Micuezer. La femme
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Si donc, à notre époque quelques-uns vont encore à Jérusalem, ils en rapportent rarement un peu de gloire et bien plus souvent de cuisants souvenirs justiciables de traitements hydrargiriques ou autres,qu’ils lèguent, quand elle les à attendus, à l’innocente élue de leur cœur.
Il est temps, vraiment, d’en finir et d’éviter à nos filles aussi bien qu’à nos garçons, des aventures où périssent leur physique et leur moral ; prévenus tous deux, tous deux seront prudents.
Le jeune homme s’efforcera d’être non seulement un homme, mais un homme sain, vigoureux et non un blasé, dégoûté de tout, de tous et de lui-même. La jeune fille craindra l'avenir et se montrera plus difficile, élle demandera à ses prétendants, outre de solides vertus morales, l’apport d’un physique intact ; elle exigera, comme le veut encore MICHELET, «... que du jeune bourgeois, de l'étudiant vulgaire, vous me fassiez la créature noble, royale, héroïque que j'ai toujours eue dans l'esprit ; et cela non pas pour un jour, mais par une transformation définitive et radicale ».
Que la femme s’habitue à ne pas considérer comme un insigne honneur d’être remarquée par un premier venu qui condescend à lui offrir son nom en le lui faisant payer de toute une vie de maladie et de misères.
C’est à la mère, éducatrice instinctive de lenfant, que jem ’adresserai pour obtenir cette transformation qui lui gardera une fille chérie et épargnera à ses vieux ans le déchirement de voir la maladie et la mort frapper au-
tour d’elle par son imprévoyance, ses enfants, et ses
petits-enfants. Se sachant indemne, le jeune homme affrontera le mariage sans avoir à cacher son passé; il ne rusera pas pour dissimuler des avaries irréparables et pour entrer frauduleusement comme un fripon, dans une famille à qui il vient voler son plus précieux trésor, son enfant.
Sans en venir à brandir comme un étendard un certificat de bonne santé, il s’habituera à ne pas voir dans ce simple constat de l’état des lieux une mesure vexatoire, une inquisition de sa vie privée et de celle des siens, mais au contraire il y trouvera une naturelle et éclatante confirmation de son honnêteté, de son amour pour celle dont il veut partager la vie en la lui faisant heureuse et douce durant un long avenir.
Ceux qui, suivant le D SURBLED, auraient su rester fidèles à la loi de l’honneur « et réserver au lit nuptial les prémices de leur cœur et leur premier amour », seraient dans une société où les familles auraient l'éducation que je souhaite, sans nul doute les premiers choisis. Mais de longtemps encore je crains fort qu’ils ne restent d’étranges exceptions. |
Et pourtant, c’est sur cette voie assez large, assez nettement tracée pour que tous s'y engagent sans hésitation, que l’on peut espérer trouver la vraie puissance conservatrice et reproductrice de la race, en un mot, cet idéal humain réalisé dans cette vieille et heureuse formule: Mens sana in corpore sano.
Le seul obstacle qu’on y puisse rencontrer et qui, sans être absolument insurmontable, n’en est pas moins
difficile à éviter, c’est la difficulté de réfréner aujour-
Par, RE d’hui des appétits redevenus sauvages à force de liberté mal entendue.
La psychologie de l’époque actuelle poussera sans doute nombre de gens à voir dans une semblable tentative, une utopie à ranger avec tant d’autres parmi les plus inutiles productions de l'esprit humain.
Pratiquement en effet, je ne nie pas les résistances acharnées qu’on doit s’attendre à rencontrer de la part de la masse, sous l’instigation de quelques-uns.
Mais, s’il fallait d'avance se rebuter, s’il était possible d'admettre un instant que la femme ne puisse s’instruire dans un sens donné et que l'homme ne puisse être autre chose qu’un ignorant et un fourbe, ce serait la négation de tout progrès, ce serait nier la conscience et la raison humaine : la marche de la civilisation dans les deux derniers siècles, se charge de nous donner un démenti grandiose.
Ces instincts dont j'ai parlé, ce reliquat de la primitive bête humaine, sont une force à ne pas dédaigner mais aussi à ne pas craindre ; ils céderont, pour peu qu’on ose commencer ei que l’on sache persévérer, ils céderont à ces deux puissances intelligentes : l’affectueux et persévérant enseignement de la famille, et l'intraitable exigence de la jeune fille qui, là, a vraiment et sans restriction le droit, le devoir, de traiter
avec l’homme d’égale à égal.