‹ Décor de la pierre: introduction sur l'enseignement de l'artChapitre 16 sur 19 · LES CHEMINÉES · texte numérisé non relu

LES CHEMINÉES

tjrande salle et ia Iradilion en mainleiiail encore Tiisage au xvii' siècle. L'ne fort belle cheminée de l'hôlel de Vogué i* Dijon en fournit la preuve. IVaulres exislent encore au château de Cadillac (Gironde) (fig. 127), les motifs de figures dans le

il'l- (le la p'nmic salle é.âAi.Kors.

goût îlalien y sont frès développés. Au cliàteau de Maisons ta cheminée, dite de Condé, forme encore, entre deux fenêtres, un grand motif saillant, mais dont l'àlre est extrêmement réduit et encadré par une sorte de cliambraule. C'est au-dessus que s-e développe, sur un piédestal soutenant des figures de captifs agenouillés, de part et d'autre d'un trophée d'armes dont un

DKCOR DE LA PIFRRI':

médaillon du prince occupe le cenire, un bas-relief représenlanl Condé sur un char de triomphe.

On voil qu'il s'agit là d'une (pnvre de sciilplure ti'ès intéres-

sante par elle-même, mais qui s'applique mal à la structure d'une clieniinée.

C'est un aclieniinement vei-s uu'j disposition nouvelle de la clieminée, considérée comme réduite ii son âtie entouré d'un chninbriinle de 'marbre que suriuonlait une tablette, destinée â

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porter une garnitiirede bronze, et dont les grands appartements de Versailles offrent de nombreux exemples.

En même temps s'était développé le goût pour tes glaces qui,

par réflexions successives, semblaient agrandir les pièces principales et qu'on plaça bientôt sur la tablette de la clieminée.

L'or devenant un élément de décoration pour les châteaux, il était nature] pour ces cliambranles de cheminée de préférer à la pierre les marbres colorés qui s'harmonisaient avec le bronze

doré (cheminée de la salle du Conseil à Versailles) et depuis la fin du XVII** siècle jusqu'à nos jours, la cheminée banale de marbre, qu'on change au gré du locataire, a remplacé, presque partout, la cheminée de construclion.

On peut le regretter, car les essais faits de nos jours de cheminées bien construites, ayant leurs piédroits et sommiers incorporés dans les murs au moment de la construction, leur manteau et leur hotte bien appropriés à leur destination et bien décorés, prouvaient que la cheminée peut, aujourd'hui comme jadis, en dépit des chauffages de calorifères à basse ou haute pression, fournir à un grand salon ou à une grande salle à manger (fig. i2H) un élément essentiel de décor, que ne donneront jamais les pastiches en staff ou en carton-pâte des cheminées anciennes, pastiches ridicules et qui ne peuvent être d'aucun usage parce qu'ils sont incapables d'être utilisés ni pour le chauffage ni pour l'évacuation de la fumée.

1° La coupole et ses dérivées. - La voûte en arc de cloître.

L'emploi de la voûte de pierre a été extrêmement limité dans l'antiquité. Les voûtes égyptiennes, celles des sanctuaires du lemple dWbydos ou de quelques salles du temple de Deir-el- Bahari, sont construites par encorbellement d'assises à lits horizontaux, évidés pour substituer aux dalles d'un plafond une surface courbe, taillée aux dépens de l'épaisseur de la pierre.

Les voûtes des lombes à coupole de TArgolide, quoique procédant du même principe d'encorbellement, sont plus intéressantes, parce que leur forme répond mieux à leur mode de structure. Cette forme est ovoïdale et les assises, qui s'élèvent en saillie les unes sur les autres, formant une série d'anneaux concentriques qui, diminuant progressivement, sont taillées suivant un rayon de courbure qui ménage la matière et utilise bien sa résistance (fig. 129).

La voûte répondait d'ailleurs à une nécessité de construction; elle permettait la couverture de salles dont la largeur dépassait la longueur des monolithes pouvant former plafond. Dans l'état actuel de nos connaissances, nous ne savons pas bien si la voûte en petits matériaux façonnés est antérieure ou postérieure à la voûte de pierre montée par encorbellement de lits horizontaux. Est-ce, ainsi qu'on pourrait le croire, la pénurie de matériaux calcaires qui a déterminé, en Chaldée, le façon-

nage de la terre en matériaux réguliers, susceptibles de former les assises d'un mur ou les encorbellements d'une voûte? H est difficile de raffii-mer. car dès l'époque Ihébaine et même auparavant, on consirnisait en Kgypte. des voûtes de briques léchées au soleil en élevant le plus liant possible les sommiers par lits borizontaux pour fermer sans dit'ficullé le sommet de la voûte en posant les briques suivant des joints convergents.

Pour les voûtes en berceau ainsi construites, on appuyait contre le mnr pignon les premières tranclies de la voûte de briques en leur donnant une inclinaison suffisante

rer chaque tranche nouvelle à celle déjà placée, sans qu'il fût nécessaire d'établir des cintres en charpente. C'est par un procédé analogue qu'étaient construites des voûtes de galeries d'égouts dans le palais assyrien de Khorsabad et les combinaisons qui permeltaient de monter les voiites sans cintres ont été constamment pratiquées en Orient.

L'histoire des monuments de la Perse est trop peu connue pour qu'on puisse préciser la date des palais de Firouz-Abad et

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de Sarvistan; on croit cependant celui de Firouz-Abad contemporain des dynasties acliéinénides. S'il en était ainsi, cela tendrait h prouver que. dès les lemps les plus recidés, on avait construit en Chaldée des voûtes en petits matériaux dont l'usage s'était propagé jusqu'en Perse au v' ou au iv' siècle avant notre ère.

La remarque est d'autant plus intéressante que les coupoles persanes de Sarvistan s'appuient sur des murs construits en matériaux calcaires par l'interuiédlaire de niches ou de voûtes, les unes spliériques, les autres coniques, qui paraissent être les

Femiers essais con- Vie. lan. — Salle c.)uvcrli- en comioie nu Pulnis ili> Survis-

nu3 de passage du

plan carré au pla»

polygonal un circulaire, aboutissant f) la coupole sur trompes et

à la coupole sur pendentifs (fig, 130).

Dans l'Inde et dans les pays d'Kxtrème-Orient, la coupole appareillée par lits Iiorizontaux n'a jamais cessé d'être en usage. C'est la coupole saiis poussée, de forme ovoïdale, se rapprocliant peu fi peu do la forme conique, qui fut délinilivcnient adoptée en Occident pour les flcclies de clochers (flèclies

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coniques de Notre-Dame de Saintes ou du Saint-Front, de Périgueux) reposant aussi sur le plan carré des murs par l'en tremise de trompes d'angle. En Orient, les voûtes des monuments Khmers et particulièrement celles des galeries du sanctuaire d'Angkor-Watt, caractérisent bien la voûte construite par encorbellement.

Dans TEmpire grec, dont Tart subit la double influence de la Grèce antique et de la Perse Sassanide, Temploi de la coupole sur pendentifs semble avoir précédé celui de la coupole sur trompes.

Dans un tracé théorique de la coupole sur pendentifs, c'est la diagonale du carré qui donne le diamètre de la sphère et sur les piliers quadrangulaires s'élèvent de grands arcs doubleaux qui coupant la sphère, laissent entre eux des triangles sphériques raccordés au sommet sur un des parallèles, au-dessus duquel se poursuit la calotte sphérique fermant la voûte. C'est le parti qui a été adopté par les architectes, originaires d'Asie Mineure, qui édifièrent sur pendentifs Ténorme coupole de Sainte-Sophie, à Constantinople (fîg. 131).

Cette coupole fut construite en petits matériaux posés par tranches inclinées suivant l'usage ancien et bien qu'il ait été diflicile jusqu'ici d'analyser la construction des pendentifs, on peut croire que ceux-ci sont construits en encorbellements : on évitait ainsi la poussée de ces pendentifs et on utilisait au contraire leurs poids comme surcharge des piliers afin de mieux contrebuler les poussées de la voûte sphérique et des arcs doubleaux.

Dans un pareil système, très différent du système de construction antique, où l'on n'agissait que par charges verticales, ce sont des forces vives que l'on met en action et qu'il faut équilibrer par des forces de sens contraire.

De là, deux modes de contrebulée, résultant de l'emploi de différents systèmes de voûtes : tantôt en effet les efforts h vaincre se subdivisent et sont réduits par des berceaux, des

voûtes d'aréles et des voûtes en arcs de cloître, amorties siir des contreforts; tantôt, pour donner plus d'ampleur à la salle principale, comme on le fit à Sainte-Sophie de Gonslanlinople, ce sont de grandes voûtes liémispliériqiies qui s'opposent à la

Fig. 131. — [Jiiipolf sur pondontifs ù l'i-pli^c SaiiiLc-Supliîi.' A Ci>i)»taiiliiit)]ilL-.

poussée transmise par les donbleaux et qui l'amortissent siu" des murs extérieurs d'épaisseur sufHsante.

Le mode de construction des coupoles sur pendentifs est celui qui prévalut dans l'art byzantin du v'' au vii]'' siècle; on en trouve de nombreux exemples à Constanlinople, k Salonique et, au xn' siècle, on construisait encore, à \'enise, les eoupoles de l'église Saint-Marc sur les mêmes données. Celles des églises <Ie Mistra, dans le Péloponèse, étaient construites <le même, du xiii*^ au xv*' siècle; toutefois, sur les pendentifs on élevait un tambour cylindrique peicé de fenêtres alternant

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