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ET LEURS SUPPORTS

Parmi les ëlénienls de composition des ouvrages de pierre, les balcons et appuis, ajourés ou pleins, olîrenl un inlérêl particulier; plus que tous les autres, en effet, ils sont liés à l'échelle humaine, qui est bien la meilleure des règles de proportion, puisque les monuments sont faits pour Tusage de Thomme.

Du jour ou le programme des édifices publics ou des habiUitions privées comporta la superposition d'étages, Tappni devint une nécessité pour prévenir les accidenls. Il était indispensable de protéger contre une chute possible les passages établis à la base des combles, et qu'on dut multiplier à différentes hauteurs, pour rendre accessibles les parties de la construction qu'il fallait entretenir. Pour des raisons d'un autre ordre, il était nécessaire de clore par des appuis ou des balustrades des parties réservées dans des monuments religieux ou civils.

Dès l'origine de Tart chrétien en Occident, les architectes donnèrent au programme nouveau deux solutions : Tune consistait à évider, suivant la forme des ornements dessinés, la dalle de pierre ou de marbre formant appui : c'est le parti adopté à Uavenne pour des clôtures de chapelles au vi** siècle (lig. HOj. Une autre solution était la décoration par la sculpture en bas-relief d'un appui plein : les monuments vénitiens de slvle bvzantin en offrent de nombreux exemples. C'est la clô-

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lui'e (lu chœur du dôme de Torceilo ftîg, IH) ; ce sonl îiussi les (ippiiiâ des galeries découvertes à l'église Saint-Marc de \'enise, œuvres du xii" siècle, peul-êlre même antcrieures. A Sainl-Mtirc. les appuis sculptés forment des panneaux encadrés dans des pilastres et couronnés par une moulure continue. Cette disposition fort simple fut usitée dès l'époque méro-

Fii;. 110. — Ap|>iii Iraili' en hroilcric i jour formoiit rlôlurc d'une clinnolli' à l'.V-li»(' Ïfaint-A|><)llii>airc de Itavcnnc.

viiigienne dans l' a rclii lecture française et <les rapprochements peuvent èli-e faits entre les fragments d'anciens appuis conseï-vés dans des cryptes, comme celle de Saint-Seurin de Hordeau.\, et ceux qui subsistent encore dans les églises de (îrèce, à Saint-Luc de Fliocide, par exemple, ou dans les édifices byzantins de l'Italie.

Lorsque les appuis sont ajourés, la décoration linéaire soutient la décoration animale ou llorale ; les clôtures ou i< iconostases » des églises grecques, par exemple celle de l'abside de Theotokos, à Saint-Luc de IMiocidc, caractérisent ce mode de <lécor.

Kn France, dès la fin du xii' siècle, la tendance élail plutôt aux claires-voies qu'aux murs pleins ; il n'est donc pas surprenant que, dans nos cathédrales, les galeries de circulation, soit

l'L', 111. - Aiipui plein ilci-nK- de sdiliiliii-cs en has-iclLi:f roriïiuiU d.'.liire do clio-ui- au ilôiiu' (II' TuivcII».

il l'intérieur, soit à l'extérieur, assnranl une protection indispensable, aient été le plus souvent traitées à jour. Lit nécessité des appuis de pierre coïncidait avec la disposition très logique des passages qui, au xii' siècle, étaient déjà ménagés au travers des piliers, en vue de faciliter l'accès, à l'intérieur comme à rexlérieur. des fenêtres garnies de vitraux et de rendre pos-

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silile la surveillance des li-ibunes el des combles des basses lU'fs. Dans les églises du xii" siècle, à la cathédrale d'Angers pur exemple, on à rét(lise abbatiale de Koiilevraiill, les circula-

lions intérieures sont à découvert et lie sont pas piolégécs. Il eu était de même à la cathédrale de l*oitiers, el c'est sans doute à la suite d'accidents qu'on se décida h adopter, à l'exlérieur comme à l'intérieur, wne disposition de galeries formées de |ielils supports, piliers ou colonnes, soutenant des arcalnres.

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A rinlérieur, ces galeries de service ou triforiums ne comportent le plus souvent d'autre protection que des colonnes qui sont d'ailleurs assez rapprochées ; à Textérieur, on reconnut bien vite la nécessité de murs d'appui continus : ils étaient constitués par de petites piles soutenant une arcature trilobée, ou par des motifs circulaires à quatre lobes formant une série de panneaux, reliés entre eux de travée en travée par des mains courantes en pierre.

A la cathédrale de Bayeux les passages découverts sont, à l'intérieur comme à l'extérieur, formés d'arcatures trilobées, dont les moulures se prolongent sur les piédroits, ou s'amortissent sur les ciiapiteaux de colonnettes doubles. La disposition de galeries élevées est rare à l'extérieur et on donnait le plus souvent aux appuis une hauteur de 1 mètre à 1*" 10 suffisante pour prévenir tout danger de chute.

A la tour centrale de la cathédrale de Coulances, c'est encore une galerie d'arcatures à colonnes qui protège le passage situé au-dessus des encorbellements (fig. 112). A la cathédrale de Paris, c'est une balustrade continue, à hauteur d'homme, qui défend le passage longeant la base des combles, et la balustrade est évidée dans de grandes dalles, qui trouvent leurs points d'appui sur les pinacles surmontant les contreforts. Sur les tours, ce sont aussi des dalles, évidées par des arcatures à quatre lobes, qui constituent l'appui fait à l'échelle humaine et dont la hauteur peut servir de repère pour apprécier la grandeur du monument ifig. 113).

Kxceptionnellement, à Ueims, dans l'église du sacre, la galerie d'arcatures. à la base du comble, ne constitue pas un appui, mais une décoration de couronnement pour le mur, et on ne peut affirmer que la hauteur de cette galerie soit au bénéfice de l'effet i^énéral du monument.

Les balustrades en forme d'arcatures à quatre lobes furent en usage du xiT au xiv'' siècle dans tous les monuments de style

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