‹ Décor de la pierre: introduction sur l'enseignement de l'artChapitre 6 sur 19 · i Dià:i)i( j>v. LA piKitnh · texte numérisé non relu

i Dià:i)i( j>v. LA piKitnh

qui s'y était développé, s'est propagé en Kapagiie. introduit pur les moines cluiiisiens. nos formes d'arcliitectnre y ont été transplantées sans ancune modification. C'est par centaines (|u'on ]ieut

l'crs KiipporlanL le miir (II- la hhIIu < abbaye de Sain l- Aubin J'Anprs.

compter les absides clunisiennes renforcées extérieurement de colonnes, à Séjîovie, à Léon, à Salamancpie, à Avila, etc...

L'abside de l'église San-Isidoro k Léon est l'une (les mieux conservées ; les baies fermées sans doute par des vitraux élaienl défendues par des grilles en fer forgé formant, comme les grilles de la calliédrale du l*nv. un délicat réseau, .\ Ségovie, suivant

MURS, PILIEIIS, COLONNES S;)

le li-acé clunisien, cinq chapelles orienlées s'oiivrenl sur le transept de l'église de San-Millan. A Salamanque, la vieille cathé- (li-ale a conservé intacles à l'extérienr ses trois absides et sa cou-

de l'i-Klisc olibaUiik- ilv P.Mili'vi-HiiJl. \if siècle.

pôle à écailles, montée sur tamiiour, que flanquent quatre lourellea et que renforcent, entre les tourelles, de liantes lucarnes à pignons, comparables fi celles (|ui existent au cloelier de Brantôme en Dordogne,

A l'intérieur, la nef offi-e un remarquable exetnpie d'une dis-

position de piles à colonnes engagées, dont les chapiteaux avaient été préparés pour recevoir les doubleaux et formerets d'une voûte en berceau, et qu'on surmonta postérieurement de culsde-lampe, lorsqu'il fallut recevoir des arcs diagonaux qui n'étaient pas prévus.

Sur le transept sud de cette église, la voûte est, comme en Anjou, une coupole appareillée suivant les parallèles de la sphère et renforcée par des nervures diagonales. Les voûtes des bascôtés oflTrent la même disposition.

La superposition des étages, que Tart antique avait presque ignorée, et qu'on trouve en usage dans les premiers édifices chrétiens, avait contribué à développer cette association d'arcs et de colonnes ou piliers, qui se prétait aux combinaisons les plus variées.

Dès l'adoption des tribunes dans l'architecture grecque d'Orient, l'emploi de colonnes et d'arcs soutenant les voûtes ou planchers de ces tribunes s'imposait. Tantôt la construction est très simple, comme on le voit à Sainte-Sophie de Constantinople, à Saint- Marc de Venise ou à Saint-Vital de Ravenne, et aucune combinaison originale n'est nécessaire pour la superposition des supports. Il n'en fut pas de même dans l'architecture française, lorsque la construction d'étages dut se combiner avec l'équilibre des voûtes et avec la résistance aux poussées.

Dans l'architecture arabe, le minaret n'est qu'un escalier, ayant aux divers étages des ouvertures ménagées sur des balcons en encorbellement. Le clocher d'une église française est beaucoup plus compliqué, à cause des dimensions en plan qu'exige le beffroi, dès que la cloche atteint un grand diamètre et qu'il faut tenir compte des poussées de voûtes de large ouverture, et des mouvements pouvant résulter des oscillations et des vibrations du beffroi.

De là une série de combinaisons très variées qui tendent à évider seulement, dans le clocher, l'étage du beffroi, pour la pro-

pagation du son des cloches et, tout en ajourant l'étage supérieur, à y ménager les transitions nécessaires du plan carré au plan octogonal ou circulaire, pour rendre possible la couverture du clocher à l'aide d'une toiture de pierre. Cette toiture, d'abord peu

inclinée, dans les régions du Centre et du Midi, se modifie assez rapidement, parce que l'architecte est obligé de tenir compte d'un moyen rapide d'écouler les eaux, et que, pour y parvenir, il est indispensable de donner une forte inclinaison k la flèche.

Cette flèche est construite suivant le système oriental, par

encorbellement, chaque assise formant un anneau de plus pet il diamètre que l'assise précédente, et comme souvent ces flèches reposaient sur des clochers construits au-dessus des transepts, qu'il était, en conséquence, indispensable de réduire leur poids au minimum pour éviter de trop charger les arcs de la croisée, on fit ces anneaux successifs de faible épaisseur partant de (l"'4^0, ou 0'"30 à la base pour arriver à ()"'20 ou 0"^ 15 au sommet.

Le clocher de Brantôme (Dordognei, œuvre du xi^ siècle, est un des types des clochers isolés dont les murs intérieurs sonl construits en encorbellement, afin de soutenir au sommet les étages supérieurs, lesquels sont d'ailleurs consolidés sur chaque face par des lucarnes à pignons aigus, faisant office de contreforts ifig. 47).

Le clocher de Hrantôme paraît avoir été le i)r()totype des clochers limousins, entre autres de celui de Saint-Léonard et aussi de celui de la cathédrale du Puy, construit en matériaux dune résistance exceptionnelle ; on l'a mise à profit en reportant les charges des étages supérieurs montés en retrait sur des piliers intérieurs. Les colonnes, accouplées généralement pour former l'épaisseur du mur, constituent lesmeneaux et piédroits des arcatures correspondant aux différents étages de ces anciens clochers.

Le parti de la fièche quadrangulaire donnait une solution un peu lourde pour le couronnement du clocher, surtout s'il était de grande dimension. Aussi, malgré les inconvénients que présentait la couverture en cliarpente pour les risques d'incendie, les grands clochers carrés élevés en Aquitaine au xii^' siècle, celui de Sainte-Croix à Bordeaux, celui de Saint- Porchaire à Poitiers ffig. 48 1, étaient encore couverts en charpente, tandis qu'on couronnait, par des flèches coniques, décorées d'écaillés à l'extérieur, les clochers de transej)ts d'églises de moindre importance, celui de Notre-Dame de Saintes, celui de Notre-Dame-la-(îrande de Poitiers, celui de l'église de Bassac, dans la Chai ente, et de bien d'autres étjflises de la Saintonije et du Poitou.

MUllS, PILIERS, COLONNKS 89

Ce lype de flèche conique à écailles, adopté dans l'Ouesl, s'est propagé jusqu'en Anjou, à l'église de Cuon notamment, et ilji certainement inspiré les flèches octogonales des clochers de

Fin. 48. — Grand tlot-luT à plusirtirs t'I A ri-)rlise Su i ni- Pure liai ri" du

transept de la région parisienne, à Bougival, Santeiiil, Sarcelles. Les clochers de Xesles, de Saint-Leu-d'Ksserent, qui pi'cnnent appui sur le sol, sont couronnés de même.

En Espagne, une autre disposition était prise, dérivée des coupoles bv/antines sur t:iml>our, qui laissaient voir, à l'intérieur

de l'édifice, le tambour el sa coupole. C'est le parti adopté aux transepts des cathédrales de Toro (fig. 49), de Zamora et à l'ancienne cathédrale de Salamanque. Elle conduisait à un système

Fin- 19. - ClucliL-i

de couverture très original qui esta étudier avec la construction et la décoration des voûtes.

Le couronnement octogonal des clochers a donné lieu, pour le passage du carré à l'octogone, à plusieurs solutions très intéressantes. La plus simple est rencorbellemcnt, dont une remarquable application existe à l'ancien clocher de Saint-Aubin d'An-

gers. D'immenses encorbellemenls inlêrieiirs dégagent les quatre angles du cloclier, qui sont occupés par des tourelles à couronnement aigu, flanquant la flèche octogonale donl l'amorce seide existe maintenant. Ces tourelles octogonales forment aussi

Pi)C. bO. — Type de flèche A écailles inontùc par enciirbcUcniL'nt danit la ri'^tion |>nrisiennc au Ml' siècle. ClocherUe Hoiigival'Seliie-cl-Oisc:!.

les amortissements de la flèche au clocher, à demi ruiné, de Montierneuf, à Poitiers, L'amortissenienl par p yramides tronquées du clocher de Sainte~Radegon<le, dans la même ville, donne une silhouette moins agréable.

Dans la région parisienne, les exemples abondent ; la solution du passage du carré A i'oelogone est obtenue le plus souvent par

des arcs comme à Boiigival ou par des trompes coniques comme à Sanleuil.

A Bougival, le clocherdu xii** siècle i fig. 50), qui a précédé la nef du xiii^'siècle, est àdeux étages et, sur les colonnes d'angle, faisant office de contreforts, s'appuient de petits édicules, dont les colonnettes sont disposées sur plan circulaire, et que de petites flèches coniques surmontent. Les angles de la flèche sont renforcés par une moulure assez saillante et chaque groupe de deux assises porte une décoration de dentelures, qui rompt la monotonie des pans de la pyramide. Au clocher de Téglise Notre-Dame d'Ktampes, c'est par un étage vertical, correspondant à de petits édicules à triple étage de colonnettes et d'arcatures, que se fait le départ de la flèche, et, sur chaque face, s'élèvent des lucarnes à frontons aigus, qui devaient prolonger, à l'origine, la face verticale, pour renforcer la flèche à son raccordement avec le campanile.

Une disposition du même genre existe à I^imay, mais là Tintérieur des édicules a été rempli par une maçonnerie pleine. Un des clochers les mieux étudiés, au point de vue du tracé des arcatures de Tétage du beffroi et de l'amortissement des angles par des édicules ajourés, est celui de Mogneville (Oise) (fig, 51).

L'emplacement assigné aux clochers s'étant modifié, les clochers de transept des monuments clunisiens, tels que celui de l'église d'Anzy-le-Duc ou de la cathédrale d'Autun, étaient complétés par des clochers de façade et aussi par des clochers élevés, de part et d'autre, du chœur, à l'angle des transepts. C'est le cas des clochers de l'église de Morienval et de l'église de Sainl-Germain-des-Prés à Paris. Des clochers de transept furent projetés, sinon exécutés, dans les cathédrales françaises du xni'' siècle, à Chartres, à Reims, à Laon, mais c'est sur la façade principale que furent désormais placés les clochers principaux.

De grands clochers, tels que celui de la Trinité de Vendôme (fig. 52) ou ceux de la cathédrale de Chartres, procèdent de

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iiiélhodes précises de sli'iictiire el de décor, ménageaiif, par transitions successives, le passage du fût vertical de la toiii" à la flèche octogonale et utilisant, pour ces diverses transitions, les colonnes et les arcs.

Dans les cathédrales élevées en Espagne, du xn" au xiv*' siècle,

Fie. il, — Ua.iildaiii.>i-lisai.'meiitdp lu iléclu; <l<i i-lacl»r de MoKiioville 'Oisf:,

par exemple dans la cathédrale de Burgos, tontes les résistances sont accumulées dans les contreforts d'angle qui sont, à eux seuls, de véritables monuments, et entre lesquels les nnirs sont très largement évidés par des baies jumelles, qu'entretoisent des linleanx.

C'est dans le même esprit qu'ont été étudiés les couronnements des tours à la cathédrale de Paris, ell'on sait avec quelle adresse ont été conçues et exécniét's les arcatnres ajourées, ayant pour appui de sveltes colonneltes. qui portent les balustrades, el font si bien apprécier la hauteur des étages el la graiidenr réelle du monument.

L'Espagne a été si directement inféodée à l'art français du xn^ au XV® siècle, qu'il n'est pas surprenant d'y retrouver les mêmes modes de construction et les mêmes principes de décoration des supports. Il n'en est pas de même en Italie, où l'influence de l'art français a été moins étendue, étant limitée surtout à des reproductions de formes sans que la construction intervienne le plus souvent dans le décor (Cathédrale de Sienne).

Dans les monuments de style byzantin, lels que l'église Saint-Marc de Venise, les colonnes qui soutiennent les arcs des voûtes revêtues de mosaïques ont leurs chapiteaux évasés et très richement décorés, comme le furent les chapiteaux des églises grecques, dont les tailloirs formaient un élément nouveau de construction sous la portée des sommiers.

Avant la propagation de l'art français du xiii*" siècle en Toscane, l'arc et la colonne ont été très employés pour former sur les murs des revêtements décoratifs. Les églises de Pise, de Lucques, de Pistoja en fournissent de nombreux témoignages. C'est toujours le décor de revêtement en beaux matériaux qui séduisait les Italiens du xii** et du xiii® siècle, comme il avait séduit les Romains sous l'Empire. Il faut cependant faire exception pour de remarquables monuments de la Toscane, et notamment pour le grand portail du Dôme de Lucques, qui est une œuvre bien conçue à tous égards et dont le décor s'accorde admirablement avec la structure. Mais, en général, l'arc et la colonne ne contribuent qu'à des décorations superflcielles en Italie, et les clochers n'y ont pas donné lieu aux recherches intéressantes que nous avons pu signaler en France. La tour de Pise n'offre qu'une succession d'étages égaux sans aucun parli de décoration. Les tours des églises du xir® siècle, dans l'Italie centrale, sont des édifices carrés offrant une succession d'étages, à peu près égaux, évidés d'une ou plusieurs arcatures.

L'emploi de l'arc dans l'architecture italienne, limité pendant longtemps aux nefs des basiliques où, comme à San-Miniato

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près de Florence, les colonnes elles arcs soutiennent les murs séparalifs entre les nefs couvertes en charpente, n'est vraiment inléiessanl, en Italie, que du xiv^ au xv^ siècle, parce qu'à cette époque il a donné lieu dans rarcliileclure civile à des combinai-

- Clodier de la Trinilù ilv Vendôme.

SOUS nouvelles et très audacieuses. C'est la loge des Lances, à l'Iorence ; c'est le palais public de Sienne et tant d'autres édifices qui, soit par les galeries des cours intérieures (palais du Podestat à Florence et palais public à Pistoja), soit par les arcatures de leurs baies géminées, ont fait de l'arc et de la colonne les

plus charmantes applications, les étendant aux coustructions de briques où les matériaux façonnés et moulés s'accordaient par leur élégance avec les fines colonnettes de marbre aux chapilaux délicatement sculptés.

Kn F'rance on renonçait dès le wr siècle aux flèches aiguës concernant les clochers et on reprenait comme motif de couronnement le petit dôme à écailles s'appuyant sur un édicule ajouré qui facilitait l'application des ordonnauces à Tanlique. Les clochers de la cathéch^ale de Tours ont leur couronnement ainsi disposé.

Mais à partir du xvu^ siècle, les grands clochers de façade étaient abandonnés pour les dômes en charpenle élevés audessus des transepts. Les derniers clochers construits en pierre, ceux de Téglise Saint-Sulpice à Paris par exemple, sont restés inachevés.

Cependant Tidée des grands clocliers n'était pas définitivement abandonnée et les églises construites à Paris dans le cours du XIX® siècle en ont été pourvues. On peut citer parmi les plus intéressants celui de Téglise de la Trinité, directement inspiré des ouvrages du xvi" siècle et celui de Téglise Saint-Pierre de Montrouge, d'un caractère plus franchement moderne. Un clocher important a été édifié aussi à Tabside deTéglise Saint-Bruno à Bordeaux.

Le dernier en date est le campanile de la Basilique du Sacré- Cieur à Moulmartre (Tig. 53) dont la construction à l'extrémité de l'abside, au-dessus de la chapelle de la Vierge, donnait lieu à une solution particulière et originale. La chapelle, enchâssée en quelque sorte dans les puissants contreforts de soubassement, s'accuse exlérieurement par les sculptures des appuis, par la grande frise de lettres ornées brochant sur un champ de roses, par l'ornementalion des baies comprises sous les grands arcs qui correspondent aux arcs doubleaux d'une coupole fermant la chapelle et revêtue de mosaïque.

MUItS, PILIKHS, COLONNFS

La galerie extérieure de colonnettes el areaturcs d'applique correspond à la galerie inlérieure de circulation sous la coupole dont les glacis extérieurs accusent l'en) placement.

C'est sur cette base à la silhouette très nioiivenienlée que s'élève le fi'il ([uadrangulaire du campanile terminé par un élage d'arcs à jour allégeant le couronnement.

Au-dessus de la coruiclie de cet étage le passage du plan carré au plan octogonal puis au plan circulaire est réalisé par une série d'amortissements représentant aux angles les Anges tenant les Kvangéliaires et audessus les attributs symboliques des Kvangélistes.

Une galerie d'arcades sur colonnes marque le départ d'une flèche conique à écailles couronnée par un édicule terminal que surmonte une croix.

Les dimensions de ce grand clocher dépassent

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