‹ Décor du métal; le cuivre et le bronzeChapitre 17 sur 24 · APPLICATIO^’S DU MÉTAL AUX APPAREILS D ÉCLAIRAGE · texte numérisé non relu

APPLICATIO^’S DU MÉTAL AUX APPAREILS D ÉCLAIRAGE

aux bougies, puis pour l’éclairage au gaz. Actuellement c’esl un lustre avec éclairage électrique qui va prendre place à Bordeaux dans la salle de spectacle, et la Commission des Monuments historiques, appelée à donner son avis, a proscrit les fausses bougies. C’est le commencement de la sagesse, et on comprendra que, dans ce nouvel emploi de l’électricité, les lampes sont

Fig. lis. — PlalbiKl à éclairage élccliiqiie du salon du yacht Hélène.

Composition de L. Magne. Exécution de Trioullier.

comme autant de pierres précieuses, enchâssées dans le métal et se prêtant aux groupements les plus variés, parce qu’elles donnent la lumière dans tou tes les directions.

Il y a quarante-cinq ans, lorsqu’on ne connaissait encore ([ue l’éclairage au gaz, on avait essayé, dans les théâtres, de substituer aux lustres des plafonds lumineux. On supprimait ainsi à l’intérieur de la salle le gaz dont on avait remarqué l’elfet elésastreux sur les peintures. L’inconvénient était la diminution sensible de la lumière qui projetait des ombres désagréables.

Pour y remédier, mon père avait eu l’idée, au théâtre du Vaudeville, d’établir, en saillie du plafond, sur une armature de

bronze, une grande vasque de cristal taillé (fig. 119) enrichie de pendeloques réfléchissant et divisant la lumière placée à l’intérieur de la vasque. (Cette vasque fut exécutée à la cristallerie

de Saint-Louis, i

Ce mode d’éclairage n’avait qu’un défaut , il exigeait une «'■rande consommation de gaz et il fut abandonné lorsque le

l.'ijr. 119. Vusqiie en cristal taillé exécutée pour le théâtre du Vaudeville, sur les dessins d'A. Magne, par la cristallerie de Saint-Louis.

Armature de bronze.

théâtre municipal devint une propriété particulière. Il n’est pas douteux (jue l’emploi de l’électricité en eût permis la conservation.

Sur le yacht Hélène, une suspension à la cardan pour l’allumage de secours témoigne de l’utilité de 1 appropriation des formes à la destination.

Dans les installations électriques les plus récentes, la lumière est lournie par les secteurs, à l’aide de moteurs et de dynamos, jusiju’à un tableau de distribution, oii commence l’installation de l éclairage électricjne de la maison ; on a utilisé trois fils an

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lieu de deux; le troisième fil, dit « compensateur «, ayant pour but de régulariser dans le circuit l’équilibre entre les groupes de lampes et surtout de réaliser une économie considérable du cuivi’e des câbles, en diminuant leur section.

On a même fait des distributions sur cinq fils au lieu de trois.

Avec cinq fils, l’économie de cuivre est considérable, mais l’équilibre des débits est plus difficile et l’isolement doit être meilleur ; aussi la distribution à trois fils est-elle aujourd’hui la plus répandue.

Elle exige aussi de bons isolements, qu’on obtient sûrement en

Fig-, 120. — Suspension à la cardan pour l’éclairage de secours à bord du yacht Hélène. Composition de L. Magne. Exécution de Soleau.

laissant les fils apparents sur des isolateurs en porcelaine. La sécurité est assurée encore davantage en multipliant les plombs fusibles ou coupe-circuits et en rendant indépendants les groupes de lampes et même les lampes lorsque cela est possible.

Pour alimenter un groupe de lampes fonctionnant ensemble, il faut deux câbles. On devra donc réserver dans les appareils des canaux suffisamment larges pour que les câbles n’y soient pas comprimés et, pour préserver la matière isolante d’ératlures pouvant occasionner des accidents, il faudra éviter dans ces canaux les arêtes vives, c’est-à-dire les angles, et s’assurer ([ue les deux câbles peuvent y être introduits aisément sans qu’il soit nécessaire de les tirer avec un crochet.

Il peut être nécessaire aussi, dans, les appareils de grande dimension, de prévoir plusieurs alîumages; chaque lampe nécessitant deux fils, on peut économiser l’un d’eux en amenant à une chambre centrale ou nourrice, dans l’appareil, deux fils en dérivation dont l’un peut être considéré comme « commun » et snr lequel sera relié par épissure un seul fil pour chaque lampe utilisant le fil commun pour fermer le circuit. Ainsi un groupe de dix lampes et de deux allumages ne nécessiterait que le passage de onze fils au lieu de vingt. Les lampes ont leur commun comme aussi les interrupteurs.

(iliaque lampe ou chaque groupe de lampes doit être muni d’un interrupteur établissant la connexion au moyen d’épissures et de bornes entre les câbles de dérivation et la canalisation de distribution. Il faut en outre protéger chaque lampe ou chaque groupe par un coupe-circuit comportant une pièce qui fond lorsque l’intensité du courant passant dans le câble est supérieure à celle qui doit y passer normalement. Cette augmentation d’intensité se produit soit si l’on modifie l’intensité des lampes, soit si un contact s'établit entre les parties destinées à conduire le courant et les corps voisins, en particulier la « masse » des a ppa rei Is d ’éc la i ra ge .

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Outre l’équipement des lampes, il est nécessaire de prévoir la suspension des appareils de lustrerie et d’isoler cette suspension, ce qu’on réalise à l’aide d’un cylindre d’ébonite ou de toute autre matière isolante enveloppant la tige horizontale de suspension de l’appareil, et le séparant du crochet vertical qui prend appui sur le cylindre de matière isolante, complété aux extrémités par deux cônes, afin d’obtenir un isolement complet. Dans les appareils les plus récents (lustres du chieur de la Basilique de Montmartre), les treuils de suspension sont indépendants des enrouleurs des câbles qui, comme les treuils, sont revêtus d’une enveloppe décorative de cuivre ajouré et repoussé.

On comprend aisément que le diamètre du conducteur eu cuivre est déterminé par l’intensité du courant, c’est-à-dire par le nombre de lampes qu’il doit alimenter. Si en effet on augmente au delà de certaines limites l’intensité du courant passant dans le fil, il s’échauffe d’une façon sensible, si bien que le caoutcbouc qui l’isole peut se calciner et même communiquer le feu. Ainsi se justifient les règles indiquées par la pratique, pour la fixation des diamètres ou sections des fils et câbles alimentant des lampes à incandescence qui absorbent une puissance variable suivant leur type et leur intensité lumineuse.

A l’heure actuelle, le courant électrique est produit dans des usines centrales et distribué dans les villes au moyen de canalisations publiques sur lesquelles se branchent les canalisations particulières. Suivant les conditions locales, on adopte tel ou tel système de distribution. Le plus usité est celui qui donne pour l’éclairage une force électromotrice ou tension de 110 volts ; cependant, même à Paris, dans quatre zones on emploie quatre systèmes fournissant :

1“ le courant continu à trois fils ;

2° le courant continu à cinq fils ;

3° le courant alternatif monophasé ;

4° le courant alternatif diphasé.

Le système qui exige les plus grandes précautions est celui à cinq fils ; il serait prudent de prévoir, dans la construction, le branchement des appareils de lustrerie sur cette disposition.

Dès l'entrée dans l’immeuble, le courant est conduit aux appareils d’utilisation par des canalisations particulières constituées, comme les principales, au moyen de conducteurs en cuivre recouverts d’enveloppes isolantes, c’est-à-dire composées de matières non conductrices de l’électricité ; c’est le caoutchouc qui est utilisé pour les installations et équipements des appareils de lustrerie ; il doit être recouvert d’une gaine protectrice qui le préserve des chocs et éraflures. Ainsi, quel que soit le diamètre d’un conducteur en cuivre nécessaire à l’alimentation d’une lampe, le diamètre extérieur du câble sera toujours appréciable.

D’après ces indications, on peut se rendre compte des nécessités de construction et d’isolement qui interviennent dans l’établissement des appareils de lustrerie et par conséquent dans les applications du bronze aux appareils d’éclairage.

Ces applications peuvent être d’ailleurs extrêmement variées, suivant qu’on adopte l’éclairage direct ou l’éclairage par réflexion .

r Exposition de 1900, une cheminée de hronze et d’onyx du sculpteur Larché, exécutée pour la maison Siot-Decauville, était éclairée de telle sorte que les lampes disséminées et invisibles projetassent leur lumière sur les nus des figures de bronze doré, tandis que l’onyx s’éclairait par transparence.

Dans certains appareils où la lumière serait trop rapprochée de la vue, comme des appareils de salle à manger, on a eu l’idée de distribuer les lampes sous des réflecteurs métalliques, en partie ajourés pour la monture d’enveloppes lumineuses en verre opalisé comptant dans la décoration.

Dans certains cas, lorsqu’il s’agit d’appareils mobiles (suspension de salle à manger ou de cabinet de travail), les fils isolés par la gutia et entourés d’un cordelet de soie peuvent demeurer a|)j)arents. Le (il souple est dans ce cas indépendant de la chaî-

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nelle métallique qui, roulant dans les gorges d’une poulie, suit l’appareil équilibré par un contrepoids dans son mouvement d’abaissement ou de relèvement.

Enfin il peut être nécessaire, pour un éclairage de gala, d’augmenter la lumière d’une salle sans toucher à sa décoration fixe. M. Soleau y est parvenu par une application des lampes « en tension ».

On comprend que le filament d’une lampe à incandescence puisse être sectionné en autant de parties qu’on veut établir de petites ampoules ou perles capables de former des guirlandes ou des girandoles. Ces perles sont rattachées entre elles par des anneaux brisés permettant d'isoler et au besoin de remplacer l’une d’elles. Chaque extrémité de la guirlande étant un pôle, le courant éclaire toutes les lampes à la fois.

A’oilà les programmes dont les solutions actuelles ne sont pas parfaites et qui par cela même devraient tenter les artistes. Les thèmes décoratifs leur appartiennent. A eux d’en user suivant la source de lumière adoptée.

S’il était besoin de justifier par un exemple la nécessité de l’initiative pour la création artistique, l’application de l’art aux appareils d’éclairage électrique nous le fournirait. En ce cas, en ■effet, la tradition ne peut être d’aucun secours, et ne pourrait qu’égarer l’artiste et l’artisan en leur suggérant l’imitation de formes qui, faites pour un système d’éclairage, ne peuvent convenir à un autre.

Nous commettrions une lourde faute en persistant à reproduire sans raison les types charmants des siècles passés : d’autres, profitant des enseignements donnés, pourraient exercer leur initiative au dépens de la nôtre, et ce serait un grave ■échec pour l’industrie française.

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