loin chercher un trépas glorieux ; bien que plus rapides qu’au temps des Croisés, les grands voyages sont demeurés coûteux et l’on s’est fait cette sage réflexion que mourir n’était pas le moyen de réussir, car on laïsse aïnsi la place libre à de plus résistants. Et puis, les absents, dit-on, ont toujours tort.

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