DU XV<^ AU XVI 11^ SIÈCLE
Harnachement et défense des chevaux.
Armes de parade.
L'élude des armes défensives nous a conduits au milieu du xv** siècle, à l'époque où Tarmure complète de plates est donnée aux cavaliers des compagnies d'ordonnance qui caractérisent une première organisation d'armée régulière.
Le cavalier est toujours protégé sous l'armure par le gambison. La large, suspendue à l'armure, protège le bras gauche ; la défense pour le bras droit est une rondelle mobile masquant le trou du passage de la lance : sur la cuirasse est vissé le faucre, d'abord fixe, puis articulé qui soutient la hampe de la lance pendant la charge.
On était parvenu avec le minimum de poids de l'armure en fer battu et repoussé (pesant à peine 2o kilogrammes) à former une défense complète, non seulement contre les coups d'épée, mais encore contre les armes à feu portatives qui, pour la première fois, entraient dans l'armement vers la fin du xv^ siècle. C'étaient ces couleuvrines en fer qui sont figurées sur une tapisserie de Nantilly à Saumur. Par suite de la faible vitesse des projectiles, résultant de la déperdition des gaz de la poudre, l'armure de plates était presque invulnérable ; on s'explique ainsi qu'elle ait été conservée jusqu'au xvii® siècle et que la cuirasse soit encore utilisée dans Tarmement moderne, alors que toutes les
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antres protections du corps ont clé abandonnées. Les cuirassiera survivants de la glorieuse charge de Ueischoffen ont gardé le souvenir de la protection elfeclive qu'olfrait la cuirasse bombée contre \cs balles des Tnsils à aiguille.
Fitr. I5"J. — Armure roniplùte de Maiiniilicn dWulrii'lic. (Mii3i>e de l'Hàtcl (lex Invalidcs.l
Pendant le xvi' siècle c'était la lance qui fournissait le meilleur moyen d'attaque pour désarçonner le cavalier. Afin d'agir sur l'armure, le fer de la lance devait être aigu et la hampe longue et forte : elle avait motivé dans l'armure des pièces de
soutien, le faucre pour la lance de guerre, la longue queue fixée au flanc droit du plaslron pour la tance de joule.
L'armure de Maximilien d'Autriche (Musée de l'Hôtel des
Invalides) représente bien flig. 122) l'armure complêle au début du xvi" siècle.
Mais il esl à noter que le travail du métal n'a jamais été plus parfait qu'au xv^ siècle, au temps de Jeanne d'Arc, au moment où l'armure blanche de fer poli s'adaptait si parfaitement à la forme du corps qu'elle était par elle-même, sans aucun ornement, une œuvre d'art-
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Il semble qu'en s'écartant de ce type on ait satisfait plutôt à des goûts de luxe qu'à un sentiment artistique bien affiné.
Cela est aussi apparent pour le harnais de guerre que pour l'armure du cavalier, et il est très curieux de constater dans notre Musée de l'Hôtel des Invalides, sur les harnais et armures du commencement du xvii^ siècle, qui semblent faits plutôt pour la parade que pour la guerre, des défauts de concordance entre les formes des têtières, flançois et croupières, et leur utilisation pratique, tandis que sur les armures du xvi^ siècle et sur les harnais correspondants, fussent-ils, comme ceux de Charles-Quint, destinés plutôt à la parade qu'à la guerre, les formes des bardes s'adaptent merveilleusement aux formes du cheval, comme l'armure s'adapte encore aux formes du corps humain (Armure de parade portée par Charles-Quint, fig. 123).
Ce qui est particulièrement intéressant au point de vue du travail du fer, ce sont les essais de coloration qu'on a tirés du fer tantôt bruni, tantôt poli, tantôt gravé, tantôt damasquiné, pour enrichir chacune des pièces, mais dans sa forme.
Il y a là, particulièrement pour les armures françaises, une qualité qui est celle de notre architecture, dans laquelle on a toujours cherché, en vue du meilleur effet, l'harmonie entre le décor et les éléments de construction. L'armure de François P"" décorée de fleurs de lys au repoussé est un chef-d'œuvre (fig. 124).
Une armure de Henri II nous fait voir chaque pièce articulée et décorée d'ornements très fins se rattachant cependant à certaines grandes lignes qui suivent les bras, le torse ou les jambes et créent sur cette surface décorée des oppositions très savantes.
Il semble qu'au xvi® siècle on ait déféré au désir un peu enfantin de donner une physionomie à l'armet en utilisant le mézail comme une tête humaine ou comme une tête d'animaK Ce sont surtout les armures allemandes et milanaises qui ont satisfait à cette fantaisie.
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Sur les armures maximilieniies du Musée d'arlillerie, le mézail est traité en caricature (igiiranl une bouche grimaçante el un nez croclm ; sur uue armure milauaise, c'est uiie têle^tle lion. Les armures françaises du temps de Henri II se distinguent
Fin- 131. -An
par la richesse et la perfection des bas-reliefs travaillés au repoussé (Hg. 125).
An milieu du xvi" siècle on adoptait en France les cannelures des armures allemandes qui avaient inconlestablemenl l'avantage de consolider les plaques articulées.
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Une iiriniii-e de Charles IX est un type caractéristique de cette disposition de cannelures étendues à toutes les pièces et que la décoration suivait en s'intercalant enti'c les champs.
Sur l'armure de Charles IX, les fleurs de lys alternent avec des rinceaux; le décor est un peu mièvre.
L'armure de Louis XIII (fîg. 1"26} est plus simplement traitée; le casque, surmonté d'une crête, a pour cimier une fleur de lys, et les difl"érentes pièces de l'armure sont considérablement simplifiées.
A partir de cette époque, le plastron de la cuirasse est d'une
seule pièce et les plaques articulées qui protègent les jambes semblent avoir surtout un rôle décoratif.
On peut en dire autant des joues qui accompagnent le casque ; l'une des armures de Louis XIII porte encore, comme celle de
Fig. lï«.- Armure de Louis XIII. (Muaie de IHÔlel des Invalides.)
Charles IX, un semis de fleurs de lys disséminées sur les plaques articulées.
Si Ton conserve encore la disposition générale de l'armure de plaies, au xvii* siècle, elle n'est plus en quelque sorte qu'un signe de noblesse ; ainsi sont constituées les armures de