LES BALUSTRADES ET LES BALCONS
(le la Madeleine (iig. Ho), en Bresse dans l'éf^lisc <le Brou, en Flithdre dans l'église Sainl-Goiiiaire de Lierre ; mais on peut bien apprécier sur ces trois jubés les qualiLés de goût et de
mesure qui sont parlieulièi-es à l'art fraiiviii» el qui font du jubé de la Madeleine à Troyes une u'uvre exquise, tandis que les jubés de Lierre et de Brou, <lus à des artistes tles Flandres, ont une exubérance de sculpture (|ui nuit à l'eflel d'ensemble.
Le rappel de l'échelle liuniaine esl iiidispen.^iable à l'apprécia-
lion de la grandeur réelle. On le voit bien au Palais Ducal de Venise où les appuis ajourés, dont la hauteur ne dépasse guère un mètre, mettent en valeur les colonnes et les arcatures qui soutiennent le plafond de la galerie du premier étage (fig. 40 1.
Dès la fin du xv*^ siècle on tendait, comme on le voit sur les balcons de Tliôtel de Jacques Cœur à Bourges, à varier le décor. On chargeait les cercles quadrilobés de fleurettes, de crochets, d'armes parlantes ; on variait à plaisir les divisions linéaires d'une balustrade, comme on le fit à Téglise de Saint-Germain- TAuxerrois de Paris, et nous avons vu qu'au Palais de Justice de Rouen, si la balustrade avait la hauteur d'appui de trois pieds, fixée par la tradition, elle était surmontée de grandes arcatures ajourées qui reliaient entre elles les lucarnes et formaient un magnifique décor.
Le retour aux formes antiques modifia, dès le début du xvi'* siècle, la décoration des appuis, qu'on refit pleins, pour y développer une sculpture de bas-relief faite de médaillons, de rinceaux, de patères, etc.. Ainsi sont composés les appuis de la chapelle qui fut ajoutée en Espagne, au xv!*" siècle, à Tabside de la cathédrale de Léon. Dans les pays comme l'Auvergne, où l'emploi de matériaux volcaniques ne pouvait com|)orter un grand développement de sculpture, on se contenta souvent, comme on le fit à la maison consulaire d'Aurillac, d'accuser l'appui par une moulure.
Mais souvent aussi, l'appui plein reçut des armoiries ou des figures en bas-reliefs. Ainsi sont traités les appuis d'un édicule polygonal, saillant sur le pignon d'un presbytère de Nuremberg, et c'est une décoration analogue qui fut adoptée pour la maison au Toit d'Or d'Innspruck.
A Salamanque, les balustrades de la cour intérieure de la maison des Coquilles sont encoi*e traitées à jour, et de formes assez compliquées.
A Blois, un hôlel du xvi'' siècle, tel que Ihôtel d'Alluye,