Tiir.sc- en bronze cl ,\lhèna
Fin du VI* siècle (Musée d’Alliènes).
LEUR EMPLOI DANS l’aNTIQUITÉ
semblant provenir de boucliers et décorées par zones de figures ou d’animaux suivant la tradition orientale ; le travail du burin complète le décor par des traits gravés.
Au Musée du Louvre sont des têtes de griffons, provenant sans doute de supports de bassins, et qui sont exécutées en cuivre repoussé. D’ailleurs le travail de la fonte s’était perfectionné : on peut s'en assurer en étudiant les sauvages gi'iffons de bronze découverts dans les fouilles d'Olympie (fig. 8i et qui, quoique issus d'un type oriental, accusent par le style l’art hellénique. Ces têtes étaient sans doute fixées par des rivets à des bassins de bronze dont elles formaient les anses.
Comme en Egypte, l’œil était évidé et rempli par une pâte vitreuse.
On sait que, sous les dynasties mempliites, l’œil des statues était construit comme l’œil humain à l’aide d’une capsule de cuivre embouti dont les bords étaient rabattus pour figurer les paupières, enchâssant un globe de quartz hyalin qui simulait la cornée ; dans ce globe était évidée la prunelle en cristal de roche s appuyant au fond sur une pointe de métal qui donnait l’illusion de la pupille et animait la figure.
La composition du griffon d’Olympie accuse bien, par la silhouette de cette bête étrange au bec crochu, aux oreilles ■droites, la technique du mêlai sur lequel la gravure, complétant
Fig-, iS. — Grilîoii de bronze ayant l'ornié l'anse d'un (repied. Fouilles d'Olympie.
le décor du coi et de la tête, dessine des écailles et des rubans. Au-dessus de la tête s’élève un bouton fleuri qui servait sans doute de poignée pour le transport du bassin.
Durant deux siècles ( vii*^ et vi® siècles avant notre ère) qui correspondent en Grèce à rémancipation de la statuaire, les procédés de la fonte du bronze ont constamment progressé, en même temps que progressait l’étude du corps humain.
AI. Collignon a signalé la répétition, sur les médailles aussi bien que sur les statues, du type de l 'Apollon Didyméen, dont on peut apprécier la souveraine beauté sur le bronze du Louvre, trouvé à Piombino (fig. 9).
Ces types divins, une fois créés, se modifiaient peu ; celui d’ Athéna est caractérisé par des mouvements et des costumes presque identiques sur les statuettes mises à découvert par les fouilles de l’Acropole et sur les monnaies attiques.
La gravure complétait encore, au vi*^ siècle , le décor des vases , dea
Fig. 9 — -\pollon ,Répli(|ue de
l’Apollon Didyméen; U'ouvé à miroii's, des coflVets (cistcs trouvées-
Piombino i Musée du Louvre'.
à Préneste. Musée du Louvre ) ; mais peu à peu la fonte du bronze s’adaptait aux formessouples de la statuaire ( Uræus égyptien. Bibliothèque nationale ).
Ce goût de la polychromie, très développé chez les Crées, leur avait suggéré l’idée d’associer le bronze au marbre pour le décor des bas-reliefs et des statues. Sur la frise du trésor des
LEUR EMPLOI DANS l’aNTIQUITÉ
•Gnidiens, découvert à Delphes, une lance de bronze, incrustée dans le marbre, est maniée par Tun des combattants de la (iigantomachie.
Sur les frontons d’Oljmpie, sur la grande frise des Panathénées, sur les architraves mêmes du Parthénon apparaissent de
Fig'. 10. — Tête d'Éphèbe en bronze doré (Musée d’Athènes).
petits trous cylindriques, indiquant l’emplacement des attaches d’ornements de bronze en applique.
Ce bronze était-il doré? Cela est probable : l’or apparaît sur la plaquette votive d’Athèna trouvée dans les fouilles de l’Acropole. Des mêmes fouilles provient une des plus belles pièces du Musée d’Atbènes, une tête d’éphèbe, qui marque en quelque sorte la fin de la période des conventions décoratives dans la statuaire grecque et la transition du vi® au v*" siècle. Or, celte tête doit son admirable patine à l’or partiellement conservé (fig. 10).
LE CmVHK ET I.E HHONZE
On peut dii'e cpi'à celle époque l’art du fondeur alteignaîL presque à la perfecliou : il s’appliquait à des types caractéristiques de beau té, virils ou féminins, parmi lesquels on peu! citer la lète de Zeus trouvée à Olympie, aussi remarquable par ses lignes que par les simplifications qui révèlent le génie de
Fig. 11. — Tète de Zeus trouvée à Olympie (Musée d’Athènes 1.
fartisle et son senlimenl très vif de la décoration ( fig. 1 Ij .
Ce sentiment est très apparent sur toutes les figurines de bronze contemporaines, par exemple sur la statuette trouvée à Corfou I Musée d’Athènes) dont la coiffure étagée retombe en boucles régulières sur le dos (fig. 12), dont la tunique a les longs plis droits qu’ont encore, un siècle plus lard , les Inniipies des femmes qui portent le plafond de la tribune à f Krecbtlieion.
Ces artistes grecs, même lorsqu’ils réalisaient dans la décoration monumentale des simplifications nécessaires, compre-