‹ Déclaration du PartiChapitre 5 sur 9 · NN US · texte numérisé non relu

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réaction les plus larges espoirs. Dès lors, son rôle se précisait : 1l s'agissait, à la faveur d'une :

campagne tendancieuse, méthodiquement menée, d'atténuer, sinon de détruire, l'impression de force que la constitution du Cartel avait produite, de provoquer ainsi un mouvement de défection sur ces frontières, et un relâchement de la discipline dans son: propre sem. C'est au Sénat, foncièrement républicain, certes, mais moins hardi que la Chambre, que le 20 avril 1925, se dénoua la batælle. Après un admirable discours de son chef et malgré la vigoureuse résistance de 132 sénateurs républicains restés fidèles à l'esprit de démocratie, le Cabinet Herriot succombait.

Le mal était fait. Une crise s'ouvrait, crise d'autant plus difficile à dénouer que dans les graves conjonctures que traversait le pays, da dernière faute à commettre eut été de dresser l’une contre l’autre les deux ass-mblées

Les conséquences de la chute

du premier Cabinet Herriot.

L'expérience d'un Cabinet Radical-Socialiste avec soutien Socialiste, ayant avorté devant le Sénat avec le premier Cabinet Herriot, et devant la Chambre avec le second ministère

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Painlevé, était-il du moins possible de trouver parmi les modérés un appui qui permit de réunir une majorité pour une action démocratique plus «apaisée »? Des hommes considérables, et d'un incontestable républicanisme l'ont essayé, allant même parfois fort loin dans la mosaïque de leurs choix comme dans leurs concessions eur la doctrine. Mais aux heures de réel danger, ls voyaient avec mélancolie s’éclaircir chaque fois davantage les rangs de la majorité qu'ils avaient péniblement réunie. Vainement acceptaient-ils parfois qu’elle allât de gauche à droite suivant les projets et suivant les circonstances. L’heure fatidique ne tardait pas à sonner dans l'atmosphère empoisonnée d'ambitions et d’intrigues. (Salve d’applaudissements.) Les crises ont ainsi succédé aux crises, énervant, puis finissant par émouvoir, par inquiéter l'opinion publique, créant, en raison de l’hécatombe de ministres des finances démissionnaires, renversés, parfois remplacés sans débats publics, une atmosphère d'angoisse et de pessimisme, jusqu au moment où, devant une situation d'un danger exceptionnel, à laquelle les prédications fanatiques et les manœuvres éhontées d’une ploutocratie réactionnaire ‘qui prétendait imposer ses solutions de misère et de ruine (Vifs applaudissements), avaient fini par acculer le pays. Le Parti Radical et Radical-Socialiste, après un dernier sursaut et un dernier effort, dut quitter la barre, tet laisser tenter ‘une: combinaison plus large, dite d'Unron Nationale, où un Gouverne-

ment plus fort s’appuierait sur une mayorité moins précaire.

Le Cabinet Poincaré.

C'est dans ces conditions que le Président de la République, dont la correction constitutionnelle et la loyauté républicaine sont à l'abri de toute critique, a fait appel à M. Poincaré, dont le républicanisme est hors de cause. Le chef du futur gouvernement déclara, au sortir même de l'Elysée, qu'il ne consentirait en aucun cas à se charger du pouvoir s'il n'était préalablement et fermement assuré du concours du Parti Radical-Socialiste, et c’est dans ces conditions claires et précises qu'il fit un appel émouvant au chef même du Parti Radical-Socialiste.

Ce concours, fallait-il le refuser ? Le danger était là, pressant et inexorable, et on devait le conjurer à tout prix. Nos amis savaient que leur refus pouvait entraîner une crise politique d'une incalculable portée où le régime lui-même risquait d’être atteint dans ses œuvres vives. Ils sont allés à ce qu'ils avaient le droit de considérer comme le Devoir. Leur tort fut, dans la précipitation des événements, de ne pas suivre à la lettre le Règlement de notre Parti. Mais, ayant noté, pour la regretter, cette infraction aux statuts qui doit demeurer notre guide, devons-nous vraiment nous dresser contre ces hom-

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mes et les blâmer d’une décision parfaitement honorable, incontestablement courageuse, et que le seul intérêt du pays a dictée ? Qu eussent-ils donc pu faire qui emportât aujourd'hui l’adhésion unanime de notre Parti? (Applaudissements.)

Soyons justes et soyons humains. En allant au-devant de toutes les difficultés qu'ils devaient et pouvaient prévoir, les ministres radicaux socialistes du Cabinet Poincaré, ont dû, nous l’imaginons, scruter le visage anxieux et grave de la France s’élevant au-dessus des Partis et puiser dans sa vision pathétique la volonté de sacrifier momentanément au salut commun leurs préférences, et aussi, leur ressentiment Quand un ancien Président du Conseil comme Herriot, aimé des militants pour ses magnifiques qualités s’expose aux risques que vous savez, peut-on, sans éprouver quelque honte au fond de soi-même, imaginer un seul instant qu'il fut déterminé dans son geste par un souci d'ambition personnelle >? (A pplaudissements unanimes el cris: « Vive Herriot! »)

L’attitude de notre parti

vis-a-vis du Cabinet.

Le Congrès a fait justice de ces soupçons misérables. Voyons plus haut et plus loin. Le

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